Cette semaine nous sortons du Louvre pour aller visiter le musée Delacroix, comme à propos de l'article sur les Tuileries vous allez penser « pourquoi en parler dans un blog consacré au Louvre ? ». Eh bien ce musée a été rattaché au domaine du musée du Louvre en 2004.
A propos vous avez remarqué comme le Louvre s'étend : les Tuileries, le musée Delacroix, Louvre-Lens où s'arrêtera t'il ?
Mais revenons à notre visite, et rendons nous dans le quartier de Saint Germain des Prés plus précisément au 6 rue de Furstenberg, du nom du cardinal Egon de Furstenberg abbé de Saint Germain des Prés qui fit ouvrir cette rue en 1699. En passant je vous invite à lire l'article du blog « Paris-Découverte" consacré à ce quartier. A partir de cette petite place, il faut rentrer dans la cour de l'immeuble, à part le drapeau et la plaque on se croirait dans la cour de n'importe quel immeuble « Haussmanien ».
Eugène Delacroix avait emménagé à cette adresse en 1857 pour se rapprocher de l'église Saint-Sulpice dont il avait été chargé de décorer la chapelle, on visite donc son appartement et son atelier. Le musée expose une partie du mobilier d'origine, des peintures de petit format, des dessins, des lettres et des souvenirs du peintre. Le musée a été crée en 1932 à l'initiative d'un groupe d'admirateurs du peintre qui formèrent une association pour acheter l'atelier qui était menacé de démolition, en 1971 le musée Delacroix est devenu un musée national.
Ce que j'aime pardessus tout c'est le jardin du musée, allez vous asseoir quelques instant sur le banc et profitez du calme, on a beau être en plein coeur de Paris à proximité de la circulation du boulevard, la tranquillité y est merveilleuse. Un lieu idéal pour se détendre quelques instant pendant une belle journée de printemps à Paris.

Cette exposition produite par le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais présente le projet architectural retenu pour le site du Louvre à Lens. Pour vous y rendre il faut prendre la direction des antiquités égyptiennes à l’entrée de l’aile Sully, longer la muraille de Philippe-Auguste, l’exposition est juste avant le grand sphinx de Tanis.
« Louvre-Lens » n’est pas une « annexe » du Louvre mais bien une composante d’un musée qui n’est pas seulement parisien mais national. L’idée d’implanter le Louvre sur le site de l’ancien carreau de mine de la fosse 9 de Lens est symbolique, c’est une manière de reconnaître le travail de plusieurs générations de mineur, c’est aussi une chance donnée à une région qui a subi les restructurations industrielles. Le site de la fosse 9, fermé en 1960, était jusqu’à présent une friche industrielle.
L’ouverture du site est prévue pour 2009, et cette exposition présente le projet de l’équipe lauréate du concours d’architecture. C’est l’agence japonaise Sanaa, associant les architectes Kazuyo Sejima, Ryue Nishizawa, Tim Culbert et Célia Imrey, qui a été retenue, elle propose une façade réfléchissante en aluminium, des sentiers en verre pour la circulation des visiteurs des espaces d’expositions modulables et tout ce qui fait un musée moderne : salle de détentes, espaces de ventes, réserves et ateliers.

La maquette et le projet dessiné nous font entrevoir un musée lumineux et largement ouvert sur le paysage environnant. Autre particularité les collections de la réserve seront visibles par le public, ce musée innovera en exposant ce qui en général nous est caché.
Après « Télérama » dont je vous ai parlé le 29 mars, c’est l’Express qui publie cette semaine un dossier titré « Louvre – les secrets du plus beau musée du monde » intéressant et complet (34 pages). On y découvre que les « secrets » du Louvre qui ne sont pas Belphégor ou Da Vinci Code, non il s’agit des chefs d’œuvres que l’on ne remarque pas ou qui sont dans les réserves. Là encore ne vous imaginez pas que les conservateurs cachent des « trésors », simplement, faute de place, seules sont exposées les pièces qui présentent la plus grande valeur artistique.
J’ai apprécié aussi la démarche originale consistant à donner la parole au Président du Louvre et aux conservateurs qui nous font partager leurs coups de cœur. Et puis ils nous incitent à sortir des trajets trop connus des groupes TGV (Touristes à Grande Vitesse) et découvrir les tableaux ou les sculptures que l’on ne remarque pas forcément. En complément au magazine papier le site du journal vous offre un diaporama et un commentaire audio.
Le titre de cette exposition peut faire rêver puisque qu’elle nous transporte de l’Espagne (Cordoue) jusqu’en Ouzbékistan (Samarcande), deux villes qui symbolisent l’aire d’influence de l’art musulman du VIIe au XIXe siècle. Avec cette exposition, le Louvre accueille en avant première les chefs d’œuvre du futur musée de Doha (émirat du Qatar) qui a été conçu par Ieoh Min Pei et Jean-Michel Wilmotte qui furent les architectes du Grand Louvre. L’exposition est aussi liée au projet de création du futur département des arts islamiques qui ouvrira ses portes dans l’aile Visconti en 2009.
Dès l’entrée de l’exposition on est accueilli par une maquette du futur musée de Doha, l’ambiance de l’exposition est une sorte de pénombre qui fait ressortir les objets exposés en vitrine.
J’ai particulièrement remarqué le vase "Cavour", un objet ayant appartenu au comte Cavour en verre soufflé émaillé provenant de la Syrie du XIIIe siècle, une amulettes en émeraude originaire de l’Inde du XVIIe siècle et un bougeoir en laiton incrusté d'or et d'argent du XIVe siècle Iranien.
L’un des objets phare est une biche en bronze d’où jaillissait une cascade, elle se trouvait dans les jardins de Madinat Az-Zhara dans la Cordoue du Xe siècle, c’est elle que l’on retrouve sur l’affiche de l’exposition.

Après la phase d’études, le projet est confié à l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei. Très vite chez Pei s’impose l’idée de donner de l’espace au Louvre par le sous-sol et d’excaver la cour Napoléon. Il conçoit une pyramide translucide pour éclairer ce sous-sol et donner au musée une entrée digne de lui. 
Une fois connue du public, l’idée déclencha une vaste polémique avec les opposants traitant la pyramide de « scandale » ou « d’atrocité ». Dans le camp des « contre » on retrouve un ancien ministre de la culture, un critique d’art au « Monde », lequel démissionnera par la suite car son journal ne le suit pas et le journal « le Figaro » et ses lecteurs. Dans le camp des « pour » le président Mitterrand et son entourage, les conservateurs du Louvre, et le maire de Paris d’alors Jacques Chirac. C’est d’ailleurs lui qui apporte une aide décisive au projet en faisant réaliser une simulation grandeur nature grâce à quatre câbles tendus et en accordant le permis de construire.
« Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût Français méconnu, au nom de l'art et l'histoire Française menacés, contre l'érection, en plein coeur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse tour Eiffel que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisé du nom de « Tour de Babel ». (…) Car la tour Eiffel, dont la commerciale Amérique ne voudrait pas, c'est, n'en doutez pas, le déshonneur de Paris ! Chacun le sait, chacun le dit, chacun s'en afflige profondément, et nous ne sommes qu'un faible écho de l'opinion universelle et légitimement alarmée. Enfin, lorsque les étrangers viendront visiter notre exposition, ils s'écrieront étonnés : « Quoi ! C'est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous donner une idée de leur goût si vanté ? »
Pourquoi des édifices si contestés se sont si bien intégrés dans le paysage parisien ? Tout simplement parce qu’ils ont été plébiscités par le public et la Tour Eiffel – qui à l’origine était conçue comme provisoire – connut une seconde vie grâce aux débuts de la radio, sa situation exceptionnelle servit aux premiers essais de transmission en 1905. Puis des antennes, notamment militaires furent installées à son sommet. Quant à la Pyramide du Louvre elle symbolise désormais le musée et figure en bonne place sur les cartes postales et les couvertures des guides.
