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Hors du Louvre

Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 00:05

Au cours d’une escapade à Bruxelles nous avons fait escale au nouveau musée Magritte ouvert depuis juin 2009. En fait j’avais envie de le visiter depuis mon coup de cœur pour « l’empire des lumières » à la fondation Guggenheim de Venise.

Le musée est installé dans un bâtiment rénové et agréable, deux bémols gâchent cependant un peu le plaisir : le fait que les billets ne soient pas vendus sur place ce qui déroute un peu et l’obscurité ambiante des salles, guère pratique pour déchiffrer les cartels des tableaux. Enfin, une fois les billets achetés, on emprunte un énorme ascenseur car le musée propose un parcours chronologique et thématique de l'œuvre de Magritte qui débute au dernier étage.

René Magritte (1898-1967) est un peintre belge qui s'intéresse au cubisme et au futurisme. En 1923 il découvre la peinture de De Chirico qui lui donne le sentiment « qu'il représentait une rupture complète avec les habitudes mentales d'artistes prisonniers du talent, de la virtuosité et de toutes les petites spécialités esthétiques : c'était une vision nouvelle ». A partir de sa première exposition personnelle, à Bruxelles en 1927, il adopte une technique et une thématique qui le suivront tout au long de sa carrière. Ce sont des images qui partent du réel mais dont l’échelle ou la perspective sont modifiées. Dans ses tableaux il y a des juxtapositions inattendues d'éléments ou d'objets sans lien logique apparent et les titres, toujours énigmatiques, donnent un sentiment de mystère. En 1926, il entre en contact avec André Breton et rejoint le groupe surréaliste dont il devient un membre important, à cette époque les surréalistes cherchent à créer « quelque chose de plus vrai que la réalité elle-même ». Un an plus tard il, peint «  L’homme du large » inspiré du personnage de Fantômas porté à l’écran, c’est la silhouette d’un homme en collant noir au bord de la mer avec une sorte de morceau de bois à la place de la tête.


Dans les années trente, de retour à Bruxelles Magritte travaille dans la publicité et se rapproche du Parti communiste comme en témoigne cette affiche pour « La centrale des ouvriers textiles de Belgique ». Après la Libération il se consacre aux recherches sur la répétition et les grandes images. Dans « la Bouteille peinte ou les deux hommes en conversation » on retrouve un morceau de bois qui rappelle l’homme du large. J’ai bien sûr contemplé la version de « l’empire des lumières », qui inclut un reflet d’eau à la différence de celle de la Guggenheim de Venise. Le « Domaine d'Arnheim » représente un lieu mystérieux nommé ainsi en référence à un conte d’Edgar Poe, le nid sur le mur renvoie à la montagne en forme d’aigle. A la fin de sa vie Magritte connaît la notoriété ce qui lui vaut des commandes importantes telles que « l’oiseau de ciel », constitué de ciel bleu et de nuages, pour la compagnie aérienne nationale de Belgique. A noter que cette œuvre a été vendue aux enchères en 2003 lors de la liquidation de cette compagnie aérienne.

 

Le musée Magritte se trouve 1 Place Royale à Bruxelles, vous pouvez aussi visiter son site internet.

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 00:05

Lundi j’ai été invité au « vernissage presse » de l’exposition « Teotihuacan Cité des dieux » au musée du quai Branly par l’entremise du site Orsérie. Comme généralement je visite les expositions comme un « vouzémoi » de base, j’ai profité de cette occasion un peu exceptionnelle. Arrivé à l’accueil où, en échange de mon invitation j’ai reçu un dossier de presse, j’ai ainsi eu le loisir de visiter l’exposition sans être bousculé par la foule qui vous marche sur les pieds. Il y avait tout de même des chaînes de télévision qui filmaient un peu partout.




Comme je suppose que Teotihuacan ne vous parle pas beaucoup (« Téoti… quoi ?» m’on dit plusieurs collègues !) je commence par un rappel historique.

Il s’agit d’une cité fondée au premier siècle avant notre ère et abandonnée vers 650 après JC. Située au nord de l’actuelle Mexico, à 2.300 mètres d’altitude et sur 810 hectares de superficie elle est dominée par les pyramides tronquées dédiées au soleil et à la lune et traversée par une avenue principale de deux kilomètres de long.

Historiquement c’est la première ville du continent américain. Elle était la capitale d’un empire reposant sur la guerre, la religion et les sacrifices humains. Les masques funéraires et les fresques révèlent que son univers religieux tourné vers l’obtention de la pluie.

 

Teotihuacan comptait près de 100.000 habitants à son apogée dont un tiers étaient des artisans, des prêtres des dirigeant et des guerriers. C’était déjà une métropole cosmopolite puisque des artisans étrangers s’y étaient installés. Les fouilles ont révélé un urbanisme avancé, les maisons étaient centrées autour d’un patio qui distribuait l’air et la lumière, l’eau de pluie était récupérée et il existait un réseau d’évacuation des eaux usées.

On ignore ce qui a causé la chute de la ville. Les traces d’un grand incendie et de vandalisme ont été retrouvées, à partir de là plusieurs hypothèse sont possibles : invasion, révolte, pénurie de ressources…

Lorsque, plusieurs siècles après, les Aztèques l’on découverte ils furent tellement impressionnés par sa splendeur qu’ils la surnommèrent « le lieu où naissent les dieux ». Encore de nos jours plusieurs centaines de milliers de personnes se réunissent chaque année à Teotihuacan pour fêter l’équinoxe de printemps.

 

Le musée du quai Branly présente cette mystérieuse civilisation avec une exposition de près de 450 pièces dont certaines n’ont même jamais été vues au Mexique.



Elle s’ouvre sur une sculpture architecturale de plus de deux mètres en forme de jaguar sacré, le fameux jaguar de Xalla qui semble sortir d’une muraille car il est composé de blocs. Une vidéo-projection et une maquette de 10 X 5 mètres nous donnent une représentation du site dans son ensemble.

J’ai appris que les sculptures représentaient des personnages idéalisés et stylisés dont le tronc et les extrémités étaient allongées et la tête plus grande par rapport au corps. Les femmes étaient représentées vêtues et les hommes nus, j’ai ainsi admiré cette « sculpture anthropomorphe mutilée » en jadéite. Autre objet remarquable cette « poule folle » en céramique incrustée de pigments et de pierre verte dont les yeux semble refléter quelque folie. Dans la section consacrée aux dieux aux rituels et traditions funéraires on côtoie les divinités telles Tlaloc le dieu de l’eau et de l’orage, Quetzalcóatl le « serpent à plumes » qui symbolise le ciel et la terre. J’ai remarqué Xipe-Tótec un dieu qui serait associé à la guerre et à l’orfèvrerie, la statue le représente tenant un vase et un bouclier.

 


 la sculpture anthropomorphe mutilée            la « poule folle »               le dieu Xipe-Tótec

 

L’exposition se termine par le rayonnement exercé par Teotihuacan dans le temps et l’espace on apprend ainsi que, plusieurs siècles après sa chute, les Aztèques venaient « fouiller » la ville pour extraire des objets. Un peu comme les collectionneurs européens qui, au XVIIIe siècle, recherchaient à Pompéi des vases ou des bijoux.

Pour conclure je donnerais deux bons points à cette exposition :

Le fait qu’elle soit installée dans un vaste espace qui permettra au public de ne pas être trop entassé.

Les animations multimédia et les cartels pour les enfants.

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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 00:05


- Si vous étiez sur le pont, vous avez dû voir le musée de Peggy ?

- Peggy ?

- Peggy Guggenheim. C’était une amie de mon père, une grande collectionneuse. Je l’ai bien connue vous savez. Son palais, le palazzo Venier dei Leoni, c’est comme ça qu’il s’appelle, à cause des lions, il paraît qu’il y en avait autrefois dans le jardin. Il faudra entrer et le visiter. Il faudra aussi prendre des photos du jardin, et puis la photo de la tombe de Peggy, elle est enterrée là bas avec tous ses chiens.


Claudie Gallay

Seule Venise

 

Comme le dit le personnage de ce roman, nous sommes entrés et nous avons visité la collection Peggy Guggenheim à Venise, ville où je viens de faire un séjour avec ma moitié.

Pour ceux qui me diront : « Pourquoi parler d’une collection d’art moderne à Venise alors qu’il y a tant d’autres choses à voir ? ». Je dirais que je n’avais pas envie d’écrire sur les circuits ultra connus tels que la place Saint Marc, le Palais des Doges ou le musée Correr. Non, je voulais vous faire partager la découverte d’un lieu original, et puis cette fondation est nichée dans un palais et un jardin qui nous ont charmés. Mais rassurez vous nous avons aussi pris le temps de visiter les « incontournables » de cette ville magique.

 

La collection Peggy Guggenheim est située au bord du Grand Canal dans le palazzo Venier (accessible par la ligne de vaporetto n° 1 – arrêt « Accademia », comme ça vous savez tout !). C’est une curieuse construction sur un seul niveau qui semble inachevée. J’ai lu dans les guides que la famille Venier qui fit construire ce palais au XVIIIe siècle se trouva en butte à un manque d’argent et à la rivalité de la puissante famille Corner qui ne voulait pas d’un vis-à-vis plus élevé que son palais situé sur l’autre rive du canal.


 

On accède à la fondation par une de ces petites rues dont Venise à le secret, l’entrée est discrète presque cachée. Avant la visite on peut se promener dans le jardin qui accueille des expositions de sculptures.

Peggy Guggenheim (1898 – 1979), fille de riches entrepreneurs et amateurs d’art américains ouvre sa première galerie à Londres en 1938. Conseillée par Samuel Beckett elle se consacre à l’art contemporain et achète « un tableau par jour » jusqu’à son retour à New York au début de la guerre. En 1949 elle s’installe au palazzo Venier à Venise avec sa collection qu’elle lègue en 1969 à la fondation de son oncle. Une plaque indique sa sépulture où elle repose à côté de ses 14 chiens !

 

A l’intérieur on reste confondu non par la quantité des œuvres mais par leur qualité, tous les grands noms de l’art moderne s’y côtoient. Je pourrais vous faire un catalogue et citer les Picasso, Mondrian, Chagall, Braque, Pollock, Brancusi et autres qui s’y trouvent.

Pour ma part j’ai « craqué » sur « L’empire des lumières » de René Magritte. Le tableau juxtapose deux contraires, en haut un ciel bleu et lumineux, en bas une maison au milieu d’arbres sombres. Elle est comme plongée dans une nuit qui est trouée par deux fenêtres allumées et un petit lampadaire qui éclaire deux volets. Autres coups de cœur, « La pluie » de Marc Chagall peint en 1911 après son arrivée à Paris et « Maistra » de Constantin Brancusi où les surfaces de bronze poli contrastent avec le socle en pierre brute.

Faute de vous rendre sur place vous pouvez surfer sur le site de la fondation où toutes les œuvres sont répertoriées par artiste.

 

Après la visite je vous recommande la cour qui donne sur le Grand Canal. On y admire le paysage. Il ne faut pas manquer l’attraction, le bronze de Marino Marini intitulé « l’Ange de la ville » qui représente un cavalier au pénis dressé. Selon la petite histoire, cette partie de la statue était démontée lorsque des ecclésiastiques venaient visiter la Fondation !


Et pour finir, un petit diaporama d’ambiance sur Venise et les extérieurs de la collection Peggy Guggenheim.

Avant de lancer la vidéo, cliquez dans menu puis cochez "qualité haute".


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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /2009 00:05

Pendant les vacances j’ai passé une journée à Giverny avec ma moitié, ce qui nous a donné l’occasion de visiter le nouveau musée des impressionnismes et l’exposition « le jardin de Monet à Giverny : l’invention d’un paysage » (j’ouvre une parenthèse pour vous rassurer : Non je ne passe pas tout mon temps libre dans les musées !).


Successeur du musée d’art américain qui appartenait à la fondation Terra, le musée des impressionnismes a conclu un partenariat avec le musée d’Orsay lequel se concrétise notamment par le prêt de toiles de Monet pour l’exposition.

Le peintre Claude Monet (1840-1926) est considéré comme le chef de file de l’école impressionniste. En 1890, il achète une propriété dans le village de Giverny, situé dans l’Eure, il y aménage un magnifique jardin riche d’une grande variété de fleurs, agrémenté d’un petit étang aux nymphéas et d’un pont d’inspiration japonaise. Il fait dériver un bras de la rivière Epte pour aménager l’étang aux nymphéas et finance le goudronnage de la route qui passe devant chez lui pour éviter que la poussière n'envahisse ses plantations. Selon le directeur du musée, Diego Candil, « Monet a mis près de vingt ans à réaliser ce jardin et il ne l'a peint que lorsqu'il a correspondu à ses attentes ». Il réalise alors 200 tableaux sur le thème son jardin, en particulier la série des Nymphéas. Georges Clemenceau qui était son ami lui commanda la série destinée à l’Orangerie des Tuileries qu’il acheva quelques mois avant sa mort.


L’exposition consacrée au parcours artistique de Claude Monet à Giverny présente une vingtaine de toiles, des photographies et des documents. Elle comprend trois sections : L’invention d’un paysage, Monet peintre du XXe siècle et l’élaboration d’une image. Parmi les documents figurent les pièces administratives autorisant Monet à faire dériver la rivière Epte, des photographies prises par Sacha Guitry qui était un ami du peintre. Dans les tableaux exposés dont beaucoup proviennent de collections particulières j’ai remarqué « Nymphéas avec rameaux de saule » qui provient du lycée Claude Monet à Paris mais je n’ai pas trouvé dans quelle circonstance cet établissement est devenu dépositaire de cette œuvre d’art.


Précision utile, au cas où mon article vous aurait donné des idées, au moment où vous me lisez l’exposition est terminée depuis le 15 août.

Pour finir et afin de faire plaisir aux amatrices et amateurs de jardins (n’est ce pas Grillon !) je n’allais pas vous quitter sans vous offrir une vue de l’étang aux Nymphéa et un gros plan de ladite fleur.

 

 


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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /2009 00:05

Rien que le nom de cette exposition m’a donné envie d’y aller. Pensez donc : Tarzan, la jungle, son cri inimitable, toutes ces images de films et de bandes dessinées que j’ai en tête…. En tous cas j’en reviens ravi car l’exposition réussi le pari d’être à la fois savante et ludique.

On peut se poser cette question : Que vient faire ce héros en slip léopard au milieu d’un musée tout ce qu’il y a de plus sérieux ? Justement la devise du quai Branly est « Là où dialoguent les cultures » et le musée a voulu décrypter le regard que les blancs portent sur l’Afrique « théâtre de pulsions mystérieuses, de fantasmes terrifiants, et d’aventures frissonnantes ».

 

A l’origine du mythe il y a un écrivain américain, Edgar Rice Burroughs (1875 – 1950), qui invente ce personnage en 1912. Réfractaire à la civilisation moderne, il crée dans ses romans une Afrique qu’il n’a jamais visitée, c’est d’ailleurs une exposition consacrée à ce continent qui lui donne l’inspiration. Le succès est fulgurant, après le premier roman publié en 1912 il en écrit 22 jusqu’en 1947 et vend 30 millions d’ouvrages publiés en plusieurs langues.

Dans l’œuvre de Burroughs, Tarzan est John Clayton Lord Greystocke, un aristocrate anglais dont les parents sont tués en Afrique. Recueilli par une tribu de grands singes il devient le « roi de la jungle, Burroughs s’inspire de Mowgli du « Livre de la jungle » et de Romulus et Remus les jumeaux fondateurs de Rome élevés par une louve.

 

Très vite la bande dessinée et le cinéma s’emparent du personnage et en donnent l’image que nous connaissons tous : un athlète « body buildé » immortalisé par les dessins de Burne Hogart et surtout par les prestations de l’acteur Johny Weissmuller, ancien champion olympique de natation, qui incarna 12 fois Tarzan à l’écran. Mais les scénaristes d’Hollywood ont transformé Lord Greystocke en un demeuré incapable de faire une phrase et véhiculant les poncifs les plus éculés sur l’Afrique.

L’exposition nous offre toute une panoplie de planches originales de bandes dessinée, des ouvrages, des affiches et des extraits de films. Il y a aussi des animaux naturalisés ; panthère, gazelle, lion, crocodile et même un superbe gorille qui nous accueille à l’entrée. La plupart de ces animaux proviennent du musée de la chasse et de la nature. Elle nous permet de revenir au vrai personnage, occulté par le cinéma, Tarzan est un homme cultivé qui parle plusieurs langues, un défenseur de la nature avant l’heure qui lutte contre le pillage de l’Afrique et les trafiquants d’animaux.

 

J’ai appris que son fameux cri apparaît pour la première fois dans un film de 1932 « Tarzan, the Ape Man » une sorte de tyrolienne de la jungle crée par un technicien du son. En fait ce cri veut dire « je suis Tarzan !». Quand au personnage de Jane, il est inventé par le cinéma en 1934, mais son bikini avant l’heure lui vaut les foudres de la censure de l’époque qui cherche toujours à rallonger ses pagnes et agrandir ses soutien-gorge.

 

Dans les jardins du musée l’exposition se poursuit avec un parcours pour les enfants et des ambiances sonores "à la Tarzan"  dont vous pouvez profiter sur ce petit diaporama.



L’exposition Tarzan se déroule au musée du quai Branly jusqu’au 27 septembre 2009.

 

°°°°°

 

Après cet article je mets « Louvre-passion » en mode pause pour quelques temps et vous souhaite, chères lectrices et chers lecteurs, de bonnes vacances.

 

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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /2009 00:05

J’ai été invité à la présentation de la saison 2009 – 2010 du musée du quai Branly par l’entremise du site Orsérie. Pourquoi je vous en parle, eh bien s’il reste mon préféré je ne m’intéresse pas qu’au seul musée du Louvre et, comme vous l’avez peut-être remarqué, j’ai décidé de me « diversifier ».

Je me suis donc retrouvé dans l’auditorium du quai Branly au milieu de journalistes et de représentants du monde des musées, heureusement j’ai retrouvé notre collègue blogueuse de « Détours des mondes », ouf je n’étais pas seul !


La présentation était en fait une conférence assurée par le Président-Directeur du musée, Stéphane Martin, qui a fait un petit bilan à la veille du 3e anniversaire du musée. Nous avons appris que 4,50 millions de personnes ont visité le musée, soit près 1,38 millions par an, à titre comparaison le Louvre en accueille 8,5 millions mais sa surface est beaucoup plus grande. Chaque année le musée consacre 4 millions d’€uros pour ses acquisitions dont la moitié grâce aux partenaires et aux mécènes. Enfin, comme nous étions face aux jardins notre interlocuteur nous a donné des nouvelles du fameux mur végétal de 800 m2 imaginé par Patrick Blanc qui a souffert de froid cet hiver mais qui se porte bien.

 

Nous sommes ensuite passés à la présentation de la saison 2009 – 2010 avec d’abord les futures grandes expositions :

« Teotihuacan Cité des Dieux » à partir du 6 octobre 2009 coproduite par le musée de Mexico. Cette citée crée au Ier siècle avant notre ère a été un grand centre artistique et culturel jusqu’au VIIe siècle. Les recherches menées depuis 25 ans permettront notamment d’y d’exposer 450 pièces.

« Les artistes d’Abomey au Bénin »  débutera le 10 novembre 2009. Une exposition sur l’art de cour de ce pays entre 1600 et 1894 qui s’achèvera sur les œuvres d’un artiste Béninois contemporain.

« La fabrique des images » en février 2010, une exposition anthropologique consacrée aux modèles iconographiques sur les cinq continents.

« Sexe mort et sacrifice dans la religion Mochica » à partir du 16 mars 2010. Cette civilisation du nord du Pérou a développée une céramique ornée de scènes sexuelles explicites liées à des rites funéraires.

« Autres maîtres de l’Inde » de mars à juillet 2010 consacrée à l’art des « adivasi » une ethnie minoritaire et peu connue.

 

Mais les activités du musée ne se limitent aux expositions. Il y a aussi « Photoquai » la biennale dédiée à la photographie, les spectacles musicaux, un cycle de musique Marocaine en novembre 2009, la nouvelle garde de l’électro Brésilienne en mars 2010 et de la, musique classique Indienne en juin 2010. Enfin pour tous les « teufeurs » le musée propose ses « before », des  soirées festives les premiers samedis du mois de 18 à 21h, gratuites pour les moins de 25 ans.

Pour conclure je dirais que j’ai apprécié la présentation de Stéphane Martin qui a su faire preuve d’humour pour tenir son auditoire en haleine et, cerise sur le gâteau, le pot amical qui a suivi.


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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 00:05

Le musée de Cluny, situé dans le cinquième arrondissement de Paris, a la particularité d’abriter les vestiges des thermes ou établissements de bains de la Lutèce Gallo-Romaine. C’est à l’occasion de la réouverture du « frigidarium » restauré des thermes de Cluny que le musée présente cette exposition sous titrée « Soins du corps et cosmétiques de l’Antiquité au Moyen Âge ».

 

Dans l’antiquité Grecque et Romaine, l’usage du bain est une pratique courante. A l’époque il ne s’agit pas simplement de se plonger dans une baignoire mais de fréquenter des établissements spécialisés offrant des salles chaudes pour transpirer et purifier la peau puis prendre des bains froids dans les piscines du frigidarium. L’usage des thermes fait alors référence à l’idéal de beauté personnifié par la déesse Aphrodite sortant du bain, les salles sont décorées de thèmes marins et de figures mythologiques. Il y a déjà une « industrie » des cosmétiques et des soins du corps pour les hommes et les femmes, elle s’accompagne de nécessaires de toilettes en argent ou en verre moulé et coloré. Le poète latin Ovide écrit alors « Apprenez jeunes beautés, les soins qui embellissent le visage et les moyens de défendre votre beauté ».


 

La seconde partie de l’exposition consacrée à l’époque médiévale permet de tordre le cou à l’image selon laquelle les gens ne se lavaient plus. Au contraire les bains romains furent maintenus, Charlemagne en fait construire autour d’une source chaude à côté de son palais d’Aix-la-Chapelle. Les bains chauds sont alors appelés « étuves », la règle veut qu’il y ait des jours réservés aux hommes, d’autres aux femmes, mais ont sait que fréquemment les gens se trompaient de jours volontairement ou non. A la maison le bain se prend dans une cuve en bois installée dans la chambre à coucher et près de la cheminée, la chaleur est maintenue grâce à un système de draperies isolant la baignoire. Idéalement le bain pur est accompagné de solitude, dans la pratique il se prend souvent en couple car faire venir de l’eau et la chauffer est une opération longue et compliquée.


La dimension érotique de ce bain était alors claire ce qui inquiétait les autorités religieuses, d’ailleurs l’église n’approuve pas les soins du corps, selon Saint Augustin « Il ne convient pas pourtant que les femmes (…) laissent voir leurs cheveux, l’apôtre veut qu’elles soient voilées. Pour ce qui est de l’emploi du fard pour se donner plus d’éclat ou de blancheur, c’est une misérable falsification ». Bien sûr ces exhortations restent lettre morte et les élégantes s’empressent de se farder ou de mettre en valeur leur chevelure. Au moyen âge la coiffure idéale est de couleur blonde, c’est d’ailleurs ainsi que l’on représente la vierge.


Enfin l’exposition nous livre les résultats des recherches effectuées conjointement par le centre de recherche des musées de France et les laboratoires de l’Oréal sur les onguents et les cosmétiques de l’antiquité et du moyen âge. A partir de manuscrits donnant des recettes et de traces de fards retrouvés dans des récipients il a été possible de recréer les « produits de beauté » dont on se rend compte que certains étaient toxiques.

Je termine sur cette petite anecdote, dans la fameuse salle du « frigidarium » restauré j’ai trouvé cette inscription au sol.


Eh bien je suis allé me promener sur le « sol antique irrégulier » et j’ai réussi à ne pas me casser la figure !

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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /2009 00:05

Après Corot à Reims je continue mes escapades hors du Louvre et vous propose d’aller admirer « les primitifs Italiens » au musée Jacquemart-André.

Cette exposition présente la collection de chefs-d’œuvre des primitifs Italiens du musée d’Altenbourg en Allemagne. Elle fut constituée au début du XIXe siècle par le baron Bernard von Lindenau (1779-1854) homme politique et amateur d’art. En avance sur son temps il eut l’idée de mettre à la disposition de ses concitoyens sa collection d’œuvres d’art « pour l’éducation de la jeunesse et le plaisir des anciens ». Avec la réunification allemande et la fin du régime communiste, cette collection a été redécouverte et désormais accessible au public international.

 

La plupart des œuvres exposées sont des « tempera », terme que je ne connaissais pas. De retour chez moi je me suis documenté pour apprendre qu’il s’agit d’une technique de peinture utilisant le jaune d’œuf pour lier les pigments de peinture. C’est à la fin de moyen-âge que la peinture à l’huile commence peu à peu a remplacer la « tempera ».

 

Tout d’abord l’expression « primitifs italiens » comme celle de « primitifs flamands » désigne les artistes de la période qui précède la Renaissance. Au fil de la visite nous découvrons la succession des grands courants esthétiques qui ont transformé l’art italien entre la seconde moitié du XIIIe siècle et la fin du XVe siècle.

Au milieu du XIIIe siècle en Italie l’essor de nouveaux ordres religieux favorise la construction de couvents et d’églises, les plus grands peintres de l’époque sont sollicités pour la décoration de ces édifices. Peu à peu les artistes vont se détacher de la tradition et du modèle Byzantin pour aller vers de nouvelles formes de représentation. Au fil de l’exposition on passe ainsi de modèles figés sur un fond doré à des scènes beaucoup plus vivantes qui intègrent des paysages.

 

Pour vous donner une idée cette évolution voici trois œuvres de l’exposition que j’ai pu télécharger légalement en tant que « blogueur artistique ». Tout d’abord « l’adoration des mages » de Guido da Siena daté de 1270 environ qui est encore de style byzantin traditionnel avec des personnages figés et un fond sans réelle perspective.


Vient ensuite « la cène » d’Agnolo Gaddi (1395) dans laquelle se dessine une évolution vers le style gothique, la construction est plus élaborée avec les mets sur la table et tous les apôtres tournés vers le Christ.


Je termine avec « la Vierge à l’enfant » de Liberale da Verone (vers 1470). Loin d’une représentation conventionnelle, l’artiste a représenté ici l’amour d’une mère pour son fils, remarquez aussi Jésus qui met les bras autour du cou de Marie comme tous les enfants.

Les Primitifs Italiens, la collection d'Altenbourg au musée Jacquemart-André jusqu’au 21 juin 2009 – site de l’exposition.

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