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  • : Louvre-passion
  • : 04/06/2005
  • : loisirs
  • : Louvre-Passion est le « blog » d'un passionné du musée du Louvre, un musée que l'on peut voir et revoir, déguster, savourer comme un bon bouquin. Avec ce blog vous découvrirez des aspects originaux ou méconnus et flânerez dans les chemins de traverse.
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Vendredi 25 janvier 2008

Je vous avais déjà parlé de la galerie tactile, le seul endroit du musée où le visiteur peut toucher les oeuvres. Cet endroit est d'abord destiné aux personnes malvoyantes ou aveugles mais tous ceux qui veulent toucher peuvent en profiter, vous aussi peut être ?
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Depuis le mois dernier la galerie propose un nouveau thème : « Les animaux symboles du pouvoir ». De tout temps les rois ou les pays ont voulu symboliser leur pouvoir ou leur force à travers un animal. Les quinze œuvres exposées présentent quatre animaux : le cheval, le lion, le serpent ou le rapace, ce sont des reproductions issues des antiquités égyptiennes ou orientales ainsi que du département des sculptures. Il y a par exemple la stèle du roi serpent qui date du tout début de l'ère pharaonique, ici le roi est magnifié par deux animaux, le serpent qui est son emblème et le faucon qui symbolise le dieu Horus. Ailleurs il y a cette statue de Louis XIV à cheval, où encore cette représentation de Napoléon sur un aigle.

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 Quand il avait voulu symboliser son nouvel empire, Napoléon avait chargé un comité de réfléchir au meilleur emblème. Certains proposaient le coq pour se rattacher à une tradition "Gauloise" d'autres penchaient pour l'aigle présenté comme plus noble ce qui permettait aussi de s'identifier à l'empire romain. Napoléon trancha en faveur de l'aigle car il trouvait le coq plutôt ridicule, avis que je partage avec lui, mais rassurez vous je n'ai pas de symbole à vous imposer !
 
Vendredi 18 janvier 2008

Une nouvelle oeuvre vient de s'installer dans la Grande Galerie, "David tuant Goliath" de Daniele da Volterra (1509 -1566). A première vous allez me dire "Oui, bon, encore un tableau et alors ?". En fait il s'agit d'une oeuvre recto verso ou "biface" peinte sur ardoise, donc pas tout à fait un tableau.

Vers 1550 une polémique agitait les milieux artistiques Italiens, entre la peinture et la sculpture quel était le meilleur art ? Volterra voulut démontrer la supériorité de la peinture en peignant son oeuvre sur les deux faces d'une ardoise pour libérer la peinture des deux dimensions. Cette oeuvre fut ensuite offerte à Louis XIV et installée sur un socle pivotant afin que le roi puisse contempler les deux faces sans bouger. Rangé à Versailles pendant la Révolution puis un peu oublié, "David tuant Goliath" est désormais installé au milieu de la Grande Galerie du Louvre avec un socle spécial pour supporter ses 200 kilos. Je vous invite à de tourner autour et trouver les différences puisque le peintre n'a pas représenté exactement la même scène de chaque côté. Regardez par exemple la position de la jambe de David et celle du bras de Goliath.

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 David tuant Goliath côté recto
 David tuant Goliath côté verso
 

Pour vous rafraîchir la mémoire cette histoire nous est contée par la Bible. Les Philistins, un peuple en guerre contre les Hébreux, leur lancèrent un défi. Ils proposaient de régler le sort de la guerre par un combat singulier, leur champion étant un géant du nom de Goliath. Du côté Hébreux c'est David, un jeune berger, qui releva le défi et tua son adversaire avec sa fronde. On voit que le tableau s'éloigne de la légende puisque c'est plutôt la représentation d'un "corps à corps". Enfin je précise qu'il ne s'agit pas d'une présentation temporaire, ce tableau restera définitivement au Louvre.

 
Vendredi 11 janvier 2008

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Pour Noël j'ai reçu en cadeau le "Le dictionnaire amoureux du Louvre" car on connaît dans mon entourage ma passion pour ce musée et l'existence de ce blog. Cet ouvrage qui vient tout juste d'être publié est l'oeuvre de Pierre Rosenberg qui a travaillé au Louvre pendant près de quarante ans comme conservateur pour finir "en beauté" comme Président-Directeur du musée.


Evidemment ce livre est pour moi comme une mine d'or, je n'ai pas encore tout lu ayant décidé de le déguster petit à petit comme on savourerait une boîte de chocolats. C'est ainsi que cet expert donne l'origine du "couloir des poules" dont je vous avais entretenu. Il ne donne pas d'explication définitive mais trois versions plausibles :

- ce couloir aurait été le logement du peintre Pieter Boel dit Boule
- un occupant y aurait effectivement élevé des poules
- dernière version, le couloir donnait sur la rue des Poulies aujourd'hui disparue.

Sans vous dévoiler tout ce livre de 958 pages, quelques petites curiosités grappillées au hasard : Le Louvre est payant depuis 1922, le mardi est jour de fermeture depuis 1946, et j'ai même découvert une rubrique "W.C"....
Pour finir l'article "Réserves" nous rappelle qu'elles ne dissimulent pas des chefs d'oeuvres cachés "contrairement à une légende inlassablement entretenue par la presse."

Si cela vous tente le dictionnaire amoureux du Louvre de Pierre Rosenberg est édité chez Plon.

 
 
par Louvre-passion publié dans : Généralités
Vendredi 4 janvier 2008


En passant dans les salles de l'aile Denon consacrées à l'époque romaine, une stèle a attiré mon attention. il s'agit du "règlement des joueurs de cor de la IIIe légion Augusta" qui date de l'an 202 de notre ère. En la regardant j'ai pensé au film "La dernière légion" inspiré du roman de l'écrivain Italien Valério Manfredi. L'histoire part d'un fait historique réel, en l'an 476 le dernier empereur Romain, un jeune garçon du nom de Romulus Augustule, fut déposé par le chef des Goths installé en Italie qui renvoya les insignes impériaux à Constantinople en échange de sa nomination par l'empereur d'Orient au titre de "Magister militum" de l'Occident. Ce fait marque la fin "officielle" de l'empire Romain, mais à l'époque personne ne s'en aperçu car les barbares qui occupaient l'empire avaient préservé la civilisation romaine à la fois parce qu'ils l'admiraient mais aussi pour se concilier les populations. Dans son roman, Valério Manfredi imagine que le jeune Romulus Augustule réussit à fuir avec un groupe de légionnaires restés fidèles et une jeune femme nommée Livia jusqu'en Bretagne (l'actuelle Angleterre) où il devient le roi Pendragon, père du célèbre Arthur.

Mais revenons à notre stèle qui date d'une époque antérieure, quand l'empire romain était encore puissant grâce à ses légions. Cette stèle provient de la IIIe légion Augusta qui était stationnée à Lambèse à l'est de l'Algérie à l'époque de l'empereur Septime Sévère. Une légion était une unité combattante d'environ 6.000 hommes, les historiens estiment que l'empire romain en comptait entre 25 et 30, soit un effectif de 150 à 180.000 hommes. La plupart des légions étaient stationnées aux frontières de l'empire pour contenir les barbares ou empêcher les raids de pillards. A l'époque les légionnaires étaient des professionnels qui vivaient dans les camps et les villes de garnison où résidait également leur famille. Durant le règne de l'empereur Septime Sévère, les militaires gradés en activité obtiennent le droit de former des "collegia", des associations à but religieux mais qui sont aussi des sortes de caisses de secours mutuel. Les cotisants pouvaient ainsi toucher un pécule lors de leur départ en retraite, si ils mouraient pendant le service, les héritiers percevaient une somme d'argent. En bref il s'agissait d'une sorte de sécurité sociale avant l'heure.

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 Le texte de la stèle est d'abord une invocation à la famille impériale "Pour la félicité et le salut du siècle de nos souverains augustes Lucius Septimius Severus Pius Pertinax Auguste et Marcus Aurelius Antoninus / Auguste..." puis vient la liste des membres de l'association et son règlement : "1 Le droit d'entrée que verseront les nouveaux membres est de 750 deniers 2 Si un sociétaire quitte le collège étant promu à l'outremer / par ordre, il recevra 200 deniers de frais de déplacement, et aussi 500 deniers de la caisse / 3 Les vétérans toucheront 500 deniers à titre de retraite ...". Ce type de stèle se trouvait généralement dans des "scholae", petits édifices à l'intérieur du camp où se réunissaient les membres de l'association.
La stèle se trouve en salle 27 au rez-de-chaussée de l'aile Denon et je précise que je ne suis pas l'auteur de la traduction du texte latin, je l'ai tout simplement trouvée sur le site du Louvre.
 
par Louvre-passion publié dans : Antiquités
 
 
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