Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 00:05

 Nicolas Poussin (1594 - 1665) est un peintre Français d'origine normande. Après ses études à Rouen il s'installe à Rome où il passe le reste de sa vie, à l’exception d’un séjour en France entre 1640 et 1642, à la demande du roi Louis XIII, pour décorer la Grande Galerie du Louvre. En butte aux rivalités des autres artistes Poussin ne fait que des cartons préparatoires et retourne bien vite dans sa chère Italie.

L’historien d’art Ernst Gombrich nous apprend qu’il fut un maître du courant néoclassique ou académique, qui visait à idéaliser ou embellir la nature. Poussin avait beaucoup étudié les sculptures Gréco-romaines en Italie et voulait retrouver dans son œuvre un monde antique idéal. Son tableau « Les bergers d’Arcadie » nous représente, dans une région de la Grèce, trois beaux jeunes hommes et une jeune femme réunis autour d’un sarcophage. On voit que ce sont bergers à leurs bâtons et couronnes de feuillages, l’un d’eux déchiffre l’inscription latine « Et in Arcadia ego » qui signifie « Même en Arcadie je suis », c'est-à-dire moi, la mort. Poussin montre la permanence de la mort même dans un paysage idyllique et l’attitude méditative des bergers.

Bergers Arcadie

 

Le Louvre possède une vingtaine de toiles de Poussin, dont les célèbres « Saisons », ce fond est issu des collections royales saisies au cours de la Révolution et attribuées au musée du Louvre.

Aujourd'hui, avec l’aide du « Dictionnaire amoureux du Louvre » de Pierre Rosenberg, je vous propose une promenade dans le musée à la recherche de Nicolas Poussin.

Commençons par son autoportrait peint à Rome en 1650 pour un de ses amis et mécène. Il se représente, l'air sévère dans une toge sombre, sur la toile vierge figure en latin son nom, son lieu de naissance, la date et le lieu de l'exécution de l'oeuvre.

Pousin autoportrait

 

Au rez-de-chaussée de l'aile Richelieu, dans la Galerie des Grands hommes on découvre sa statue qui fut commandée par le comte d'Angiviller en 1787 à Pierre Julien, le peintre est ici représenté dans un drapé à la mode l'antique.

Poussin statue

Au premier étage de l’aide Denon la toile « Homère déifié, dit aussi L'Apothéose d'Homère » peinte en 1827 par Jean Auguste Dominique Ingres représente le poète divinisé recevant l'hommage des grands hommes de l'antiquité et des temps modernes. Poussin est en bas à gauche et désigne Homère du doigt.

Homère déifié

 

Un peu plus loin je lève les yeux et le retrouve dans ce plafond intitulé "le triomphe de la peinture française" de Meynier.

  Triomphe peinture

 

Il y a enfin, dans la galerie Campana, le plafond d'Alaux qui a pour titre "Poussin arrivant de Rome est présenté à Louis XIII par le Cardinal de Richelieu" (ouf !). Ce plafond n’est pas visible actuellement car la salle est fermée.

En sortant prendre l'air je retrouve Poussin statufié par Rude au milieu des 86 statues des hommes illustres de la Cour Napoléon installées en 1853 par l'architecte Hector Lefuel chargé des travaux d'aménagement du Louvre. J’ai remarqué, que parmi ces portraits d'artistes ou d'écrivains, ne figure aucune femme. La France du second empire avait encore des progrès à accomplir en matière de parité !

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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 00:05

J'ai découvert un autre blog consacré au Louvre, c'est le blog de la Vénus de Milo.

Eh oui, la star en pierre qui attire quotidiennement des milliers de touristes qui la mitraillent avec leurs numériques et leurs portable s'est, elle aussi, lancée dans la blogosphère.

C'est en surfant sur le site du Louvre que j'ai cliqué sur un bandeau annonçant : "Découvrez le blog de la Vénus de Milo. Elle vous dit tout sans tabou".


Dans la présentation de son blog la Vénus nous informe "qu'en tant que déesse de l’amour, elle se doit de nous raconter ce qui se passe en ce moment au Musée..."


blog venus

 

On découvre ses dernières restaurations, comment elle a été radiographiée et sa surface analysée avant les soins qui lui ont été apportés. Petit à petit on découvre le futur aménagement des salles d'art grec et l'installation des œuvres qui reviennent de la Cour du Sphinx où elles dormaient sous du plastique depuis quelques années. On a également droit à une petite chronique du mardi : Que se passe-t-il quand le Louvre est fermé ? Réponse, le déplacement des œuvres, le nettoyage...


Intrigué j'ai posé quelques questions à ce blog. J'ai appris qu'il s'agit en fait d'une présentation en avant-première des nouvelles salles d'art grec classique et hellénistique. Le blog, qui vivra jusqu'au 7 juillet, date de l'ouverture des nouvelles salles, est rédigé par une personne extérieure au musée "pour avoir un regard frais et un ton moins institutionnel".


La Vénus de Milo date du premier siècle avant notre ère, elle fut découverte sur l'île de Mélos (ou Milo) en 1820 puis offerte au roi Louis XVIII qui en fit don au Louvre. Depuis lors un parfum de mystère l'accompagne. Elle est couramment appelée Vénus - ou Aphrodite puisqu'elle est Grecque - en raison de sa semi-nudité et de la sensualité de ses formes mais certains pensent qu'elle représente plutôt Amphitrite, la déesse de la mer, qui était vénérée dans l’île de Milo. Autre mystère, celui de ses bras disparus. Que faisait-elle ? Tenait-elle une pomme comme dans le jugement de Pâris, une couronne, un miroir ?


Avec la Joconde, la victoire de Samothrace et le scribe accroupi elle fait partie des stars incontournables du musée du Louvre. Je lui souhaite donc un beau succès dans la blogosphère.

 

venus milo

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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 00:05

Contrairement à ce qu'on pourrait croire cette statue du musée du Louvre n'a rien de Bourguignon. Son histoire est assez curieuse. Elle fut acquise en 1895 par le concierge du théâtre d'Auxerre et utilisée à plusieurs reprises comme décor d'opérette. N'ayant plus d'utilité en tant que décor la dame fut ensuite déposée au  musée municipal qui l'oublia dans ses réserves. C'est en 1907 qu'un spécialiste la redécouvrit et la fit rentrer au Louvre deux ans plus tard.

Dame Auxerre


La Dame d'Auxerre est une statue Grecque, datée du VIIe siècle avant notre ère, de style "dédalique". Ce terme vient de Dédale, l'architecte, sculpteur et inventeur athénien légendaire, qui réalisa pour le roi Minos de Crète le labyrinthe dans lequel fut enfermé le Minotaure, un monstre mangeur d'hommes, moitié homme, moitié taureau.

La statue représente une femme vêtue d'une longue robe fourreau serrée à la taille par une large ceinture, une pèlerine sur les épaules. L'un de ses bras est le long du corps et l'autre replié sur la poitrine. Bien que la tête soit abîmée on voit qu'elle sourit, sa coiffure est une sorte de perruque un peu à la mode des anciens égyptiens. On ne sait pas qui elle représente, certains spécialistes ont évoqué la déesse orientale Astarté, d'autres penchent pour la représentation d'une porteuse d'offrande ou de la servante d'un culte de la fécondité. La nature du calcaire dans lequel est sculptée la Dame d'Auxerre et la comparaison avec du matériel funéraire trouvé à Eleutherne, au nord de la Crète, montrent qu'elle a été trouvée dans cette nécropole à la fin du XIXe siècle.


Actuellement vous pouvez la voir dans la salle des "sept cheminées" qui accueille une présentation provisoire des oeuvres la Grèce préclassique durant les travaux de l'aile Denon.

 

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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 00:05

Parmi les endroits que j’affectionne au Louvre il y a la section des objets d’art du début du XIXe située au premier étage de l’aile Richelieu. Dans l’une des salles on découvre cet ensemble composé d’une table et d’un fauteuil de toilette en cristal et verre églomisé (ce qui veut dire comprenant une dorure intérieure), et bronze doré. J’ai remarqué que le premier réflexe des femmes qui arrivent dans la salle est de se regarder dans le miroir. Vu la beauté de ce meuble je comprends que c’est tentant. La notice du musée nous apprend que cet ensemble a vraisemblablement été acquis par la duchesse de Berry en 1819 et placé dans son château de Rosny-sur-Seine.

 

Table toilette

Essayons un peu d’imaginer Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry, devant sa table de toilette vers 1820. C’est une jeune femme de 22 ans, comme toutes les femmes de son époque elle évite le soleil pour préserver la blancheur de son teint, pour se farder elle utilise de la poudre de riz et une petite touche de rouge. Le XIXe siècle est la période où les femmes utilisent le moins de maquillage, celui-ci est réservé aux actrices sur scène ou aux prostituées. Marie-Caroline lave rarement sa chevelure par crainte des rhumes mais la brosse longtemps, elle sait que l'odeur de ses cheveux est censée troubler les hommes. Pour se parfumer la jeune femme utilise un nouveau produit qui fait fureur, c'est l’eau de Cologne qui connaîtra un succès constant tout au long du XIXe siècle. Pour ses vêtements la jeune femme achète chez Leroy l’ancien fournisseur de l’ancienne cour impériale qui habille les élégantes dans les salons aristocratiques. Les robes blanches raccourcies ont le bas orné d’une guirlande de lys et les manches ouvragées. Les tissus à la mode sont le drap mérinos, le velours et la lévantine l’hiver, la percale, la mousseline, la soie et le crêpon l’été. La tendance est aux couleurs tendres et sentimentales : lilas, héliotrope, réséda…

Bien sûr tout ceci est réservé aux classes supérieures, pour les paysannes et les femmes du peuple ces soins de beauté restent inaccessibles.


duchesse de Berry Marie-Caroline, duchesse de Berry (1798 – 1870), naît dans une famille de la noblesse française qui a émigré en Italie pendant la Révolution. Revenue en France pendant la restauration elle épouse le duc de Berry, un proche de la famille royale, qui est assassiné en février 1820. Très impliquée dans son époque elle soutient l’activité industrielle de manufactures et d’artisans, c’est aussi une mécène reconnue pour les peintres les musiciens et les écrivain. Elle se distingue également par son action caritative.

 

Mais la duchesse de Berry est restée dans l’histoire à cause de sa tentative de soulèvement royaliste en 1832. Après révolution de 1830 elle s'imagina que son fils pourrait être proclamé roi de France sous le nom d’Henri V et débarqua en Vendée pour tenter de rallier la population à sa cause et déclencher une insurrection. En fait la tentative ne rencontra qu’un maigre succès et la duchesse fut rapidement arrêtée par la police de Thiers, nouveau ministre de l’intérieur. Emprisonnée elle accoucha d’une fille, fruit d’un mariage secret contracté avec un noble Italien. Pour la discréditer aux yeux de ses partisans le gouvernement rendit public cette naissance et cette union puis l’expulsa hors de France, elle finit alors sa vie en exil.

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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 00:05

 

O sultan Nourredin, calife aimé de Dieu !

Tu gouvernes, seigneur, l’empire du milieu,(…)

Ton front porte une aiqrette et ceint le turban vert.

Tu peux voir fôlatrer dans leur bain, entre’ouvert

Sous Ia fenêtre où tu te penches,

Les femmes de Madras plus douces qu'un parfum,

Et les filles d'Alep qui sur leur beau sein brun

Ont des colliers de perles blanches.

Victor Hugo - Le poète au Calife – Les Orientales


affiche orientales Dans le cadre de mes escapades périodiques hors du Louvre je vous emmène à la maison de Victor Hugo située place des Vosges dans le 4e arrondissement. Le poète y vécut de 1832 à 1848 dans un appartement situé au second étage d’un hôtel particulier transformé en musée en 1902. On peut y visiter en ce moment une exposition autour des « Orientales » un recueil de poèmes publié par Victor Hugo en 1829.


Le début de la visite nous montre que le thème de ce recueil n’est pas tout à fait un hasard, en ce début du XIXe siècle l’Orient est « tendance ». Le souvenir de l’expédition d’Egypte de Bonaparte est encore très présent dans les esprits grâce au succès de l’ouvrage « Voyage dans la Basse et Haute-Égypte » (1802) de Vivant Denon. En 1811 Chateaubriand raconte son périple en Grèce, en Turquie et à Jérusalem dans son « Itinéraire de Paris à Jérusalem », dans le même temps l’écrivain anglais Lord Byron établit sa réputation en publiant, en 1812, les deux premiers chants du « Chevalier Harold », inspirés de son voyage en Méditerranée et en Orient. Qu’il s’agisse des écrivains, des peintres ou des dessinateurs, leur vision de « l’Orient » est encore confuse et marquée par des clichés : les pyramides, le désert, les harems…


Mais surtout c’est l’insurrection de la Grèce, alors province de l’empire Ottoman, qui occupe les esprits. Commencée en 1822 elle suscite aussitôt un courant de sympathie dans l’opinion européenne alors que les gouvernements se gardent bien d’intervenir. Tout change à l’avènement du nouveau Tsar de Russie, Nicolas Ier, bien décidé à utiliser à son profit la révolte Grecque. L’Angleterre qui ne veut pas d’une Russie trop influente dans cette région juge habile de s’associer au Tsar et d’entraîner le gouvernement français. En 1827 les trois puissances envoient des vaisseaux de guerre qui détruisent la flotte turco-égyptienne dans la rade de Navarin au sud ouest de la Grèce et les Russes s’emparent de la grande ville d’Andrinople. Le sultan ottoman est contraint de signer un traité en 1829 qui, entre autres choses, reconnait la création d’un état Grec indépendant. Ces épisodes sont abondamment traités par les artistes à l’exemple du « Jeune Grec défendant son père » d’Ary Scheffer ou de l’ « Episode de la guerre d’indépendance de la Grèce en 1827 » de Friedrich Bouterwerk, (où l’explosion d’un bateau Turc lors de la bataille navale de Navarin semble causée par une charge nucléaire !). On passe ensuite à l’Orient des voyageurs, notion toute relative puisque à l’époque on est encore très loin du « tourisme de masse », Hugo lui-même n’a fait que lire des récits.


La dernière partie de l’exposition « Captives, baigneuses, sultanes… » montre qu’à l'époque l’Orient a une forte connotation érotique chez les artistes européens. L’affiche de l’exposition joue d’ailleurs sur ce thème puisqu’il s’agit de « Intérieur de harem, Femme de Constantine sortant du bain » de Théodore Chassériau. La vogue des nudités sensuelles à laquelle s’est adonné sous les prétextes les plus divers l’art du XIXe siècle est abondamment décliné dans les peintures où les poèmes de Hugo : La captive, La sultane favorite, Sara la baigneuse, Nourmahal la Rousse.


Les Orientales, jusqu’au 4 juillet à la Maison de Victor Hugo Hôtel de Rohan-Guéménée - 6, place des Vosges - 75004 Paris – Entrée 7 €.

Avant ou après la visite je vous engage à profiter du charme de la place des Vosges et du quartier du Marais.

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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 00:05

 

Ce mois ci c’est « Vertumne et Pomone » de Nicolo dell’Abate qui fait l’actualité. Il fut peint vers 1550 par un disciple de Francesco Primaticcio, dit « le Primatice » venu en France participer à la décoration du château de Fontainebleau.

Vertumne Pomone

 

Le tableau s’inspire d’une histoire racontée par le poète Latin Ovide dans les « Métamorphoses ». La nymphe Pomone était passionnée de jardinage au point de s’être enfermée dans son verger pour échapper aux avances des hommes et des faunes. Le dieu des saisons et des arbres fruitiers, Vertumne, en était tombé éperdument amoureux, mais comment approcher cette nymphe « asexuelle » qui refusait tout contact avec les hommes ? Il eut alors l’idée de prendre l’apparence d’une vieille femme pour complimenter Pomone sur ses arbres et ces fleurs (à peu de choses près c’est l’idée reprise par les innombrables émissions sur la « déco » et le jardin qui fleurissent sur nos écrans…). Une fois dans la place Vertumne raconta alors l’histoire d’Anaxarète une belle jeune fille, aimée du berger Iphis, mais qui resta indifférente. Désespéré, Iphis se pendit et Anaxarète ne fut même pas émue lors des funérailles de son soupirant. Pour la punir Aphrodite, la déesse de l’amour, la changea en pierre alors qu’elle regardait par curiosité le cortège de l'enterrement de son amoureux passer sous sa fenêtre. A la fin de son récit Vertumne se montra sous son véritable aspect, celui d’un beau jeune homme, et Pomone accepta son amour. Pour ma part je me demande si Pomone eut le « coup de foudre » ou peur de se faire transformer en statue

 

La scène se situe au moment où Vertumne s’est introduit chez Pomone et joue sur le contraste entre la beauté de la nymphe accoudée à sa fontaine, nue sous quelques voiles transparents, et l’aspect ingrat de Vertumne … qui néanmoins approche sa main. L’histoire de Vertumne et Pomone était très prisée à l’époque et fut reprise par de nombreux artistes. François Ier avait demandé que ce thème fasse partie du décor du château de Fontainebleau.

Le tableau du mois est exposé au 2e étage de l’aile Richelieu en salle 17.

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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 00:05

 

Afficher MotaisHéléna et Guy Motais de Narbonne, un couple d’amateurs d’art familiers du musée du Louvre, ont réussi à constituer, depuis le début des années 1980, une collection de peintures Françaises et Italiennes des XVIIe et XVIIIe siècle. Les quarante-quatre tableaux présentés portent sur des sujets d’inspiration mythologique ou religieuse. Certains sont l’œuvre de peintres très connus tels que Le Brun, Subleyras ou Vien. Cette exposition est le résultat d’un accord entre le Louvre et ces collectionneurs, en échange de la publication de leur collection ils ont offert au musée deux tableaux remarquables : « La Bataille entre les Amazones et les Grecs » de Claude Déruet (1588 - 1660) et « Le Retour du fils prodigue » de Domenico Maria Viani (1668 - 1711) qui viennent enrichir le Département des peintures.

 

Comme il était permis de photographier je vous ai sélectionné « Le Christ au désert servi par les anges » (1680) de Jean-Baptiste de Champaigne qui relate l’épisode cité dans les évangiles durant lequel Jésus s’imposa un jeûne de 40 jours dans le désert au cours duquel Satan vint le tenter à plusieurs reprises. On voit ici les anges descendant du ciel pour mettre fin à cette épreuve et lui servir de la nourriture.

Christ désert

 

Dans un registre mythologique « Le sacrifice d’Iphigénie » (1749) de Gabriel François Doyen. Au début de la guerre de Troie la flotte des Grecs fut retenue à Aulis par des vents contraires provoqués par la déesse Artémis. Le devin Calchas annonça alors que la colère de la déesse ne serait apaisée que si le chef des Grecs, Agamemnon, sacrifie sa fille Iphigénie. Celui-ci dût s’y résoudre la mort dans l’âme mais au dernier moment la déesse substitua une biche à la jeune fille dont elle fit sa prêtresse. C’est cet épisode dramatique que représente le tableau à grand renfort de nuées et de draperies.

sacrifice iphigénie

La collection Motais de Narbonne - Tableaux français et italiens des XVIIe et XVIIIe siècles jusqu’au 21 juin au 2ème étage de l’aile Sully, salles 20 à 23.

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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 00:05

Si il y a un endroit que j’affectionne particulièrement c’est bien le « couloir des poules ». Au deuxième étage de l’aile Sully, dans la section des peintures française du XVIIIe siècle, la plupart des salles portent des noms de grands peintres (Restout, Boucher….) et, tout d’un coup, sur le côté on aperçoit un « couloir des poules ».

cartel couloir poules

Pendant plusieurs années je me suis posé la question du pourquoi de cette appellation. Bien sûr je savais que le musée avait hérité des dénominations du palais comme la salle des sept cheminées où la galerie d’Apollon, mais pourquoi un « couloir des poules » ?


C’est grâce au « Dictionnaire amoureux du Louvre » de Pierre Rosenberg – quasiment mon livre de chevet – que j’ai enfin eu une réponse.

Selon Pierre Rosenberg il y a trois explications possibles :

- l’endroit aurait été le logement du peintre animalier Pieter Boel, dit Boule (1622-1674),

- un occupant des ateliers d'artistes de la Cour Carrée y aurait élevé des poules,

- L’explication la plus probable est que ce couloir donnait au XVIIIe siècle sur la rue des Poulies, aujourd’hui disparue, située à I'emplacement de I'actuelle rue de I'Amiral-Coligny, devant la mairie du 1er arrondissement. Le nom actuel serait une déformation de « couloir de la rue des Poulies ».


couloir poules

 

Ce lieu, qui était fermé pour travaux depuis plusieurs années, est de nouveau ouvert pour ma plus grande joie. Si vous avez l’occasion d’y passer entrez dans ce couloir pour y admirer les pastels dont certains de Chardin. A chaque extrémité des ouvertures en œil-de-bœuf éclairent le couloir, si vous vous approchez de celui qui est côté sud vous pouvez profiter de la vue sur la Seine, le Vert galant et le Panthéon.


fenetre couloir poules

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