La semaine dernière je vous parlais de l'exposition "Arménia Sacra" qui se tient au rez-de-chaussée de l'aile Sully dans la galerie de la Melpomène, muse de la tragédie. Et si nous restions dans le registre de la mythologie Grecque à propos d'un lieu voisin dénommé le corridor de Pan qui se situe dans la partie sud de la Cour Carrée où se trouvait l'appartement des reines, Catherine de Médicis y habita de 1654 à 1658.
Quand le Louvre devint un musée ce corridor fut aménagé entre 1815 et 1817 afin d'y exposer des sculptures antiques. L'origine de son nom s'explique par le fait qu'une statue du dieu Pan faisant partie de la collection Borghèse y fut installée en 1815 (cette statue ne s'y trouve plus à l'heure actuelle) dans un décor fait de placages de marbres rouges et gris.
 
 Le corridor de Pan
 Statue du dieu Pan

Et Pan me direz vous ? Eh bien c'est le dieu des bois, des champs et de la fertilité, il est le fils que Zeus aurait eu, selon les versions, avec Callisto ou la nymphe Thymbris, ou encore Hybris, la déesse de la Démesure. Il est vrai que Zeus avait la réputation de batifoler souvent  à la grande colère de son épouse Héra. Selon une autre variante il serait le fils du dieu Hermès.
Mais revenons à notre Pan, qui est un personnage contrasté. Il est relativement laid puisque il est affublé des cornes et des sabots d'un bouc. Il peut être bienveillant comme protecteur des bergers, des troupeaux et de la nature (son côté "écolo"). Mais il possède aussi un "côté obscur" puisque il peut faire perdre la raison aux individus et aux foules, c'est de là que vient le mot « panique », manifestation humaine de la colère de Pan. A cause de son physique il était toujours repoussé par les nymphes des bois qu'il cherchait à séduire, ainsi la nymphe Syrinx se transforma en roseaux pour échapper à son désir. Enfin il réussit quand même à se faire aimer de Daphnis un berger de Sicile, puis de la nymphe Séléné, personnification de la Lune laquelle se laissa séduire en échange d'un troupeau de bœufs blancs.
Pour finir cette évocation de Pan, je vous propose un poème d'Elizabeth Barrett Browning (1806 -1861) dont vous trouverez la biographie sur cet article de Wikipédia. Ce poème consacré au dieu Pan s'appelle "A Musical Instrument", je vous en livre un extrait en version anglaise accompagné de sa traduction.
L'honnêteté m'oblige à vous dire que la traduction n'est pas de moi, mon anglais étant resté à un stade très basique. Pour les anglophones la version anglaise complète se trouve ici, si quelqu'un peut me fournir la traduction complète je suis preneur.

A Musical Instrument
by Elizabeth Barrett Browning
What was he doing, the great god Pan,
Down in the reeds by the river ? (...)
He tore out a reed, the great god Pan,
From the deep cool bed of the river :(...)
This is the way, laughed the great god Pan,
Laughed while he sate by the river,
The only way, since gods began
To make sweet music, they could succeed.
Then, dropping his mouth to a hole in the reed,
He blew in power by the river.
Sweet, sweet, sweet, O Pan !
Blinding sweet, O great god Pan !(...)
Yet half a beast is the great god Pan,
To laugh as he sits by the river,
Making a poet out of a man.(...)




Que faisait il, le grand dieu Pan
Dans les roseaux, près de la rivière ?
Il prenait un roseau le grand dieu Pan
Dans le lit froid de la rivière
Voici la voie riait le grand dieu Pan
Le seul chemin que prenaient les dieux
Quand ils apprirent la musique.
Puis mettant le roseau à sa bouche
Il souffla la musique au dessus de la rivière.
Doux et terrible Pan !
Aveuglant et doux, ô grand dieu Pan
Moitié bête, moitié dieu
Tel est le grand dieu Pan
Qui rit près de la rivière
Faisant de l'homme un poète.

Tag(s) : #Antiquités
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