Lors d’une visite au musée des Augustins de Toulouse j’ai été frappé par deux tableaux contigus de Jean-Paul Laurens, « Saint Jean Chrysostome et l'impératrice Eudoxie » et « L'agitateur du Languedoc ».
Avec « Saint Jean Chrysostome et l'impératrice Eudoxie » nous sommes transportés à Constantinople, à la charnière des IVe et Ve siècles de notre ère dans un empire Romain d’Orient qui brille de tout son éclat pendant que la partie occidentale de l’empire se morcelle sous l’emprise des barbares.
Saint Jean Chrysostome est le fils d’un haut fonctionnaire de l’empire, il reçoit une excellente éducation classique. Il est ordonné prêtre puis nommé prédicateur par l’évêque d’Antioche. Très vite il s’impose par ses talents oratoires qui lui valent le surnom de « Chrysostome » ce qui veut dire « bouche d’or » en Grec. Nommé en 398 Patriarche de Constantinople, il se heurte à l’impératrice Eudoxie une femme ambitieuse qui aime les fastes, les plaisirs et scandalise les chrétiens. Exilé par l’impératrice, Saint Jean Chrysostome, revient à la faveur d’un mouvement populaire mais est exilé à nouveau et meut d’épuisement. La mort de l'impératrice, survenue peu après, apparut alors comme un châtiment divin.
Le tableau joue sur les contrastes, au premier plan, le saint harangue l’impératrice de sa chaire en bois et laisse éclater sa colère marquée par son poing tendu. Au fond l’impératrice Eudoxie est figée et porte son regard bien au-delà du prédicateur qui l'interpelle depuis sa chaire.
« L'agitateur du Languedoc » évoque la répression menée contre les Cathares. On sait peu de choses sur cette doctrine, venue d’Orient au XIe siècle. Elle considérait qu’il existe deux mondes, notre monde crée par Satan où règne le mal, et un monde du bien, spirituel et lumineux, pour y parvenir l’âme devait expier ses fautes au cours de différentes existences. Pour les Cathares le démon avait faussé l’œuvre du Christ, l’église catholique était une fausse église corrompue et la croix ne devait pas être vénérée car elle fut l’instrument du supplice du Christ. Eux-mêmes ne désignaient pas comme Cathares mais comme « croyants » pour les convertis et « bons hommes » ou « parfaits » pour les prédicateurs qui avaient fait vœu de pauvreté et de chasteté.
Ce mouvement se développa dans le midi dont la civilisation était urbaine et ouverte. Le terrain était favorable car l’église d’alors était corrompue, certains prêtres vivaient en concubinages, d’autres tenaient des tavernes et certains taxaient les services religieux (messes, baptêmes..). Les missionnaires Cathares austères et vertueux, n’eurent aucun mal à convertir les fidèles scandalisés par les abus de l’église. De leur côté, les femmes furent sensibles au côté égalitaire de la doctrine car il existait aussi des « parfaites ». Au début du XIIIe une partie la classe dirigeante du midi se rallie aux Cathares, certains nobles avec l’arrière- pensée de s’emparer des biens de l’église.
Pour le pape Innocent III (1160 – 1216) champion de la théocratie, l’extension du catharisme est un danger politique majeur. L’assassinat de son légat en 1208 est le prétexte de son appel à la croisade. En 1209 une armée de 20.000 combattants envahit le Languedoc et met le siège devant Béziers dont la population – composée en majorité de catholiques - est massacrée. L’abbé de Cîteaux qui accompagnait la croisade aurait alors dit cette phrase terrible : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». Après la croisade le système policier de l’inquisition est mis en place et les Cathares entrent en clandestinité.
Le dernier épisode est la prise de la forteresse de Montségur en 1244, dernier refuge des Cathares. Par la suite le Catharisme, privé de chefs et de prédicateurs, survit partiellement dans la clandestinité avant de disparaître au XIVe siècle.
Au lieu de donner le point de vue des Cathares, Jean-Paul Laurens évoque la dénonciation des excès de l’inquisition par un membre de
l’église catholique, le moine franciscain Bernard Délicieux, qui paya de sa vie son attitude courageuse. On retrouve le même contraste, le moine vêtu de sa bure franciscaine lève
un bras vengeur vers ceux qui l'accusent. Face à lui les représentants de l’église officielle apparaissent bornés, indifférents ou le visage masqués par leurs capuchons tandis que le grand
inquisiteur vêtu d’hermine est scandalisé par le propos du franciscain.
Dans ces deux tableaux transparaît la personnalité de Jean-Paul Laurens (1838 - 1921) artiste Languedocien connu pour ses convictions républicaines et anticléricales. Les personnages de Saint Jean Chrysostome et Bernard Délicieux expriment sa défiance vis-à-vis des institutions sans contrôle ainsi que son sentiment régionaliste.
Les femmes doivent se changer plusieurs fois par jour, au déshabillé du matin succède une élégante toilette d’après-midi, le soir il faut porter une robe de réception si
l’on reçoit. Quand une femme va au bal ou à l’opéra, elle se doit de porter une robe de soie largement décolletée découvrant les épaules comme le peint Mary Cassat dans sa « Femme au collier
de perles ». Dans les salles, les œuvres des impressionnistes côtoient des vêtements d’époque et on peut même voir côte à côte le tableau « Dans la serre ou Madame
Bartholomé » et la robe en deux pièces de coton blanc imprimé de pois et rayures violettes portée par la femme du peintre au moment où elle posait, en 1881. Un peu plus loin, grâce
à un jeu de miroirs, des chaises sur les côtés, la scénographie des tableaux nous donne l’impression d’assister à un défilé de mode. Le tableau de James Tissot « Octobre » est
l’occasion de magnifier la Parisienne, incarnation de la mode à l’époque, dont le jeu de séduction consiste à dévoiler un pied ou une cheville au cours de sa marche.




Un
colt modèle "Dragoon 1844", souvenir de l'époque violente de la conquête de l'Ouest et la ruée vers l'or.
Pour finir sur
une note plus poétique "Spring" (1928) de Selden Connor Gile un paysage avec une touche impressionniste.
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