Ce libellé un peu énigmatique est celui d’une exposition de dessins, peintures et sculptures inspirés d’une œuvre littéraire de la Renaissance. En 1516 Ludovico Ariosto dit l’Arioste (1474 - 1533), écrivain au service des princes d’Este publie le « Roland furieux », un poème chevaleresque de 40 000 vers qui a pour toile de fond les guerres de Charlemagne contre les Sarrasins et le personnage du Roland.

 

Dans la tradition médiévale, Roland est l’un des « douze pairs » de l’empereur Charlemagne. Conduisant l’arrière garde de l’armée française au retour d’Espagne il est trahi par son rival, Ganelon, qui le livre aux armées Sarrasines. Au cours de la fameuse bataille de Roncevaux, Roland après avoir résisté héroïquement se résout à sonner du cor pour prévenir l’empereur et tente de briser son épée « Durandal » pour qu’elle ne tombe pas aux mains de l’ennemi. L’empereur fait demi-tour avec son armée, il arrive trop tard pour sauver Roland mais le venge en massacrant ses ennemis.

 

L’Arioste reprend cette histoire mais il l’enrichit de références empruntées à l’antiquité, d’éléments fantastiques et, nouveauté pour l’époque, de personnages féminins. On y trouve des héroïnes comme Bradamante qui prend les armes et se travestit en hommes où bien la belle Angélique qui séduit les chevaliers pour les égarer. Dès sa publication l’œuvre connaît un immense succès et inspire des artistes jusqu’au XIXe siècle.

 

La première salle est consacrée aux illustrations de l’œuvre en elle-même avec des dessins de chevaliers, et des figures de femmes. La seconde salle nous montre l’influence de l’Arioste sur des artistes tels que Fragonard, Ingres ou Delacroix. Une partie de l’exposition est consacrée à l’histoire de Roger et Angélique. dans laquelle Roland est pris d’une folle passion pour Angélique, une reine d’Orient. Il l’emmène en France mais elle capturée par des pirates qui la livrent à un monstre, un autre chevalier, Roger, monté sur un hippogriffe (un cheval ailé à tête de griffon) parvient à la délivrer. L’Arioste en fait un épisode chargé d’érotisme qui inspirera et fascinera les artistes où Angélique attachée nue au rocher est livrée au monstre et au regard de Roger.

Je vous ai retrouvé une reproduction de « Roger délivrant Angélique » une toile d’Ingres qui figure dans l’exposition. Ingres qui était un maître en la matière fait parfaitement ressortir l’érotisme de la scène puisque tout le tableau est centré autour d’Angélique, sensuelle et la tête curieusement penchée en arrière. Le monstre occupe une place réduite en bas et l’armure dorée de Roger illumine l’héroïne. Pour terminer avec ce tableau j’ai appris qu’il fut commandé en 1817 pour servir de décor à la salle du trône de Versailles.

 

L'exposition est visible jusqu'au 18 mai 2009 au premier étage de l'aile Denon.

Tag(s) : #Peinture et sculpture
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