Gombrich, au fil de cet ouvrage j'ai découvert ce tableau d'Anton Van Dyck intitulé "Charles Ier, roi d'Angleterre" qui se trouve au Louvre.

Petite parenthèse pour celles et ceux qui pourrait s'étonner que je "découvre" encore aujourd'hui des oeuvres du Louvre : le musée expose actuellement près de 35.000 objets, même si j'allais tous les jours en visite dans les salles - ce que je ne fais pas évidemment par manque de temps - il me serait difficile de tout connaître ... fin de la parenthèse.
Ernst Gombrich nous apprend que Anton Van Dyck (1599 - 1641) devint le peintre de la cour de Charles Ier sous le nom anglicisé de Sir Anthony Vandyke et fit le portrait d'une bonne partie de la noblesse proche du roi. Il avait d'ailleurs tellement de commandes qu'il se faisait aider par des aides qui peignaient les costumes des modèles disposés sur des mannequins, le maître se contentant de peindre les visages ou apporter une simple touche finale.
Le portrait de Charles Ier, roi d'Angleterre dit portrait du roi à la chasse (que Van Dyck n'a sans doute pas laissé à ses assistants pour cette fois !) représente le souverain au retour d'une partie de chasse "tel sans doute qu'il désirait être vu par la postérité : un prince d'une élégance hors pair, d'une culture raffinée, protecteur des arts, détenteur du pouvoir royal de droit divin" (E. Gombrich).
Ce portrait payé par Charles Ier n'est pas resté en Angleterre, le tableau a été transporté en France et acheté par Louis XVI en 1775. L'acquisition de ce tableau par Louis XVI est un raccourci saisissant car Charles Ier, partisan d’un pouvoir absolu, voulut imposer à son pays la religion anglicane et la monarchie de droit divin. Après plusieurs années d'affrontement avec les parlementaires il fut confronté à une guerre civile et victime de la première révolution anglaise. Vaincu par Olivier Cromwell et capturé il fut condamné à mort et décapité (à la hache) en janvier 1649.
Cet évènement est d'ailleurs raconté par Alexandre Dumas dans "Vingt Ans après" la suite qu'il donna aux "Trois Mousquetaires". L'action se déroule à l'époque de la Fronde, entre 1648 et 1649. Les quatre héros ont vieilli et sont d'abord séparés par leurs idées politiques: Athos et Aramis sont du côté des Princes, d'Artagnan et Porthos du côté de Mazarin. Mais ils finissent par se réunir pour venir en aide à Charles Ier d'Angleterre. Dans le chapitre intitulé "Remember", Dumas raconte l'exécution du roi il imagine que les quatre amis, qui n'ont pu sauver le roi, réussissent, à s'introduire sur le lieu de l'exécution, Athos s'étant glissé sous l'échafaud.
"Alors Charles s'agenouilla, fit le signe de la croix, approcha sa bouche des planches comme s'il eut voulu baiser la plateforme; puis s'appuyant d'une main sur la plancher et de l'autre sur la billot :
- Comte de la Fère, dit il en français, êtes vous là et puis je vous parler ?
Cette voix frappa droit au coeur d'Athos et le perça comme un fer glacé.
- Oui Majesté, dit il en tremblant.
- Ami fidèle, coeur généreux, dit le roi, je n'ai pu être sauvé, je ne devais pas l'être."
Toujours à propos de ce roi j'ai trouvé ce tableau au Département des objets d'art : "Charles Ier recevant une rose des mains d'une jeune fille, au moment où il est conduit prisonnier au château de Carisbrook, pour être bientôt condamné et exécuté" peint par Eugène Lami en 1829 dans la veine historique et romantique du début du XIXe siècle.


Commentaires
C'est en relisant un livre d'histoire sur l'Angleterre de cette période que je me suis remémoré Alexandre Dumas.
Bonsoir,
Face à ce portrait de Charles Ier, l’on pensera à Rubens, son maître de génie, qui, je n’en disconviens pas, lui est supérieur dans les œuvres d’inspiration historique, religieuse ou mythologique. Mais que les portraits de Van Dyck sont beaux !
Vous aurez, ainsi, je n’en doute pas, admiré les deux somptueux portraits d’apparats exposés au Louvre. Celui d'une dame de qualité et sa fille : http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=obj_view_obj&objet=cartel_8783_11513_p0002441.001.jpg_obj.html&flag=true
Et celui d'un homme de qualité avec son fils :
Mais, si je devais distinguer une œuvre de Van Dyck, ce serait probablement le portrait de Marie-Louise de Tassis : une splendeur !
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f5/Anthonis_van_Dyck_021.jpg
En attendant l’exposition de dessins et d’estampes que le Louvre lui consacrera, du 6 février au 5 mai 2008, au deuxième étage de l’aile Sully …
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Pour ce qui est de connaître tous ce qui est exposé au Louvre, je pense bien que tu ne tiens pas une comptabilité mentale de tous les objets exposés... ça serait surhumain hé, hé.
Bonne soirée Atalmont, et je file lire ce que j'ai loupé (à rebours donc)
Pour les objets du Louvre (et le reste) c'est sûr je ne suis pas surhumain. Et je ne joue pas dans "Heroes" (ha, ha, ha...).