Je vous propose aujourd’hui une promenade dans les huit cours du Louvre qui se sont constituées au fil des siècles, rassurez vous vous n’aurez pas à braver la pluie puisque seules deux d’entre elles sont à l’extérieur.
Pour innover je vous propose un diaporama en grand format, cliquez sur le bandeau ci-dessous pour y accéder.
Je commence par des endroits où vous ne pouvez pas aller, vous allez comprendre pourquoi. En commençant par l’aile Denon où vous pouvez découvrir la « Cour Lefuel » en regardant par la fenêtre de la galerie des sculptures italiennes. Elle fut ainsi nommée en hommage à Hector Martin Lefuel, un des architecte du Louvre de Napoléon III. Elle servait à l’origine d’accès aux écuries impériales qui se trouvaient au rez-de-chaussée. On peut y voir un degré en fer à cheval qui permettait aux chevaux d’entrer dans le manège. Actuellement la cour Lefuel n’est pas accessible au public, les bâtiments démontable qui se trouvent au centre abritent des services du musée.
La « Cour Visconti » en souvenir de Louis-Tullius-Joachim Visconti architecte à qui Napoléon III confiât les travaux d’achèvement du Louvre, il mourut en 1853 sans pouvoir achever son œuvre et fut remplacé par Lefuel dont nous venons de parler. Vous visiterez cette cour uniquement en photo car, aujourd’hui, elle est invisible. Rien de mystérieux à cela, tout simplement c’est là que se déploiera le futur département des arts d’Islam et pendant les travaux l’endroit est masqué au public.
La « Cour du sphinx », doit son nom au sphinx de Tanis qui y fut exposé au XIXe siècle. Elle est aujourd’hui fermée au public car utilisée comme lieu de stockage des œuvres en cas d’inondation mais vous pouvez la voir – en visitant les antiquités romaines - avec ses statues emballées et ses palettes.
Je passe maintenant aux cours accessible, au milieu du musée on trouve, à l’est la « Cour carrée » qui est un carré parfait de 120 mètres de côté, c’est aussi la plus ancienne puisqu’elle date du XVIIe siècle. Cet endroit, un peu froid à mon goût, sert fréquemment pour des tournages de films historiques.
La plus connue est sans aucun doute la « Cour Napoléon » ainsi nommée à cause de l’intérêt porté par Napoléon III aux travaux d’embellissement du Louvre. C’est là que ce trouve la pyramide que je ne vous présente plus..
Je finis par la partie nord du musée et les cours les plus récentes de l’aile Richelieu qui a été inaugurée en novembre 1993.
La cour Marly abrite des statues équestres du Parc de Marly aux alentours sont exposées les sculptures françaises et les peintures flamandes ainsi que les salons d'apparat d'époque Napoléon III de l’ancien ministère des finances.
La cour Puget rend hommage au sculpteur et architecte français Pierre Puget (1620 - 1694) dont le célèbre groupe en marbre "Milon de Crotone" figure en ce lieu. On y trouve les sculptures françaises, des peintures de la Renaissance, des Pays-Bas et d'Allemagne. J’apprécie parfois d’aller m’asseoir sous les arbres qui ornent son centre.
La cour Khorsabad doit son nom à la découverte en 1843 de la capitale de Sargon II, roi d'Assyrie entre 721 et 705 avant Jésus Christ. Les statues colossales de taureaux furent ramenées par le consul français Paul-Emile Botta à l'exception de l'une d'entre elles qui sombra dans le fleuve Tigre. Elle regroupe les arts d'Islam, les antiquités mésopotamiennes et les peintures françaises du XIVe au XVIIe siècle.
Pour la petite histoire ces trois cours s'appelaient "Cour d'honneur", "Cour des caisses" et "Cour de la poste" quand cette aile était occupée par le ministère des finances jusqu'en 1993. Elles furent entièrement reconstruite après le départ du ministère et recouverte de verrières conçues par l'architecte Michel Macary et l'ingénieur britannique Peter Rice.
L’autre jour Théti-Chéri m’a dit qu’elle attendait avec impatience un article sur Akhenaton, mais je l’avais déjà écrit. Comme je tiens à lui faire plaisir et rester dans le sujet, je vais vous parler de son père Aménophis III surnommé le « Pharaon soleil » à l’occasion d’une exposition qui lui a été consacrée au Grand Palais en 1993.
Au Louvre je passe souvent dans la salle du rez-de-chaussée du département des antiquités égyptiennes où se trouvent les restes d’une statue colossale de 10 mètres de haut de ce pharaon. De cette statue ne subsistent que la tête et les pieds, ce sont des reste tout de même imposants.


Pour vous donner une idée la tête pèse à elle seule 2,6 tonnes elle est en granite rose et représente le roi coiffé de la couronne les yeux en amande cernés de fard. Le socle de la statue montre, sous les pieds du roi, les pays nubiens soumis par l’Egypte. A propos si vous voulez épater vos amis je vais donner la transcription et la traduction des deux cartouches d’Aménophis III qui sont gravés sur le socle.


Neb mâat Ré
Imen hotep héka ouaset
Celui du haut se lit « Neb mâat Ré » et se traduit par « le maître de la vérité est Ré » et celui du bas se lit « Imen hotep héka ouaset » et se traduit par « Aménophis le roi de Thèbes ». Je vous rappelle que cette transcription est approximative puisque si on sait traduire les hiéroglyphes, leur prononciation exacte s’est perdue, en effet cette écriture ne notait pas les voyelles. Quant aux Pharaons ils avaient cinq noms qui représentaient une sorte de programme politique.
Mais je manque à tous mes devoirs et notamment celui de vous présenter Aménophis III .
Ce roi de la XVIIIe dynastie règne 1391 - 1353 avant J.-C, ces dates sont indicatives compte tenu des lacunes de la chronologie égyptiennes. Son règne est une période de paix et de prospérité, en effet ses prédécesseurs ont conquis un véritable empire dont les richesses affluent vers la vallée du Nil.
Aménophis III n’est pas un roi guerrier, il préfère la chasse et l’architecture, grand bâtisseur il a fait construire le temple de Louxor et un édifice dont les « colosses de Memnon » sont les seuls vestiges qui subsistent aujourd’hui. Dans l’antiquité ces colosses avaient la réputation de « chanter » au lever du jour ce qui attirait les curieux et fit naître une légende. Ce phénomène dont la raison échappait aux anciens s’explique par le fait qu’en 27 avant JC un tremblement de terre fendit un des colosses. A partir de là se produisit un phénomène physique : la pierre se mettait à vibrer lors des brusques changement de température et d’humidité qui accompagnaient le lever du jour. Quelques siècles plus tard l’empereur romain Septime Sévère voulut faire restaurer les statues mais cette réfection eut pour conséquence de faire disparaître le "chant".
Pour terminer je vous fait admirer le gif animé que m'a envoyé Théti-Chéri , artistique n'est ce pas ? ».
Un passage dans les salles consacrées à l’art Romain au rez-de-chaussée de l’aile Denon m’a donné envie de vous parler de ces empereurs qui contribuèrent au « siècle d’or » de Rome. De quoi s’agit il ? De 96 à 192 de notre ère, l’empire Romain vit le « moins mauvais des mondes possibles », une période de paix, de relative liberté et de prospérité. Selon les historiens cette conjoncture favorable est due à la pratique originale de succession appliquée par quatre empereurs : Nerva, Trajan, Hadrien et Antonin. Auparavant la république avait finit en guerres civiles et coups d’état, César puis Auguste tentèrent d’y mettre fin en instaurant un pouvoir impérial qui conservait des formes républicaines. Le problème ne fut pas réglé pour autant puisque il y eut des empereurs tyranniques, des fous et des assassinats. L’équilibre du pouvoir fut rétabli par la pratique de la succession par adoption initiée par Nerva qui n’avait pas d’enfants et le hasard voulut que quatre empereurs successifs fussent sans enfants et adoptent chacun à leur tour un homme digne de leur charge. Ce n’était plus au sang où à la force qu’était dévolu l’empire mais à la dignité, l’intéressant c’est que le système a bien fonctionné et permis cette période de prospérité.


Marc-Aurèle
Deux de ces empereurs sont présents au Louvre, je commence par Hadrien - Publius Aelius Hadrianus - qui règne de 117 à 138 de notre ère, il mit fin à l’expansion militaire de l’empire en consolidant les frontières. Il a notamment fait édifier le « mur d’Hadrien » en Grande-Bretagne pour arrêter les incursions des barbares Pictes (les ancêtres des Ecossais). Helléniste et cultivé, Hadrien s’entoura de poètes et de philosophes il écrivit des vers et des textes en prose en latin aussi bien qu’en grec. Il fit construire à Rome l’Athenaeum, le Panthéon, ainsi que son mausolée, qui devint le château Saint-Ange. Il a été décrit dans des mémoires fictifs par Marguerite Yourcenar.
Marc Aurèle - Marcus Annius Verus – neveu d'Antonin le Pieux, règne de 161 - 180 après J.-C. Il est contraint de mener des campagnes militaires afin de défendre l’empire. Cet empereur philosophe fut le défenseur des pauvres, pour lesquels il allégea les taxes, fonda des écoles, des orphelinats et des hôpitaux. D’un autre côté il fit persécuter les chrétiens en qui il voyait une menace politique. C’est lui qui mit fin au système de l’adoption en désignant son fils Commode pour lui succéder, mauvais choix puisque ce dernier se révéla être un tyran qui finit assassiné. Cette histoire est évoquée dans le film « Gladiator » réalisé par Ridley Scott qui imagine que Commode s’empare du pouvoir que Marc Aurèle comptait finalement confier au général Maximus interprété par Russell Crowe.
Figurez vous que j'ai été interviewé par une grande chaîne de télévision Coréenne, la SBS (Seoul Broadcasting System) dimanche dernier.
Qu’est ce qui m’a valu cette faveur, eh bien je vais vous le raconter.
Tout commence au début du mois d’août, je reçois un message me demandant si je veux bien être interviewé par la chaîne SBS qui effectue un reportage sur le musée du Louvre.
Un peu surpris je réponds oui pourquoi pas, et après quelques échanges, rendez vous est pris pour ce dimanche. Le jour dit je rejoins l’équipe de tournage. Après quelques repérages nous nous installons dans la cour Napoléon avec vue sur la pyramide et c’est parti. J’ai donc répondu aux questions posées sur ma passion pour le Louvre (combien de fois êtes vous allé au Louvre ? ... Euh, des centaines de fois, depuis mon enfance… ). Donc tout se passe bien l’équipe est sympathique, il y a un traducteur qui parle très bien français et j’échange quelques phrases en anglais avec les autres. A plusieurs reprises nous sommes inspectés par des gardiens qui demandent si il y a une autorisation de tournage, heureusement tout était en règle.
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| L'équipe de la SBS (photo publiée avec accord) |
Je n'ai pas été filmé avec un camescope portable ! |
Ce qui m’intriguais (et vous aussi peut être) c’est pourquoi une grande chaîne de télévision s’intéressait elle à un petit blog comme le mien. Je leur ai posé la question et j’ai appris que cette année commémore le 120ème anniversaire des relations franco-coréennes, en effet c’est en 1886 que Paris et Séoul ont signé le traité d’amitié et de commerce qui a établi des relations officielles entre la France et la Corée. Pour célébrer cet anniversaire symbolique, une série de manifestations culturelles, scientifiques et sportives sont simultanément organisées en France et en Corée et une exposition sera organisée à Séoul en partenariat avec le musée du Louvre qui prêtera des œuvres. Partant de cette future exposition la chaîne SBS a voulu réaliser un reportage sur le Louvre et ses passionnés. On m’a expliqué qu’une équipe à fait des recherches de blogs parlant du musée et c’est « Louvre-passion » qui a été choisit….
Quel honneur, mais pour voir le reportage il vous faudra faire le voyage à Séoul !
Si vous voulez en savoir plus sur les 120 ans des relations franco-coréennes, allez sur ce site.
En se promenant au Louvre le visiteur attentif peut découvrir les symboles qui le parsèment et témoignent de l’intérêt constant des pouvoirs en place.
Une anecdote pour commencer, au début de la Ve République le Général de Gaulle recherchait une nouvelle résidence présidentielle car il n’aimait pas l’Elysée, palais mal situé et peu pratique, selon Max Gallo dans son ouvrage « De Gaulle – Le premier des Français », il aurait dit un jour « Au fond c’est au Louvre que j’aurais du m’installer … on ne fait pas l’Histoire dans le VIIIe arrondissement ». On sait que, finalement le président se résigna à rester à l’Elysée faute de mieux.
Pour en revenir aux symboles du pouvoir je commence par cette fleur de lys royale qui rappelle la vocation première du palais. A partir de 1789, le pouvoir revient à Paris (après l’épisode du retour de Louis XVI et de la famille royale que les Parisiens sont allés chercher à Versailles). Les souverains qui habitent aux Tuileries s’intéressent au Louvre, puis les républiques continueront l’œuvre entreprise par les souverains et les Napoléon (I et III). Le Louvre porte en de nombreux endroits la marque de Napoléon III sculptée sur les façades – un L et un N entrelacés pour Louis - Napoléon Bonaparte. Toujours du même, une curiosité, c’est l’aigle impérial que l’on retrouve gravé dans le sol de la salle du manège de l’aile Denon où se situaient les écuries impériales.
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| Fleur de lys royale |
Symbole de Napoléon III |
Aigle impérial |
Autre symbole, les anciens salons d'apparat d'époque Napoléon III du ministère des finances. Ces "appartements Napoléon III" furent aménagés au Second Empire par l'architecte Hector Lefuel pour loger le ministère d'Etat qui avait notamment la charge des travaux d'achèvement du Louvre. Après avoir été occupés par le ministère d'Etat, par le Président du Conseil d'Etat et le ministère des lettres, sciences et beaux arts, les lieux furent affectés au ministère des finances de 1871 à 1988.
Symbole du pouvoir contemporain, la plaque qui se trouve sous la pyramide sur laquelle on lit que le Président Mitterrand a consacré la totalité du palais du Louvre à sa destination de musée. Cette plaque rappelle que le « Grand Louvre » résulte d’une décision personnelle du président de la république qui imposa la rénovation du musée et le choix architectural de la pyramide de l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei. Il faut aussi se rappeler la lutte pour le Louvre engagée lors de la cohabitation de 1986 – 1988 entre le ministre des finances d’alors, Edouard Balladur qui voulait rester « à Rivoli » et le président Mitterrand. Ce dernier, vainqueur lors de l’élection présidentielle de 1988 accomplit son projet et restitue au musée la totalité de l’aile Richelieu en 1989.
Enfin, dernier symbole, la création d’un 8e département consacré aux arts d’Islam qui se situera dans la cour Visconti, décision de l’actuel président de la république Jacques Chirac.



