L’autre jour je me suis promené parmi les peintures flamandes au 2e étage de l’aile Richelieu. J’ai repensé alors au « Tableau du maître Flamand » ce roman où l’écrivain Arturo PEREZ-REVERTE imagine une toile représentant deux chevaliers s'affrontant aux échecs, derrière eux se tient une noble dame, vêtue de noir, un livre entre les mains.

On retrouve ce souci du détail dans le triptyque de la famille Braque de Rogier van der WEYDEN, un peintre du XVe siècle. La scène représente le Christ en gloire entre Marie et saint Jean l'Evangéliste avec, au fond un paysage minutieusement représenté. Détail, que l’on ne remarque que si l’on s’approche du tableau, sur le globe que tient le Christ, le peintre a représenté le reflet d’une fenêtre.
Autre exemple que je vous invite à regarder ici, « la Vierge du chancelier Rolin » peint par Jan van EYCK vers 1430. Nicolas Rolin qui était le chancelier du duc de Bourgogne Philippe le Bon s’est fait représenter en compagnie de Jésus enfant et Marie. Là encore cette toile est remarquable par ces détails tels que la texture des vêtements, des représentations symboliques au bas des colonnes (des lapins écrasés censés représentés la défaite du vice). Sur le pont au fond du tableau, le peintre est même allé jusqu’à représenter les passants, pas simplement des esquisses mais des personnages minuscules que l’on distingue que si l’on est tout près.
Autre lieu, autre sujet, sous la pyramide dans le local de l’accueil des groupes, une exposition de dessins d’enfants organisée par une société Japonaise d’assurances. Les dessins ont été réalisés par des japonais mais ce concours annuel est ouvert aux enfants de tous les pays, les lauréats de l’édition 2006 seront d’ailleurs exposés en 2007 au Louvre et au Japon.



Je voudrais voler dans le ciel
Un vaisseau en sucrerie
Peace
un monde sans combat
J’ai trouvé que certains de ces « artistes en herbe ne manquaient pas de talent et vous propose « un vaisseau en sucrerie » et « Je voudrais voler dans le ciel » dont les auteurs sont âgés de 9 et 11 ans Pour finir une infographie « peace – un monde sans combat » par un jeune de 14 ans. Ce qui prouve qu’il n’est pas indispensable d’être mort ou classique pour être exposé au Louvre !
Cette semaine dans « Télérama » un dossier consacré au Louvre sous le titre « Révolution au Palais ». Cet article est consacré à la nouvelle politique du musée impulsée par son Président-Directeur, Henri LOYRETTE. Celui-ci aurais pu, lors de sa prise de fonction en 2001, laisser le Louvre se reposer sur les grands travaux déjà réalisés, il a décidé au contraire de secouer cette institution et innover. Ce qui change c’est le mode de gestion du musée, l’Etat se désengage financièrement mais laisse une plus grande liberté, du coup le Louvre fait la chasse aux mécènes ce qui lui permet de mener une politique d’achats dynamique. Autre innovations des échanges et des prêts pour des expositions à l’étranger, ce qui fait grincer quelques dents, les artistes contemporains invités à exposer au Louvre et enfin le projet « Louvre-Lens » un projet de musée d’art et d’essai dans le Pas de Calais.
Et le public plébiscite cette politique puisque le Louvre a reçu 7,3 millions de visiteurs en 2005, dépasse la Tour Eiffel en fréquentation et talonne Eurodisney.
Revers de la médaille, l’affluence pose problème pour la conservation des œuvres puisque les effleurements continus « usent», sans compter les obsédés qui caressent les fesses ou le sexe des statues ou ceux qui vont jusqu’à les enlacer … et les faire tomber. Apparemment ils ne savent pas qu’il y existe une galerie tactile !
Pour finir je vous invite à visiter sur le site de Télérama la série de photos de consacrées au Louvre
Nous avons tous plus ou moins en mémoire ces images de l’au-delà égyptiens avec ces défunts qui affrontent le tribunal d’Osiris grâce au « livre des morts ».

En revoyant récemment le papyrus de Khonsoumès, qui date des environs de l’an 1.000 avant JC, j’ai eu l’idée de vous parler des croyances funéraires de l’ancienne Egypte.
D’abord il faut savoir qu’il n’existait pas une religion uniforme, les idées sur l’au-delà ont varié en fonction des époques et des régions. A la base il y a l’idée que, dans l’au-delà, la vie est identique à celle que l’on a connu sur terre, le mort doit donc être pourvu de tout de qui lui sera nécessaire : nourriture, vêtements, serviteurs… Là encore les choses ont évolué, après les objets déposés dans les tombes, d’une durée forcément limitée, les Egyptiens ont eu recours aux peintures et aux formules magiques censées fournir le nécessaire (avec des formules telles que « des millions de pains » pour être sûr que le mort serait nourri). Il faut noter que les riches et les nobles, qui n’avaient pas envie de vivre une vie de labeur dans l’au-delà se faisaient ensevelir avec des statuettes représentant des serviteurs funéraires, les « shaouabtis » accompagnés de formules telles que « O ce shaouabti, si je suis requis pour faire une de ces corvées … Présent diras tu ! »
Quant au « Livre des Morts », les anciens égyptiens l’appelaient
« Peret em mérou »
ce qui se traduit par « le livre de la sortie au jour » ou « formules pour sortir le jour ». Il s’agissait en fait d’un recueil d’incantations, renforcées par des dessins, dont la lecture ou la présence aux côtés du mort servait à lui assurer une vie heureuse dans l’au-delà.
Les incantations avaient plusieurs fonctions que l’on retrouve dans les titres : « faire que l’âme repose dans son corps, boire de l’eau, demeurer parmi les grands dieux, se retourner pour regarder sa maison sur terre, ne pas mourir à nouveau… »
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Idole cycladique
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Moai de l'île de Pâques
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Au cours de mes allées et venues dans le Louvre j’ai un jour fait un rapprochement entre deux sculptures qui ne sont pas au même endroit et n’ont, à priori, rien à voir. Ce qui m’a frappé dans ces deux sculptures séparées par des milliers d’années et de kilomètres c’est leur aspect très moderne, en fait elles ne dépareraient pas dans une galerie d’art contemporain.
Il s’agit d’une idole cycladique et d’un « moai » de l’île de Pâques.
L’idole cycladique (c'est-à-dire qui vient des îles Grecques des Cyclades) a été crée il y a plus de 4.300 ans sur l’île de Kéros. Ces idoles très stylisée restent encore mystérieuses, en l’absence d’écrits on ne sait pas ce qu’elles représentaient et à quoi elles servaient. Certains historiens pensent qu’elles sont l’œuvre de marins ou pirates qui habitaient ces contrées.
A côté je met le « Moai » de l’île de Pâques qui se trouve dans le pavillon des sessions dans la sections des arts d’Afrique, d’Amérique et d’Océanie (futur musée du quai Branly). Je rappelle que l’on a trouvé plusieurs centaines de « moai » sur cette île du Pacifique. Taillées dans le tuf, roche volcanique tendre du cratère nommé Rano-Raraku, elles représentent des êtres humains aux oreilles et au nez allongés. Là aussi on ne sait pas pourquoi ces statues, dont certaines pouvaient dépasser 15 mètres de haut, ont été sculptées puisque les ancêtres des Polynésiens qui occupent l’île auraient tué les habitants d’origine.
Byzance, Constantinople, Istanbul ….ces noms ne vous font ils pas rêver ?
Si c’est la cas allez au premier étage de l’aile Richelieu, parmi les œuvres d’art médiévales se trouvent quelques trésors Byzantins, qui viennent de cette ville qui eut 3 noms différents. Comment ces pièces nous sont elles venues depuis une ville à cheval entre l’Europe et l’Asie sur le détroit du Bosphore, c’est ce que je vais vous raconter.
Nous sommes en 1202 et le royaume latin de Jérusalem issu des croisades a été en grande partie reconquis sous l’impulsion de Saladin le sultan d’Egypte qui a réussi a unir les musulmans. La troisième croisade qui associait trois puissants souverains : le roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion, le roi de France et l’empereur du Saint Empire, Frédéric Ier Barberousse n’a pas réussit à reconquérir Jérusalem. Richard Cœur de Lion a repris Jaffa et Ascalon, mais doit finalement renoncer à Jérusalem en janvier 1192. Il conclut toutefois avec Saladin un traité comprenant une trêve de trois ans, et l’accès de la Ville sainte aux pèlerins chrétiens.
Le Pape Innocent III prêche alors la quatrième croisade qui restera dans l’histoire comme un sombre fiasco. A cette époque la grande puissance économique et maritime est la ville de Venise qui convoite les positions commerciales des Byzantins. Ajoutez à cela que Venise a sous la main un prétendant au trône impérial : Alexis Ange.
L’objectif de la croisade était l’Egypte et les croisés avaient demandé à la flotte de Venise de transporter leur armée. Le doge de Venise, Dandolo, exigea le prix fort payable d’avance, comme les croisés ne pouvaient réunir la somme, il leur demanda de s’emparer de la ville de Zara, une possession autrefois Vénitienne. Malgré les protestations du Pape les croisés prirent d’assaut cette ville chrétienne, étrange début pour cette croisade. Mais les Vénitiens ne s’arrêtèrent pas en si bon chemin, ils réussirent à convaincre une majorité de croisés de rétablir le prétendant Alexis Ange sur le trône de Byzance. La croisade se détourna alors de son objectif pour aller assiéger Constantinople, notons qu’une partie des croisés, dont un certain Simon de Montfort (*) la quittèrent indignés par ces manœuvres. Constantinople fut occupée en 1203 et Alexis Ange installé sur le trône, mais les Grecs se révoltèrent contre ce roi aux mains des latins et du Pape.
Il faut rappeler ici que depuis le règne de Charlemagne la chrétienté est divisée entre l’église d’occident soumise au Pape et l’église d’orient qui dépend du patriarche de Constantinople, les raisons de cette division sont religieuse – je vous épargne les détails théologiques tels que l’iconoclasme – mais surtout politiques et stratégiques. Toujours est il qu’il y parfois plus de haine entre chrétiens qu’entre musulmans et chrétiens.
Chassés par la révolte des Grecs, les croisés décidèrent de reprendre la ville qui fut prise d’assaut saccagée et pillée en avril 1204 et les richesses accumulées depuis l’antiquité romaine furent dispersées. Une partie d’entre elles rachetées quelques années plus tard par le roi Saint Louis et installées dans la Sainte Chapelle. Telle est donc la curieuse histoires des trésors byzantins du Louvre.


Médaillon de Saint Démétrios Constantinople début du XIIe siècle
Représentation de l'empereur triomphant
Constantinople - début du VIe siècle
(*) Le comte Simon de Montfort est le chef militaire qui fut désigné pour pacifier le Languedoc après la croisade contre les albigeois de 1209 à 1217.
Aujourd'hui je me suis rendu à une rencontre de blogueurs dont le sujet principal est les arts en général. Cette réunion était organisée par Lunettes rouges. Nous nous sommes donc retrouvés à la Maison Rouge à Paris IVème, une des rares fondations privée récemment créée en France dans le domaine de l'art contemporain.
Le créateur de la Maison Rouge, Antoine de Galbert, qui nous avait invité, nous a présenté sa fondation donc la vocation est de faire connaître les différentes formes de création artistique contemporaine par des expositions temporaires d'artistes ou de collections.
Il s'est ensuite prêté à un jeu de questions réponses avec la salle composée de la vingtaine de blogueurs présents. Ce qui était intéressant c'était d'avoir des réponses de première mains sur des sujets tels que le choix d'un artiste, la fréquentation du public.
Nous avons ensuite visité l'exposition « Une vision du Monde », une collection de 25 vidéos soit sur des sujets politiques, sociologiques ou artistiques. Ces vidéos ont été réalisées par des artistes de 25 nationalités différentes ce qui donne des scènes qui se déroulent en Israël, Grande-Bretagne, Hongrie ou aux Etats-Unis...
L'exposition se déroule dans le noir, les vidéos sont soit projetées sur les murs, soit sur des écrans, pour cela on passe dans des alvéoles successives.
Auparavant Lunettes rouges nous avait offert un verre au restaurant de la Maison Rouge nous avons donc échangé entre blogueurs et parlé « boutique ». C'était d'ailleurs une curieuse sensation de « voir » celles et ceux que l'on connaît virtuellement, de mettre un visage sur un blog.



A la suite de cette rencontre d'autres initiatives sont en projet mais je ne vous en dit pas plus, bientôt peut être vous entendrez parler des « blogueurs artistiques ».
J'en profite pour remercier "Lunettes rouges" qui a organisé cet évenement (et qui nous a payé à boire) et Antoine de Galbert qui nous a offert l'hospitalité.
Pour finir je vous propose de découvrir les blogs qui étaient "présents", en cliquant sur les liens de ce tableau.
| Alex et Greg |
Art en Jeu |
Artelio |
BizArt |
Blabla |
Blog Culturel |
| Detours des Mondes |
Favorite Choses |
Fluctuat |
Le Mague |
Lunettes Rouges |
MyTV |
| Neutral art |
Paddythèque |
Parisist |
Pas perdus |
The factory |
Vertigone |
Vous avez peut être remarqué ces panneaux vous demandant de « ne pas toucher les œuvres », et vous expliquant que les œuvres d’art sont fragiles, qu’elles ont traversé les siècles et que si nous voulons les transmettre aux générations futures il faut les conserver. Evidemment vous allez dire : si je ne fais que les effleurer cela ne peut pas les abîmer, oui mais n’oubliez pas que vous êtes des millions à penser la même chose et le risque d’usure est réel, caressez plutôt avec les yeux.
Mais vous tenez absolument « à toucher » allez dans la « galerie tactile », le seul endroit du musée où les visiteurs sont invités à toucher les sculptures, elle est d’ailleurs un peu cachée dans l’entresol de l’aile Denon, à côté de la salle des sculptures médiévales. Il s’agit en fait de moulages en plâtre ou en résine d’œuvres exposées au musée qui expriment le mouvement ; l’effort, la course, la danse, la chute. Le visiteur peut également tâter des échantillon du matériau de la sculpture originale.



