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  • : Louvre-passion
  • : 04/06/2005
  • : loisirs
  • : Louvre-Passion est le « blog » d'un passionné du musée du Louvre, un musée que l'on peut voir et revoir, déguster, savourer comme un bon bouquin. Avec ce blog vous découvrirez des aspects originaux ou méconnus et flânerez dans les chemins de traverse.
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Vendredi 4 avril 2008

 


"Babylone", c'est un nom chargé de mythes et d'images : la Tour de Babel, les "jardins suspendus" et puis des noms de souverains qui sont entrés dans la légende : Hammourabi, Nabuchonodosor, Sémiramis.... Avec cette exposition, le Louvre nous montre cette cité sous ces deux aspects, la réalité et la légende.

Avant toute chose il faut savoir que Babylone, comme Troie, fut longtemps considérée comme une cité mythique. Ce n’est qu’en 1852 qu’une expédition scientifique Française établit un relevé des ruines. La ville est ensuite fouillée par une mission archéologique Allemande entre 1899 et 1917.

La première partie de l’exposition est consacrée à la Babylone historique avec des pièces archéologique du Louvre et d’autres musées. Parmi toutes les pièces j’ai remarqué cette plaque en relief appelée la « reine de la nuit » elle représente une déesse ailée identifiée comme Ishtar ou Ereshkigal qui règne sur les enfers. Il y a également des « kudurru » (des stèles) dont le sommet est sculpté et le fameux code d'Hammourabi premier grand roi de Babylone entre 1792 et 1750 avant notre ère. L’exposition s’intéresse ensuite au règne de Nabuchonodosor II qui régna de 605 à 562 avant notre ère. Ce grand conquérant permit à Babylone de dominer le Proche Orient. En 587 il prend et détruit Jérusalem et déporte une partie de la population Juive. Sous son règne Babylone devient une « cité impériale » qui s’étend sur plus de mille hectares, le fleuve Euphrate canalisé traverse la ville. Une salle nous rappelle les splendeurs de cette cité, les murailles et la « porte d’Ishtar » symbole de sa puissance. Cette porte longue de 48 mètres et haute de 30 mètres était l’aboutissement d’une voie triomphale, elle était décorée de panneaux de briques à glaçures colorées représentant des lions que l’on retrouve sur l’affiche de l’exposition. Il y avait aussi le palais de Nabuchonodosor agrémenté de jardins en terrasse descendant jusqu’au fleuve peut être à l’origine des fameux « jardins suspendus ». Enfin il y avait le sanctuaire du dieu Marduk avec la ziggourat ou tour à étage appelée Etemenanki ce qui se traduit par « maison du fondement du ciel et de la terre ». Les Juifs déportés, frappés par cet édifice donnèrent sans doute naissance à ce moment à la légende de la tour de Babel.

L’exposition nous présente ensuite la Babylone mythique sous ses deux aspects. La ville symbole d’orgueil et de démesure, symbolique transmise par la Bible. La ville immense et monumentale qui a laissé un souvenir émerveillé dans la tradition classique notamment chez les Grecs à l’époque où la ville n’était plus qu’un souvenir. Ainsi la fameuse « Sémiramis » qui serait la reine des jardins suspendus est, dans la réalité historique une reine d’Assyrie. Une salle est consacrée à la Tour de Babel. Selon la Bible les hommes décidèrent un jour de bâtir une tour capable d’atteindre le ciel, Dieu les punit alors en introduisant la confusion des langues. Une série de tableaux décline ainsi les aspects de cette légende. Avant la salle consacrée aux fouilles, l’exposition s’achève sur une vision de Babylone qui exploite les thèmes de la décadence et de la chute des empires. On y voit l’esquisse faite par Delacroix de la « mort de Sardanapale », le « festin de Balthazar » de John Martin le plus kitsch est un tableau de Georges Antoine Rochegrosse intitulé « la fin de Babylone » le scène représente au premier plan une scène d’orgie avec des femmes nues étalées un peu partout et au loin on distingue une foule de gens qui mettent le feu à la ville.

Pour finir avec cet article, je vous engage à visiter le site internet de l’exposition.


par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Vendredi 4 janvier 2008


En passant dans les salles de l'aile Denon consacrées à l'époque romaine, une stèle a attiré mon attention. il s'agit du "règlement des joueurs de cor de la IIIe légion Augusta" qui date de l'an 202 de notre ère. En la regardant j'ai pensé au film "La dernière légion" inspiré du roman de l'écrivain Italien Valério Manfredi. L'histoire part d'un fait historique réel, en l'an 476 le dernier empereur Romain, un jeune garçon du nom de Romulus Augustule, fut déposé par le chef des Goths installé en Italie qui renvoya les insignes impériaux à Constantinople en échange de sa nomination par l'empereur d'Orient au titre de "Magister militum" de l'Occident. Ce fait marque la fin "officielle" de l'empire Romain, mais à l'époque personne ne s'en aperçu car les barbares qui occupaient l'empire avaient préservé la civilisation romaine à la fois parce qu'ils l'admiraient mais aussi pour se concilier les populations. Dans son roman, Valério Manfredi imagine que le jeune Romulus Augustule réussit à fuir avec un groupe de légionnaires restés fidèles et une jeune femme nommée Livia jusqu'en Bretagne (l'actuelle Angleterre) où il devient le roi Pendragon, père du célèbre Arthur.

Mais revenons à notre stèle qui date d'une époque antérieure, quand l'empire romain était encore puissant grâce à ses légions. Cette stèle provient de la IIIe légion Augusta qui était stationnée à Lambèse à l'est de l'Algérie à l'époque de l'empereur Septime Sévère. Une légion était une unité combattante d'environ 6.000 hommes, les historiens estiment que l'empire romain en comptait entre 25 et 30, soit un effectif de 150 à 180.000 hommes. La plupart des légions étaient stationnées aux frontières de l'empire pour contenir les barbares ou empêcher les raids de pillards. A l'époque les légionnaires étaient des professionnels qui vivaient dans les camps et les villes de garnison où résidait également leur famille. Durant le règne de l'empereur Septime Sévère, les militaires gradés en activité obtiennent le droit de former des "collegia", des associations à but religieux mais qui sont aussi des sortes de caisses de secours mutuel. Les cotisants pouvaient ainsi toucher un pécule lors de leur départ en retraite, si ils mouraient pendant le service, les héritiers percevaient une somme d'argent. En bref il s'agissait d'une sorte de sécurité sociale avant l'heure.

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 Le texte de la stèle est d'abord une invocation à la famille impériale "Pour la félicité et le salut du siècle de nos souverains augustes Lucius Septimius Severus Pius Pertinax Auguste et Marcus Aurelius Antoninus / Auguste..." puis vient la liste des membres de l'association et son règlement : "1 Le droit d'entrée que verseront les nouveaux membres est de 750 deniers 2 Si un sociétaire quitte le collège étant promu à l'outremer / par ordre, il recevra 200 deniers de frais de déplacement, et aussi 500 deniers de la caisse / 3 Les vétérans toucheront 500 deniers à titre de retraite ...". Ce type de stèle se trouvait généralement dans des "scholae", petits édifices à l'intérieur du camp où se réunissaient les membres de l'association.
La stèle se trouve en salle 27 au rez-de-chaussée de l'aile Denon et je précise que je ne suis pas l'auteur de la traduction du texte latin, je l'ai tout simplement trouvée sur le site du Louvre.
 
par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Vendredi 7 décembre 2007

affiche-myrina.jpg Si je vous dit Myrina, en Turquie, sur la côte d'Asie Mineure, vous pensez sans doute que j'ai brusquement envie d'évoquer les vacances, la mer, le soleil, la plage ou bien que j'ai envie de partir après la galère des transports.... Eh bien non, il s'agit en fait d'un site archéologique fouillé entre 1880 et 1882 auquel le Louvre consacre une petite exposition. Je l'ai découverte par hasard - elle n'est d'ailleurs pas annoncée sur le site du musée - à l'entresol de l'aile Denon, à côté du monastère de Baouit.

Pourquoi, me dire vous, organiser une exposition consacrée à une fouille qui s'est déroulée il y a plus de 120 ans ? C'est que la fouille de Myrina, réalisée par Edmond Pottier et Salomon Reinach dont les portraits ornent d'ailleurs l'affiche de l'exposition, est la première exploration officielle et scientifique d'une nécropole Grecque. Une bonne partie des panneaux explicatifs est consacrée à la polémique suscitée à l'époque par la méthode de cette fouille, chasse au trésor pour les uns démarche scientifique pour les autres. Pour ma part je n'ai pas bien compris l'intérêt de cette affaire pour le public actuel. Plus intéressant est le contenu des tombes, notamment les offrandes constituées de figurines en terre cuite. J'ai appris que ces figurines correspondaient à la personnalité du défunt. Pour un homme des figurines d'athlète, de guerriers ou de divinités masculines (Dyonisos, Apollon....), pour les femmes des représentations féminines, de la déesse Aphrodite qui veille sur les jeunes mariés et pour les enfants des animaux, détail touchant qui renvoie aux peluches de notre époque.

L'exposition "La lettre et l'argile" se déroule jusqu'au 18 février 2008 à l'entresol de l'aile Denon.

 
Myrina--1-.jpg Myrina.jpg
   
par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Vendredi 13 juillet 2007
La célébrissime Vénus de Milo, une des "star" du musée a changé une nouvelle fois de place. Depuis des temps immémoriaux elle était placée à l'extrémité du "corridor de Pan" puis, brusquement, était montée dans la salle des sept cheminées emplacement qui, à mon sens, ne lui convenait guère.
Depuis la fin  du mois de juin, elle est redescendue au rez de chaussée, dans la galerie de la Melpomène,  aile Sully rez-de-chaussée, salle 7, pour être plus précis.
Quand j'ai eu l'idée d'écrire cet article (car je suis sans cesse à la recherche de l'inspiration pour vous chères lectrices et lecteurs) il m'est venu à l'esprit que, finalement, la Vénus de Milo est célèbre mais mal connue, c'est donc l'occasion de vous la faire découvrir ou redécouvrir.



Cette statue fut découverte en 1820 par un paysan, à Milo une île du sud-ouest des Cyclades (en Grèce). Achetée par le marquis de Rivière, ambassadeur de France à Constantinople, elle est offerte au roi Louis XVIII qui la cède au musée du Louvre.

En fait on sait peu de chose sur cette oeuvre, elle a été crée vers 100 av. J.-C, en raison de sa semi nudité et de la sensualité de ses formes on suppose qu'il s'agit d'une statue de la déesse de l'amour. Évidemment le grand mystère ce sont ses bras qui n'ont jamais été retrouvé. On a imaginé qu'elle tenait un arc ou une amphore ou alors une pomme en référence à l'histoire du jugement de Pâris. Autres versions, elle tenait une couronne, un miroir ou un bouclier dans lequel elle contemplait son reflet, on aussi pensé qu'il s'agissait d'une représentation  d’Amphitrite, la déesse de la mer vénérée dans l’île de Milo. On sait que la statue était décorée de bijoux en métal dont ne subsistent que les trous de fixation : un bracelet, des boucles d’oreilles et un bandeau dans les cheveux. Il faut aussi que vous sachiez que les statues Grecques antiques étaient peintes par exemple pour figurer la couleur de la peau.
Pour conclure j'ai constaté que, bien qu'elle se soit déplacée, la belle est toujours aussi entourée !
par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Vendredi 1 juin 2007
Pour le deuxième anniversaire de Louvre-passion (eh oui le temps passe.....) j'ai eu envie de vous parler d'Homère après avoir visité une exposition virtuelle qui lui est consacrée sur le site de la Bibliothèque nationale de France. Je vous propose donc de chercher la présence de ce poète au musée du Louvre. Mais au fait que savons nous d'Homère ?
Très peu de chose en vérité, c'est un poète Grec du VIIIe siècle avant notre ère, auteur de l'Iliade et de l'Odyssée, son existence est vraisemblable sans  avoir été prouvée. A partir de là les ouvrages qui lui sont consacrés parlent de son oeuvre mais très peu de lui faute d'informations.
Au Louvre on le retrouve tout d'abord dans ce portrait imaginaire, une statue romaine d'époque impériale qui se trouve au Département des antiquités Grecques, Etrusques et Romaines dans la salle des Caryatides au rez-de-chaussée de l'aile Sully. Homère est représenté ici conformément à la tradition : un poète pauvre, vieux et aveugle.

 
Il y ensuite le tableau Jean Auguste Dominique Ingres, "Homère déifié, dit aussi L'Apothéose d'Homère" que je vous invite à aller voir ici puisque il est situé dans la zone où il est interdit de prendre des photos. Cette toile était une commande officielle pour décorer un plafond du musée Charles X, déposée en 1855 elle a été remplacée par une copie signée Raymond Balze. On y voit le poète aveugle, couronné par un génie ou un ange et entouré des grands auteurs de l'Antiquité et des artistes des Temps modernes, Racine et Corneille notamment. A ses pieds deux figures féminines personnalisent ses oeuvres : L'Iliade et L'Odyssée. A droite des grands hommes lui font des offrandes : Dante offre ses oeuvres, le sculpteur Phidias son maillet et Alexandre le coffret dans lequel il conservait les oeuvres du poète. Les voussures du plafond représentent les sept villes se disputant la naissance d'Homère et Apollon admettant au nombre des Muses l'Iliade et l'Odyssée.
les sept villes se disputant la naissance d'Homère

Apollon admettant au nombre des Muses l'Iliade et l'Odyssée

Contrairement à ce que pensent bon nombre de gens qui ne l'on pas lu, l'Iliade ne raconte pas la guerre de Troie mais un épisode de ce conflit. Au passage je vous précise que la guerre de Troie est antérieure de quatre siècle à l'époque d'Homère, celui ci chantait déjà une légende !
Insulté par le roi Agamemnon (qui lui a pris une captive) Achille, le héros des Grecs, se met "en grève" et cesse de combattre. Privés de leur héros les Grecs perdent pied face aux Troyens, c'est alors que Patrocle, un ami d'Achille, demande à celui ci la permission d'emprunter ses armes pour "faire peur aux ennemis" mais Patrocle est tué par les Troyens. Fou de colère Achille retourne alors au combat, tue le héros des Troyens, Hector, et va jusqu'à traîner son corps derrière son char autour de la ville.
Le poème s'achève lorsque Priam, le père d'Hector, supplie Achille de lui rendre le corps de son fils, aidé en cela par les dieux qui s'étaient indignés de cet outrage.
L'Odyssée est une aventure individuelle celle d'Ulysse, le roi d'Ithaque qui combattait avec les Grecs. Poursuivi par la colère du dieu Poséidon il erre dix ans avant de pouvoir rentrer chez lui.
Petite précision, lors de la prise de Troie - grâce au fameux cheval imaginé par Ulysse - les exactions des Grecs provoquèrent la colère des dieux qui se vengèrent sur leurs chefs. Agamemnon fut assassiné de retour à Mycènes et Ulysse ne rentra chez lui que vingt ans après son départ (dix ans de guerre plus dix ans d'errance). "Odyssée" c'est d'ailleurs la transcription du nom d'Ulysse en Grec : "Odysseus".
Au cours de son périple Ulysse est confronté à des monstres, des sirènes, des nymphes et perd peu à peu tous ses compagnons. Il retourne seul à Ithaque et doit reconquérir sa maison, son trône et sa femme contre les "prétendants", de jeunes nobles qui courtisent sa femme et lorgnent sur ses biens. Pénélope, la femme d'Ulysse, lui est restée fidèle elle a dit qu'elle choisirait parmi les prétendants quand elle aura finit de tisser sa toile ... qu'elle défait la nuit venue. Elle reconnaît son mari qui s'est déguisé en mendiant et tous deux mettent au point une ruse pour se débarrasser des prétendants. Pénélope organise un concours : celui qui sera capable de bander l'arc d'Ulysse et envoyer une flèche à travers une série complète de douze haches pourra l'épouser. Évidemment aucun ne réussit, puis Ulysse s'empare de l'arc et "sans dévier, la flèche, chargée de bronze, traversa le trou de toutes les haches et alla sortir à l'autre extrémité" puis il massacre tous les prétendants. L'histoire se termine sur l'intervention de la déesse Athéna qui empêche une guerre entre les partisans d'Ulysse et les familles des prétendants.
par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Vendredi 25 mai 2007
Au rez de chaussée de l'aile Richelieu, en salle 6, pas très loin de la tête de l'empereur romain Marc-Aurèle tout compte fait, le Département des antiquités orientales présente "l'homme de bronze", une statue (en bronze donc) du musée national de Sanaa au Yemen.
Grâce à un accord de coopération entre le Louvre et l'organisation générale des antiquités et des musées Yéménites ainsi qu'un mécénat, la statue du musée de Sanaa qui date du VIe siècle avant JC a été restaurée et étudiée avant exposition. Curieusement exposée a demi allongée, elle représente un homme debout, vêtu d'un long pagne maintenu par une ceinture de corde, et portant une barbe soignée.
 

Selon une inscription gravée sur son ventre nous apprenons que "Hawtar'athat fils de Radaw'îl du lignage de Shalalum serviteur de dhû-Madhâb a dédié à Almaqah, seigneur des colons de Nashqum une statue en bronze sur les prémices qu'il lui a offert lui et son père Radaw'îl..."
Je vous rassure tout de suite la traduction n'est pas de moi, je vous rapporte simplement ce qui figure dans une très savante brochure (Actualité du département des antiquités orientales n° 10) éditée par le musée à propos de "l'homme de bronze". Si l'inscription ne vous dit pas grand chose, les spécialistes nous apprennent que Hawtar'athat fils de Radaw'îl était un personnage de haut rang du royaume de Saba, l'actuel Yemen. Dans les temples les fidèles qui en avaient les moyens offraient des statues à leur effigies aux dieux, ici elle est offerte à Almaqah, seigneur des colons de Nashqum qui est le dieu tutélaire du royaume.
Le nom du royaume de Saba doit vous rappeler des souvenirs. Cet État, un des plus puissants du sud de l'Arabie, était connu dans l'antiquité pour sa production d'encens et de myrrhe, de précieuses résines odoriférantes qui étaient ensuite acheminées par caravanes sur des milliers de kilomètres. La Bible et le Coran nous racontent l'histoire de la légendaire reine de Saba, appelée Balkis, qui aurait rendu visite au roi Salomon a Jérusalem et aurait été émerveillée par sa sagesse.
par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Vendredi 11 mai 2007
Le département des antiquités orientales expose au rez de chaussée de l'aile Richelieu une tête de l'empereur romain Marc-Aurèle découverte en 2004 au centre de Pétra, dans les fouilles menées par la Mission archéologique française près du temple nabatéen du Qasr al-Bint. Pour mémoire je vous rappelle que Pétra est une cité antique qui se trouve dans l'actuelle Jordanie, capitale des Nabatéens, un peuple arabe, elle fut conquise par les Romains en 106  apr. J.-C. qui en firent une partie de la province romaine d'Arabie. Il n'est donc pas étonnant que l'on ait retrouvé un fragment de statue d'un empereur romain.
 

Marc-Aurèle  - Marcus Annius Verus – neveu d'Antonin le Pieux, qui régna de 161 - 180 après J.-C fait partie de ces empereurs qui contribuèrent au « siècle d’or » de Rome dont je vous avais parlé l'année dernière. Entre 96 et 192 de notre ère, l’empire Romain vit une période de paix, de relative liberté et de prospérité due, selon certains historiens, au fait que quatre empereurs successifs furent sans enfants et adoptèrent chacun à leur tour un homme digne de leur charge. Ce n’était plus au sang où à la force qu’était dévolu l’empire mais à la dignité, l’intéressant c’est que le système a bien fonctionné et permis cette période de prospérité. Marc-Aurèle est resté pour la postérité un empereur philosophe qui fut le défenseur des pauvres, pour lesquels il allégea les taxes, fonda des écoles, des orphelinats et des hôpitaux. D’un autre côté il fit persécuter les chrétiens en qui il voyait une menace politique. C’est lui qui mit fin au système de l’adoption en désignant son fils Commode pour lui succéder, mauvais choix, puisque ce dernier se révéla être un tyran qui finit assassiné.

Cette tête de Marc Aurèle, exposée à Amman depuis mai 2005, est présentée au musée du Louvre après une restauration organisée par les départements des Antiquités orientales et des Antiquités grecques, étrusques et romaines dans le cadre de la coopération entre le musée du Louvre et le département des Antiquités de Jordanie.
par Louvre-passion publié dans : Antiquités
Vendredi 6 avril 2007
Praxitèle est un sculpteur Grec qui a vécu au IVe siècle avant JC, il y a environ 2.300 ans. Il fut très célèbre à son époque, des auteurs nous ont décrit ses statues et l'admiration de ses contemporains. Malheureusement ses oeuvres originales se sont perdues, sauf peut être une tête colossale en marbre conservée au musée de l'Acropole à Athènes. Ce qu'il nous reste ce sont des copies en majorité romaines.

Sur la vie de Praxitèle on sait qu'il est né dans une famille d'artiste et que ses fils, Cephisodote et Timarchos, prirent sa suite. Sa célébrité vient du fait qu'il fut le premier sculpteur à représenter un nu féminin. L'année dernière je vous avais parlé de « l’Aphrodite de Cnide » cette statue de la déesse de l’amour avec laquelle Praxitèle fit sensation en représentant la déesse entièrement nue. Elle était représentée sortant du bain dans une attitude à la fois sensuelle et pudique sa main droite placée devant son sexe ce qui renforçait l'érotisme dégagé par cette oeuvre. Les habitants de Cos pour qui la statue était destinée furent scandalisés et la refusèrent. Ce sont ceux de Cnide, une autre ville de Grèce, qui apprécièrent sa beauté au point de la reproduire sur leurs monnaies, bien leur en pris d'ailleurs puisque le pèlerinage à Cnide fut très fréquenté durant l'antiquité.

A propos de beauté féminine, Praxitèle est aussi connu pour avoir été l'amant de la belle  Phryné (oui c'est bien son nom !) une courtisane qui fut aussi son modèle. A ce propos un récit de l'époque raconte que Phryné, accusée d'impiété, fut jugée par l'Aréopage qui était le tribunal d'Athènes. Pour obtenir son acquittement son avocat, Hypéride, usa d'un argument visuel puisqu'il dévoila Phryné devant ses juges (en clair il la mit nue !), la belle fut ainsi acquittée. Cette scène est représentée sur ce tableau de Léon Gérôme qui se trouve au Kunsthalle de Hambourg, chose curieuse sur le tableau certains juges n'ont pas l'air d'apprécier le spectacle !

Parmi les différentes oeuvres exposées j'ai remarqué "l'Apollon sauroctone" (ce qui veut dire "le tueur de lézard") et la "Vénus d'Arles" découverte dans cette ville en 1651 et offerte à Louis XIV qui la fit restaurer. L'exposition se termine sur le Satyre de Mazara del Vallo, un bronze retrouvé récemment au large des côtes de Sicile, la statue est incomplète mais on a l'impression que l'artiste a voulu représenter une course ou un saut.

par Louvre-passion publié dans : Antiquités
 
 
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