Aujourd’hui je vous propose trois tableaux du peintre François BOUCHER (1703 – 1770) qui se trouvent au 2ème étage de l’aile Sully. Ce peintre fut remarqué par la marquise de Pompadour, la maîtresse de Louis XV, ce qui lui valut d’être nommé premier peintre du roi. Boucher est connu pour ses scènes pastorales, mythologiques, galantes et érotiques, de style rococo. Le « rococo » est un genre artistique du XVIIIe siècle dérivé du mot rocaille, en gros il s’agissait d’un style imitant les rochers et la pierre naturelle en peinture il se traduit par des scènes frivoles et galantes.
Deux scènes mythologiques d’abord.
Vénus demande à Vulcain des armes pour Énée.
Enée était un prince de la ville de Troie, l’écrivain Romain Virgile raconte qu’il réussit à fuir la ville avec un groupe d’habitants au moment de sa prise par les Grecs. Après un long périple il aborda en Italie où il fut accueilli par Latinus le roi du Latium qui lui offrit sa fille Lavinia en mariage. Mais Rutule, un prétendant éconduit de Lavinia, déclara la guerre à Latinus et Enée. Le conflit se termina par un combat singulier au cours duquel Enée tua Rutule. La tableau représente la déesse Vénus (qui était la mère d’Enée) faisant du charme au dieu forgeron Vulcain afin que celui forge les armes qui rendront Enée invincible.
Diane sortant du bain.
Diane est la déesse de la lune et de la chasse, malgré les apparence de ce tableau c’est une personne très pudique qui n’aime pas qu’on la voit nue. Selon la légende un jour qu’elle sortait de son bain elle fut surprise par un chasseur du nom d’Actéon. Furieuse la déesse le transforma en cerf qu’elle fit dévorer par ses chiens. Donc, vous avez compris, si vous voyez un déesse nue sortir d’une rivière, tournez les talons et fuyez.
L'odalisque.
Pour terminer un brin d’érotisme avec cette « odalisque » caractéristique des « des nus roses et pulpeux » de Boucher. Une odalisque est une esclave attachée au service des femmes du sultan, on retrouve donc le même « fantasme du harem » présent chez Ingres. Ce tableau est décliné en deux exemplaires : une femme brune qui pourrait être Madame Boucher qui est exposé au Louvre et une femme blonde, qui serait le portrait de l’une des maîtresse de Louis XV que je vous invite à voir sur le site de l’Alte Pinakothek de Munich où il est exposé.
J’ai enfin pu visiter cette exposition qui se tient jusqu’au 4 septembre dans le hall Napoléon sous la pyramide. Les « Trésors du monde » ce sont les joyaux qui ont été réalisés en Inde à l’époque des grands Moghols. Les Moghols sont une dynastie d’origine Mongole – d’où son nom - qui régna sur l’Inde au XVIe et XVIIe. A cette époque l’art de la joaillerie connut une apogée en Inde, pays déjà célèbre pour sa production de pierre précieuses et l’habileté de ses artisans encouragés par les somptueuses commandes des souverains Moghols.
Cette exposition de 300 pièces vient de la collection al Sabah constitué au Koweit il y a une trentaine d’années. On y trouve des bijoux, des pierres dures sculptées ou gravées des jade, des agate et des émeraudes, des émaux et des armes damasquinées c'est-à-dire dans lesquelles des filets d’or ou d’argent ont été incrustées, cette technique est originaire de Damas en Syrie d’où son nom. A ce propos j’y ai retrouvé un souvenir de Tintin car de magnifiques dagues « katar » à lames triangulaires sont exposées. Or dans l’album « Les cigares du Pharaon » Tintin qui est invité par un militaire anglais (l’album a été écrit en 1934 époque de l’empire britannique) remarque cette dague qu’on lui présente comme étant un « khouttar » dont un fakir « a assuré que cette arme avait le pouvoir d’aller se planter d’elle-même devant toute personne menacée d’un grave danger ». Evidemment que croyez vous qu’il se passe quand le militaire anglais décroche l’arme pour la montrer à Tintin… mais je vous rassure notre héros s’en sort bien et poursuit ses aventures.
Pour en savoir plus je vous recommande le « mini site de l’exposition » .
Je vous signale deux articles paru dans « Le Figaro » daté du 10 août 2006. Le premier est consacré au projet de reconstruction du palais des Tuileries, pourquoi j’en parle eh bien c’est parce que depuis 2005 le domaine des Tuileries est rattaché au Louvre. A l’origine de l’article un décret publié au « Journal Officiel » instituant un comité chargé d’étudier ce projet.
Comme disent les guides Michelin «un peu d’Histoire» : Le nom du palais des Tuileries vient des fabriques de tuiles installées à cet emplacement dès le XIIIe siècle, c’est en 1564 que la reine Catherine de Médicis décide d’y construire un palais. Les Tuileries deviennent un lieu de pouvoir à partir de septembre 1789 quand Louis XVI est ramené de Versailles par les Parisiens, siège des assemblées révolutionnaires, puis palais impérial et royal, le château connaît des heures tumultueuses, notamment la journée du 10 août 1792 lorsque le palais est pris d’assaut par les fédérés et les ouvriers des faubourgs malgré la défense de la garde Suisse. Citons aussi le retour de Napoléon de l’île d’Elbe en 1814 qui chasse Louis XVIII. En mai 1871 lors de la « semaine sanglante » les insurgés de la commune insurrectionnelle mettent le feu aux bâtiments officiels pour tenter de retarder l’avance des troupes versaillaises. Les Tuileries furent détruites et le Louvre failli subir le même sort, heureusement le courage de son directeur et des gardiens sauva le musée. Jusqu’en 1882 ne subsistent des Tuileries que des ruines noircies, le gouvernement républicain décide alors de raser complètement ce qui reste du palais et supprime par la même occasion un symbole de la monarchie.
Depuis quelques années un comité composé de diverses personnalités milite pour la reconstruction de ce palais à l’identique. Le point positif c’est que ce projet ne coûteras rien aux contribuable puisque, si il se réaliserait, il serait entièrement financé par des fonds privés, une souscription et le mécénat.
Pour ma part je comprendrais que l’on crée un nouveau bâtiment à l’extrémité ouest du Louvre mais je ne vois pas l’intérêt de refaire exactement un palais qui a été détruit il y a 135 ans cela me semble un symptôme de ce « passéisme » qui se manifeste parfois dans notre pays. Enfin pour en juger voici le lien vers l’article et celui de du Comité national pour la reconstruction des Tuileries.
Autre article « Les Français en tête dans la course aux blogs » (finalement on est peut pas aussi rétro que cela) dans lequel on découvre que nous sommes 3,2 millions de blogueurs en France (quelle concurrence !) et que 7 millions de nos compatriotes consultent les blogs. L’intéressant c’est que la France est le pays champion de ce mode d’expression « 60 % des internautes français ont visité un blog contre 40 % en Grande-Bretagne et 33 % aux Etats-Unis ». Dans cet article on y découvre également que « Over blog » est la troisième plateforme de blogs en France (pour en savoir plus ).
En été les endroits frais sont les bienvenus, notamment la crypte d’Osiris située au sous-sol de l’aile Sully. C’est une salle consacrée au monde souterrain, le royaume des morts pour les Egyptiens. Au centre trône la cuve en granite rose du sarcophage du pharaon Ramsès III qui régna de 1198 à 1166 avant JC.
On y trouve aussi des représentation d’Osiris et Isis ce qui me donne l’occasion de vous conter leur légende qui nous est parvenue par l’intermédiaire de l’écrivain Grec Plutarque qui visita l’Egypte au premier siècle de notre ère.
Osiris fut le premier roi d’Egypte et celui qui apporta la civilisation « il fit connaître aux Egyptiens les fruits de la terre, leur donna des lois et leur apprit à respecter les dieux ». Mais son frère, Seth jaloux de l’amour qu’Osiris suscitait parmi son peuple décida de le supprimer. Avec ses complices il fit exécuter un sarcophage aux dimensions exactes de son frère, puis organisa un festin au cours duquel il exposa le fameux sarcophage en promettant de l’offrir à celui qui le remplirait exactement. Les uns après les autres les conjurés l’essayèrent sans succès, quant vint le tour d’Osiris Seth et ses complices scellèrent le cercueil avant de le jeter dans le Nil.
C’est alors qu’Isis, sœur et épouse d’Osiris, réussit à retrouver le corps de son époux mais Seth découvrit le tombeau et dépeça le corps en morceaux qu’il dispersa à travers l’Egypte. C’est là qu’intervient « la quête d’Isis » qui parcourut le pays pour retrouver les lambeaux du corps (sauf le phallus qui avait été avalé par un poisson). Le cadavre fut ensuite embaumé, Osiris devenant la première des momies. Avec l’aide des autres dieux Isis redonna vie à son époux qui réussit même à la féconder et lui donner un fils, Horus (bien qu’il lui manquât un élément important pour cet acte). Devenu adulte Horus combattit son oncle Seth, puis les dieux rendirent leur jugement, Horus récupéra son héritage et occupa le trône d'Égypte, comme pharaon, Osiris devint le dieu des morts et celui qui préside le tribunal divin. Quant à Seth il reçut le domaine des oasis et à la fin de la période pharaonique il finit par être assimilé à une sorte de démon.
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