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  • : Louvre-passion
  • : 04/06/2005
  • : loisirs
  • : Louvre-Passion est le « blog » d'un passionné du musée du Louvre, un musée que l'on peut voir et revoir, déguster, savourer comme un bon bouquin. Avec ce blog vous découvrirez des aspects originaux ou méconnus et flânerez dans les chemins de traverse.
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Lundi 27 février 2006

Vendredi 24 février j’ai visité l’exposition Ingres, jour de son ouverture au public. Tout de suite j’ai été confronté à l’écueil habituel des grandes expositions artistiques : la foule ! Heureusement ma qualité « d’Ami du Louvre » m’a permis de bénéficier d’un coupe file et de ne pas attendre ½ heure. D’ailleurs l’entrée de l’exposition est régulée par un circuit en zigzag tel que ceux des parc d’attraction.
Dès le début on peut admirer les portraits qui firent la gloire d’Ingres. Ne manquez deux tableaux qui se font face, l’un représente Bonaparte, premier consul en 1804, l’autre Napoléon sur le trône impérial en 1806 avec toute la pompe impériale, raccourci saisissant de cette arrivée au pouvoir. Toute sa vie, même si parfois cela lui pesait, Ingres à peint la haute société de son temps : le duc d’Orléans, le ministre Molé, le patron de presse Bertin...

Cette exposition est l’occasion de découvrir l’origine de l’expression « un violon d’Ingres », en effet ce peintre était aussi un violoniste virtuose, admirateur de Mozart, qui aurait pu entamer une carrière de musicien. C’est donc lui qui est à l’origine de cette expression à propos de la pratique d’un loisir telle que l’on pourrait en faire un métier. Un peu comme le personnage de Sherlock Holmes, détective mais aussi violoniste amateur.

L’exposition met aussi en parallèle la peinture religieuse d’Ingres, qui a contribué à la « renaissance catholique » et ses tableaux de nus féminins tels que le bain turc ou les odalisques façon pour lui de montrer que, malgré sa notoriété et ses titres honorifiques, il faisait peu de cas des convenances sociales. En bref, une belle rétrospective qu’il faut sans doute aller revoir un peu plus tard une fois l’engouement du début passé.

Vendredi 24 février 2006

Cette exposition consacrée à Jean-Auguste Dominique Ingres (1780 – 1867) débute aujourd’hui dans le Hall Napoléon et regroupe 80 peintures et 80 dessins issus des collections du Louvre, de prêts de grands musées américains et de collections privées.

Né à Montauban, Ingres fut élève de David puis part étudier en Italie comme artiste il est célèbres par les portraits de ses amis, de fonctionnaires et de diplomates. Mais Ingres est surtout connu comme un artiste sensuel qui toute sa vie peint le nu féminin, l’exposition se clôt d’ailleurs par l’un de ses plus célèbre tableau, « Le Bain turc » (cette photo a été prise avant l'exposition), peint par l’artiste à plus de 80 ans. Peinte en 1859, la toile est d’abord achetée par un parent de Napoléon III qui la rend au bout de quelques jours, sa femme ne le trouvant pas « convenable ». En 1863, Ingres modifie la toile qui était d’abord rectangulaire et lui donne la forme d’un médaillon.

Ingres a été très tôt marqué par le courant orientaliste né avec la campagne d’Egypte de Bonaparte. Une partie de ces œuvres est marquée par le fantasme du « harem » très présent dans la société du XIXe siècle, « Le Bain turc » représente une foule de femmes nues - censées se trouver dans un harem - dans des postures alanguies, voire lascives (regardez l’attitude des 3 femmes sur la droite).

En fait Ingres n’est jamais allé en Orient, ses peintures sont le reflet de ses lectures et de récits de voyages. Les critiques ont d’ailleurs fait observer que les femmes peintes sur le tableau ont plutôt le type européen et il y a peu d’éléments exotiques dans la composition.

Pour mémoire c’est grâce à la société des « Amis du Louvre » que le tableau est entré en 1911 dans les collections du musée, non sans mal car il fallu beaucoup d’obstination aux Amis du Louvre de l’époque pour faire accepter ce tableau jugé alors indécent. Aujourd’hui les visiteurs passent devant sans plus s’émouvoir les images plus ou moins érotiques ayant envahi notre univers visuel.
Vendredi 17 février 2006

Le Louvre consacre une exposition à la famille de peintres d’origine Flamande, les Van Blarenberghe. Jacques-Guillaume Van Blarenberghe (1691 – 1742), son fils Louis-Nicolas (1716 – 1794) et son petit fils Henri-Joseph (1750 – 1826) sont « des reporters du XVIIIe siècle ». En 1906, le dernier descendant de la famille légua au Louvre l’ensemble des œuvres en sa possession, ce sont elles que l’on peut admirer au cours de cette exposition auxquelles s’ajoutent des prêts de collections particulières.
Cette dynastie de peintres, encore méconnue de nos jours, s’est spécialisée dans les miniatures et les scènes de la vie quotidienne. Par exemple cette descente de police dans un hôtel de passe, on remarque que les prostituées sont embarquées dans les ancêtres du « panier à salade ».
 
J’ai également remarqué cette halte d’un régiment de dragons dans une auberge de campagne, je dédie cette scène à notre Dragonne bien connue. Je précise que les dragons sont les soldats des régiments de cavalerie, leur nom viendrait du fait qu'à l'origine l'étendard de ces troupes représentait un dragon. De nos jours les dragons existent toujours mais utilisent des chars d’assaut qui ont remplacé les chevaux.

Autre scène le retour de la famille royale à Paris dont je vous rappelle le contexte historique. Le roi Louis XVI, convaincu de sa légitimité de droit divin, n’avait jamais vraiment accepté la révolution de 1789.
Essayant de résister au nouveau pouvoir de l’assemblée il fit venir des troupes ce qui inquiéta les révolutionnaires parisiens. En octobre 1789 se répandit la rumeur selon laquelle, au cours d’un banquet, les gardes du corps de la famille royale auraient piétiné la cocarde tricolore ce qui provoqua l’indignation des parisiens. Le 5 octobre 1789, plusieurs milliers de manifestants, dont une majorité de femmes se rendirent à Versailles pour demander au roi du pain et la ratification des décision de l’assemblée. Le roi qui revenait de la chasse acceptât mais le lendemain des émeutiers envahirent le château, massacrèrent les gardes du corps et tentèrent de pénétrer dans les appartements royaux. Pour les apaiser et sur les conseils de La Fayette, Louis XVI et Marie-Antoinette acceptèrent de quitter Versailles pour Paris. Après un trajet de plusieurs heures au milieu d’une foule déchaînée la famille royale s’installa aux Tuileries (près du Louvre).

Ces peintres s’étaient spécialisés dans les miniatures et reproduisaient des scènes sur de petites surfaces comme des couvercles de tabatières. Il y a par exemple la bataille de Fontenoy, c’est une victoire française, en 1745 contre une coalition de Anglo-Hollando-Hanovriens durant la guerre de succession d'Autriche (cela rappelle ceux qui veulent regarder la scène de la bataille des champs de Pélénor dans le « retour du roi » sur l’écran de leur mobile ou baladeur mp3 !).  

Les Van Blarenberghe eurent pour clients des personnalités marquantes du XVIIIe siècle tels que la marquise de Pompadour et le duc de Choiseul, successeur de l’abbé-comte Joachim de Bernis au ministère de affaires étrangères sous le règne de Louis XV.

Vendredi 10 février 2006

Après vous avoir infligé un rappel historique (un peu long peut être) pour expliquer qui sont les Coptes, je vous propose de m’accompagner dans les salles qui leurs sont consacrées où sont exposés des objets ainsi que des vêtements et des outils de tissage.
 
Tout au fond des salles Coptes on accède à la reconstitution du monastère de Baouit, site qui a été fouillé par l’IFAO (Institut Français d’archéologie orientale).

Sachez que l’Egypte a joué un grand rôle dans les origines du christianisme, c’est là que sont nés les premiers monastères. Au début il s’agissait d’ermites qui se retiraient dans le désert, un ancien soldat, Pacôme, est l’un des premier à regrouper les moines et leur donner une règle.
Baouit est un village de la rive gauche du Nil, en 385 un moine nommé Apollô fonde ce monastère qui connaît très vite grand succès puisqu’il regroupe jusqu’à 500 moines. Son apogée se situe aux VIe et VIIe siècle et il restera même en activité après la conquête arabe. Après une période de déclin le site fut abandonné et recouvert par le sable jusqu’aux fouilles récentes. Les archéologues ont dégagé des éléments architecturaux du couvent qui ont permis de reconstituer en partie « l’église sud » du couvent. Dans une salle voisine une maquette au 1/10e permet de donner une idée du site tel qu’il était à l’époque.


Ce que j’aime bien dans cette salle c’est sa tranquillité et le le fait que pour y accéder il faut emprunter un petit dédale de chemins de traverse. Ensuite j’aime m’asseoir sur le banc (d’où j’ai pris la photo) et me détendre quelques instant au calme, c’est ainsi que je fais ma retraite au monastère de Baouit.

par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Mardi 7 février 2006

Je suis interpellé par notre ami « Lunettes rouges » qui me demande d’évoquer le « prêt onéreux » du Louvre au musée d’Atlanta. Pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi l’histoire, le musée du Louvre va prêter pendant plusieurs mois une série d’œuvres au High Museum d'Atlanta (Géorgie). Selon la presse seraient concernés des œuvres de Raphaël ; Murillo ; Rembrandt Nicolas Poussin; Jean-Honoré Fragonard, François Boucher, Charles Le Brun et Pierre de Cortone….

En contrepartie, le musée a obtenu 13 millions d'€uros auprès de fonds privés américains levés grâce à l'Association américaine des amis du Louvre (American Friends of the Louvre).

La grande question qui agite les éditorialistes est : Fallait il prêter des œuvres pour de l’argent ?

Il y a aussi le problème d’une communication trop institutionnelle avec une annonce publique prévue par le Louvre pour le 4 avril, mais prise de vitesse par une information diffusée, côté américain, sur internet. Du coup le Louvre s’est trouvé pris de court.

La question est sans doute plus vaste, le Louvre dépend très largement des dotations versées par l’Etat. Or compte tenu de la situation des finances publiques celles-ci vont diminuer inéluctablement. Si le musée veut conserver son rayonnement il devra se tourner de plus en plus fréquemment vers des grands mécènes privés. Je rappelle que pour le futur département des arts d’Islam c’est un neveu du défunt roi d’Arabie Saoudite qui apporté la plus grande part, soit 17 millions d’€uros et que des sociétés Japonaises ont financés en grande partie la nouvelle salle de la Joconde.

par Louvre-passion publié dans : Généralités
Vendredi 3 février 2006

Un jour, fatigué du stress de la vie professionnelle et du rythme de la grande ville, j’ai fait une retraite au monastère de Baouit …. qui se situe dans les salles consacrées à l’Egypte Copte au rez-de-chaussée de l'aile Denon, autour de la Cour Visconti.

Je vois déjà les questions qui fusent à la lecture de ce lignes : Qu’est ce qui se passe ? Est il en train de se convertir ? Qui sont les « Coptes » ?

Eh bien non je ne traverse pas de crise mystique, j’ai simplement découvert un nouveau « chemin de traverse » une salle du Louvre où est reconstitué en partie un monastère.

Quant aux Coptes, eh bien ce sont les égyptiens des premiers siècles de notre ère. Avant de poursuivre je fais un bref rappel historique pour rappeler ce qui s’est passé après les pharaons car bien souvent les livres d’histoires oublient cette période.

A partir de 900 avt JC, l’Egypte s’affaiblit, le pouvoir des pharaons est contesté par les grands prêtres et bientôt des envahisseurs s’emparent du pays, les Assyriens, les Perses puis les Grecs avec la conquête d’Alexandre le Grand. Un dynastie de rois Grecs règne alors sur l’Egypte, tout en s’identifiants aux anciens pharaons pour se faire accepter du peuple. La dernière reine est la célèbre Cléopâtre qui est confrontée à la puissance romaine. Comprenant que l’Egypte ne peut vaincre Rome la reine tente de séduire César puis Antoine pour devenir leur alliée. Malheureusement pour elle Antoine est vaincu par Octave qui reste insensible au charme de la reine, sachant qu’elle sera emprisonnée à Rome Cléopâtre se suicide en se faisant piquer, selon la légende, par un serpent venimeux (un aspic). L’Egypte devient alors une province de l’empire romain, elle a d’ailleurs un statut particulier puisqu’elle fait partie du domaine privé de l’empereur, c’est aussi le « grenier à blé » chargé d’approvisionner Rome en céréales. A partir de l’an 300 de notre ère, l’Egypte devient une province de l’empire romain d’orient appelé aussi empire Byzantin (du nom grec de sa capitale : Byzance). A cette époque beaucoup de choses changent, l’ancienne culture et l’ancienne religion disparaissent et le sens des hiéroglyphes est oublié (il faudra attendre 1822 et Champollion pour les lire à nouveau). La langue égyptienne évolue elle s’enrichit d'emprunts au grec et à diverses langues sémitiques. 

A partir de 639 commence la conquête arabe, facilitée par le fait que la population était opprimée par le pouvoir byzantin, l’Egypte connaît alors une nouvelle religion et devient musulmane. Les habitants sont alors appelés les « Coptes » un mot qui vient de l’arabe, lui-même dérivé du mot grec Aiguptos, « Égypte ». Les Coptes existent encore de nos jours c’est la minorité chrétienne du pays, parfois menacée par les mouvements fondamentalistes, quant au copte il a disparu en tant que langue parlée et ne subsiste que dans le rituel de l’église locale. (à suivre)

par Louvre-passion publié dans : Antiquités
 
 
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