Les couleurs de l'Antiquité
Publié le 29 Mars 2026
Dans notre imaginaire la Grèce ancienne est peuplée de statues et de temples en marbre blanc alors que les historiens savent que le monde Grec était un univers bariolé, plein de couleurs. Nous savons par les textes que le grand sculpteur Grec du IVe siècle, Praxitèle, travaillait avec le peintre Nicias et Praxitèle considérait que ses statues n’étaient pas achevées tant que Nicias ne les avaient pas peintes.
Alors d’où vient ce mythe de la blancheur de l’art Grec ?
Tout commence lors des premières fouilles de la Renaissance et du XVIIe siècle, les sculptures découvertes ont perdu leurs couleurs au fil des siècles et les fouilleurs les nettoient pour les rendre présentables au public.
Il y eut aussi l’influence de Johann Joachim Winckelmann (1717-1768), archéologue et historien de l'art allemand, considéré comme le fondateur de l'archéologie classique. Dans son principal ouvrage « Histoire de l'art de l'Antiquité » (1764), il expose sa théorie selon laquelle la blancheur des statues Grecques était le « beau absolu » car il ignorait qu’elles étaient colorées. Pendant plus de deux siècles, c'est cette idée qui va dominer. Au point qu’au XIXe siècle les archéologues remarquent les couleurs des statues, les notent, mais n’en font rien, ils dénient la polychromie. Une tradition qui a la vie dure s’impose dans les musées : montrer les statues antiques sans précise qu’à l’origine, elles étaient colorées.
Depuis le début du XXIe siècle, des techniques de pointe permettent de retrouver des traces de pigments microscopiques. Aujourd’hui, des chercheurs redonnent une seconde vie aux couleurs de la sculpture et de l’architecture du passé, mais ces reconstitutions ne font pas l’unanimité chez les scientifiques. Cette Vénus de Milo colorée que j’ai placée auprès de l’original n’est pas près de faire son entrée au Louvre.
Source :
Documentaire Arte « les couleurs de l'Antiquité ».
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