Il y avait donc 6 blogs, par ordre alphabétique :
De l'art a l'œuvre
Détours des mondes
L'opéra farfelu
Pour commencer une photo de notre petit club très «select», et qui plus est nous sommes à visage découvert, sans «pixellisation». Je vous laisse tout de même deviner qui est qui sur le cliché, histoire de garder un petit peu de mystère.
De cette visite je vous livre quelques moments forts.
D’abord le pavillon des Session et les commentaires de Lyliana sur les «arts premiers», un moment magique avec, en prime, une tranquillité merveilleuse dans les salles.
En arrivant dans la Grande Galerie changement d’ambiance, la foule était au rendez vous mais la Dragonne a réussi
à trouver un tableau représentant une scène d’opéra. Nous avons tourné autour du tableau recto - verso de Volterra puis tenté d’aller rendre une petite visite à la Joconde mais nous avons battu
en retraite, la star était littéralement assaillie par des hordes de touristes qui la mitraillaient à qui mieux mieux avec leurs portables, caméscopes et autres numériques. Ayant battu prudemment
en retraite nous avons accompagné une représentante De l'art a l'œuvre qui tenait à photographier les trois éléments d'un retable consacré à Saint Jérôme de Pietro di Cristoforo Vannucci, dit
Perugin pour être précis.
Pour se donner un peu de répit j’ai emmené les blogueurs dans les salles du monastère de Baouit, et nous avons fait une «mini retraite» là où est reconstituée la chapelle.
Lunettes rouges nous a ensuite offert un magistral commentaire de l’œuvre
d’Anselme Kieffer, ce nouveau décor d’art contemporain pérenne qui est désormais exposé dans l’escalier nord de l’aile Sully.
Un slalom entre les touristes aux antiquités Egyptiennes où j’ai montré la statue qui était au Louvre avant même la création du musée (elle faisait partie des collections royales), la crypte
d’Osiris et la salle des sarcophage qui est un clin d’œil à l’album de Tintin «les cigares du Pharaon».
Après un passage par les antiquités orientales, les salles Phéniciennes, la reconstitution de la salle d’audience du roi de Perse, nous sommes allé voir la plus vieille statue du musée, elle date
de la période néolithique du 7e millénaire avant notre ère et a été trouvée en Jordanie en 1985. En arrivant dans l'aile Richelieu, Alain de "Si l'art était conté " nous a fait admirer La Pietà
de Villeneuve-lès-Avignon.
Nous avons terminé cette visite dans un restaurant du quartier où nous avons fait plus ample connaissance. Nous
nous sommes aperçu que nous avions a peu près tous crée notre blog il y a trois ans, sauf notre benjamin «Si l’art était conté» qui vient de fêter son premier anniversaire.
Finalement nous nous sommes quittés en nous promettant de nous revoir.
Déjà une autre idée de visite est en train de faire son chemin, mais je ne vous en dis pas plus !

Je n'avais jamais entendu parler de Baccio Bandinelli avant cette exposition, j'ai donc appris que cet artiste, qui vécu de 1493 à 1560, était un des sculpteurs attitrés de la famille Médicis à
Florence. Contemporain de Michel Ange ce qui explique sans doute que son nom soit moins connu, il avait mauvais caractère et était détesté pour son arrogance et son goût pour l'intrigue (ce
détail me rappelle ce que j'avais découvert à propos de Georges de la Tour).
Vous pouvez voir l'exposition jusqu'au 26 mai dans les salles 9 et 10 du 1er étage de l'aile Denon.
Une fois n'est pas coutume, je fais un peu de publicité. Si vous en avez l'occasion allez visiter le tout nouveau blog "EgyptoMusée" que vient de créer Richard Lejeune qui avait publié "Antoine Watteau et Cythère" sur "Louvre-passion".
L'auteur ayant relevé ce défi, je vous propose son article sans plus tarder.
Le Pèlerinage à l’île de Cythère (1717) - huile sur toile (194 x 129)
Paris - Musée du Louvre - Aile Sully - Deuxième étage - Salle 36
A l’été 1712, Antoine Watteau (1684-1721) est agréé à l’Académie de Peinture et de Sculpture de Paris, celle-là même qui avait été mise sur pied lors de la régence d’Anne d’Autriche, en 1648, sous la protection de Mazarin et que le peintre Jacques-Louis David n’aura de cesse de faire dissoudre en 1793. (A la Restauration, elle fut remplacée par l’Académie des Beaux-Arts et, en définitive, appelée Institut de France).
L’Académie donc lui demande de présenter une oeuvre de réception qui, exceptionnellement, et à l’inverse de ce qui se passait auparavant, ne sera entachée d’aucune “censure” quant au choix du sujet.
Le 28 août 1717, à la suite de maints rappels à l’ordre et, par parenthèses, deux mois après l’expiration du dernier délai qui lui avait été signifié, Watteau présente finalement ce qui constituera un de ses chefs-d’oeuvre. Dans le registre de l’Académie, le tableau entre sous le titre Le Pelerinage à l’isle de citere. Par la suite, biffé à même ce document officiel, il devint Une feste galante.
A l’époque de Watteau, le thème du pèlerinage à Cythère est très en vogue. Et le peintre, précisément, en début de carrière, l’exploita à plusieurs reprises. (Rappelons que Cythère, au sud-est du Péloponnèse, fait partie des îles grecques de la Mer Égée sur laquelle, selon la mythologie, Aphrodite aurait abordé, née de l’écume des flots. Elle offre en outre la réputation symbolique d’être l’île des plaisirs amoureux).
Très en vogue, mentionnais-je, à un point tel que, et pour appuyer un commentaire ici déposé par Grillon, le théâtre lui-même s’en était emparé avec, notamment, une pièce de Florent Carton, dit Dancourt, Les Trois cousines, vaudeville qui se terminait par ces vers :
“Venez à l’île de Cythère
En pèlerinage avec nous
Jeune fille n’en revient guère
Ou sans amant ou sans époux”.
L’époque de Watteau ? La Régence de Philippe d’Orléans, neveu de Louis XIV décédé en 1715 et dont le successeur, Louis XV - son arrière-petit-fils, alors âgé de 5 ans -, était alors trop jeune pour régner.
L’époque de Watteau ? Un temps où nobles et riches bourgeois aiment rien tant que s’amuser et offrir des fêtes dans les parcs de leurs propriétés aux confins de Paris
: Versailles, Saint Cloud, Sceaux ...
Et c’est bien de cela qu’il s’agit ici. Dans un large paysage vaporeux encadré comme une scène de théâtre - (le théâtre, par parenthèses, constituant avec
la fête galante les deux thèmes de prédilection de l’artiste) - : à gauche, l’à-pic d’un rocher, à droite de luxuriantes frondaisons et la statue d’Aphrodite, Watteau a placé, en plans
successifs, richement vêtus d’habits aux teintes à la fois chaudes et chatoyantes, plusieurs couples dans différentes poses traduisant le mouvement : sur un léger surplomb, à l’avant-plan, un
premier, assis sous le regard de la déesse, converse amoureusement, un autre se relève et un troisième s’apprête à descendre vers l’embarcation à peine visible au pied du rocher en contre-bas,
alors que déjà, d’autres couples s’en approchent, tandis que d’autres encore sont sur le point de monter à son bord.
Et à l’arrière-plan de cette composition finalement très décentrée, un paysage brumeux, mystérieux mais relativement lumineux.
Je sais pertinemment bien - et Pierre Rosenberg dans la notice qu’il rédige pour cette oeuvre dans son Dictionnaire amoureux (pp. 899-903) le rappelle
judicieusement -, qu’il y a près de 40 ans que les historiens exégètes, à la suite d’un article très remarqué de l’ancien directeur de la National Gallery de Londres, Michael Levey, ne
parviennent toujours pas à se mettre d’accord : Watteau a-t-il peint un départ, joyeux, pour Cythère ? Ou un retour, empreint de mélancolie ? Mais est-ce vraiment là l’essentiel ?
Certes, égyptologue de formation, et grand amateur d’art quel qu’il soit, mais nullement spécialiste de Watteau, ce qui me touche ici, c’est la virtuosité
avec laquelle un artiste a pu traduire toutes les palpitations, toutes les fluctuations du sentiment amoureux; et peu me chaut de savoir si c’est avant de s’embarquer pour l’île grecque ou après
y avoir connu d’intimes moments.
Je serais toutefois tenté d’être en parfait accord avec Rodin quand il estime qu’il s’agit ici de la transposition poétique et picturale du thème de la
jeune femme, hésitante, malgré les tendres sollicitations de son amoureux; puis consentante, mais regardant encore en arrière avant de se décider à embarquer. Et à mes yeux, ces trois couples sur
le petit monticule de l’avant-plan seraient ainsi une sorte de démultiplication d’un seul et même, à trois états successifs de la réflexion féminine ...
Et la copie autographe ? Et L’Embarquement pour Cythère du musée de Berlin ? Car c’est de là que nous étions partis quand Louvre-passion, le concepteur de
ce blog, sur une mienne proposition de rédiger une note là-dessus me retourna la demande.
Watteau, en effet, un an après avoir réalisé la toile actuellement au Louvre, en peignit une seconde, vendue par la suite à Frédéric II de Prusse.
Berlin - Musée de Charlottenburg
Les deux reproductions insérées dans ce modeste article sont pour moi suffisamment éloquentes. Et je ne m’attarderai point sur les différences de
couleurs : nous savons tous que plusieurs paramètres, sur le Net, sont susceptibles d’intervenir pour nous en fausser la perception.
L’idéal serait de se rendre et à Paris, et à Berlin ...
En attendant, je me contenterai - au risque, peut-être, de choquer les spécialistes que d’aucuns, ici, sont, de toute évidence -, de simplement faire remarquer
que l’oeuvre de Berlin est plus achevée, plus complète, plus détaillée : comparez, entre autres, les deux Aphrodite, ou les deux embarcations. Plus technique aussi, peut-être, plus élaborée, plus
construite : la verticalité du tronc d’arbre, pour ne citer qu’un détail, est ici parallèle à celle de la mâture de la barque. Pour être tout à fait honnête et ne rien celer, j’ajouterai que j’ai
lu ici ou là que cette technique plus maîtrisée enlevait tout élan juvénile à l’oeuvre : cet élan juvénile qu’aurait donc possédé Watteau un an auparavant et qu’il aurait si rapidement perdu
?
A vous, lecteurs de faire votre choix ... si tant est qu’il le faille.

Avec cette exposition, le Louvre nous fait découvrir un artiste méconnu, Gabriel de Saint Aubin (1724 - 1780). Considéré comme un marginal à son
époque, il échoua dans toutes ses tentatives de se faire reconnaître. Finalement il fit carrière comme professeur de dessin à l'école des arts, mais en parallèle devint une sorte de "reporter" de la vie Parisienne et nous a laissé un très grand nombre de dessins et d'aquarelles.
Me promenant dans l'exposition j'ai regardé ces scènes de la vie quotidienne du XVIIIe siècle. Gabriel de Saint Aubin habite près du Louvre, il "croque" les promeneurs du jardin des Tuileries, nous montre les débuts du système de location de chaises pour les badauds. Un autre dessin qui pourrait être d'actualité c'est le "tonneau d'arrosage", il s'agit d'une charrette avec un gros tonneau qui arrose les allées pour éviter la poussière soulevée par les promeneurs, une initiative que l'on pourrait tout à fait reprendre de nos jours. En 1756 il dessine l'achèvement des façades de la cour du vieux Louvre et la démolitions des maisons qui subsistaient dans son enceinte. Toujours au Louvre il nous montre une vue du salon de 1779. A l'époque ce n'était pas encore un musée mais s'y tenaient déjà des expositions dont le "salon" qui permettait aux peintres de d'exposer leurs oeuvres et se faire connaître.
Enfin plus dramatique et pris sur le vif l'incendie de l'hôpital de l'Hôtel Dieu le 30 décembre 1772, presque un reportage télévisuel avant l'heure.
L'exposition est visible jusqu'au 26 mai 2008 dans l'aile Sully, salle de la Chapelle.
