Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

<

Imaginaire de l’Arioste, l’Arioste imaginé

Publié par Louvre-passion sur 17 Avril 2009, 00:05am

Catégories : #Peinture et sculpture

Ce libellé un peu énigmatique est celui d’une exposition de dessins, peintures et sculptures inspirés d’une œuvre littéraire de la Renaissance. En 1516 Ludovico Ariosto dit l’Arioste (1474 - 1533), écrivain au service des princes d’Este publie le « Roland furieux », un poème chevaleresque de 40 000 vers qui a pour toile de fond les guerres de Charlemagne contre les Sarrasins et le personnage du Roland.

 

Dans la tradition médiévale, Roland est l’un des « douze pairs » de l’empereur Charlemagne. Conduisant l’arrière garde de l’armée française au retour d’Espagne il est trahi par son rival, Ganelon, qui le livre aux armées Sarrasines. Au cours de la fameuse bataille de Roncevaux, Roland après avoir résisté héroïquement se résout à sonner du cor pour prévenir l’empereur et tente de briser son épée « Durandal » pour qu’elle ne tombe pas aux mains de l’ennemi. L’empereur fait demi-tour avec son armée, il arrive trop tard pour sauver Roland mais le venge en massacrant ses ennemis.

 

L’Arioste reprend cette histoire mais il l’enrichit de références empruntées à l’antiquité, d’éléments fantastiques et, nouveauté pour l’époque, de personnages féminins. On y trouve des héroïnes comme Bradamante qui prend les armes et se travestit en hommes où bien la belle Angélique qui séduit les chevaliers pour les égarer. Dès sa publication l’œuvre connaît un immense succès et inspire des artistes jusqu’au XIXe siècle.

 

La première salle est consacrée aux illustrations de l’œuvre en elle-même avec des dessins de chevaliers, et des figures de femmes. La seconde salle nous montre l’influence de l’Arioste sur des artistes tels que Fragonard, Ingres ou Delacroix. Une partie de l’exposition est consacrée à l’histoire de Roger et Angélique. dans laquelle Roland est pris d’une folle passion pour Angélique, une reine d’Orient. Il l’emmène en France mais elle capturée par des pirates qui la livrent à un monstre, un autre chevalier, Roger, monté sur un hippogriffe (un cheval ailé à tête de griffon) parvient à la délivrer. L’Arioste en fait un épisode chargé d’érotisme qui inspirera et fascinera les artistes où Angélique attachée nue au rocher est livrée au monstre et au regard de Roger.

Je vous ai retrouvé une reproduction de « Roger délivrant Angélique » une toile d’Ingres qui figure dans l’exposition. Ingres qui était un maître en la matière fait parfaitement ressortir l’érotisme de la scène puisque tout le tableau est centré autour d’Angélique, sensuelle et la tête curieusement penchée en arrière. Le monstre occupe une place réduite en bas et l’armure dorée de Roger illumine l’héroïne. Pour terminer avec ce tableau j’ai appris qu’il fut commandé en 1817 pour servir de décor à la salle du trône de Versailles.

 

L'exposition est visible jusqu'au 18 mai 2009 au premier étage de l'aile Denon.

Commenter cet article

grillon 19/04/2009

Oui, je me souviens, il y avait des dessins illustrant Roger délivrant Angélique à l'exposition Fragonard au musée Jacquemart-André il y a deux ans.Cette histoire prend aussi une grande place dans " Le Rêve " de Zola je crois bien. Un sacré feuilleton , cet Arioste, et en province, on en rate les épisodes  !

jean-louis Gautreau 19/04/2009

Il existe une autre version de ce tableau d'Ingres (format ovale) au musée de Montauban (voir mon blog), ainsi qu'à la National Gallery de Londres.L'Histoire est en rupture avec la tradition médiévale : ce ne sont pas les "Sarrazins" qui ont exterminé l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne, mais les Basques (ou Vascons).

Alain 20/04/2009

Titien a peint en 1510 un très beau portrait de l’Arioste en habit bleu qui est à la National Gallery de Londres.C’était le grand écrivain de la Renaissance italienne. Ses compatriotes le surnommaient le « divin Arioste ». Il semble également avoir écrit une importante production théâtrale.

Richard+LEJEUNE 20/04/2009

Dommage : moi qui débarque au Louvre à partir du 6 juin prochain, je ne verrai donc pas cette exposition ...

Lucie 23/04/2009

Il y a une sculpture de "Roland furieux" à Madrid, où l'homme porte son cheval. J'aime beaucoup! Je n'ai pas trouvé de reférence très exacte à cet épisode en cherchant sur internet, il faudrait lire l'Arioste.

Sylvie 26/04/2009

Et Vivaldi a mis ça en musique "Orlando Fusrioso".

sieglind la dragonne 25/05/2009

Et je parie qu'ils n'ont même pas pensé à mettre l'oeuvre éponyme du prêtre roux comme animation musicale de l'exposition ! Je sais... pour mon retour, je commence déjà par râler, ça fait désordre, mais on ne se change pas hé, hé.J'ai sur mes rayonnage croulants, un exemplaire de la chanson de Roland, pas contemporaine du porteur de cor mais presque, vu que je l'avais au collège (avant qu'on ne me parle de mon grand âge, autant me saborder moi-même ...)Mine de rien, cet Aïku hypertrophié me fait penser à mes Säga chéries norroises... là, encore, peux pas m'empêcher de revenir à mes sujets de prédilection.Bon début de semaine Atalmont et je file au reste (ça va donner pour le rattrapage, mais j'ai le temps pour moi, encore heureux)

Recent posts