Les bâtiments de la cour Napoléon sont ornés de 86 statues d'hommes illustres. Elles furent installées en 1853 par l'architecte Hector Lefuel chargé par Napoléon III des travaux d'aménagement du Louvre. On remarquera que parmi ces portraits d'artistes ou d'écrivains ne figure aucune femme bien que ces « portraits » aient été commandés par l’impératrice Eugénie. La France du second empire avait encore des progrès à accomplir en matière de parité !


Hector Lefuel voulu renforcer les statues en leur appliquant un enduit de silicate, mais elles finirent par s'écailler sous l'action de la pluie et du gel. Une restauration générale a été entreprise en 1992 et certaines d'entre elles ont même été remplacées à l'identique (Rabelais, Poussin, Colbert et Sully).
En suivant le plan figurant sur la page, voici la liste de ces 86 célébrités et de leurs sculpteurs :
1. Jean de la Fontaine par Jalay 2. Blaise Pascal par Lanno 3. François-Eudes de Mezeray par Daumas 4. Molière (Jean-Baptiste Poquelin) par Seurre l'aîné 5. Nicolas Boileau par Seurre le jeune 6. François Fénelon par Bonnassieux 7. François la Rochefoucauld par Girard 8. Pierre Corneille par Lemaire 9. Grégoire de Tours par Marcellin 10. François Rabelais par Robert 11. François Malherbe par Allasseur 12. Pierre Abélard par Cavelier 13. Jean-Baptiste Colbert par Gayrard 14. Jules Mazarin par Hébert père 15. Georges Buffon par Oudiné 16. Jean Froissart par Lemaire 17. Jean-Jacques Rousseau par Farochon 18. Charles de Montesquieu par Nanteuil 19. Mathieu Molé par Nanteuil 20. Anne Robert Turgot par Travaux 21. Saint Bernard par Jouffroy 22. Jean de la Bruyère par Lescorné 23. Suger par Raggi 24. François de Thou par Deligand 25.Louis Bourdaloue par Desprez 26. Jean Racine par Pascal 27. Voltaire par Desboeuf 28. Jacques Bossuet par Desprez 29. Marie Jean Condorcet par Loison 30. Denis Papin par Soitoux 31. Maximilen de Béthune duc de Sully par Dubray 32. Sébastien Vauban par Crauck 33. Antoine Lavoisier par Maillet 34. Joseph Lalande par Perraud 35. François Louvois par Millet 36. Claude Saint Simon par Pierre Hébert 37. Jean de Joinville par Marcellin 38. Esprit Fléchier par Lanno. 39. Philippe de Commines par Lequesne 40. Jacques Amyot par Travaux 41. Pierre Mignard par Jean de Bay 42. Jean-Baptiste Massillon par Jouffroy 43. Jacques Androuet du Cerceau par Diébolt 44. Jean Gougon par Seurre l'aîné 45. Claude le Lorrain par de Bay 46. André Grétry par Vilain 47. Jean-François Regnard par Gruyère 48. Jacques Coeur par Elias Robert 49. Enguerrand de Marigny par Raggi 50. André Chénier par Préault 51. Gottfried Keller par Robinet 52. Antoine Coysevox par Droz 53. Jean Cousin par Jacques 54. André Le Nôtre par Barre 55. Claude Clodion par Dubray Vital 56. Germain Pilon par Desprez 57. Jacques-Ange Gabriel par Courtet 58. Jean Lepautre par Bosio 59 Michel de l'Hopital par Guillaume 60. Jacques Lemercier par Dantan l'aîné 61. René Descartes par Garraud 62. Ambroise Paré par Pascal 63. Armand du Plessis Cardinal de Richelieu par Barre 64. Michel de Montaigne par Soitoux 65. Jean-Antoine Houdon par Rude 66. Du Pérac par Cordier 67. Salomon de Brosse par Ottin 68. César-François Cassini par Maindron 69. Henri-François d'Aguessau par Caillouët 70. François Mansart par Perraud 71. Nicolas Poussin par Rude 72.Gérard Audran par Maillet 73. Jean-François Sarasin par Husson 74.Nicolas Coustou par Courtet 75. Eustache Le Sueur par Husson 76. Charles Perrault par A. de Bay 77. Philippe de Champaigne par Eude 78. Pierre Puget par Etex 79. Pierre Lescot par Triqueti 80. Jean Bullant par Robinet 81.Charles Le Brun par Petit 82. Pierre Chambiges par Droz 83.Libéral Bruant par Toussaint 84. Philibert Delorme par Dantan jeune 85. Bernard Palissy par Huguenin 86.Hyacinthe Rigaud par Thérasse.
A l’entrée du département des antiquités égyptiennes c’est un symbole de l’ancienne Egypte, le sphinx de Tanis, qui nous accueille. Cette statue est l'une des pièces les plus monumentales du Louvre avec ses 4 mètres de long. Le sphinx est entré dans les collections en 1826 mais on ignore toujours le nom du pharaon qu'il représente. L'usure des hiéroglyphes gravés sur son corps donne lieu à diverses interprétations.
Mais au fait d’où vient ce mot : « sphinx » ?
Les Egyptiens appelaient ces statues de lions à têtes de Pharaon : « shespânkh » ce qui se traduit par « statue vivante », c’est ce mot, déformé par les voyageurs Grecs de l’antiquité en « sphinx », qui est parvenu jusqu’à nous. En Egypte c’est une entité masculine dans laquelle le Pharaon se représente en lion chargé de protéger un lieu ou un sanctuaire. Les allées de sphinx sont donc bénéfique par la protection magique qu’elles sont censées apporter.
Tout autre chose en Grèce. Cette fois c’est une entité féminine et maléfique « le sphinx ou la sphinge » une cruelle lionne ailée à tête de femme qui ravageait les champs et tuait les voyageurs.
Elle est représentée sur ce « Stamnos à figures rouges » de la galerie Campana (un stamnos
est un vase ouvert à deux anses qui servait à mélanger le vin).
La mythologie Grecque raconte comment Œdipe affronta la sphinx qui ravageait les environs de Thèbes (en Grèce). Elle interpellait les voyageurs et leur posait une énigme : « Quel est l’animal qui a quatre pattes le matin, deux à midi et trois le soir ? ». S'ils ne trouvaient pas la réponse, elle les dévorait. Œdipe lui répondit « C'est l'homme il marche à quatre pattes quand il est enfant, sur ses deux jambes quand il est adulte et a besoin d'une canne dans sa vieillesse ». Furieuse de voir son énigme élucidée, la sphinx se jeta du haut de son rocher, Œdipe avait délivré la cité.
Peut être avez-vous remarqué en vous promenant au Louvre ces médaillons incrustés dans le sol portant les lettres N et S et « ARAGO » au centre.
Comme vous, je regardais le sol et j’étais intrigué par ces médaillons et voici ce que j’ai découvert :
Ces médaillons, Dan Brown en parle dans le « Da Vinci Code » : « Langdon avait lu un jour que cent trente cinq médaillons traçaient sur un axe nord sud une ligne parfaitement droite à travers les rues et les trottoirs de la capitale française pour matérialiser l’axe du premier méridien de Paris ». Dans le livre l’auteur en fait la « Rose Ligne » ou « Roslin » qui mène au Saint Graal.
En fait il s’agit d’une oeuvre d'art qui se présente sous la forme d'une série de médaillons disséminés dans Paris en hommage à François Arago (1786 – 1853) qui fut physicien, astronome et homme politique. C’est notamment lui a redéfinit l’emplacement du Méridien de Paris en 1806, avant que celui de Greenwich ne devienne le méridien de référence international en 1884.
Je vous rappelle que le méridien est une ligne imaginaire qui sert à déterminer la longitude d’un lieu, les méridiens sont perpendiculaires aux parallèles (le plus connu étant l’équateur). Pour faire le point, c'est-à-dire se situer sur le globe terrestre, on calcule la latitude et la longitude de ce lieu. C’était la mini rubrique scientifique de Louvre-passion….
L’hommage à Arago est donc une œuvre d’art contemporaine réalisée en 1995 par l’artiste néerlandais Jan Dibbets composée de 135 médaillons, dont quinze se trouvent au Louvre ou a proximité, disséminés le long du méridien de Paris. Cette œuvre remplace en quelque sorte la statue de François Arago, qui se trouvait, sur le boulevard qui porte son nom, laquelle a été fondue au cours de la seconde guerre mondiale.
Au deuxième étage de l’aile Sully mon regard est souvent attiré par les portraits peints par Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun. Née en 1755 d’un père artiste, Elisabeth décide à l’âge de 14 ans de consacrer sa vie à l’art. Formée par un peintre elle épouse en 1775 Jean-Baptiste-Pierre Le Brun, un marchand de tableau avisé qui fera beaucoup pour la carrière de sa femme. A partir de 1780 Elisabeth Vigée-Lebrun devient la portraitiste de la haute société, elle sympathise avec la reine Marie-Antoinette et fera d’elle plusieurs portraits qui se trouvent au musée de Versailles. Avant de poursuivre la vie de cet artiste, je vous propose de regarder avec moi son autoportrait avec sa fille et celui de Madame Molé-Reymond qui était actrice à la Comédie italienne, regardez ces personnages qui semblent toujours vivants à travers les siècles.
![]() |
![]() |
|
Elisabeth-Louise VIGÉE-LE BRUN |
Elisabeth-Louise VIGÉE-LE BRUN |
On peut s’étonner qu’une femme ait connu le succès en tant qu’artiste dans la société masculine du XVIIIe siècle, Elisabeth Vigée-Lebrun l’explique elle-même « Les femmes régnaient alors, la révolution les a détrônées ». Son succès à un revers, elle est critiquée, on lui reproche surtout son amitié avec la reine Marie-Antoinette qui est très impopulaire avant la Révolution.Dès 1789 elle émigre et fréquente les cours d’Italie, d’Autriche et de Russie où elle séjourne plusieurs années, peignant les nobles de Saint-Pétersbourg, dont la comtesse Skavronskaia, dame d'honneur de Catherine II. En 1802 elle rentre en France et se consacre à la peinture des paysages. En 1835 elle publie ses souvenirs, une vision personnelle de cette époque bouleversée qui connaît un grand succès.
![]() |
|
Elisabeth-Louise VIGÉE-LE BRUN |



