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  • : Louvre-passion
  • : 04/06/2005
  • : loisirs
  • : Louvre-Passion est le « blog » d'un passionné du musée du Louvre, un musée que l'on peut voir et revoir, déguster, savourer comme un bon bouquin. Avec ce blog vous découvrirez des aspects originaux ou méconnus et flânerez dans les chemins de traverse.
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Vendredi 29 juin 2007
Une exposition sur la médecine égyptienne est organisée dans l'espace d'expositions temporaire de l'aile Richelieu jusqu'au 6 août. Elle a été organisée à l'occasion de l'achat pour le musée du Louvre, d'un papyrus médical Egyptien classé comme trésor national grâce au mécénat d'un groupe pharmaceutique.
Comme j'ai eu l'occasion de bénéficier d'une "visite conférence" par un égyptologue,  je vais essayer de vous restituer ce que j'ai appris.

Le début de l'exposition est consacré à la médecine des anciens égyptiens, ce qui est l'occasion de remettre les pendules à l'heure. Contrairement à ce que certains auteurs voudraient nous faire croire cette médecine n'avait rien de miraculeux. Si certaines maladies étaient bien observées et soignées : troubles digestifs, trachome, cataracte, luxations, fractures, pour d'autres remèdes on peut douter de leur efficacité comme certaines pharmacopées à base de fiente de pélican ou de chiures de mouche.
Les textes nous apprennent que la profession de médecin a été très tôt bien structurée en Égypte avec des spécialités, incluant les sages femmes et certaines catégories de prêtres. La renommée de la médecine égyptienne a été relayée par les auteurs Grecs tels que Hippocrate et Galien qui racontent avoir consulté les ouvrages médicaux du temple d'Imothep.
Une partie de l'exposition présente des instruments chirurgicaux  dont on n'a pas retrouvé d'exemplaires de l'époque pharaonique, mais des instruments des époques ptolémaïques, romaines et arabes fait selon des copies de papyrus.
La salle suivante évoque le
rapport entre maladies et divinités car il y avait des divinités qui provoquaient des maladies telles que Sekhmet ou Bastet et celles qui guérissaient comme Horus et Thot. Si la médecine égyptienne comportait une part de magie celle ci ne servait pas à guérir la maladie mais réparer le désordre causé par celle ci dans le plan divin, en effet le monde de la réalité était considéré comme étant en étroite corrélation avec le monde des dieux ou le royaume des morts il était donc important que l'ordre et l'harmonie soient en phase dans tous les univers.

Le fameux papyrus est exposé dans la salle du fond, il mesure sept mètres de long et comporte au recto et au verso deux ensembles de textes. Le premier est un descriptif de maladies avec leurs remèdes, le second - écrit environ 150 ans après le premier - est aussi un descriptif de maladies accompagné de remèdes magiques. Le texte est en écriture hiératique et daté de 1479 - 1401 avt JC pour la première partie et 1294 - 1250 avt JC pour la seconde.
Petite parenthèse pour vous rappeler que le livre tel que nous le connaissons (des feuilles reliées) n'apparaît qu'au IVe siècle de notre ère, auparavant il s'agissait de rouleaux pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de long ce qui n'était guère pratique. Quand à l'écriture, les hiéroglyphes bien dessinés que nous admirons étaient réservés aux textes très importants : hommages aux dieux, chroniques royales, décors des tombes. Pour se faciliter la vie quand ils rédigeaient des textes  courants, les scribes ont tout de suite mis au point une écriture où les signes hiéroglyphiques étaient très simplifiés c'est le hiératique. J'ai d'ailleurs appris que - à la différence des hiéroglyphes - le hiératique s'écrit uniquement de droite à gauche. Pour vous donner une idée voici le mot médecin qui se prononçait "sounou" écrit en hiéroglyphe et en hiératique.

"médecin" en hiéroglyphe "médecin" en hiératique

Le papyrus traite principalement des "gonflements", les boutons, les verrues et les pustules. Au fond de la salle se trouve un panneau avec une photo agrandie d'un extrait de ce papyrus et voici ce qui nous a été traduit : "Si tu examines une grosseur (du type) hema qui est apparue au sommet de son abdomen sur la face externe entre les parois de ce dernier et que tu y appliques les mains, si tu la trouves gonflée et dure comme de la pierre au milieu de son abdomen, alors tu diras : « (C'est quelqu'un ) atteint d'une grosseur hema au sommet de son abdomen sur la face externe de ce dernier. (C'est) une maladie sur laquelle j'agirai ! ".
La phrase finale indique que le médecin était en capacité de traiter la maladie, ce qui n'était pas toujours le cas....
L'exposition se termine par cette expression écrite en hiératique qui se translittère jw = spw , se prononce approximativement "iou es pou" et se traduit par "c'est fini" ce qui était traditionnellement le mot de la fin des textes écrits par les scribes de l'ancienne égypte.
jw = spw "c'est fini"

par Louvre-passion publié dans : Egypte
Vendredi 22 juin 2007
Dans l'aile Richelieu vous connaissez sans doute cette cour qui porte le nom un peu mystérieux  de Khorsabad, on y voit ces statues monumentales de "taureaux androcéphales ailés" devant lesquelles les touristes aiment à se faire numériser sous forme de photographies ou de vidéos.
Ces taureaux Assyriens ailés à têtes humaines, sont des "lamassou", des êtres bénéfiques chargés de garder les palais en éloignant les forces maléfiques selon les croyances de l'époque. Sargon II qui fut roi d’Assyrie de 722 à 705 av. J.-C. fit construire une nouvelle capitale, Khorsabad,  dont les portes de la demeure royale étaient ornées par ces taureaux géants. Il faut d'ailleurs souligner que Sargon ne profita pas beaucoup de sa nouvelle capitale puisque il mourut à la guerre deux ans après son inauguration. Son fils Sénachérib, voyant là un mauvais présage, s'installa à Ninive et Khorsabad abandonnée fut recouverte par les sables.

Des Assyriens, l'histoire a surtout retenu leur cruauté, je me souviens de ce titre d'un livre d'histoire "La cruelle Assyrie, ce nid de vautours". Ecoutons le roi Assournâtsir-apli raconter une campagne militaire un siècle avant Sargon :
"Contre la ville de Dirra, je combattis (...). Je pris la ville, je fis passer au fil de l'épée huit cent de ses guerriers et couper leurs têtes. Le reste de l'armée fus pris et jeté au feu. Je plaçais un tas de vivants et des têtes devant la grande porte. Sept cent habitants furent empalés, je brûlais les jeunes gens. J'emportais leurs biens, je détruisis la cité et transformai le pays en champ de ruines".
Les Assyriens n'annexaient pas les pays environnants mais exigeaient un tribut, si une ville ou un pays refusait de payer ils étaient alors considérés comme rebelles, tout était alors permis contre eux ce qui explique que les campagnes militaires assyriennes prirent un caractère d'atrocité inconnu jusque là. Finalement cet empire fut vaincu entre 614 et 612 avant notre ère par une coalition de Mèdes et de Babyloniens, les méthodes impitoyables des Assyriens se retournèrent contre eux et leurs villes furent brûlées à la grande joie des peuples qui avaient subi leur tyrannie.
En 1843 le consul de France Paul-Émile Botta entrepris des fouilles sur le site de Khorsabad et mit à jour ces statues monumentales qui furent envoyées au Louvre, sauf une d'entre elle engloutie lors d'un naufrage. Elles furent exposées de 1857 à 1991 dans l'aile Sully jusqu'à la création de l'aile Richelieu qui permit de regrouper les antiquités orientales. La cour Khorsabad est conçue autour d'un mur en stuc de sept mètres de haut qui permet de reconstituer de façon aussi fidèle que possible le décor de la capitale de l'Assyrie. Ce à quoi la plupart des visiteurs ne prêtent pas attention, c'est que l'un des taureaux les plus photographié est en fait une réplique en albâtre gypseux d'un original qui se trouve à l'Oriental Institute de Chicago.


par Louvre-passion publié dans : Généralités
Vendredi 15 juin 2007
Si vous vous êtes déjà promené parmi les peintures du Louvre vous avez sans doute remarqué ces copistes à l'ouvrage devant des toiles de maîtres. D'après un article de journal datant de quelques années que j'ai exhumé de mes archives, il seraient environ quatre vingt à officier.

En effet pour copier des tableaux du Louvre il faut se soumettre à un règlement sévère. Les dimensions de la copie doivent être différentes de l'original (un cinquième en plus ou en moins), le copiste doit apposer sa signature sur sa peinture suivie de la mention "d'après l'oeuvre de...", la toile doit porter un cachet du Louvre et la signature d'un conservateur. Enfin les copistes ne peuvent officier que de 9h à midi. En contrepartie le musée met des chevalets et des tabourets à disposition de ces artistes. Parmi les copistes il y a des amateurs pour lesquels peindre est un loisirs mais également des professionnels qui vendent leurs toiles plusieurs centaines d'€uros.

Ce sont les continuateurs d'une longue tradition, au XIXe siècle ils encombraient les salles du musée. Pêle mêle ont rencontrait aussi bien des apprentis artistes avec leur maîtres que des jeunes filles de bonne famille venant s'initier à l'art ou des professionnels essayant de vivre de la vente de ces reproductions. Des "grands" ont ainsi commencé leur carrière tels que Delacroix, Degas ou Matisse. Pour vous donner une idée de l'époque regardez ce tableau d'Etienne Azambre intitulé "Au Louvre", datant de 1894 représentant deux jeunes femmes copiant une fresque de Botticelli.
En attendant d'aller les voir les copistes "en vrai" je vous propose de les découvrir sur cette vidéo avec un petit trucage réalisée tout exprès pour vous cher(e)s lectrices et lecteurs.
Vendredi 8 juin 2007
Le dictionnaire nous apprend que le Pandémonium est "la capitale imaginaire des Enfers"....
Non, je ne verse pas dans le gothique et ne me lance pas dans la nécromancie,  je vous parle simplement de l'un des dernier tableau acquis par le musée du Louvre intitulé le Pandémonium du peintre anglais John Martin (1789 - 1854).

Cette peinture s'inspire du "Paradis perdu" publié en 1667 par John Milton, une des oeuvres les plus célèbres de la littérature anglaise. Cette épopée en vers raconte le combat mené par Satan pour tenter de reconquérir son pouvoir, il essaie d'abord de former une armée de démons, puis s'introduit au paradis et pousse Ève à goûter au fruit défendu ce qui provoque l'expulsion des deux premiers humains hors du jardin d'Eden. Le "Paradis perdu" fait de Milton  le grand poète chrétien de l'Europe. En France il a notamment influencé Chateaubriand quand il écrivit "le génie du Christianisme" en 1802 et "les Martyrs" en 1809.


Le tableau représente le moment ou Satan crée son "palais capitale" avec tous les démons rassemblés au milieu des torrents de lave. Les panneaux explicatifs nous apprennent que le peintre s'est d'ailleurs inspiré de l'architecture du parlement britannique, est ce flatteur pour cette vénérable institution ?

Le tableau est le seul qui conserve son cadre d'origine, lequel avait été conçu par l'artiste avec des motifs de serpents et de dragons inspirés du décor du palais figurant sur la toile. Il a été acquis grâce à un legs consenti au département des peintures en 2003.
Vous pouvez le voir actuellement en salle 18 au 2e étage de l'aile Richelieu.
Vendredi 1 juin 2007
Pour le deuxième anniversaire de Louvre-passion (eh oui le temps passe.....) j'ai eu envie de vous parler d'Homère après avoir visité une exposition virtuelle qui lui est consacrée sur le site de la Bibliothèque nationale de France. Je vous propose donc de chercher la présence de ce poète au musée du Louvre. Mais au fait que savons nous d'Homère ?
Très peu de chose en vérité, c'est un poète Grec du VIIIe siècle avant notre ère, auteur de l'Iliade et de l'Odyssée, son existence est vraisemblable sans  avoir été prouvée. A partir de là les ouvrages qui lui sont consacrés parlent de son oeuvre mais très peu de lui faute d'informations.
Au Louvre on le retrouve tout d'abord dans ce portrait imaginaire, une statue romaine d'époque impériale qui se trouve au Département des antiquités Grecques, Etrusques et Romaines dans la salle des Caryatides au rez-de-chaussée de l'aile Sully. Homère est représenté ici conformément à la tradition : un poète pauvre, vieux et aveugle.

 
Il y ensuite le tableau Jean Auguste Dominique Ingres, "Homère déifié, dit aussi L'Apothéose d'Homère" que je vous invite à aller voir ici puisque il est situé dans la zone où il est interdit de prendre des photos. Cette toile était une commande officielle pour décorer un plafond du musée Charles X, déposée en 1855 elle a été remplacée par une copie signée Raymond Balze. On y voit le poète aveugle, couronné par un génie ou un ange et entouré des grands auteurs de l'Antiquité et des artistes des Temps modernes, Racine et Corneille notamment. A ses pieds deux figures féminines personnalisent ses oeuvres : L'Iliade et L'Odyssée. A droite des grands hommes lui font des offrandes : Dante offre ses oeuvres, le sculpteur Phidias son maillet et Alexandre le coffret dans lequel il conservait les oeuvres du poète. Les voussures du plafond représentent les sept villes se disputant la naissance d'Homère et Apollon admettant au nombre des Muses l'Iliade et l'Odyssée.
les sept villes se disputant la naissance d'Homère

Apollon admettant au nombre des Muses l'Iliade et l'Odyssée

Contrairement à ce que pensent bon nombre de gens qui ne l'on pas lu, l'Iliade ne raconte pas la guerre de Troie mais un épisode de ce conflit. Au passage je vous précise que la guerre de Troie est antérieure de quatre siècle à l'époque d'Homère, celui ci chantait déjà une légende !
Insulté par le roi Agamemnon (qui lui a pris une captive) Achille, le héros des Grecs, se met "en grève" et cesse de combattre. Privés de leur héros les Grecs perdent pied face aux Troyens, c'est alors que Patrocle, un ami d'Achille, demande à celui ci la permission d'emprunter ses armes pour "faire peur aux ennemis" mais Patrocle est tué par les Troyens. Fou de colère Achille retourne alors au combat, tue le héros des Troyens, Hector, et va jusqu'à traîner son corps derrière son char autour de la ville.
Le poème s'achève lorsque Priam, le père d'Hector, supplie Achille de lui rendre le corps de son fils, aidé en cela par les dieux qui s'étaient indignés de cet outrage.
L'Odyssée est une aventure individuelle celle d'Ulysse, le roi d'Ithaque qui combattait avec les Grecs. Poursuivi par la colère du dieu Poséidon il erre dix ans avant de pouvoir rentrer chez lui.
Petite précision, lors de la prise de Troie - grâce au fameux cheval imaginé par Ulysse - les exactions des Grecs provoquèrent la colère des dieux qui se vengèrent sur leurs chefs. Agamemnon fut assassiné de retour à Mycènes et Ulysse ne rentra chez lui que vingt ans après son départ (dix ans de guerre plus dix ans d'errance). "Odyssée" c'est d'ailleurs la transcription du nom d'Ulysse en Grec : "Odysseus".
Au cours de son périple Ulysse est confronté à des monstres, des sirènes, des nymphes et perd peu à peu tous ses compagnons. Il retourne seul à Ithaque et doit reconquérir sa maison, son trône et sa femme contre les "prétendants", de jeunes nobles qui courtisent sa femme et lorgnent sur ses biens. Pénélope, la femme d'Ulysse, lui est restée fidèle elle a dit qu'elle choisirait parmi les prétendants quand elle aura finit de tisser sa toile ... qu'elle défait la nuit venue. Elle reconnaît son mari qui s'est déguisé en mendiant et tous deux mettent au point une ruse pour se débarrasser des prétendants. Pénélope organise un concours : celui qui sera capable de bander l'arc d'Ulysse et envoyer une flèche à travers une série complète de douze haches pourra l'épouser. Évidemment aucun ne réussit, puis Ulysse s'empare de l'arc et "sans dévier, la flèche, chargée de bronze, traversa le trou de toutes les haches et alla sortir à l'autre extrémité" puis il massacre tous les prétendants. L'histoire se termine sur l'intervention de la déesse Athéna qui empêche une guerre entre les partisans d'Ulysse et les familles des prétendants.
par Louvre-passion publié dans : Antiquités
 
 
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