Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 00:05

Ce tableau s’intitule « Paysage avec Mercure découvrant Hersé de retour de la fête de Minerve » de Jean-François Millet dit Francisque Millet. Il s’inspire d’un récit de la mythologie Gréco-romaine qui nous raconte que trois sœurs, Hersé, Aglaure et Pandrose, prêtresses de Minerve, rentraient d’une fête en l’honneur de la déesse. Sur le chemin du retour elles croisèrent le dieu Mercure qui tomba amoureux de la plus jeune, Hersé. Le dieu promit de l’or à Aglaure si elle lui ouvrait la porte de la chambre de sa jeune sœur. Celle-ci prit l’or mais refusa d’aider le dieu, furieux celui-ci la changea en pierre et entra de force dans la chambre d’Hersé qu’il viola.

J’espère que vous avez remarqué comme certains personnages sont sympathiques, entre la sœur ainée corrompue qui promet d’ouvrir la chambre de sa cadette et le dieu qui se révèle être un vulgaire violeur.

Paysage Millet

Le sujet avait été traité par Véronèse et Poussin qui ont représenté le moment ou Mercure rentre dans la chambre et Aglaure qui tente de lui barrer le passage. Francisque Millet se place au début du récit au moment de la rencontre des prêtresses et du dieu. Les jeunes filles avancent dans un décor de ruines antiques, le feuillage des deux arbres fait ressortir Mercure qui plane dans les airs, comme un rapace prêt à fondre sur sa proie. Quand à la jeune Hersé, elle se détache vêtue de vert.

Jean-François Millet dit Francisque Millet (1642 – 1679) naquit en Flandres mais s’installa à Paris en 1649. Il présenta des tableaux à l’académie de peinture sans se faire recevoir académicien. En effet, il disposait déjà d’une solide clientèle auprès de la communauté flamande qui appréciait ses peintures de paysages. Il est toutefois moins connu que son homonyme, Jean-François Millet (1814 - 1875) auteur du fameux « Angélus » qui se trouve actuellement au musée d’Orsay.

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J'ai reçu un message du musée du Louvre me demandant d'annoncer la journée-débat « Musée-musées » autour du Louvre Abou Dabi : les enjeux du musée universel du XVIII° au XXI° siècle.
Cette manifestation aura lieu samedi 15 octobre 2011 de 10h30 à 18h30 à l’Auditorium du Louvre.

Pour  toutes les informations cliquez ici.



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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 00:05

A l’entrée des appartements Napoléon III on peut admirer cette belle coupe dans une vitrine. Il s’agit d’un prix offert par le duc d’Orléans pour la course hippique de 1841 à Goodwood en Grande-Bretagne.

Cette coupe de style néo-Renaissance porte un décor sur le thème du cheval. Sur le pied, deux hommes d’arme en costume médiéval tiennent un cartouche au chiffre du duc, plus haut une frise rappelle le tournoi de Lyon où Bayard se distingua pour la première fois. Au dessus, des médaillons montrent des cavaliers français, arabes, anglais et allemands. Les deux anses ouvragées s’achèvent par des chevaux cabrés retenus par des pages en costume médiéval.

Prix de courseLe modèle fut commandé au sculpteur Jean-Baptiste Jules Klagmann, la notice qui accompagne la coupe nous apprend qu’il fut payé 3.500 francs de l’époque pour ses modèles. C’est l’orfèvre François Durand qui réalisa la coupe sous la direction de Klagmann, il reçut 8.210 franc ce qui incluait la matière première, en effet il s’agit d’argent doré par électrolyse (une réaction chimique obtenue grâce à une activation électrique).

Ferdinand - Philippe d'Orléans (1810 – 1842) est le fils aîné du roi Louis-Philippe. En 1830 il commande un régiment qu’il entraîne dans la révolution pour aider les Parisiens insurgés, lors des « Trois glorieuses », les journées révolutionnaires qui portent Louis-Philippe au pouvoirs. Comme sa sœur, Marie d’Orléans c’est un amateur d’art qui consacre chaque année une partie de sa liste civile (son « salaire » de prince) au mécénat culturel. C’était aussi un grand amateur de courses hippiques, il parraine la société d’encouragement pour les races de chevaux et organise les premières coures à Chantilly où fut couru le premier prix du Jockey club en 1836. Il possédait une écurie et l’un de ses chevaux gagna la course de Goodwood en 1840, il s’engagea alors à envoyer un prix pour l’année suivante. La plaque sous la coupe indique ainsi la dédicace du duc d’Orléans.

Prix de course (1)

Ferdinand - Philippe d'Orléans mourut accidentellement en 1842. Les chevaux de sa calèche s’étant emportés, il voulut sauter de la voiture mais se fractura le crâne sur le pavé.

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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 00:05

En 1564, la reine Catherine de Médicis décide de faire construire un palais hors de l’enceinte de Paris car elle ne veut plus habiter le palais des Tournelles où son mari, le roi Henri II, est mort accidentellement au cours d’un tournoi. Le terrain choisi se situe à l’emplacement des fabriques de tuiles installées depuis le XIIIe siècle (d’où le nom de « Tuileries »).

Le palais est quelque peu abandonné quand Louis XIV décide, en 1682, de transférer à Versailles le siège de la Cour. Les Tuileries redeviennent un lieu de pouvoir à partir de septembre 1789 quand Louis XVI est ramené de Versailles par les Parisiens. Siège des assemblées révolutionnaires, puis palais impérial et royal, le château connaît des heures tumultueuses, notamment la journée du 10 août 1792 lorsque le palais est pris d’assaut par les fédérés et les ouvriers des faubourgs malgré la défense de la garde Suisse. Citons aussi le retour de Napoléon de l’île d’Elbe en 1814 qui chasse Louis XVIII. En mai 1871 lors de la « semaine sanglante » les insurgés de la commune insurrectionnelle mettent le feu aux bâtiments officiels pour tenter de retarder l’avance des troupes versaillaises. Les Tuileries flambent et le Louvre failli subir le même sort, heureusement le courage de son directeur et des gardiens aidés par des soldats sauva le musée. Jusqu’en 1882 ne subsistent des Tuileries que des ruines noircies, le gouvernement républicain décide alors de raser complètement ce qui reste du palais et supprimer par la même occasion un symbole de la monarchie.

Des morceaux de cette prestigieuse construction furent alors dispersés en Europe, le vestige le plus important fut intégré au château de Ponta en Corse. A Paris, une arcade fut installée à l’école des Ponts et Chaussées, dans le 7e arrondissement, de 1883 à 2009. C’est ce fragment de l’ancien palais des Tuileries qui, après restauration, a été installé dans la cour Marly de l’aile Richelieu.

porte tuileriesCette arcade de style ionique ornait la galerie du palais ouvrant sur le jardin. Une partie du décor est une allégorie de la reine Catherine de Médicis, les torches, les plumes coupées et les miroirs brisés évoquent la fidélité à son époux défunt Henri II. Les massues croisées et le fil à plomb se veulent une image de la force et de l’équité de son gouvernement.

Pourquoi un fragment de ce palais est il installé dans le musée ? Tout simplement parce que, depuis 2005, le jardin des Tuileries fait partie du domaine géré par le Louvre.

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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 00:05

Avec cette exposition du Département des objets d’art consacrée à la porcelaine de Sèvres nous pouvons goûter l’art de vivre « à la française » du XVIIIe siècle.

C’est en 1740 qu’une manufacture de porcelaine est crée au château de Vincennes grâce à l’appui de Louis XV. En 1756 elle déménage à Sèvres dans un bâtiment construit à l'initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue où elle existe encore aujourd’hui.

L’exposition nous permet d’admirer quelques unes des plus belles pièces dont certaines figuraient sur la table royale.

Cette écuelle ronde « nouvelle forme » et son plateau « à feuilles de roseaux » servaient à boire le bouillon du matin.

ecuelle et plateau

Ce gobelet « Bouillard » et sa soucoupe rappellent que, dès le début de la manufacture, l’usage fut de donner le nom d’un artiste, d’un mécène ou d’un actionnaire à certaines pièces. Ici il s’agit d’Antoine Auguste Bouillard un fermier général qui contribua à la naissance de la manufacture. Ils sont accompagnés d’un gobelet « litron » qui correspond à une ancienne mesure de liquide, le décor en bleu intitulé « la pêche » s’inspire d’une composition de François Boucher.

gobelet bouillardUn dispositif multimédia nous fait découvrir comment ces pièces de porcelaine étaient fabriquées et fait revivre le souper offert par Louis XV le 21 avril 1757 dans son château de Choisy. A la différence de son arrière grand-père Louis XIV, Louis XV préfère les soupers intimes où les domestiques sont exclus de façon à ce que les convives puissent jouir ensemble, tranquillement, des mets délicats servis dans la porcelaine la plus fine et une somptueuse argenterie.

Nous découvrons également le service dit « à la française » mis en place sous Henri III et codifié au XVIIe. Son principe consistait à disposer sur la table une succession de plats appelés services à l'attention des invités qui se servaient eux-mêmes. Les services dont le nombre variait de 3 à 8 exigeaient beaucoup de vaisselle. Entre chaque service la table était débarrassée des plats qui l'encombraient. Un petit souper luxueux était dressé avec au centre une large soupière, aux quatre coins de la table on trouvait quatre plats de taille moyenne remplis chacun d’un met différent. Les assiettes des convives étaient placées tout autour de la table.

Depuis le milieu du XIXe siècle nous utilisons le service dit « à la russe », plus simple, où les plats sont apportés successivement (entrée, plats, dessert…).

Affiche porcelaine sevres

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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 00:05

« Bénie soit à jamais la mémoire de celui qui en instituant cette exposition publique de tableaux, excita l’émulation entre les artistes, prépara à tous les ordres de la société, et surtout aux hommes de goût, un exercice utile et une récréation douce ; recula parmi nous la décadence de la peinture de plus de cent ans peut être, et rendit la nation plus instruite et plus difficile en ce genre ».

C’est par ces mots que Diderot commence son compte rendu du salon de 1763, selon lui l’émulation suscité par cette manifestation est le moyen le plus sûr d’éveiller les talents. Il ne prive d’ailleurs pas de distribuer des bons et des mauvais points. Par exemple à propos de Jean-Siméon Chardin « C’est celui-ci qui est un peintre, c’est celui-ci qui est un coloriste. (…) Ô Chardin, ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broie sur ta palette ; c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau, et que tu attaches sur la toile ». En 1763 Chardin présente « La raie » que notre critique présente ainsi « Après que mon enfant aurait copié et recopié ce morceau, je l’occuperais sur la Raie dépouillée du même maître. L’objet est dégoûtant ; mais c’est la chair même du poisson. C’est la peau, c’est son sang (…) On m’a dit que Greuze, montant au Salon, et apercevant le morceau de Chardin que je viens de décrire, le regarda et passa en poussant un profond soupir. Cet éloge est plus court et vaut mieux que le mien ».

La Raie

Diderot aime moins François Boucher « Ce maître a toujours le même feu, la même facilité, la même fécondité, la même magie et les mêmes défauts qui gâtent un talent rare.» A propos d’un tableau sans doute « Le pont » il écrit « Quelle couleurs ! Quelle variété ! Cet homme a tout, excepté la vérité. (…) On se demande, mais où a-t-on vu des bergers vêtus avec cette élégance et ce luxe ? (…) que fait là cette femme charmante, si bien vêtue, si propre, si voluptueuse ».

Boucher

Au Salon de 1765 Jean-Baptiste Greuze expose. A son sujet Diderot écrit « Voici votre peintre et le mien, le premier qui se soit avisé parmi nous de donner des mœurs à l’art, et d’enchaîner des évènements d’après lesquels il serait facile de faire un roman ». Greuze présente deux esquisses, « le fils ingrat » et « le fils puni », les tableaux définitifs seront peints une dizaine d’année plus tard

En deux épisodes cette série raconte comment un fils quitte sa maison contre la volonté de son père et revient pour trouver ce dernier mourant. Diderot raconte ainsi le fils puni. « Il a fait campagne, il revient, et dans quel moment ? Au moment où son père vient d’expirer. Tout à bien changé dans la maison ; c’était la demeure de l’indigence, c’est celle de la douleur et de la misère. Le lit est mauvais et sans matelas. Le vieillard mort est étendu sur ce lit. (…) Et puis voici le même chien qui est incertain s’il reconnaîtra cet éclopé pour le fils de la maison, ou s’il le prendra pour un gueux ».

Greuze Dans la catégorie des curiosités j’ai découvert, parmi les peintres qui exposent au Salon, Francesco Giuseppe Casanova, le frère du célèbre libertin Giacomo Casanova qui à l’époque était un aventurier peu connu dont les mémoires, publiées après sa mort, assurèrent la célébrité. Le peintre Francesco Giuseppe Casanova est formé à Venise par Francesco Guardi arrive à Paris en 1751, est reçu à l’Académie de peinture en 1763. Il expose assez régulièrement au Salon à partir de cette année-là jusqu’en 1783. Diderot francise son nom et l’appelle Casanove, nul doute que son côté moralisateur n’aurait guère apprécié les frasques de Giacomo.

Si vous avez envie de lire l’ensemble des « Salons » de Diderot sachez que le livre est facilement disponible en collection de poche, vous y retrouverez d’ailleurs les « Regrets sur ma vielle robe de chambre » texte qui a fait le bonheur des manuels scolaires.

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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 00:05

Diderot Cette interruption a été un peu longue mais j'ai profité de l'été pour passer au monde du logiciel libre autrement dit « Linux », si vous voulez en savoir plus sur le sujet vous pouvez consulter cette page.

J’ai découvert l’ancêtre de Louvre-passion. C’est Diderot qui entre 1759 et 1781 allait au Louvre puis écrivait des articles sur ce qu’il avait vu. Avant de continuer je tiens à préciser que, bien entendu, je n’ai pas la prétention de me comparer à ce grand écrivain. Simplement je vais au Louvre et j’essaie de raconter mes promenades mais la similitude s’arrête là.

A l’époque de Diderot le musée n’existe pas encore (il sera crée par la Convention en 1793). Tous les deux ans l’académie royale de peinture organise une exposition dans le Salon carré du Louvre qui ouvre à la Saint Louis (le 25 août), fête du patron du roi. Cette exposition appelée le « Salon », en raison du lieu où elle se déroule, est un évènement artistique majeur.

Denis Diderot (1713-1784) est connu comme le maître d’œuvre de l’Encyclopédie et l’un des principaux représentants de l’esprit des Lumières. Son portrait, peint par Louis-Michel Van Loo en 1767, est toujours au Louvre. Il se lie d’amitié avec l’écrivain allemand Friedrich Melchior Grimm (1723 – 1807) qui publie « La correspondance littéraire » une gazette qui informe les princes européens sur la vie intellectuelle de Paris. Diderot qui l’accompagne au Salon lui suggère des idées et en 1759 Grimm lui confie la charge de raconter aux abonnés ce qui s’y passe. Petit à petit Diderot se prend au jeu.

Son premier compte rendu est comme une lettre où il donne quelques indications sur les toiles accrochées au Louvre. En 1767 c’est devenu un véritable guide, trente fois plus long que le texte de 1759, dans cet exercice Diderot invente en quelque sorte le métier de critique d’art. Nous qui vivons dans un monde ou l’image est partout présente sur des supports imprimés ou électroniques, nous avons du mal à nous représenter la difficulté de l’exercice. Comment restituer, uniquement par écrit, un tableau ou une sculpture ? Diderot n’a que sa plume. Il doit mémoriser sur place ce qu’il voit et prendre des notes. Parfois il commence par donner les dimensions, par exemple « Tableau de 7 pieds 6 pouces de haut sur 4 de large » (soit environ 2,25 mètres sur 1,20 mètre). Il faut aussi avoir à l’esprit que Boucher, Greuze, Chardin, Van Loo, Vernet… ces artistes qui pour nous sont des « classiques » sont pour Diderot des contemporains, assez souvent il les critique sans ménagement et n’hésite pas à nous infliger de longues digressions ou ses penchants moralistes. En 1769 il s’en prend aux collectionneurs privés qui accaparent les œuvres d’art « Vernet avait exécuté pour M. de la Borde huit grand tableaux (…) l’homme riche en les lui commandant, a exigé que ces tableaux une fois placés dans sa galerie n’en sortiraient plus.(…) Le moderne Midas qui ne connaît que l’argent, s’était imaginé que l’argent était la portion la plus précieuse de l’honoraire d’un homme qui doit avoir l’âme grande et le caractère libéral ».

La semaine prochaine nous regarderons, avec l’œil de Diderot, quelques unes des œuvres qu’il a commentées et qui sont toujours visibles au Louvre, vous y gagnerez certainement au change.

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Vendredi 22 juillet 2011 5 22 /07 /Juil /2011 00:05

Affiche Maya Quand on vous dit « Mayas » cela vous évoque sans doute l’image d’une civilisation ancienne qui élevait des pyramides en Amérique centrale. Comme vous mes connaissances étaient assez (très) floues, j’ai donc été les rafraîchir à l’exposition « Maya, de l'aube au crépuscule » au musée du Quai Branly. A travers 150 pièces nous pouvons ainsi revivre la naissance l’apogée et le crépuscule de cette civilisation de l’Amérique précolombienne.

Les Mayas occupaient un territoire qui correspond à une grande partie du Guatemala, de certaines régions du Belize, du Honduras et du Mexique. À l'époque dite « classique » entre 250 et 950 après J.-C, leur civilisation atteignit son plein épanouissement.

L’exposition est organisée selon un parcours chronologique. La période préclassique, commence vers 2000 avant notre ère, on peut voir les premières céramiques à forme humaine dont une figure féminine qui était sans doute liée à un rite de fertilité. Pendant la période classique, de 250 à 900 apr. J.-C., une civilisation plus ou moins uniforme se répand sur tout le territoire. Les Mayas utilisent des outils de pierre et de bois. Les seuls métaux connus, l'or et le cuivre, simplement martelés, servent à réaliser des objets de prestige. Ils ne connaissent ni la roue ni le tour de potier, et n'ont pas d'animaux de trait mais construisent cependant les pyramides et les grands centres cérémoniels comme Palenque, Tikal et Copan. Au moyen d'un système très ingénieux de terrasses, de réservoirs et de canaux, ils cultivent le maïs, aliment de base, mais également le coton, les haricots, la courge, le manioc, le piment, les arbres fruitiers et le cacao. L’élevage est peu pratiqué, les animaux domestiques sont le chien et le dindon. Les Mayas créent un système d'écriture hiéroglyphique pour consigner leur mythologie, leur histoire et leurs rites sous forme d'inscriptions sculptées et peintes sur des stèles ou sur des livres appelés « codex ». Cette écriture comprend 800 signes et 5000 textes sont répertoriés, malheureusement beaucoup de codex furent brûlés par les prêtres espagnols pendant la conquête. A ce jour cette écriture n’est qu’en partie déchiffrée. Une partie de l’exposition est consacrée aux deux calendriers Maya, un calendrier solaire et un calendrier rituel, ces calendriers, très fiables malgré les moyens techniques limités furent élaborés grâce à des observations diurnes et nocturnes répétées du Soleil, de la Lune, de Vénus et d'autres astres qui permirent de relever des positions et d'établir des moyennes. Petite parenthèse, la soi disant fin du monde – prévue en 2012 - qui serait révélée par le calendrier Maya, est une pure invention de certains mouvements sectaires.

La religion Maya était centrée sur le culte de divinités liées à la nature : Chac, le dieu de la pluie ; Itzamna, le ciel, dieu créateur ; sa femme, Ixchel, la Lune, liée à la fertilité et la fécondité. Une céramique exposée représente le dieu de l’eau, Tlaloc, qui était aussi adoré dans la civilisation de Teotihuacan.

Après la période classique, au cours des IX et Xe siècle de notre ère les principales cités se dépeuplent. Quelle est la cause de cet effondrement, nul ne le sait. Les archéologues n’ont pas trouvé de traces d’invasion ou de famines. Aujourd’hui les spécialistes pensent que plusieurs facteurs tels que la sécheresse, l’érosion et l’usure des sols, les conflits entre cités voire des révoltes ont contribué à cette chute.

Mais le peuple subsiste et lors de la conquête espagnole, la ville de Tayasal, icône de la résistance Maya, ne sera conquise qu’en 1697. En fin d’exposition des photos des descendants des Mayas nous montrent comment, aujourd’hui, ils concilient tradition et modernité

Maya, de l'aube au crépuscule au musée du Quai Branly jusqu’au 2 octobre 2011.

En cette fin du mois de juillet, Louvre-passion prend ses quartiers d’été et vous donne rendez-vous, début septembre, pour la reprise des articles.

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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 00:05

Ce tableau nous ramène 197 ans en arrière à la fin du règne de Napoléon Ier quand 800.000 soldats alliés envahirent la France pour mettre fin à la frénésie de conquêtes de l’empereur. Paris, que l’impératrice et le gouvernement venaient de quitter, n’était pas en état de se défendre. Les maréchaux Moncey et Marmont résistèrent néanmoins toute une journée mais durent capituler et les alliés entrèrent à Paris le 31 mars 1814. Pendant ce temps Napoléon, décidé à se battre, était à Fontainebleau avec 60.000 hommes mais les maréchaux refusèrent de marcher. Il finit par abdiquer sans conditions et les alliés lui donnèrent la souveraineté de l’île d’Elbe située entre la Corse et la Toscane.

Le tableau fut commandé à Horace Vernet par un des protagonistes de la défense de Paris, l'orfèvre Claude Odiot, alors colonel de la garde nationale et fervent bonapartiste. Il voulait voir représenter un souvenir personnel mais aussi le dernier acte glorieux de l’Empire. Quant à Horace Vernet il était alors le peintre favori de l’opposition et le protégé du duc d’Orléans qui, lorsqu’il devint le roi Louis-Philippe, lui passa de nombreuses commandes officielles pour le Musée de l’Histoire de France à Versailles.

Barrière ClichyLa scène évoque un épisode de la brève défense de Paris qui s’est déroulé à la barrière de Clichy le 30 mars 1814. Le rappel des tambours annonce l’ultime épisode héroïque de la défense de la dernière barrière, attaquée par le contingent russe. Au centre, le maréchal Moncey, le bras tendu, donne ses ordres à Claude Odiot en uniforme de colonel de la garde nationale. La fumée de la canonnade, les soldats blessés au premier plan rappellent l’héroïsme des défenseurs : Pupilles de la garde, invalides, volontaires, ouvriers, citoyens, tirailleurs, élèves des Ecoles polytechnique et vétérinaire ou des bourgeois sans expérience du combat. Horace Vernet, son frère Carle, les amis et membres des cercles bonapartistes, en font partie. Autour d’eux, dans la mêlée des gradés, on reconnaît des amis du peintre tels Amédée Jaubert, interprète de l’Empereur en Egypte, Amable Girardin, le colonel Moncey, fils du maréchal. La paysanne assise sur une malle avec son bébé dans les bras entourée de quelques biens dont une chèvre et un matelas évoque le triste sort des réfugiés chassés par les envahisseurs. A l’arrière-plan au-delà des barrières, dans la fumée, on distingue le cabaret du père Lathuille que Manet rendra célèbre avec ses toiles.

Commandé en 1820 le tableau fut un manifeste d’opposition au régime de la Restauration, il fut d’ailleurs refusé au Salon de 1822 pour des raisons politiques mais connut un grand succès populaire. Alors qu’en 1814 une grande partie de l’opinion était lasse des guerres sans fin de Napoléon les erreurs politiques des Bourbons et de la noblesse réactionnaire donneront naissance à la « légende impériale » dont ce tableau est une illustration. Au final cette légende favorisera la prise du pouvoir par Napoléon III en 1852.

Ce tableau se trouve dans la salle 61 au 2e étage de l’aile Sully.

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