Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 00:05

Ce tableau peint par David en 1784 s’inspire d’un roman de Jean-François Marmontel, publié en 1767, selon lequel le grand général Byzantin Bélisaire, injustement condamné par l’empereur Justinien, réduit à la misère, aurait eut les yeux crevés. Ce roman qui visait en fait le règne de Louis XV fut interdit à l’époque. L’œuvre de David est une allégorie de l’ingratitude des souverains, le héros déchu sollicite la pitié des passants tandis que l’un de ses anciens soldats le reconnaît avec stupéfaction. Les historiens savent que Bélisaire ne connut pas cette triste fin de mendiant aveugle. Ce général au cœur fidèle fut toutefois la victime de complots de pouvoirs et subit de multiples désaveux de l’empereur, ce qui en fit dans la littérature et la peinture un exemple de l'ingratitude des puissants de ce monde.



Ce tableau me permet d’évoquer une période passionnante, le « siècle de Justinien » qui réunit des personnages hauts en couleurs. Tout d’abord Justinien, l’empereur dont le pouvoir failli être balayé par la grande émeute « Nika » en 532, qui fait ensuite construire la basilique Saint Sophie encore debout aujourd’hui et devenue la grande mosquée d’Istanbul. Prenant à cœur son titre « d’empereur des romains », il tente de reconquérir la partie occidentale de l’empire. Cette entreprise, tournée vers le passé contribue à l’affaiblissement de l’empire. Son épouse, Théodora, eut aussi un destin hors du commun puisque fille d’un montreur d’ours, actrice et prostituée elle séduit Justinien, monte sur le trône et joue un grand rôle politique. Autour du couple impérial gravitent Jean de Cappadoce le ministre des finances, l’eunuque Narsès qui fut aussi un général et Procope de Césarée qui écrivit « l’histoire secrète » un pamphlet où il s’étend sur les turpitudes réelles ou supposées de Théodora.


Il y a enfin Bélisaire un général qui naît en Illyrie, notre actuelle Croatie. Nommé par l’empereur commandant en chef des troupes de l’empire, il défait les Perses. En 532 c’est lui qui sauve le trône lors de la sédition « Nika » au cours de laquelle les factions politiques s’unissent contre le pouvoir. Bélisaire lance ses mercenaires contre les émeutiers et noie la révolte dans le sang. En 533 Justinien le charge d’accomplir son rêve de reconstituer l’empire Romain, malgré quelques succès en Afrique du Nord, en Sicile et en Italie l’empire Byzantin n’a pas les moyens militaires de mener cette reconquête. Affrontant de nouveau les Perses (542-543), Bélisaire parvient à les tenir en échec une nouvelle fois. En 548 ses succès suscitent la jalousie et la méfiance de Justinien, l'empereur l'écarte au profit de son rival, Narsès. Onze ans plus tard, il est rappelé pour faire face à l'invasion des Bulgares qui menacent la capitale byzantine. Justinien ne lui en sait aucun gré et, l'accusant de conspiration en 562, le fait emprisonner quelques mois. Ecarté de tout commandement il meurt à Constantinople en 565 dans une relative pauvreté.
Par Louvre-passion - Publié dans : Peinture et sculpture
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