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  • : Louvre-passion
  • : 04/06/2005
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  • : Louvre-Passion est le « blog » d'un passionné du musée du Louvre, un musée que l'on peut voir et revoir, déguster, savourer comme un bon bouquin. Avec ce blog vous découvrirez des aspects originaux ou méconnus et flânerez dans les chemins de traverse.
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Vendredi 9 février 2007
J'ai trouvé au deuxième étage de l'aile Sully ce tableau de Nicolas-Guy BRENET intitulé "La mort de Du Guesclin" qui avait été commandé par le Directeur des Bâtiments du roi en 1776, pour rénover la peinture d'histoire par des sujets "propres à ranimer la vertu et les sentiments patriotiques".
Mais c'est surtout du personnage dont j'ai envie de vous parler, un être courageux, d'abord mal aimé,  devenu un héros, bref un être extraordinaire.

Bertrand Du Guesclin naît en 1320 dans une famille de la petite noblesse Bretonne il est tellement laid que ses parents le cachent et l'excluent de la vie familiale, il vit une enfance malheureuse. C'est à seize ans qu'il prend sa revanche en participant à un tournoi pour lequel il a emprunté une armure et un cheval. Mal équipé il terrasse pourtant tous ses adversaires, il refuse pourtant de se battre contre son père qu'il a reconnu, celui-ci découvre alors que son fils est devenu un héros et le prend dans ses bras.
Du Guesclin commence alors une carrière militaire car la France est en pleine guerre de cent ans, la période est sombre, plusieurs batailles ont été perdues. Il faut dire que les chefs militaires de l'époque ne brillent pas par leur intelligence, notamment le roi Jean II le Bon plus intéressé par les exploits chevaleresques que par la défense du pays. Par deux fois la chevalerie française s'est durement faite étriller par les Anglais, à Crécy en 1346 et à Poitiers dix ans plus tard. Les chevaliers de France ne pensent qu'à charger à cheval (sus à l'ennemi !), en face les Anglais alignent six mille archers, bien entraînés, capables de tirer dix flèches à la minutes et sachant atteindre les points faibles (défauts des cuirasses, chevaux...). La tactique de la cavalerie française consistait donc bêtement à charger l'équivalent d'un nid de mitrailleuses ! En plus la noblesse méprise les soldats à pied alors que le roi d'Angleterre a compris l'avantage de ces troupes bien entraînées et disciplinées.
Heureusement Du Guesclin arrive et change la tactique, il n'hésite pas à utiliser la ruse voire des techniques de guérilla. En 1355 il s'empare de la ville de Fougeray en se déguisant avec ses compagnons en paysans porteur de bois. C'est l'hiver, il fait froid et les défenseurs veulent se chauffer, ils ouvrent la herse que Du Guesclin bloque avec son fagot et ... ça chauffe pour les Anglais. En 1364 à Cocherel les chefs Anglais pensent rééditer les batailles de Crécy et Poitiers, ils sont retranchés sur une colline et espèrent que les Français se précipiteront sur leurs lignes d'archers. Pas de chance en face c'est ... devinez qui ? Lui, il attend deux jours et fait semblant de se replier, du coup les Anglais sortent de leur positions et tombent dans le piège. En 1370 le roi Charles V le Sage (plus intelligent que son père Jean le Bon) nomme Bertrand Du Guesclin connétable, c'est à dire chef de toutes les armées de France. Car sa tactique paye, plutôt que les grandes batailles rangées il "grignote" l'adversaire préférant prendre ses places fortes une à une, bientôt une grande partie du pays est reconquise.
Ce guerrier a réalisé un autre exploit celui de conquérir le coeur de la belle Tiphaine Raguenel qui consent à se marier avec ce guerrier célèbre mais disgracié. C'est en 1380 que meurt notre héros après avoir réussi à débarrasser le pays des "grandes compagnies", ces troupes de soldats pillards et meurtriers. Fait exceptionnel le roi consent à ce que sa dépouille repose à Saint-Denis, la basilique où sont enterrés les rois de France.
Que retenir de cette vie. Du Guesclin était un "preux" dans le sens où il aimait et respectait le peuple, il n'avait pas cette morgue qui pourrissait une partie de la noblesse de l'époque il savait que la guerre avait évoluée, que l'ère du chevalier empanaché se terminait. Il fut complémentaire avec le roi Charles V qui eut l'intelligence de s'adjoindre ce chef de guerre hors pair.
Pour finir je vois que vous allez me dire : Oui mais quel rapport avec le Louvre dans toute cette histoire ? Eh bien justement il est probable que notre héros ait rendu plusieurs fois visite au roi Charles V dans le château du Louvre qu'il venait de faire réaménager.
Le Louvre à l'époque de Du Guesclin
 
 
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