Chose rare dans la société du XVIIe siècle, une femme artiste fut admise à l'académie de peinture et de sculpture en 1672. A l'occasion du tricentenaire de sa mort, le musée du Louvre lui rend hommage avec le tableau du mois.

Sophie CheronElisabeth -Sophie Chéron (1648 – 1711) est la fille d'un peintre spécialisé dans le portrait et la miniature. Son père lui enseigne son art et Élisabeth révèle très vite son talent. A quatorze ans on lui demande de réaliser le portait d'Henriette de Lorraine abbesse de Jouarre. En 1672, le peintre Charles le Brun, admirant son talent, présenta deux de ses œuvres à l'académie de peinture et de sculpture. Elisabeth fut la quatrième femme à entrer l'Académie. Dans ce milieu très masculin, les rares femmes admises l’étaient par le biais d’un soutien familial au sein de l’institution ou parrainées par une personnalité. Elles restaient cependant cantonnées à des genres mineurs, Elisabeth -Sophie Chéron réussit cependant à s’affranchir de cette contrainte en pratiquant la peinture d’histoire, genre qui était alors au sommet de la hiérarchie académique. Au Salon de 1704 elle expose douze tableaux dont des scènes religieuses et mythologiques, une « Descente de croix », « l’Annonciation », la « Fuite en Egypte ». S’intéressant au dessin elle écrit un « Livre à dessiner d’après les plus belles testes de Raphaël », elle propose même une méthode d’enseignement du dessin qui permet de se passer du modèle vivant qui, à l’époque, était interdit aux femmes. Artiste complète Elisabeth -Sophie Chéron jouait du luth, s’adonnait à la poésie et lisait le latin, le grec et l’hébreu, elle était liée avec des femmes de lettres Italiennes membres de l’Accademia dei Ricovrati de Padoue. Elle connut de son vivant une vraie notoriété qui fit sans doute des jaloux puisque en 1706 les académiciens décidèrent que les femmes ne seraient plus admises à l’Académie, mesure qui fut abrogée en 1720.

L’autoportrait exposé par le Louvre est la seule peinture attribuée avec certitude à Elisabeth -Sophie Chéron. Elle s’est représentée, alors âgée de 24 ans, vêtue avec élégance de bleu et d’or. Elle tient à la main une étude pour un portrait de femme ce qui était sa spécialité.

Le tableau du mois est à voir jusqu’au 5 septembre en salle 18 au 2e étage de l’aile Richelieu.

Tag(s) : #Peinture et sculpture
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