Antiquités

Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 00:05

Cette vitrine du Département des antiquités grecques, étrusques et romaines expose des pièces d’armures trouvées dans une caserne de gladiateurs à Pompéi.

vitrine gladiateurs

En les regardant des images de bandes dessinées, de films ou encore cette récente affiche de l’exposition consacrée à Jean Léon Gérôme nous viennent à l’esprit.

affiche gérôme Mais quelle était la vie de ces combattants de l’arène ?

Les premiers combats de gladiateurs trouvent leur origine dans l’Italie du sud au IVe siècle avant notre ère. Il s’agissait de duels organisés à l’occasion des funérailles de puissants personnages, le sang versé au cours du combat étant censé apaiser l’âme du défunt. Cette coutume fut adoptée par les Romains et officialisée par le Sénat en 105 avant notre ère. Très vite les combats perdirent leur caractère sacré pour devenir de vrais spectacles. Des édifices en forme d’amphithéâtre furent spécialement conçus pour les jeux du cirque avec notamment un « velum » qui est une toile tendue pour protéger les spectateurs du soleil ou des intempéries. A partir du règne de l’empereur Auguste les jeux sont codifiés, le matin est occupé par des chasses aux animaux sauvages, le midi ce sont les exécutions de condamnés et l’après midi est consacrée aux combats de gladiateurs. Ceux-ci rentraient dans l’arène en tenue de parade par la « porta triumphalis » puis commençaient des exercices d’échauffement. Ensuite venaient les duels sous la surveillance d’arbitres chargés de faire respecter les règles, le tout accompagné par un orchestre de cors et d’orgues. Le gladiateur vaincu jetait son bouclier et levait la main pour demander grâce, après avoir consulté le public l’organisateur décidait ou non de lui laisser la vie sauve. En cas de sentence de mort c’est le vainqueur qui devait égorger son adversaire.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les combats ne se terminaient pas systématiquement par la mort du vaincu puisqu’on a évalué qu’un gladiateur risquait une fois sur dix de perdre sa vie dans l’arène. En effet les gladiateurs coûtaient cher car il fallait les entraîner au combat, les « lanistes » qui les louaient aux organisateurs de jeux avaient donc tout intérêt à limiter les pertes.

De même les troupes de gladiateurs n’étaient pas composées uniquement d’esclaves ou de prisonniers de guerre. C’était, en majorité, des hommes libres attirés par les promesses de gloire et de richesse. Après un certain nombre de victoires ces professionnels pouvaient se retirer et devenir entraineurs.

Dans les casernes de gladiateurs les conditions de vie étaient très dures ce qui occasionna des révoltes, la plus célèbre étant celle menée par le Thrace Spartacus en 73 avant notre ère. Ayant rallié plusieurs dizaines de milliers d’esclaves révoltés il mit en échec les troupes stationnée en Italie. Pour le vaincre le sénat dut faire appel aux légions de Crassus et faire revenir d’Espagne celles de Pompée.

La généralisation de ces jeux sanglants dans l’empire avait un but politique, occuper l’attention du peuple et consolider la popularité et la puissance des empereurs. Condamnés par les chrétiens, les jeux du cirque furent abolis en 404 après JC par l’empereur Honorius.

Par Louvre-passion - Publié dans : Antiquités
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 00:05

Au mois de mars je vous parlais du tableau de Félix Thomas « Les Fouilles de Khorsabad » qui devait être présenté dans le cadre de « l’œuvre en scène » à l’auditorium du Louvre.

Pour faire suite à cette manifestation une petite exposition est organisée dans la salle d’actualité du département des antiquités orientales autour de cette œuvre et son auteur.

Le nom complet du tableau est « La Visite du pacha de Mossoul aux fouilles de Khorsabad ». En haut, sur un fond de ciel bleu se détachent le pacha et son escorte de cavaliers. Plus bas une vaste tranchée met à jour la porte de l’antique Khorsabad, la partie supérieure des taureaux androcéphales (ayant une tête humaine) émerge, comme ce sont des génies ils portent une tiare et une barbe.

khorsabad Felixweb A propos de l’artiste on apprend que Félix Thomas est né à Nantes dans une famille aisée. Il réussit en 1834 le concours d’entrée à l’école polytechnique mais change totalement d’orientation puisque quatre ans plus tard il est admis à l’école de beaux-arts. En 1845 il remporte le grand prix de Rome d’architecture avec un « projet d’une église cathédrale pour une ville capitale », puis il voyage en Italie, en Grèce et dans l’empire Turc. Ses propositions de restauration de monuments antiques sont appréciées par le directeur de l’école de beaux-arts. Sur sa recommandation Thomas est recruté en 1851 comme architecte et dessinateur d’une mission archéologique en Mésopotamie (qui correspond à l’Irak actuel). Après plusieurs mois d’attente causés par une insurrection locale, l’équipe arrive sur le site de Babylone et commence des relevés. C’est là que survient un drame. Atteint par la chaleur et le paludisme, Félix Thomas est victime d’un coup de folie et tire sur le cheik du village qui était pourtant son ami. Le directeur de la mission se sépare de lui. Sur le chemin du retour Thomas visite le chantier des fouilles de Khorsabad et les fouilleurs lui proposent de rester pour établir des relevés des monuments, ce qu’il accepte avec enthousiasme. C’est cette campagne de fouilles qui permet de retrouver l’une des portes de Khorsabad gardée par deux taureaux androcéphales ailés que l’on peut aujourd’hui admirer au rez-de-chaussée de l’aile Richelieu.

khorsabad1.jpg En 1853 Félix Thomas quitte l’orient pour toujours et regagne sa Bretagne natale où il vit retiré. Au salon de 1863 il présente « La Visite du pacha de Mossoul aux fouilles de Khorsabad » et en 1867 un « Essai de restauration des ruines découvertes par M. Place à Khorsabad ancienne Ninive » ce qui lui vaut d’être fait chevalier de la Légion d’honneur.

Par Louvre-passion - Publié dans : Antiquités
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 00:05

Mercredi 16 mars 2011 à l’auditorium du Louvre, « l’œuvre en scène » sera consacrée au tableau de Félix Thomas « Les Fouilles de Khorsabad » présenté par Elisabeth Fontan, du département des Antiquités orientales du musée du Louvre.

Ce tableau récemment acquis par le Louvre représente la mise au jour d’une porte de la ville de Khorsabad gardée par des taureaux androcéphales ailés. Le taureau de droite est aujourd’hui conservé au musée, mais celui de gauche a disparu dans le Tigre, lors d’une attaque du convoi qui le rapportait en France.

khorsabad Felixweb Félix Thomas, Les fouilles de Khorsabad, musée du Louvre © musée du Louvre / H.Bréjat.

Avant d’être peintre, Félix Thomas fut architecte. A ce titre, il fut envoyé par le gouvernement en Mésopotamie de 1851 à 1853. Sur le chemin du retour, il séjourna à Khorsabad, où le consul de France à Mossoul Victor Place poursuivait des fouilles archéologiques et dressa les plans du palais et de la ville. Rentrés à Paris, Thomas réalisa les planches qui illustrent le grand recueil de Victor Place sur Ninive et l’Assyrie, une référence dans le domaine de la connaissance de l’architecture palatiale assyrienne. Puis il s’adonna à la peinture d’œuvres orientalistes inspirées de ses voyages. En 1863, il présente au Salon ce tableau qui constitue un précieux témoignage pour la connaissance du site.

Grâce aux fouilles nous savons qu’entre 717 et 706 avant notre ère le roi d’Assyrie Sargon II fit bâtir une nouvelle cité nommée Dur-Sharrukin, qui est aujourd’hui le village Irakien de Khorsabad. Il fit élever un palais et l'orna de remarquables bas-reliefs. Ces taureaux que l’on voit émerger du sable, gardaient l’entrée de la ville. Taillés dans l’albâtre gypseux, hauts de 4,20 m, ils sont androcéphales, ce qui veut dire qu’ils ont une tête humaine. Ce sont des génies comme l’indiquent leurs tiares ornées de cornes et ils portent une barbe et une chevelure identique à celle des rois d’Assyrie. Notez aussi qu’ils ont cinq pattes afin que les spectateurs voient les quatre pattes des taureaux quelque soit leur point de vue.

taureaux androcéphalesLes premières fouilles du site sont dues à Paul-Emile Botta « consul archéologue » à Mossoul dont les découvertes permirent au roi Louis-Philippe d’inaugurer en 1847 le premier musée Assyrien du monde dans les salles du Louvre. Depuis 1993 cet ensemble monumental qui reconstitue l’entrée de la salle du trône du palais de Sargon est exposé dans la cour Khorsabad située au rez-de-chaussée de l’aile Richelieu

L'oeuvre en scène - mercredi 16 mars - 12h30 à l'auditorium du Louvre.

Information : 01.40.20.55.55

Réservations : 01.40.20.55.00

Lien vers la page du site du Louvre.

Par Louvre-passion - Publié dans : Antiquités
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 00:05

Cette exposition-dossier est consacrée à Paestum, l’antique Poséidonia, fondée par des colons grecs vers 650 avant JC en Campanie aux alentours de Naples. A la fin du Ve siècle elle fut conquise par les Lucaniens, un peuple italien, avant de devenir au IIIe siècle une possession romaine. L’intérêt archélologique de ce site réside dans les vestiges de trois grands temples de style dorique : le temple de Poséidon, dieu grec de la mer, qui est l'un des temples grecs antiques les mieux conservés, la basilique et le temple de Cérès, la déesse romaine de l'agriculture. De plus la cité fut durant le IVe siècle l’un des principaux centres de production de vases à figures rouges en Italie méridionale. L’exposition est située au 1er étage de l’aile Sully en salle 44 du département des antiquités grecques, étrusques et romaines.

Petite parenthèse, cette salle fait partie de la galerie Campana. Si vous voulez échapper à la foule du Grand Louvre et vous retrouver, l'espace d'un instant, dans un tranquille musée de province allez dans cette galerie d'étude consacrée aux céramiques grecques dont le parquet sent bon l'encaustique.

Dans ces neuf salles aux plafonds allégoriques se trouve une riche collection de céramiques grecques. Celle-ci fut constituée au XIXe siècle par le marquis Giampetro Campana qui fouilla la nécropole étrusque de Cervéteri. A la suite de manoeuvres financières frauduleuses, ce dernier fut contraint de vendre sa collection à Napoléon III en 1862.

Les 3.500 vases grecs furent installés dans des vitrines en bois de chêne spécialement conçues pour recevoir ces pièces. A cette galerie, inaugurée en août 1863, fut donné le nom du marquis Campana.

Et puis, pendant qu’on y est, permettez moi une petite anecdote personnelle. Quand j’étais étudiant (il y a longtemps, au siècle dernier...) j’ai suivi des cours d’archéologie Grecque. Je me souviens d’un cours consacré à Paestum et le professeur nous disant : “Allez à Paestum, il y a les temples ... et la plage !”. Je n’ai pas suivi ce conseil mais je retrouve, bien des années plus tard, Paestum au musée du Louvre.

Il faut attendre le milieu du XVIIIe siècle pour que Poséidonia-Paestum sorte de l’oubli, des voyageurs Français font les premiers relevés du site. La diffusion de ces documents place alors le site comme une étape obligée pour les voyageurs cultivés en Italie, en témoignent ces relevés de l’architecte Henri Labrouste.

dessins paestum

Les premières fouilles de 1805 mettent à jour les fameux vases à figures rouges, mais jusqu’à la fin du XIXe siècle les fouilles sont plus des chasses au trésor que des travaux scientifiques. En gros on creuse des trous un peu n’importe où dans l’espoir de déterrer un beau vase où des bijoux.

A partir du XXe siècle débute la véritable recherche scientifique avec la fouille de la ville, des nécropoles et la découverte d’un sanctuaire consacré à Héra. Paestum ayant été un important centre de production des vases à figures rouges, les archéologues ont découverts plusieurs vases signés (à la manière des peintres athéniens) par deux artisans, Astéas et Python. Autour de ces deux artistes, il a été possiblede situer d’autres peintres et de retracer l’histoire complexe de la céramique de la cité.

Cette exposition est visible jusqu’au 30 mai 2011.

vase paestum1 vase paestum2


Par Louvre-passion - Publié dans : Antiquités
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 00:05

Au début du mois de juillet je vous présentais le blog éphémère de la Vénus de Milo lequel était en fait une présentation, en avant première, de la nouvelle installation des salles consacrées à l’art grec classique et hellénistique (c’est à dire couvrant la période allant de 450 à 30 avant J.-C).

J'ai trouvé cette installation réussie car elle réussit à la fois à mettre en valeur la Vénus de Milo  mais aussi à proposer une proposer  une sélection d'oeuvres de l'époque.


Commençons par la "star". La Vénus est installée dans la salle qu’elle occupa de 1824 à 1848, ce grand espace permet à ses (nombreux) admirateurs de la mitrailler tout à loisir avec leurs numériques et leurs portables.

Les salles attenantes nous offrent un panorama de l'art Grec, à la différence de la présentation précédente il ne s'agit pas seulement de sculptures puisque on peut aussi y admirer des vases,  des bijoux, des éléments d'architectures et bien sûr des statues. Le "plus" ce sont ces cartels explicatifs clairs et très bien faits, par exemple sur le nu masculin dans la sculpture. Pour compléter le parcours, la galerie menant à la Vénus de Milo est composée de répliques romaines selon un parcours thématique voué aux dieux et héros de la mythologie.

 

Salles art Grec2 Salles art Grec4


Le Département  des antiquités Grecques, Etrusques et Romaines est le plus ancien Département d'antiques du musée puisque il fut inauguré en 1800. Il se situe dans les anciens appartements royaux notamment les appartements privés d'Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, qui furent aménagés entre 1655 et 1658. A l'origine les oeuvres exposées étaient celles raflées par les troupes de Napoléon Ier. Après 1815 et la restitution des oeuvres aux pays européens, le Département fut reconstitué par des achats, des fouilles sans oublier le don de la Vénus de Milo au musée du Louvre par le roi Louis XVIII en 1821.


Pour celles et ceux d'entre vous qui habitent loin du Louvre, je vous propose en vidéo une petite promenade dans ces nouvelles salles.

 


Art Grec au Louvre
envoyé par Louvre-passion.

Par Louvre-passion - Publié dans : Antiquités
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires

Présentation

Derniers Commentaires

Recherche

Calendrier

Avril 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés