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  • : Louvre-passion
  • : 04/06/2005
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  • : Louvre-Passion est le « blog » d'un passionné du musée du Louvre, un musée que l'on peut voir et revoir, déguster, savourer comme un bon bouquin. Avec ce blog vous découvrirez des aspects originaux ou méconnus et flânerez dans les chemins de traverse.
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Vendredi 2 mai 2008

Il y bien longtemps que je ne vous avais parlé des antiquités égyptiennes, aujourd'hui nous allons donc saluer la seule momie qui soit exposée au Louvre. Elle est un peu cachée, puisque quand on sort de la crypte d'Osiris, il faut revenir sur ses pas pour la trouver. Il s'agit d'une momie d'homme relativement récente puisque elle date du 3e ou 2e siècle avant JC, l'époque des Ptolémées, c'est à dire de la dynastie fondée par un général d'Alexandre le Grand. On voit à ses côtés les vases dits "canopes" qui contenaient les viscères retirés lors de l'embaumement, selon la tradition ils allaient par quatre chacun a l'effigie de l'un des fils du dieu Horus.

Ce que je remarque quand je passe à proximité de cette momie, c'est la fascination qu'elle exerce sur les enfants, il suffit de tendre l'oreille pour entendre les commentaires du genre : "trop cool !" ou "Y'a vraiment quelqu'un là dedans ?".


Pourquoi les égyptiens momifiaient ils leurs défunts ? Ils considéraient que l'être vivant était constitué d'un support matériel, le corps, auquel étaient liés le "ba" qui correspond à peu près à l'âme et le "ka" qui est le double ou l'énergie vitale. La mort était la séparation de ces éléments. Pour que la deuxième vie puisse commencer il fallait à nouveaux les réunir, donc préserver le corps par la momification. La technique consistait à extraire les viscères, plonger le corps dans du natron, une solution saline, pour le dessécher, le nettoyer, l'oindre de baumes et procéder au bandelettage. Bien sûr il y avait différentes catégories de momifications en fonction du prix payé par la famille, l'exemplaire que nous voyons au Louvre relève du "haut de gamme", mais pour la majorité des gens seule la dernière catégorie était accessible : un lavage du corps, la dessiccation par le natron et une tombe sommaire, quant aux plus pauvres ils n'étaient même pas momifiés.

Quand je dis qu'il n'y a qu'une seule momie au Louvre, il y a aussi une autre momie humaine, plus impressionnante, car sans ses bandelettes, dans les collections de l'Égypte Romaine. Vous ne pouvez pas la voir actuellement car les salles sont fermées pour travaux. Il y a aussi dans un recoin un peu sombre et poussiéreux toute une vitrine avec des momie d'animaux : chats, ibis, crocodiles ce qui s'explique par le culte rendu à certains animaux assimilés aux dieux. Cette tradition s'est poursuivie en Égypte sous les dominations Grecques et Romaine et même au début de l'ère chrétienne.

Je finis par quelques anecdotes à propos de l'une des momies les plus célèbre au monde, celle du Pharaon Ramses II. Lors de son arrivée au musée du Caire en 1881, l'administration égyptienne qui ne disposait pas d'une rubrique "momie" dans sa nomenclature l'avait enregistrée sous l'appellation de "poisson séché". Inversement quand elle fut envoyée en France en 1977 pour recevoir des soins au centre nucléaire de Saclay, elle fut reçue comme un chef d'état avec un détachement de la Garde Républicaine pour rendre les honneurs à ce souverain mort depuis plus de 3.200 ans. Enfin dernier avatar de sa longue histoire, l'épisode de ses cheveux proposés à la vente sur un site Internet en novembre 2006.

 


par Louvre-passion publié dans : Egypte
Vendredi 8 février 2008

undefinedSi vous passez dans les collections égyptiennes du premier étage vous avez sans doute remarqué ces salles aux décors de stuc, colonnes de marbre, ornées de plafonds décorés avec ces armoires vitrées plaquées d'acajou. Savez que cette partie du musée fut crée par Champollion ? 

Contrairement à une idée reçue aucune des pièces égyptiennes du Louvre ne provient de la campagne d'Egypte menée par Bonaparte en 1798 puisque son armée fut capturée par les anglais et les pièces archéologiques (dont la fameuse "pierre de Rosette") saisies comme prises de guerre. 

L'histoire commence en 1822 quand, après des années de travail acharné, Jean-François Champollion perce le secret des hiéroglyphes. Auréolé de sa gloire il réussit à convaincre le roi Charles X de créer un département des antiquités égyptiennes et c'est le 15 mai 1826 que le roi signe aux Tuileries - à côté du Louvre - le décret le nommant conservateur. Pour constituer le premier fond de la collection égyptienne du musée, Champollion persuade le roi d'acheter les 4.000 oeuvres de la collection de Salt, consul d'Angleterre à Alexandrie. C'est l'architecte Fontaine qui réalise le décor et les armoires ornées de bronze doré, les peintures des plafonds sont confiées à des artistes célèbres à l'époque. Nouveauté pour l'époque, Champollion présente les collections dans l'ordre chronologique. En 1828 il peut enfin se rendre en Egypte. Pendant 19 mois il explore près de 50 sites, ses découvertes seront publiées dans les six gros volumes intitulés "Monuments de l'Egypte et de la Nubie". De retour en France il écrit à son frère "J'ai amassé du travail pour toute une vie !". Mais pendant les journées révolutionnaires de 1830 des émeutiers forcent les portes du musée et volent une partie des pièces. 


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Champollion meurt de maladie et d'épuisement en 1832 âgé de quarante et un ans, outre ses travaux de déchiffreur il a réussi à constituer un fond de 9.000 pièces. En 1997 lors de la rénovation des antiquités Egyptiennes les neuf salles dites du "Musée Charles X" ont été reconstituées telles que les avait inaugurées le roi en 1827 (hormis évidemment l'électricité et tout l'appareillage de sécurité) en hommage à l'oeuvre du premier des égyptologues.

 
par Louvre-passion publié dans : Egypte
Vendredi 29 juin 2007
Une exposition sur la médecine égyptienne est organisée dans l'espace d'expositions temporaire de l'aile Richelieu jusqu'au 6 août. Elle a été organisée à l'occasion de l'achat pour le musée du Louvre, d'un papyrus médical Egyptien classé comme trésor national grâce au mécénat d'un groupe pharmaceutique.
Comme j'ai eu l'occasion de bénéficier d'une "visite conférence" par un égyptologue,  je vais essayer de vous restituer ce que j'ai appris.

Le début de l'exposition est consacré à la médecine des anciens égyptiens, ce qui est l'occasion de remettre les pendules à l'heure. Contrairement à ce que certains auteurs voudraient nous faire croire cette médecine n'avait rien de miraculeux. Si certaines maladies étaient bien observées et soignées : troubles digestifs, trachome, cataracte, luxations, fractures, pour d'autres remèdes on peut douter de leur efficacité comme certaines pharmacopées à base de fiente de pélican ou de chiures de mouche.
Les textes nous apprennent que la profession de médecin a été très tôt bien structurée en Égypte avec des spécialités, incluant les sages femmes et certaines catégories de prêtres. La renommée de la médecine égyptienne a été relayée par les auteurs Grecs tels que Hippocrate et Galien qui racontent avoir consulté les ouvrages médicaux du temple d'Imothep.
Une partie de l'exposition présente des instruments chirurgicaux  dont on n'a pas retrouvé d'exemplaires de l'époque pharaonique, mais des instruments des époques ptolémaïques, romaines et arabes fait selon des copies de papyrus.
La salle suivante évoque le
rapport entre maladies et divinités car il y avait des divinités qui provoquaient des maladies telles que Sekhmet ou Bastet et celles qui guérissaient comme Horus et Thot. Si la médecine égyptienne comportait une part de magie celle ci ne servait pas à guérir la maladie mais réparer le désordre causé par celle ci dans le plan divin, en effet le monde de la réalité était considéré comme étant en étroite corrélation avec le monde des dieux ou le royaume des morts il était donc important que l'ordre et l'harmonie soient en phase dans tous les univers.

Le fameux papyrus est exposé dans la salle du fond, il mesure sept mètres de long et comporte au recto et au verso deux ensembles de textes. Le premier est un descriptif de maladies avec leurs remèdes, le second - écrit environ 150 ans après le premier - est aussi un descriptif de maladies accompagné de remèdes magiques. Le texte est en écriture hiératique et daté de 1479 - 1401 avt JC pour la première partie et 1294 - 1250 avt JC pour la seconde.
Petite parenthèse pour vous rappeler que le livre tel que nous le connaissons (des feuilles reliées) n'apparaît qu'au IVe siècle de notre ère, auparavant il s'agissait de rouleaux pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de long ce qui n'était guère pratique. Quand à l'écriture, les hiéroglyphes bien dessinés que nous admirons étaient réservés aux textes très importants : hommages aux dieux, chroniques royales, décors des tombes. Pour se faciliter la vie quand ils rédigeaient des textes  courants, les scribes ont tout de suite mis au point une écriture où les signes hiéroglyphiques étaient très simplifiés c'est le hiératique. J'ai d'ailleurs appris que - à la différence des hiéroglyphes - le hiératique s'écrit uniquement de droite à gauche. Pour vous donner une idée voici le mot médecin qui se prononçait "sounou" écrit en hiéroglyphe et en hiératique.

"médecin" en hiéroglyphe "médecin" en hiératique

Le papyrus traite principalement des "gonflements", les boutons, les verrues et les pustules. Au fond de la salle se trouve un panneau avec une photo agrandie d'un extrait de ce papyrus et voici ce qui nous a été traduit : "Si tu examines une grosseur (du type) hema qui est apparue au sommet de son abdomen sur la face externe entre les parois de ce dernier et que tu y appliques les mains, si tu la trouves gonflée et dure comme de la pierre au milieu de son abdomen, alors tu diras : « (C'est quelqu'un ) atteint d'une grosseur hema au sommet de son abdomen sur la face externe de ce dernier. (C'est) une maladie sur laquelle j'agirai ! ".
La phrase finale indique que le médecin était en capacité de traiter la maladie, ce qui n'était pas toujours le cas....
L'exposition se termine par cette expression écrite en hiératique qui se translittère jw = spw , se prononce approximativement "iou es pou" et se traduit par "c'est fini" ce qui était traditionnellement le mot de la fin des textes écrits par les scribes de l'ancienne égypte.
jw = spw "c'est fini"

par Louvre-passion publié dans : Egypte
Vendredi 5 janvier 2007

Pour commencer l'année je vous emmène faire un petit tour dans les salles des antiquités égyptiennes, un de mes thèmes favoris comme vous l'avez sans doute remarqué. Au début de la visite se trouve reconstituée l'entrée de la chapelle d'Akhethétep (prononcez « Arététhep »).
Je me souviens, quand je visitais le Louvre dans mon jeune temps (oui je sais c'était il y a longtemps), ce monument était appelé le “mastaba d'Akhététhep” et aujourd'hui on l'appelle une chapelle. Cela m'a un peu tarabusté. Les égyptologues ont t'il changé d'avis ? Est ce un effet de mode ? Et puis en tournant autour j'ai retrouvé l'explication sur ce panneau datant de 1903, il s'agit en fait de la “la chapelle funéraire provenant du mastaba de Akhethétep”.

En général c'est un peu encombré car les visiteurs piétinent à l'entrée du mastaba pour rentrer dans ce qui est juste une entrée étroite, mais si on attends un peu il y a parfois des creux entre les groupes de touristes.

   
 La foule en attente
 Là c'est mieux !

Cet ensemble architectural qui provient de Saqqara a été remonté au Louvre. Un mastaba est un tombeau de dignitaire de l'ancien empire la période qui va de 2.700 à 2.200 avant notre ère. Sa forme est rectangulaire avec des murs légèrement inclinés ce qui explique le nom de mastaba, terme arabe signifiant « banquette » ou « petit banc ». L'entrée de ces chapelles funéraires était ouvertes aux vivants qui venaient périodiquement apporter des offrandes ou faire brûler de l'encens. Un peu comme notre coutume d'aller fleurir les tombes au cimetière. Les murs étaient décorés de bas reliefs ou de peintures figurant des scènes de la vie terrestre que le défunt était censé revivre. Si vous allez à l'extérieur de la chapelle d'Akhethétep vous voyez des panneaux explicatifs sur ces représentations. Ce qui est étonnant c'est que les scènes sont comme des bandes dessinées avec des textes hiéroglyphiques très familiers. Par exemple il y a le nom de des poissons que les pêcheurs prennent dans leurs filets (anguille, perche, mulet...) on les voit aussi s'interpeller : « Penche toi sur l'eau petit ! » dit un aîné. Ou bien deux hommes sont avec des ânes et l'un d'entre eux lance « Surveille les de tous les côtés ». Plus loin on assiste à un contrôle du travail des fermiers avec ce commentaire : « Le bureau de la fondation examine les comptes des fermiers ». Il y a d'ailleurs des contremaîtres armés de bâtons (pour ceux qui n'ont pas rempli leur quota ???). Ces représentations, associées à des formules magiques, permettaient au mort de ne manquer de rien dans l'au-delà à commencer par la nourriture.


par Louvre-passion publié dans : Egypte
Vendredi 13 octobre 2006

Aujourd’hui c’est vendredi 13, alors je vais vous raconter une histoire fantastique qui se passe au Louvre. Il s’agit d’une nouvelle intitulée « L’anneau de Thot » écrite par Arthur Conan Doyle. Elle fut publiée pour la première fois dans « The Cornill magazine » en janvier 1890 sous le titre « The ring of Thot ». C’est en passant dans les salles Egyptiennes dites du « musée Charles X » que le décor m’a rappelé cette histoire imaginée dans le Louvre de la fin du XIXe siècle.

L’histoire est celle d’un égyptologue Anglais – John Vansittart Smith – qui se rend au Louvre pour consulter les collections de papyrus un jour du mois d’octobre (j’ai bien choisi la date n’est ce pas ?). Arrivé à Paris il décide de se rendre directement au musée et l’auteur ajoute : « Au Louvre , il se sentait comme chez lui », cela vous rappelle quelqu’un ? C’est alors qu’il se rend compte que l’un des gardiens a une physionomie et une allure d’Egyptien, curieux il lui demande si tel est bien le cas mais le gardien de réponde « Non, monsieur. Je suis Français ». Etonné le savant s’assied pour noter le résultat de ses recherches, mais épuisé par son voyage il s’endort d’un sommeil profond sans être réveillé par les rondes des gardiens et la sonnerie annonçant la fermeture. En effet il s’était assis sur une chaise, placée dans un coin retiré, derrière une porte. Ce n’est qu’à une heure du matin que le savant se réveille. Un peu surpris au début il prend la situation avec amusement quand il aperçoit tout à coup une lanterne portée par le gardien qu’il avait remarqué. Ce n’était pas une ronde comme il le pensait, le gardien avait un air furtif, portait des chaussons de feutres et jetait autour de lui des regards inquiets. Intrigué l’égyptologue resta dissimulé dans son coin sombre. Le gardien alla à une vitrine qu’il ouvrit avec une clef, en sortie une momie et il commença a défaire les toiles d’embaumement à la fin c’est le corps d’une jeune femme qui apparut, le gardien l’enlaça et l’embrassa à plusieurs reprises en murmurant des mots dans une langue inconnue, puis il ouvrit une autre vitrine sortit plusieurs anneaux qu’il examina, pour choisir l’un d’entre eux serti d’un gros cristal c’est à ce moment que, voulant ramasser des objets, il découvrit la savant.
- Excusez moi ! a dit l’anglais avec toute la politesse imaginable. J’ai eu la malchance de m’endormir derrière la porte.
- Et vous m’avez surveillé ?
Le savant l’ayant admis, le gardien répond :
- Vous l’avez échappé belle ! Si je vous avais découvert dix minutes plus tôt , je vous aurais ouvert le cœur. Quoique il en soit, si vous me touchez ou si vous me gênez de quelque manière que ce soit vous êtes un homme mort.

Plus tard le gardien l’invite dans sa loge et lui raconte son histoire. « Je suis, comme vous l’avez deviné, un Egyptien (…) J’ai vu la lumière du jour sous le règne de Thoutmosis, seize cent ans avant la naissance du Christ. Vous reculez ? Attendez un peu, vous vous apercevrez bien vite que je suis plus à plaindre qu’à redouter ».

Sosra, car tel est son nom, raconte qu’il a été éduqué au temple d’Osiris, devenu un savant il découvre un jour une substance capable de prolonger la vie de plusieurs millénaires. Il confie ensuite son secret à un jeune prêtre de Thot qui avait gagné son amitié « J’avais réfléchi que j’aurais ainsi un compagnon qui aurait toujours le même âge que moi ». Un jour il aperçoit la fille du gouverneur de la ville et en tombe amoureux. La belle Atma partageant son amour il veut la convaincre de prendre la substance mais celle-ci hésite, la peste ayant fait son apparition elle meurt alors prématurément. Sosra, désespéré, reçoit alors la visite du prêtre de Thot qui lui apprend qu’il aimait lui aussi cette jeune fille, mais ayant poursuivi ses recherches il a découvert un poison plus puissant que la substance et lui apprend qu’il se trouve dans l’anneau de Thot et ajoute « Je vous laisse à votre sordide vie terrestre. Mes chaînes sont brisées. Il faut que je parte ! ». Sosra se lance alors dans des recherches pour découvrir le mystérieux poison mais en vain, puis l’Egypte est envahie par les Hyksôs il est emmené en esclavage puis réussi à s’enfuir et rentre en Egypte.
« A partir de cet instant j’ai renoncé à l’espoir de retrouver un jour l’anneau et de découvrir la drogue subtile. Je me suis mis à vivre aussi patiemment que je le pouvais en attendant que passe la vertu de l’élixir. Comment pouvez vous comprendre l’abomination du temps, vous qui ne connaissez que l’espace réduit qui va du berceau à la tombe ». Il voyage alors dans tous les pays du monde, apprends toutes les langues de la terre. A l’époque moderne il prend l’habitude de lire tout ce que les savants publient sur l’ancienne Egypte. Un jour il apprend que des archéologues ont fouillé un tombeau inviolé contenant la momie d’une jeune femme et en ouvrant le sarcophage ils ont découvert un grand anneau serti d’un cristal qui reposait sur son buste. C’était là que le prêtre de Thot avait caché le poison. La collection ayant été attribuée au Louvre, il s’embarque pour Paris et réussit à se faire embaucher comme gardien pour, la nuit venue, retrouver son Atma, boire le poison et la rejoindre. Son histoire terminée il salue le savant « Voici la porte. Elle ouvre sur la rue de Rivoli. Bonne nuit ! ».

L‘auteur de cette nouvelle, Arthur Conan Doyle, est le créateur du personnage de Sherlock Holmes. Hormis les quatre romans et cinquante six nouvelles consacrés à ce personnage, il écrivit aussi des romans historiques et des ouvrages sur le spiritisme.

 
par Louvre-passion publié dans : Egypte
Vendredi 22 septembre 2006

L’autre jour Théti-Chéri m’a dit qu’elle attendait avec impatience un article sur Akhenaton, mais je l’avais déjà écrit. Comme je tiens à lui faire plaisir et rester dans le sujet, je vais vous parler de son père Aménophis III surnommé le « Pharaon soleil » à l’occasion d’une exposition qui lui a été consacrée au Grand Palais en 1993.

Au Louvre je passe souvent dans la salle du rez-de-chaussée du département des antiquités égyptiennes où se trouvent les restes d’une statue colossale de 10 mètres de haut de ce pharaon. De cette statue ne subsistent que la tête et les pieds, ce sont des reste tout de même imposants.


Pour vous donner une idée la tête pèse à elle seule 2,6 tonnes elle est en granite rose et représente le roi coiffé de la couronne les yeux en amande cernés de fard. Le socle de la statue montre, sous les pieds du roi, les pays nubiens soumis par l’Egypte. A propos si vous voulez épater vos amis je vais donner la transcription et la traduction des deux cartouches d’Aménophis III qui sont gravés sur le socle.
Neb mâat Ré Imen hotep héka ouaset

Celui du haut se lit « Neb mâat Ré » et se traduit par « le maître de la vérité est Ré » et celui du bas se lit « Imen hotep héka ouaset » et se traduit par « Aménophis le roi de Thèbes ». Je vous rappelle que cette transcription est approximative puisque si on sait traduire les hiéroglyphes,  leur prononciation exacte s’est perdue, en effet cette écriture ne notait pas les voyelles. Quant aux Pharaons ils avaient cinq noms qui représentaient une sorte de programme politique.

Mais je manque à tous mes devoirs et notamment celui de vous présenter Aménophis III .

Ce roi de la XVIIIe dynastie règne 1391 - 1353 avant J.-C, ces dates sont indicatives compte tenu des lacunes de la chronologie égyptiennes. Son règne est une période de paix et de prospérité, en effet ses prédécesseurs ont conquis un véritable empire dont les richesses affluent vers la vallée du Nil.

Aménophis III n’est pas un roi guerrier, il préfère la chasse et l’architecture, grand bâtisseur il a fait construire le temple de Louxor et un édifice dont les « colosses de Memnon » sont les seuls vestiges qui subsistent aujourd’hui. Dans l’antiquité ces colosses avaient la réputation de « chanter » au lever du jour ce qui attirait les curieux et fit naître une légende. Ce phénomène dont la raison échappait aux anciens s’explique par le fait qu’en 27 avant JC un tremblement de terre fendit un des colosses. A partir de là se produisit un phénomène physique : la pierre se mettait à vibrer lors des brusques changement de température et d’humidité qui accompagnaient le lever du jour. Quelques siècles plus tard l’empereur romain Septime Sévère voulut faire restaurer les statues mais cette réfection eut pour conséquence de faire disparaître le "chant".
Pour terminer je vous fait admirer le gif animé que m'a envoyé Théti-Chéri , artistique n'est ce pas ?  ».


par Louvre-passion publié dans : Egypte
Vendredi 4 août 2006

En été les endroits frais sont les bienvenus, notamment la crypte d’Osiris située au sous-sol de l’aile Sully. C’est une salle consacrée au monde souterrain, le royaume des morts pour les Egyptiens. Au centre trône la cuve en granite rose du sarcophage du pharaon Ramsès III qui régna de 1198 à 1166 avant JC.
On y trouve aussi des représentation d’Osiris et Isis ce qui me donne l’occasion de vous conter leur légende qui nous est parvenue par l’intermédiaire de l’écrivain Grec Plutarque qui visita l’Egypte au premier siècle de notre ère.

Osiris fut le premier roi d’Egypte et celui qui apporta la civilisation « il fit connaître aux Egyptiens les fruits de la terre, leur donna des lois et leur apprit à respecter les dieux ». Mais son frère, Seth jaloux de l’amour qu’Osiris suscitait parmi son peuple décida de le supprimer. Avec ses complices il fit exécuter un sarcophage aux dimensions exactes de son frère, puis organisa un festin au cours duquel il exposa le fameux sarcophage en promettant de l’offrir à celui qui le remplirait exactement. Les uns après les autres les conjurés l’essayèrent sans succès, quant vint le tour d’Osiris Seth et ses complices scellèrent le cercueil avant de le jeter dans le Nil.

C’est alors qu’Isis, sœur et épouse d’Osiris, réussit à retrouver le corps de son époux mais Seth découvrit le tombeau et dépeça le corps en morceaux qu’il dispersa à travers l’Egypte. C’est là qu’intervient « la quête d’Isis » qui parcourut le pays pour retrouver les lambeaux du corps (sauf le phallus qui avait été avalé par un poisson). Le cadavre fut ensuite embaumé, Osiris devenant la première des momies. Avec l’aide des autres dieux Isis redonna vie à son époux qui réussit même à la féconder et lui donner un fils, Horus (bien qu’il lui manquât un élément important pour cet acte). Devenu adulte Horus combattit son oncle Seth, puis les dieux rendirent leur jugement, Horus récupéra son héritage et occupa le trône d'Égypte, comme pharaon, Osiris devint le dieu des morts et celui qui préside le tribunal divin. Quant à Seth il reçut le domaine des oasis et à la fin de la période pharaonique il finit par être assimilé à une sorte de démon.


Osiris Isis Horus
par Louvre-passion publié dans : Egypte
Vendredi 12 mai 2006

Par delà les siècles deux reines égyptiennes restent dans nos mémoires : Cléopâtre et Néfertiti. Cette dernière dont le nom signifie « la belle est venue » a régné avec le pharaon Akhénaton, celui qui voulut imposer un dieu unique aux Egyptiens. Le Louvre consacre d’ailleurs une salle entière à ce couple royal (salle 25 du circuit chronologique).

Akhénaton et Néfertiti
Louvre - Département des Antiquités égyptiennes
Aux alentours de 1364 avant Jésus Christ, le nouveau roi, Aménophis IV, entre en conflit avec le puissant clergé d’Amon, il veut substituer un nouveau culte à la religion traditionnelle. Le dieu qu’il vénère est Aton, représenté sous la forme d’un soleil dont les rayons se terminent par des mains. Pour mieux imposer sa volonté, le pharaon change son nom d’Aménophis « Amon est satisfait » en Akhénaton « Celui qui est agréable à Aton » et quitte Thèbes pour fonder une nouvelle capitale : Akhet-Aton «la cité de l’horizon du disque solaire », je rappelle que les noms des pharaons symbolisaient le programmes politique du souverain. De cette période nous savons qu’elle fut troublée et qu’il y eut des luttes entre partisans et adversaires du dieu Aton. A la mort d’Akhénaton, il y eut un retour à la tradition, sous l’influence de l’ancien clergé qui avait vu son influence diminuer et du peuple qui restait attaché à ses traditions.
Sur ce règne les avis son partagés, Akhénaton était selon certains historiens et romanciers un mystique, un révolutionnaire exalté, voire le précurseur de Moïse. Pour d’autres il était aussi un manipulateur politique désireux d’éliminer un clergé devenu trop riche et trop puissant.

Quant à Néfertiti elle nous fascine par sa beauté, (allez voir son le célèbre buste du musée de Berlin) et par le rôle qu’elle joua auprès d’Akénaton. Quelle fut son influence, difficile de le dire ? Fut elle l’inspiratrice de cette réforme religieuse ? Partageait elle avec son mari une dévotion pour Aton ? Ou bien a-t-elle simplement suivi les idées de celui qu’elle aimait ? Ce que nous savons c’est qu’un lien très fort unissait les époux, en témoigne le nombre de représentations de Néfertiti. A cette époque l’art égyptien se transforme et se libère, la représentation officielle et religieuse est supplantée par des scènes plus intimes. Le Pharaon ne se fait pas représenter en majesté ou écrasant ses ennemis, mais en famille jouant avec ses filles, où bien tenant la main de Néfertiti.

Outre les historiens ce couple royal a inspiré de nombreux écrivains, j’en citerais deux : Jacques Sadoul avec « La-Belle-est-venue » : A la suite d’un accident qui provoque une expérience post comatique, Julien explore ses vies antérieures et découvre qu’il a été Merytrê l’amie d’enfance de Néfertiti. Autre auteur, Jean-Claude Blanchard, qui a écrit « Il m’a appelé Adméo » et nous prépare « Adméo et Néfertiti », voyez son site.

par Louvre-passion publié dans : Egypte
 
 
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