Un passage dans les salles consacrées à l’art Romain au rez-de-chaussée de l’aile Denon m’a donné envie de vous parler de ces empereurs qui contribuèrent au « siècle d’or » de Rome. De quoi s’agit il ? De 96 à 192 de notre ère, l’empire Romain vit le « moins mauvais des mondes possibles », une période de paix, de relative liberté et de prospérité. Selon les historiens cette conjoncture favorable est due à la pratique originale de succession appliquée par quatre empereurs : Nerva, Trajan, Hadrien et Antonin. Auparavant la république avait finit en guerres civiles et coups d’état, César puis Auguste tentèrent d’y mettre fin en instaurant un pouvoir impérial qui conservait des formes républicaines. Le problème ne fut pas réglé pour autant puisque il y eut des empereurs tyranniques, des fous et des assassinats. L’équilibre du pouvoir fut rétabli par la pratique de la succession par adoption initiée par Nerva qui n’avait pas d’enfants et le hasard voulut que quatre empereurs successifs fussent sans enfants et adoptent chacun à leur tour un homme digne de leur charge. Ce n’était plus au sang où à la force qu’était dévolu l’empire mais à la dignité, l’intéressant c’est que le système a bien fonctionné et permis cette période de prospérité.


Marc-Aurèle
Deux de ces empereurs sont présents au Louvre, je commence par Hadrien - Publius Aelius Hadrianus - qui règne de 117 à 138 de notre ère, il mit fin à l’expansion militaire de l’empire en consolidant les frontières. Il a notamment fait édifier le « mur d’Hadrien » en Grande-Bretagne pour arrêter les incursions des barbares Pictes (les ancêtres des Ecossais). Helléniste et cultivé, Hadrien s’entoura de poètes et de philosophes il écrivit des vers et des textes en prose en latin aussi bien qu’en grec. Il fit construire à Rome l’Athenaeum, le Panthéon, ainsi que son mausolée, qui devint le château Saint-Ange. Il a été décrit dans des mémoires fictifs par Marguerite Yourcenar.
Marc Aurèle - Marcus Annius Verus – neveu d'Antonin le Pieux, règne de 161 - 180 après J.-C. Il est contraint de mener des campagnes militaires afin de défendre l’empire. Cet empereur philosophe fut le défenseur des pauvres, pour lesquels il allégea les taxes, fonda des écoles, des orphelinats et des hôpitaux. D’un autre côté il fit persécuter les chrétiens en qui il voyait une menace politique. C’est lui qui mit fin au système de l’adoption en désignant son fils Commode pour lui succéder, mauvais choix puisque ce dernier se révéla être un tyran qui finit assassiné. Cette histoire est évoquée dans le film « Gladiator » réalisé par Ridley Scott qui imagine que Commode s’empare du pouvoir que Marc Aurèle comptait finalement confier au général Maximus interprété par Russell Crowe.

