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  • : Louvre-passion
  • : 04/06/2005
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  • : Louvre-Passion est le « blog » d'un passionné du musée du Louvre, un musée que l'on peut voir et revoir, déguster, savourer comme un bon bouquin. Avec ce blog vous découvrirez des aspects originaux ou méconnus et flânerez dans les chemins de traverse.
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Vendredi 30 mars 2007
L’autre jour j’ai organisé une visite du Louvre pour trois « drôles de dames », car maintenant je peux vous le dire mon vrai nom est Charles Townsend  et j'emploie trois détectives prénommées Natalie, Dylan et Alex...
Bon, je vous fait marcher, disons que c'était un poisson d'avril anticipé en attendant après demain...
En fait cette visite est une promesse que j’avais faite il y a un moment à trois collègues et amies qui connaissent ma passion pour le Louvre et l’existence de ce blog. Auparavant je remercie le "trio...." - qui vaut bien celui de Charlie - de m'autoriser à raconter cet épisode sur "Louvre-passion".
Avant l’effort nous avons commencé par le réconfort puisque nous avons déjeuné au «Café Denon ». Si vous ne le connaissez pas, c’est un petit restaurant qui se trouve à l’entresol de l’aile Denon très agréable avec ses salles voûtées et un fort bon menu ce qui ne gâte rien (message personnel au trio : rappelez vous du "caracas au chocolat" !!). Nantis des calories indispensables nous avons effectué un tour du musée que je vais vous relater en m'inspirant du style d'un célèbre guide touristique de couleur verte édité par un célèbre fabricant de pneumatiques (là je vous aide beaucoup).


L'aile Denon
Aller d'abord en direction des sculptures de l'Europe du nord pour visiter la galerie tactile, le seul endroit du musée où les visiteurs sont invités à toucher les sculptures. Il s’agit en fait de moulages en plâtre ou en résine d’œuvres exposées au musée qui expriment le mouvement ; l’effort, la course, la danse, la chute. Le visiteur peut également tâter des échantillons du matériau de la sculpture originale.
Revenir ensuite en direction des salles Coptes, où l'on accède à la reconstitution du monastère de Baouit, site qui a été fouillé par l’IFAO (Institut Français d’archéologie orientale).
Baouit est un village de la rive gauche du Nil, en 385 un moine nommé Apollô fonde ce monastère qui connaît très vite grand succès puisqu’il regroupe jusqu’à 500 moines et vit son apogée aux VIe et VIIe siècle, il restera même en activité après la conquête arabe. Après une période de déclin le site fut abandonné et recouvert par le sable jusqu’aux fouilles récentes. Les archéologues ont dégagé des éléments architecturaux du couvent qui ont permis de reconstituer en partie « l’église sud » du couvent. Dans une salle voisine une maquette au 1/10e permet de donner une idée du site tel qu’il était à l’époque.
Monter ensuite en direction des salles Grecques, près de l'escalier remarquer un médaillon incrusté dans le sol portant les lettres N et S et « ARAGO » au centre. En fait il s’agit d’un hommage à Arago qui se présente sous la forme d'une série de médaillons disséminés dans Paris en hommage à François Arago (1786 - 1853) qui fut physicien, astronome et homme politique. Cette œuvre d’art contemporaine réalisée en 1995 par l’artiste néerlandais Jan Dibbets est composée de 135 médaillons, dont quinze se trouvent au Louvre ou a proximité, disséminés le long du méridien de Paris. Monter l'escalier puis dirigez vous vers la salle des Etats ou se trouve la nouvelle présentation de la Joconde, sortir ensuite par la grande galerie pour rejoindre la galerie d'Apollon où sont exposés notamment les joyaux de la couronne.

L'aile Sully
Au sortir de la Grande Galerie prendre à droite en direction du musée Charles X qui est situé dans les anciens appartements de la reine. Sous Napoléon 1er l'architecte Fontaine conçut l'aménagement de ces espaces qui furent utilisés de 1815 à 1827 pour des expositions et le salon des artistes vivants. Lors du règne de Charles X il fut décidé d'y présenter les collections méditerranéennes du musée du Louvre, notamment les collections égyptiennes réunies par Champollion.
Monter au deuxième étage de l’aile Sully vers la salle des portraits peints par Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun. A partir de 1780 Elisabeth Vigée-Lebrun devient la portraitiste de la haute société, elle sympathise avec la reine Marie-Antoinette et fera d’elle plusieurs portraits qui se trouvent au musée de Versailles.
Descendre ensuite les escaliers en direction de la crypte du sphinx de Tanis qui est l'une des pièces les plus monumentales du Louvre avec ses 4 mètres de long. Le sphinx est entré dans les collections en 1826 mais on ignore toujours le nom du pharaon qu'il représente. L'usure des hiéroglyphes gravés sur son corps donne lieu à diverses interprétations. Remonter ensuite l'escalier sur la gauche en direction du Département des antiquités égyptiennes. La salle consacrée au temple présente notamment la tête en granite rose ainsi que le socle d'une statue monumentale du pharaon Aménophis III, continuer ensuite vers la crypte d’Osiris située en sous-sol. Cette salle est consacrée au monde souterrain, le royaume des morts pour les Egyptiens. Au centre trône la cuve en granite rose du sarcophage du pharaon Ramsès III qui régna de 1198 à 1166 avant JC. On y trouve aussi des représentations d’Osiris et Isis.

L'aile Richelieu
Cette aile inaugurée en 1993 est composée de trois cours :
La cour Marly abrite des statues équestres du Parc de Marly aux alentours sont exposées les sculptures françaises et les peintures flamandes ainsi que les salons d'apparat d'époque Napoléon III de l’ancien ministère des finances.
La cour Puget rend hommage au sculpteur et architecte français Pierre Puget (1620 - 1694) dont le célèbre groupe en marbre "Milon de Crotone" figure en ce lieu. On y trouve les sculptures françaises, des peintures de la Renaissance, des Pays-Bas et d'Allemagne. J’apprécie parfois d’aller m’asseoir sous les arbres qui ornent son centre.
La cour Khorsabad doit son nom à la découverte en 1843 de la capitale de Sargon II, roi d'Assyrie entre 721 et 705 avant Jésus Christ. Les statues colossales de taureaux furent ramenées par le consul français Paul-Emile Botta à l'exception de l'une d'entre elles qui sombra dans le fleuve Tigre.
Pour la petite histoire ces trois cours s'appelaient "Cour d'honneur", "Cour des caisses" et "Cour de la poste" quand cette aile était occupée par le ministère des finances jusqu'en 1993. Elles furent entièrement reconstruite après le départ du ministère et recouverte de verrières conçues par l'architecte Michel Macary et l'ingénieur britannique Peter Rice.

Fatigués après cette visite (vous aussi par ce récit peut être) nous avons été reprendre quelques forces sous forme de boissons et autres pâtisseries au "Starbuck coffee" ouvert récemment dans la galerie qui mène au Carrousel du Louvre.
Et pour finir une petite photo de notre petit club très select, mais on a quand même gardé une part d'anonymat.... En fait au début j'avais prévu de pixelliser complètement nos visages mais une des "drôles de dames" m'a dit en substance : "nous n'aurions pas été contrariées que nos visages ne soient pas floutés, tant que nos véritables noms sont tenus secrets......je crois qu'en fait un chouia de célébrité ne nous déplairait pas. .".
Alors je fais comme on m'a dit, nous voilà partis pour "un chouia de célébrité".
Ah les femmes...

par Louvre-passion publié dans : Curiosités
Vendredi 23 mars 2007
La semaine dernière je vous parlais de l'exposition "Arménia Sacra" qui se tient au rez-de-chaussée de l'aile Sully dans la galerie de la Melpomène, muse de la tragédie. Et si nous restions dans le registre de la mythologie Grecque à propos d'un lieu voisin dénommé le corridor de Pan qui se situe dans la partie sud de la Cour Carrée où se trouvait l'appartement des reines, Catherine de Médicis y habita de 1654 à 1658.
Quand le Louvre devint un musée ce corridor fut aménagé entre 1815 et 1817 afin d'y exposer des sculptures antiques. L'origine de son nom s'explique par le fait qu'une statue du dieu Pan faisant partie de la collection Borghèse y fut installée en 1815 (cette statue ne s'y trouve plus à l'heure actuelle) dans un décor fait de placages de marbres rouges et gris.
 
 Le corridor de Pan
 Statue du dieu Pan

Et Pan me direz vous ? Eh bien c'est le dieu des bois, des champs et de la fertilité, il est le fils que Zeus aurait eu, selon les versions, avec Callisto ou la nymphe Thymbris, ou encore Hybris, la déesse de la Démesure. Il est vrai que Zeus avait la réputation de batifoler souvent  à la grande colère de son épouse Héra. Selon une autre variante il serait le fils du dieu Hermès.
Mais revenons à notre Pan, qui est un personnage contrasté. Il est relativement laid puisque il est affublé des cornes et des sabots d'un bouc. Il peut être bienveillant comme protecteur des bergers, des troupeaux et de la nature (son côté "écolo"). Mais il possède aussi un "côté obscur" puisque il peut faire perdre la raison aux individus et aux foules, c'est de là que vient le mot « panique », manifestation humaine de la colère de Pan. A cause de son physique il était toujours repoussé par les nymphes des bois qu'il cherchait à séduire, ainsi la nymphe Syrinx se transforma en roseaux pour échapper à son désir. Enfin il réussit quand même à se faire aimer de Daphnis un berger de Sicile, puis de la nymphe Séléné, personnification de la Lune laquelle se laissa séduire en échange d'un troupeau de bœufs blancs.
Pour finir cette évocation de Pan, je vous propose un poème d'Elizabeth Barrett Browning (1806 -1861) dont vous trouverez la biographie sur cet article de Wikipédia. Ce poème consacré au dieu Pan s'appelle "A Musical Instrument", je vous en livre un extrait en version anglaise accompagné de sa traduction.
L'honnêteté m'oblige à vous dire que la traduction n'est pas de moi, mon anglais étant resté à un stade très basique. Pour les anglophones la version anglaise complète se trouve ici, si quelqu'un peut me fournir la traduction complète je suis preneur.

A Musical Instrument
by Elizabeth Barrett Browning
What was he doing, the great god Pan,
Down in the reeds by the river ? (...)
He tore out a reed, the great god Pan,
From the deep cool bed of the river :(...)
This is the way, laughed the great god Pan,
Laughed while he sate by the river,
The only way, since gods began
To make sweet music, they could succeed.
Then, dropping his mouth to a hole in the reed,
He blew in power by the river.
Sweet, sweet, sweet, O Pan !
Blinding sweet, O great god Pan !(...)
Yet half a beast is the great god Pan,
To laugh as he sits by the river,
Making a poet out of a man.(...)




Que faisait il, le grand dieu Pan
Dans les roseaux, près de la rivière ?
Il prenait un roseau le grand dieu Pan
Dans le lit froid de la rivière
Voici la voie riait le grand dieu Pan
Le seul chemin que prenaient les dieux
Quand ils apprirent la musique.
Puis mettant le roseau à sa bouche
Il souffla la musique au dessus de la rivière.
Doux et terrible Pan !
Aveuglant et doux, ô grand dieu Pan
Moitié bête, moitié dieu
Tel est le grand dieu Pan
Qui rit près de la rivière
Faisant de l'homme un poète.

par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Vendredi 16 mars 2007
Je vous propose une visite de l'exposition "Armenia Sacra", consacrée à l'art chrétien du IVe au XIXe siècle dans la cadre de l'année de l'Arménie en France, qui se tient jusqu'au 21 mai 2007 dans la Galerie de la Melpomène (qui était la muse de la tragédie) et les fossés du Louvre médiéval.
   
 Affiche de l'exposition
 Un Khatcharak  Le "faux" Tiridate
Avant d'arriver à l'exposition on longe une série de "Khatcharaks", ce sont des croix en pierre à vocation commémorative ou funéraire qui sont apparues au IXe siècle de notre ère. Elles étaient posées sur les murs des églises ou en rase campagne et témoignent de la foi des Arméniens. A l'entrée de l'exposition se trouve une statue de "guerrier barbare identifié à tort comme Tiridate roi d'Arménie", il s'agit en fait d'une guerrier Dace ou Parthe, cette identification erronée montre la force des liens qui unissaient ce pays à l'empire romain.
Plus loin vous pouvez admirer le fond de manuscrits arméniens de la Bibliothèque nationale de France, les pièces d'art religieux du musée de Fourvière à Lyon ainsi que des trésors provenant du musée d'Erevan et d'Etchmiadzine. J'ai ainsi remarqué  les manuscrits richement enluminés ainsi que les reliquaires, calices et éventails liturgiques en or.
Cette exposition est l'occasion d'apprendre l'histoire de la conversion du pays au christianisme. Il faut d'abord savoir que, selon la Bible, l'arche de Noé se serait échouée au pied du mont Ararat en Arménie.
Au IVe siècle de notre ère l'empereur romain Dioclétien ordonne la dernière grande persécution contre les chrétiens. Le roi d'Arménie Tiridate, qui était un allié des romains, participa à cette persécution. Selon une légende le roi ayant fait martyriser deux vierges : Gayané et Rhipsimé ainsi que leurs compagnes, fut puni par le ciel et changé en sanglier. C'est alors que Saint Grégoire convertit le roi au christianisme et lui permit de retrouver sa forme humaine. Au moment ou l'empereur Constantin autorisa le culte chrétien dans l'empire romain, l'Arménie était déjà officiellement chrétienne. Un siècle plus tard, le moine Mesrop Machtots invente un alphabet national, reçu comme un don de Dieu. La traduction en langue arménienne des textes sacrés illustre le désir d'autonomie de l'Arménie et de son Église qui devient le symbole de l'unité au moment où l'Arménie devient le lieu d'affrontements  entre l'Empire romain d'Orient et les Perses. Par la suite l'Arménie fut successivement occupée par les Perses qui tentèrent sans succès d'imposer la religion Mazdéenne puis par les Arabes à partir de 653 après JC qui laissèrent une grande autonomie au pays et la liberté religieuse. Paradoxalement c'est sous la domination musulmane que l'Arménie connut l'âge d'or de son architecture religieuse chrétienne.
par Louvre-passion publié dans : Généralités
Vendredi 9 mars 2007
Au rez-de-chaussée de l'aile Richelieu sont réunies dix sculptures des "Hommes illustres de France" (désolé pour vous mesdames...). Cette série fut commandée en 1776 par le comte d'Angiviller, directeur général des bâtiments du roi aux sculpteurs de l'Académie. Il s'agissait de créer un ensemble consacré aux célébrités du règne de Louis XIV pour décorer la grande Galerie du Louvre que le comte d'Angiviller espérait voir transformer en musée. Je vous rappelle qu'à l'époque le Louvre n'est pas encore un musée, pour vous remettre en mémoire ce qu'il était je vous renvoie à cet article. Quand au  comte d'Angiviller c'est lui qui avait également commandé le tableau consacré à la mort de Du Guesclin dont je vous avais parlé il y a quelques temps.
Cette série de sculptures est actuellement répartie entre l'Institut de France, le Château de Versailles et le Louvre qui possède notamment Pascal de Pajou, Molière et Corneille de Caffierit, La Fontaine et Poussin de Pierre Julien, Rollin de Lecomte, Racine de Boizot, Molé de Gois, Gabriel de Lemoyne et Montesquieu de Clodion.
Pour ma part j'ai choisi de vous parler de Mathieu Molé (1584 - 1656) qui fut président du Parlement de Paris durant la période troublée dite de "la Fronde".


A cette époque de la minorité de Louis XIV, la France est gouvernée par le cardinal de Mazarin. La politique fiscale du cardinal provoqua une révolte appuyée par les princes, une partie de la noblesse et les parlementaires (qui sont à l'époque des magistrats), bien sûr les arguments antifiscaux trouvèrent un large écho dans le peuple. Il faut aussi ajouter le fait que Mazarin est alors très impopulaire, on lui reproche d'être Italien, de s'enrichir avec les impôts, voire d'être l'amant de la reine.
Le 26 août 1648 la reine fait arrêter le conseiller Broussel qui avait violemment critiqué le luxe de la cour, le lendemain Paris se couvre de mille barricades. C'est alors que Molé alla trouver la reine et le cardinal Mazarin pour demander la libération de Pierre Broussel. Cette démarche fut reprise le lendemain par tous les parlementaires, mais au retour ils furent arrêtés par la foule et menacés de mort s'il ne ramenaient pas Broussel. La plupart des magistrats s'enfuirent, mais quelques-uns, conduits par Molé, retournèrent au Palais-Royal et persuadèrent Anne d'Autriche de libérer les prisonniers. A cette occasion Molé gagna sa réputation de courage  « le plus intrépide homme à mon sens qui ait paru dans son siècle », selon le cardinal de Retz. Finalement la Fronde finit par se discréditer à cause de ses désordres et par la désunion des révoltés.
Au final le pouvoir royal en sortit renforcé et c'est au souvenir de cet épisode que Louis XIV instaura sa politique de pouvoir absolu et d'abaissement des nobles transformés en courtisans serviles à Versailles.

Vendredi 2 mars 2007
Le musée du Louvre possède l'une des plus belles collections d'art islamique du monde (près de 10.000 objets) avec des pièces provenant d’Espagne, d’Iran ou de l’Inde. Actuellement cette collection est installée au rez-de-chaussée de l’aile Richelieu, sous les antiquités orientales. Mais les pauvres arts d’Islam se morfondent tout seuls, ignorés par les visiteurs qui partent soit vers la cour Puget soit vers les taureaux Assyriens.

Actuellement dans l'aile Sully une exposition présente le projet architectural de la future muséographie des arts de l'Islam. Je vous rappelle que le département des arts de l'Islam sera installé dans la Cour Visconti - actuellement indisponible pour travaux. Pour exposer les oeuvres de ce département du musée, c'est le projet des architectes Mario BELLINI et Rudy RICCIOTTI qui a été choisi.

Chose curieuse la Cour Visconti sera recouverte d'un "voile lumineux discrètement diffusant" (dixit le panneau explicatif).  En attendant 2009 et l'inauguration de ce nouveau département je vous laisse regarder l'installation actuelle et la maquette de la future Cour Visconti.



par Louvre-passion publié dans : Généralités
 
 
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