
Ce tableau d'Antoine Watteau est le 150e "tableau du mois" présenté par le Louvre. Acquis en 1990 il a fait l'objet de recherches. Vous pouvez aller
l'admirer au deuxième étage de l'aile Richelieu.
Tout d'abord ce nom, "les deux cousines" a sans doute été donné au tableau plusieurs années après la mort de l'artiste. Pourquoi des cousines, sans doute parce que dans la tradition théâtrale du XVIIIe siècle c'est ainsi que l'on désigne une amie ou une parente. On voit en fait trois personnages, une jeune femme vue de dos qui semble regarder le paysage, un parc avec des statues. A ses côté un couple, l'homme tend son manteau rempli de roses à sa compagne laquelle glisse entre ses seins une rose offerte par son galant, symbolique de l'amour partagé. L'aspect un peu brumeux de la toile me fait penser à un rêve bucolique.
Antoine Watteau (1684-1721), est le peintre considéré comme le représentant le plus original de la période "rococo", un style artistique né à la fin du règne de Louis XIV tout en arabesques et en courbes. Dans "les deux cousines" on retrouve un peu tout ce qui fait l'originalité de ce peintre, un côté sensuel, des rendus vaporeux et des figures énigmatiques parfois représentées de dos. On considère que son "chef d'oeuvre" est le "Pélerinage à l'île de Cythère" exposé au Louvre mais que vous pouvez admirer en cliquant ici.
Commentaires
bises à toi
Merci donc à tous les deux d'entrebailler ainsi des portes pour nous amener à parfaire nos connaissances.
Amicalement
R.L.
Le Louvre est gâté en tableaux du maître dont ce fameux « Pèlerinage à l’île de Cythère », tableau de réception de l’artiste à l’Académie.
Je me souviens que, plus jeune, et grâce à la proximité géographique - j'habite en Belgique, à une trentaine de kilomètres de la frontière allemande - j'ai vu, à Berlin, au Musée Charlottenburg, "L'Embarquement pour Cythère", réplique autographe de ce "Pèlerinage à l'île de Cythère", exposé au Louvre, et que vous citez, Alain, ci-avant dans votre commentaire.
Et contrairement à ce qu'écrit Pierre Rosenberg dans son remarquable "Dictionnaire amoureux du Louvre", je pense avoir préféré celui-là à celui-ci : mais, peut-être, faudrait-il que je retourne au Louvre pour réapprécier "Le pèlerinage". Et à Berlin, pour mieux établir la comparaison ...
Louvre-Passion : à quand un article de votre part, avec photos à l'appui, des deux oeuvres ???
Quoiqu'il en soit, et pour revenir plus spécifiquement à Watteau, je ne puis que conseiller à tous ceux qui lisent ces notes sur votre excellent blog de se plonger dans ce dictionnaire de P. Rosenberg. : quelque 14 pages lui sont consacrées. Un régal ...
Je fus à deux doigts -sur le clavier - de recopier, lors de mon précédent commentaire, sa notice à propos du tableau ci-dessus commenté : "Les deux cousines" (pp. 889-91).
Mais plutôt renvoyer à l'ouvrage lui-même. Une mine ...
Amicalement.
R.L.
Merci pour le cours Atalmont et bécots pour la route.
Suite à ce message :
J'ai rédigé, hier, mardi, un article sur Watteau et Cythère, avec iconographie, que j'ai envoyé sur ce blog, à partir de l'adresse e-mail.
J'ai aussi, à votre intention, envoyé un mail pour en annoncer l'arrivée, à partir de mon adresse personnelle. En demandant de bien vouloir m'en confirmer la réception.
Toujours aucune nouvelle de votre part ...
"Qu'est-ce qu'en est-il ?", comme aurait dit Coluche ...
cordialement
Richard
Je sors du tableau pour poser une question.
Mercredi soir, en sortant de la galerie renaissance italienne, je me suis retrouvée dans une partie du Louvre complétement déserte : la salle des statues du Nord de l'Europe (j'y retournerai d'ailleurs afin de regarder de plus près).
Ceci étant, les pièces étaient petites, parquet grinçant et cheminée. Bref, j'étais dans un "appartement". Quelle es l'histoire de ce petit morceau du Louvre ?
Si vous y retournez je vous recommande la salle de la la belle Allemande dont j'avais déjà parlé. Dans l'histoire du Palais cette zone correspond aux anciennes écuries impériales de l'époque Napoléon III.
Bonjour,
J'ai toujours beaucoup aimé Watteau, ses teintes délicates, les reflets des tissus, cette espère de sérénité futile qui se dégage de ses tableaux. Je n'ai pas répondu à ton dernier mail car j'attendais la précision d'une série de répétitions avec le choeur auquel j'appartiens et bingo bien sur je suis coincée le samedi après midi. Je ne pourrais donc pas être présente comme je l'aurais espéré. J'en suis la première désolée crois le bien. Herueusement qu'il y a toujours ton blog où puiser les informations bien que ça ne remplace pas une découverte de visu et surtout les rencontres qui s'y greffaient. Bisous à toi.
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La composition est audacieuse, moderne pour son temps, toute la moitié gauche du tableau est en effet réservée à la rêverie. Il y a une portée psychologique dans cette composition déséquilibrée, la jeune femme de dos se détourne du couple amoureux et son regard se perd au loin. On ne le voit pas bien sur la photo, mais à l'horizon du tableau vers la gauche, un autre couple discute, allongé au bord de l'eau près d'une statue masculine, cette scène accentue encore la mélancolie et la solitude de cette délicate jeune femme.
Le titre du tableau a suscité bien des discussions, peut-être avez vous lu la Revue du Louvre n° 4 de 1990, qui en parle à l'occasion de l'achat du tableau. La pièce de théâtre de Dancourt " Les Trois Cousines " créée en 1700 avait remporté un immense succès, et elle est à l'origine de la première version de l'Embarquement pour Cythère conservé à Francfort.
Passionnant Watteau !