Vendredi 13 octobre 2006 5 13 /10 /Oct /2006 00:00

Aujourd’hui c’est vendredi 13, alors je vais vous raconter une histoire fantastique qui se passe au Louvre. Il s’agit d’une nouvelle intitulée « L’anneau de Thot » écrite par Arthur Conan Doyle. Elle fut publiée pour la première fois dans « The Cornill magazine » en janvier 1890 sous le titre « The ring of Thot ». C’est en passant dans les salles Egyptiennes dites du « musée Charles X » que le décor m’a rappelé cette histoire imaginée dans le Louvre de la fin du XIXe siècle.

L’histoire est celle d’un égyptologue Anglais – John Vansittart Smith – qui se rend au Louvre pour consulter les collections de papyrus un jour du mois d’octobre (j’ai bien choisi la date n’est ce pas ?). Arrivé à Paris il décide de se rendre directement au musée et l’auteur ajoute : « Au Louvre , il se sentait comme chez lui », cela vous rappelle quelqu’un ? C’est alors qu’il se rend compte que l’un des gardiens a une physionomie et une allure d’Egyptien, curieux il lui demande si tel est bien le cas mais le gardien de réponde « Non, monsieur. Je suis Français ». Etonné le savant s’assied pour noter le résultat de ses recherches, mais épuisé par son voyage il s’endort d’un sommeil profond sans être réveillé par les rondes des gardiens et la sonnerie annonçant la fermeture. En effet il s’était assis sur une chaise, placée dans un coin retiré, derrière une porte. Ce n’est qu’à une heure du matin que le savant se réveille. Un peu surpris au début il prend la situation avec amusement quand il aperçoit tout à coup une lanterne portée par le gardien qu’il avait remarqué. Ce n’était pas une ronde comme il le pensait, le gardien avait un air furtif, portait des chaussons de feutres et jetait autour de lui des regards inquiets. Intrigué l’égyptologue resta dissimulé dans son coin sombre. Le gardien alla à une vitrine qu’il ouvrit avec une clef, en sortie une momie et il commença a défaire les toiles d’embaumement à la fin c’est le corps d’une jeune femme qui apparut, le gardien l’enlaça et l’embrassa à plusieurs reprises en murmurant des mots dans une langue inconnue, puis il ouvrit une autre vitrine sortit plusieurs anneaux qu’il examina, pour choisir l’un d’entre eux serti d’un gros cristal c’est à ce moment que, voulant ramasser des objets, il découvrit la savant.
- Excusez moi ! a dit l’anglais avec toute la politesse imaginable. J’ai eu la malchance de m’endormir derrière la porte.
- Et vous m’avez surveillé ?
Le savant l’ayant admis, le gardien répond :
- Vous l’avez échappé belle ! Si je vous avais découvert dix minutes plus tôt , je vous aurais ouvert le cœur. Quoique il en soit, si vous me touchez ou si vous me gênez de quelque manière que ce soit vous êtes un homme mort.

Plus tard le gardien l’invite dans sa loge et lui raconte son histoire. « Je suis, comme vous l’avez deviné, un Egyptien (…) J’ai vu la lumière du jour sous le règne de Thoutmosis, seize cent ans avant la naissance du Christ. Vous reculez ? Attendez un peu, vous vous apercevrez bien vite que je suis plus à plaindre qu’à redouter ».

Sosra, car tel est son nom, raconte qu’il a été éduqué au temple d’Osiris, devenu un savant il découvre un jour une substance capable de prolonger la vie de plusieurs millénaires. Il confie ensuite son secret à un jeune prêtre de Thot qui avait gagné son amitié « J’avais réfléchi que j’aurais ainsi un compagnon qui aurait toujours le même âge que moi ». Un jour il aperçoit la fille du gouverneur de la ville et en tombe amoureux. La belle Atma partageant son amour il veut la convaincre de prendre la substance mais celle-ci hésite, la peste ayant fait son apparition elle meurt alors prématurément. Sosra, désespéré, reçoit alors la visite du prêtre de Thot qui lui apprend qu’il aimait lui aussi cette jeune fille, mais ayant poursuivi ses recherches il a découvert un poison plus puissant que la substance et lui apprend qu’il se trouve dans l’anneau de Thot et ajoute « Je vous laisse à votre sordide vie terrestre. Mes chaînes sont brisées. Il faut que je parte ! ». Sosra se lance alors dans des recherches pour découvrir le mystérieux poison mais en vain, puis l’Egypte est envahie par les Hyksôs il est emmené en esclavage puis réussi à s’enfuir et rentre en Egypte.
« A partir de cet instant j’ai renoncé à l’espoir de retrouver un jour l’anneau et de découvrir la drogue subtile. Je me suis mis à vivre aussi patiemment que je le pouvais en attendant que passe la vertu de l’élixir. Comment pouvez vous comprendre l’abomination du temps, vous qui ne connaissez que l’espace réduit qui va du berceau à la tombe ». Il voyage alors dans tous les pays du monde, apprends toutes les langues de la terre. A l’époque moderne il prend l’habitude de lire tout ce que les savants publient sur l’ancienne Egypte. Un jour il apprend que des archéologues ont fouillé un tombeau inviolé contenant la momie d’une jeune femme et en ouvrant le sarcophage ils ont découvert un grand anneau serti d’un cristal qui reposait sur son buste. C’était là que le prêtre de Thot avait caché le poison. La collection ayant été attribuée au Louvre, il s’embarque pour Paris et réussit à se faire embaucher comme gardien pour, la nuit venue, retrouver son Atma, boire le poison et la rejoindre. Son histoire terminée il salue le savant « Voici la porte. Elle ouvre sur la rue de Rivoli. Bonne nuit ! ».

L‘auteur de cette nouvelle, Arthur Conan Doyle, est le créateur du personnage de Sherlock Holmes. Hormis les quatre romans et cinquante six nouvelles consacrés à ce personnage, il écrivit aussi des romans historiques et des ouvrages sur le spiritisme.

 
Par Louvre-passion - Publié dans : Egypte
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