Rassurez vous aucun incendie n’a ravagé le Louvre. J’écris cet article à la demande de « Justarrived » qui
voulait des informations sur la plaque commémorative concernant un héros ayant sauvé le Louvre des flammes pendant la Commune. Comme elle m’a dit que «ça serait absolument génial d'avoir un article dessus!!! », je me suis donc rendu
sur place muni de mon outil de travail de blogueur, autrement dit un appareil numérique, pour aller photographier la plaque en question.
Comme vous le voyez il y a en fait deux plaques. Elles sont situées au rez-de-chaussée de I'aile Denon près de galerie Daru qui mène à la victoire de Samothrace. Il est écrit sur la première : « En mai 1871 Henri Barbet de Jouy, conservateur du musée du Louvre, Antoine Héron de Villefosse attaché au département des antiques, Léon Morand chef du bureau administratif des musées, par leur courage et leur décision ont assuré la défense intérieure du Louvre et conservé à la France ses collections nationales. ». Sur la seconde on lit : «Le 24 mai 1871, Martian de Bernardy de Sigoyer, commandant le 26e bataillon de chasseurs à pied, par son initiative énergique, a préservé de I'incendie le palais et les collections nationales du Louvre. » C’est donc Bernardy de Sigoyer le héros qui a sauvé le Louvre des flammes lors de la « semaine sanglante » il y a 138 ans.
Mais avant de vous raconter le sauvetage du Louvre, je pense qu’un rappel historique sur la Commune ne sera pas inutile !
En 1870 une guerre éclate entre la France de Napoléon III et l’empire Allemand dirigé par la Prusse du chancelier Bismarck. Très vite le conflit tourne au désavantage de la France dont l’armée est mal préparée et surtout technologiquement en retard par rapport aux Allemands qui utilisent notamment des canons à tir rapide. La capture de Napoléon III après la défaite de Sedan en septembre 1870 provoque la chute du régime impérial, la république est proclamée, un gouvernement de défense nationale sous l’impulsion de Gambetta lève 600.000 hommes pour arrêter l’ennemi. Mais ces armées improvisées ne peuvent venir à bout de la machine de guerre Prussienne bien équipée et bien entraînée.
Très vite un antagonisme surgit entre la nouvelle assemblée dirigée par Thiers et la population parisienne. L’assemblée est composée de notables de provinces qui
veulent la paix même au prix de concessions territoriales. La population parisienne, qui à subit le siège des Prussiens, s’estime trahie par la volonté de paix de l’assemblée. L’assemblée, qui se
méfie de Paris, multiplie les mesures vexatoires : transfert de l’assemblée à Versailles, suspension du moratoire sur les loyers et tentative d’enlèvement des canons de Paris. En mars 1871 le peuple de Paris se révolte, des mouvements révolutionnaires prennent le pouvoir et créent la
« Commune », en référence à 1793. Pour les vaincre Thiers évacue la ville et laisse le champ libre aux insurgés pour mieux les écraser. Il obtient de Bismarck le rapatriement
des prisonniers et dispose rapidement d’une forte armée face aux communards incapables de créer un commandement unifié. Les Versaillais entrent dans Paris et au cours de la « semaine
sanglante » repoussent peu à peu leurs adversaires vers l’est de la ville, le 28 mai 1871 les derniers Communards sont fusillés au cimetière du Père-Lachaise. A la répression des Versaillais
répondent les exécutions sommaires de prisonniers par les insurgés et les incendies qu’ils allument un peu partout pour couvrir leur retraite.
C’est ainsi que le 23 mai 1871 les Communard mettent le feu au palais des Tuileries à la fois parce qu’il symbolise l’empire mais aussi pour couvrir leur retraite.
Le conservateur du musée du Louvre, Henri Barbet de Jouy, aidé par le personnel du musée combat l’incendie mais celui-ci gagne du terrain. Il réussit à convaincre une compagnie de soldats
Versaillais et leur commandant, Martian de Bernardy de Sigoyer de les aider. Dans la nuit du 23 au 24 mai les soldats tranchent la toiture de
la Grande Galerie et stoppent
l’incendie. Le palais des Tuileries est entièrement consumé mais le Louvre et ses collections sont sauvées. Le malheureux commandant, capturé la nuit suivante par les Fédérés, est
retrouvé carbonisé le lendemain matin, quand à Barbet de Jouy il devient directeur des musées de France en 1879.
Il est donc juste que ces personnages aient leur plaque au musée. J’ajoute que je tiens mes informations du « Dictionnaire amoureux du Louvre » écrit par Pierre Rosenberg – ancien Président-Directeur du musée – publié chez Plon en 2007.
La semaine dernière je vous laissais en proie à un suspense insoutenable. Si vous avez survécu à cette attente je vous propose de découvrir la deuxième et dernière
partie (on s’arrête là, rassurez vous) du « Louvre insolite ».
Je vous rappelle que pour profiter de la vidéo en haute définition il faut d’abord cliquer dans le menu du lecteur, puis cocher « qualité haute ».
Il y a quelque temps j’avais été contacté par une journaliste qui, ayant découvert ce blog, voulait que je lui fasse découvrir les aspects insolites du musée du Louvre pour un article qu’elle avait en préparation. Rendez-vous pris je lui fis donc visiter quelques coins du musée et autres œuvres hors du commun, cela dit l’article en question n’a jamais été publié…… dommage.
Ayant gardé mes notes écrites pour la circonstance, je me suis dit que finalement je pourrais en faire quelque chose et, plutôt qu’un article traditionnel, j’ai eu l’idée de cette vidéo.
Je vous laisse donc visualiser mais, avant tout, je tiens à remercier Catherine L. et Michel M. qui ont prêté leurs voix pour les commentaires.
Pour profiter de la vidéo en haute définition cliquez d’abord dans le menu du lecteur, puis cochez « qualité haute ».
Je sais que cela va vous sembler incroyable, mais un pied de tomate avait poussé dans la cour carrée du Louvre. Je ne
mens pas, la preuve est en photo sous vos yeux. C'est d'autant plus curieux que la cour carrée est un décor totalement minéral son sol étant entièrement pavé et dallé, en bref sans "espace vert".
Je me demande d'ailleurs comment ce pied de tomate s'était débrouillé entre ces deux dalles.
J'ai soumis ces clichés à l'expertise de ma chère moitié qui est experte en plantes et jardinage tandis que j'avoue ma totale ignorance en la matière (je suis un vrai Parisien, mes racines
plongent dans le macadam). En bref le diagnostic est le suivant, les tomates ne pouvaient pas mûrir, c'est la fin de la saison.
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| Le pied de tomate en situation |
Le pied de tomate en gros plan
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Le décor minéral de la Cour Carrée |
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Le zodiaque de Dendéra
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La dalle du "Stargate" |
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| "Un million d'années dans le ciel se tient Râ, dieu du soleil. Enfouie et scellée pour l'éternité est la porte des étoiles" |
| Pour finir un générique, en souvenir…. |
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| Porte vers le passage de la salle Henri II |
Porte vers l'escalier dérobé du "couloir des poules" |
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| Escalier dérobé du "couloir des poules" © Photo Guillaume Fonkenell |
Médor est un nom couramment donné à un chien, mais saviez que c’est à cause du Louvre ?
Médor devant la colonnade du Louvre
(photomontage Louvre-passion)
La célébrité de « Médor » a commencé avec la révolution de 1830 dont un épisode s’est déroulé au Louvre. Mais voyageons dans le temps, au mois de juillet 1830, à cette époque la France est gouvernée par le roi Charles X qui voudrait, appuyé par une partie de la noblesse réactionnaire, supprimer toute trace politique et sociale de la période révolutionnaire. En 1829 le roi a nommé le prince de Polignac chef du gouvernement, la nomination de cet ancien chouan symbolisait le triomphe de la contre-révolution. En réaction deux partis se formèrent, décidés à aller jusqu’au renversement de Charles X, les républicains et les orléanistes, partisans du duc d’Orléans favorable à une monarchie libérale. Lors des élections législatives de juillet 1830, l’opposition remporta la majorité des suffrages mais Charles X refusa d’admettre cette situation politique et décida, avec ses ministres, de gouverner par ordonnances (c'est-à-dire de promulguer des lois sans passer par l’assemblée). Dès la publication des ordonnances le peuple de Paris se souleva pour défendre les libertés politiques. Au cours des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, appelées les « trois glorieuses » le régime fut renversé et Charles X contraint de s’exiler en Angleterre pendant que Louis Philippe d’Orléans prenait le pouvoir. Je vous rappelle que la colonne qui se trouve place de la Bastille est le monument érigé en souvenir de ces journées.
Et Médor dans tout ça, eh oui on avait failli l’oublier le pauvre ! Au cours des « trois glorieuses », le Louvre fut pris d’assaut par les insurgés car il était proche du palais des Tuileries où résidait le roi. Cet épisode à d’ailleurs été raconté par Alexandre Dumas qui a participé à la révolution. « Maintenant comment ce Louvre, comment ces Tuileries, comment ce Carrousel, avec leurs cuirassiers, leurs lanciers, leurs Suisses, leur garde royale, leur artillerie, avec trois ou quatre mille hommes de garnison enfin, avaient ils été pris par quatre ou cinq cents insurgés ? Le voici : Quatre attaques avaient été dirigés sur le Louvre (…) Nous avons dit que ce fut la seconde attaque qui enleva le Louvre. Ce succès fut dû à l’admirable courage des assaillants, mais aussi, il faut le dire, au hasard à une fausse manœuvre ». Les victimes de cette attaque furent enterrées à l’angle de la colonnade du Louvre, le chien de l’un d’entre eux, inconsolable, resta auprès de son maître enseveli au Louvre et donna son nom à des générations de chiens. J’ai trouvé sur ce site consacré au « chien dans l’art » un article détaillé sur Médor ainsi que la retranscription d’un récit de l’époque j’y ai d’ailleurs appris que ce chien était un barbet.
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