Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 00:00
Une exposition sur la médecine égyptienne est organisée dans l'espace d'expositions temporaire de l'aile Richelieu jusqu'au 6 août. Elle a été organisée à l'occasion de l'achat pour le musée du Louvre, d'un papyrus médical Egyptien classé comme trésor national grâce au mécénat d'un groupe pharmaceutique.
Comme j'ai eu l'occasion de bénéficier d'une "visite conférence" par un égyptologue,  je vais essayer de vous restituer ce que j'ai appris.

Le début de l'exposition est consacré à la médecine des anciens égyptiens, ce qui est l'occasion de remettre les pendules à l'heure. Contrairement à ce que certains auteurs voudraient nous faire croire cette médecine n'avait rien de miraculeux. Si certaines maladies étaient bien observées et soignées : troubles digestifs, trachome, cataracte, luxations, fractures, pour d'autres remèdes on peut douter de leur efficacité comme certaines pharmacopées à base de fiente de pélican ou de chiures de mouche.
Les textes nous apprennent que la profession de médecin a été très tôt bien structurée en Égypte avec des spécialités, incluant les sages femmes et certaines catégories de prêtres. La renommée de la médecine égyptienne a été relayée par les auteurs Grecs tels que Hippocrate et Galien qui racontent avoir consulté les ouvrages médicaux du temple d'Imothep.
Une partie de l'exposition présente des instruments chirurgicaux  dont on n'a pas retrouvé d'exemplaires de l'époque pharaonique, mais des instruments des époques ptolémaïques, romaines et arabes fait selon des copies de papyrus.
La salle suivante évoque le
rapport entre maladies et divinités car il y avait des divinités qui provoquaient des maladies telles que Sekhmet ou Bastet et celles qui guérissaient comme Horus et Thot. Si la médecine égyptienne comportait une part de magie celle ci ne servait pas à guérir la maladie mais réparer le désordre causé par celle ci dans le plan divin, en effet le monde de la réalité était considéré comme étant en étroite corrélation avec le monde des dieux ou le royaume des morts il était donc important que l'ordre et l'harmonie soient en phase dans tous les univers.

Le fameux papyrus est exposé dans la salle du fond, il mesure sept mètres de long et comporte au recto et au verso deux ensembles de textes. Le premier est un descriptif de maladies avec leurs remèdes, le second - écrit environ 150 ans après le premier - est aussi un descriptif de maladies accompagné de remèdes magiques. Le texte est en écriture hiératique et daté de 1479 - 1401 avt JC pour la première partie et 1294 - 1250 avt JC pour la seconde.
Petite parenthèse pour vous rappeler que le livre tel que nous le connaissons (des feuilles reliées) n'apparaît qu'au IVe siècle de notre ère, auparavant il s'agissait de rouleaux pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de long ce qui n'était guère pratique. Quand à l'écriture, les hiéroglyphes bien dessinés que nous admirons étaient réservés aux textes très importants : hommages aux dieux, chroniques royales, décors des tombes. Pour se faciliter la vie quand ils rédigeaient des textes  courants, les scribes ont tout de suite mis au point une écriture où les signes hiéroglyphiques étaient très simplifiés c'est le hiératique. J'ai d'ailleurs appris que - à la différence des hiéroglyphes - le hiératique s'écrit uniquement de droite à gauche. Pour vous donner une idée voici le mot médecin qui se prononçait "sounou" écrit en hiéroglyphe et en hiératique.

"médecin" en hiéroglyphe "médecin" en hiératique

Le papyrus traite principalement des "gonflements", les boutons, les verrues et les pustules. Au fond de la salle se trouve un panneau avec une photo agrandie d'un extrait de ce papyrus et voici ce qui nous a été traduit : "Si tu examines une grosseur (du type) hema qui est apparue au sommet de son abdomen sur la face externe entre les parois de ce dernier et que tu y appliques les mains, si tu la trouves gonflée et dure comme de la pierre au milieu de son abdomen, alors tu diras : « (C'est quelqu'un ) atteint d'une grosseur hema au sommet de son abdomen sur la face externe de ce dernier. (C'est) une maladie sur laquelle j'agirai ! ".
La phrase finale indique que le médecin était en capacité de traiter la maladie, ce qui n'était pas toujours le cas....
L'exposition se termine par cette expression écrite en hiératique qui se translittère jw = spw , se prononce approximativement "iou es pou" et se traduit par "c'est fini" ce qui était traditionnellement le mot de la fin des textes écrits par les scribes de l'ancienne égypte.
jw = spw "c'est fini"

Par Louvre-passion - Publié dans : Egypte
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Derniers Commentaires

Recherche

Calendrier

Avril 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés