Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 00:05

Affiche Prisse AvennesCette double exposition coproduite par le musée du Louvre et la Bibliothèque nationale se visite donc sur deux sites. Elle s’inspire de l’œuvre d’Émile Prisse d'Avennes (1807-1879) un descendant d’une famille anglaise émigrée en Flandres dont le buste est exposé au Buste Prisse AvennesLouvre. Ingénieur de formation, égyptologue, archéologue, ethnologue, il s’intéressa autant aux vestiges de l’Égypte antique qu’aux monuments islamiques. Durant les deux séjours qu’il fit en Égypte, de 1827 à 1844, puis de 1858 à 1860, il ramena une abondante documentation : des calques, des aquarelles, des estampages et des photographies en vue d’un ouvrage qui fera date « Histoire de l’art Egyptien d’après les monuments, depuis les temps reculés jusqu’à la domination romaine ». Dans son livre « L’Egypte une passion française » Robert Solé raconte qu’il était connu pour son mauvais caractère et s’était installé dans une belle demeure à Louxor après s’être brouillé avec la moitié du Caire. Il accusa notamment l’égyptologue Auguste Mariette d’être un charlatan et un escroc mais ayant été trop médisant sur trop de monde il ne fut pas pris au sérieux.

Au musée du Louvre l’exposition « Egypte de pierre de Prisse d'Avennes » est consacrée à la « Chambre des Ancêtres », ou Chambre des rois, seul « objet » ramené par Prisse d'Avennes qui l’aurait démontée pour qu’elle ne tombe pas aux mains des allemands. Ce monument fut érigé par le pharaon Thoutmosis III (1479 – 1425 avt JC) au retour d’une de ses campagnes militaires. Le roi y rend hommage à soixante et un de ses ancêtres devant une table d’offrandes chargée de victuailles.

Chapelle ancêtres

Célèbre au XIXe siècle en raison de son caractère historique, c’est une des cinq grandes listes chronologiques de noms royaux allant de l’ancien empire à la deuxième période intermédiaire, c'est-à-dire entre 2.700 et 1.550 avant notre ère. En fait l’ordre n’est pas respecté et peu de pharaons célèbres sont cités. La plupart des visages ont été martelés et la chapelle était déjà en ruines quand Prisse la démonta en 1843.

L’exposition dure jusqu’au 2 juin 2011 au rez-de-chaussée de l’aile Sully, salle 12. J’ai regretté qu’elle soit mal signalée et peu mise en valeur par le musée.

Affiche Prisse BNF Autre ambiance à la Bibliothèque nationale où l’exposition s’intitule « Visions d'Égypte. Émile Prisse d'Avennes (1807-1879) ». Là de grandes bannières sont déployées pour la signaler. ll est vrai que le fond disponible est beaucoup riche. Le début est constitué d’un échantillon des 300 mètres de calques rapportés par Prisse d'Avennes. On peut voir sur les murs des reproductions grandeur nature et en couleur des parois de la tombe de Rekhimre qui fut vizir, c'est-à-dire premier ministre, des pharaons Thoutmosis III et Amenhotep II. Des espaces sont aménagés de stations « audio-tactiles » intégrées à la scénographie où sont diffusés les textes hiéroglyphiques de cette tombe (traduits je vous rassure).

Prisse se passionnait aussi pour l’Égypte de son temps, vêtu à l’orientale, parlant l’arabe il décrivit le pays par ses dessins, ses aquarelles ou des photographies. On peut voir de nombreuses scènes de la vie quotidienne de l’Egypte du XIXe : intérieurs de mosquées, bazar du Caire, scènes de rues. Il nous livre aussi des vues des sites dans leur état du XIXe siècle, ensablés, sans remontage et sans touristes. Une salle est consacrée à un rouleau de papyrus de plus de sept mètres de long datant d’environ 1800 avant J.-C. C’est l’un des plus anciens manuscrits littéraires complets de l’Égypte ancienne connu sous le nom « d’enseignement de Ptahhotep ». Destiné aux futurs dignitaires, le livre traite de façon plus générale de la société humaine en prodiguant des conseils de bon sens. Il y est question de l’humilité, de l’avidité, de l’éloquence ou du désir. J’ai terminé ma visite par une lettre du ministre des travaux publics, ministre de l’instruction publique du 31 décembre 1844 au directeur de la bibliothèque royale qui annonce l’arrivée de ce fameux « papyrus hiératique ».

L’exposition se déroule jusqu’au 5 juin 2011 à la Bibliothèque nationale 5, rue Vivienne 75002 Paris.

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Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 00:05

Au mois de novembre je vous avais parlé de cet appel au mécénat privé pour acquérir “Les trois grâces” de Lucas Cranach, un "trésor national" que le Louvre souhaitait acheter mais pour lequel il lui manquait 1 M€. Comme la presse l’a rapporté l’opération a connu un franc succès, 7.000 personnes – dont votre serviteur – ont contribués à cette acquisition et la somme a été réunie un mois avant la date butoir.

Comme tous les donateurs j’ai reçu une lettre de remerciements du musée m’invitant à la présentation exceptionnelle du tableau dans la galerie Médicis, au 2ème étage de l’aile Richelieu. Passé l’escalator on découvre les 7.000 noms, comme tout le monde j’ai vérifié et, oui le mien était bien là !

Présentation Cranach Présentation Cranach noms

Dans la galerie Médicis ce qui frappe c’est le contraste entre la petite taille du Cranach (36 X 24 cm) et les grands Rubens qui l’entourent. Curieusement à sa droite se trouve « L'Instruction de la reine, dit aussi L'Éducation de la reine » où Rubens représente lui aussi les trois grâces, peut être un clin d’œil des conservateurs.

Présentation Cranach medicisJe me suis donc approché de ce panneau gris pour contempler le tableau derrière sa vitre de protection en me disant que s’il était là c’était en partie grâce à moi (excusez ce petit moment de vanité….).

La notice qui accompagne ce tableau nous apprend que, bien que daté de 1531, il est en excellent état. Sur un fond noir ces trois jeunes filles nues sur un sol caillouteux portent des colliers, celle de gauche un voile transparent et celle du milieu un élégant chapeau. Leur nudité indique qu’elles sont exemptes de toute dissimulation. Il nous est aussi expliqué que pour Cranach les trois grâces symbolisaient des vertus : la charité, l’amour et la générosité, le tableau ayant ainsi une dimension moralisante, voire chrétienne. Cela dit je pense que si l’artiste mettait cette symbolique en avant il jouait aussi sur l’attrait érotique de ses représentations dénudées.

Trois graces cranach Cette présentation exceptionnelle dure jusqu’au 30 mai 2011, en juin les « Trois Grâces » rejoindront les sept autres tableaux de Cranach que possède déjà le Louvre dans ses collections permanentes

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Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 00:05

Mercredi 16 mars 2011 à l’auditorium du Louvre, « l’œuvre en scène » sera consacrée au tableau de Félix Thomas « Les Fouilles de Khorsabad » présenté par Elisabeth Fontan, du département des Antiquités orientales du musée du Louvre.

Ce tableau récemment acquis par le Louvre représente la mise au jour d’une porte de la ville de Khorsabad gardée par des taureaux androcéphales ailés. Le taureau de droite est aujourd’hui conservé au musée, mais celui de gauche a disparu dans le Tigre, lors d’une attaque du convoi qui le rapportait en France.

khorsabad Felixweb Félix Thomas, Les fouilles de Khorsabad, musée du Louvre © musée du Louvre / H.Bréjat.

Avant d’être peintre, Félix Thomas fut architecte. A ce titre, il fut envoyé par le gouvernement en Mésopotamie de 1851 à 1853. Sur le chemin du retour, il séjourna à Khorsabad, où le consul de France à Mossoul Victor Place poursuivait des fouilles archéologiques et dressa les plans du palais et de la ville. Rentrés à Paris, Thomas réalisa les planches qui illustrent le grand recueil de Victor Place sur Ninive et l’Assyrie, une référence dans le domaine de la connaissance de l’architecture palatiale assyrienne. Puis il s’adonna à la peinture d’œuvres orientalistes inspirées de ses voyages. En 1863, il présente au Salon ce tableau qui constitue un précieux témoignage pour la connaissance du site.

Grâce aux fouilles nous savons qu’entre 717 et 706 avant notre ère le roi d’Assyrie Sargon II fit bâtir une nouvelle cité nommée Dur-Sharrukin, qui est aujourd’hui le village Irakien de Khorsabad. Il fit élever un palais et l'orna de remarquables bas-reliefs. Ces taureaux que l’on voit émerger du sable, gardaient l’entrée de la ville. Taillés dans l’albâtre gypseux, hauts de 4,20 m, ils sont androcéphales, ce qui veut dire qu’ils ont une tête humaine. Ce sont des génies comme l’indiquent leurs tiares ornées de cornes et ils portent une barbe et une chevelure identique à celle des rois d’Assyrie. Notez aussi qu’ils ont cinq pattes afin que les spectateurs voient les quatre pattes des taureaux quelque soit leur point de vue.

taureaux androcéphalesLes premières fouilles du site sont dues à Paul-Emile Botta « consul archéologue » à Mossoul dont les découvertes permirent au roi Louis-Philippe d’inaugurer en 1847 le premier musée Assyrien du monde dans les salles du Louvre. Depuis 1993 cet ensemble monumental qui reconstitue l’entrée de la salle du trône du palais de Sargon est exposé dans la cour Khorsabad située au rez-de-chaussée de l’aile Richelieu

L'oeuvre en scène - mercredi 16 mars - 12h30 à l'auditorium du Louvre.

Information : 01.40.20.55.55

Réservations : 01.40.20.55.00

Lien vers la page du site du Louvre.

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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 00:05

 Affiche orient femmesMon premier réflexe m’aurait plutôt conduit à « zapper » cette exposition (les robes ce n’est pas forcément ma passion !). J’y ai conduit ma moitié intéressée par le sujet et, finalement, j’en reviens charmé par la profusion des couleurs et la scénographie imaginée par Christian Lacroix.

L’exposition « L’Orient des femmes » présente 175 costumes et accessoires traditionnels des villageoises et Bédouines du nord de la Syrie à la péninsule du Sinaï dont la richesse et l’éclat ont provoqué l’admiration des voyageurs du siècle dernier. Alphonse de Lamartine écrit ainsi « Ces beautés admirables et variées sont aussi extrêmement communes ; je ne marche jamais une heure dans la campagne sans en en rencontrer plusieurs allant aux fontaines ou revenant avec leurs urnes étrusques sur l’épaule ».

Cet évènement est né de la collaboration entre Hana Chidiac, responsable au musée des collections Afrique du Nord et Proche-Orient et du couturier Christian Lacroix qui a participé au choix des costumes et imaginé la scénographie. De leur travail en commun est né ce parcours poétique ponctué de pièces somptueuses qui, pour la plupart, sont exposées pour la première fois en France : robes de fête, manteaux, voiles et coiffes qui composent le trousseau de la mariée. En hommage à l’art millénaire de la broderie, l’exposition dévoile le travail de ces femmes qui, pendant des siècles, ont cherché à créer des modes pour s’embellir et exister, livrant ainsi leur personnalité, leur sens esthétique et leurs émotions.

A l’entrée on découvre une pièce rare, une robe d’enfant du XIIIe siècle, retrouvée dans une grotte au Liban et prêtée par le Musée national de Beyrouth.

Le parcours est organisé par région et par couleur, du plus sombre au plus clair. Certaines robes sont exposées sur des mannequins, d’autres déployées sur des armatures en croix pour faire ressortir leurs formes géométriques. Pour ajouter à l’ambiance on marche sur des tapis moelleux.

Comme les photos étaient permises je vous donne un aperçu visuel de cette exposition.

Manteau robe Syrie 1930Manteau robe et voile de femmes Syrienne des années 1930

Robe parure Jordanie 1930Robe, manteau et parure de femme Jordanienne des années 1930

Robes fêtes PalestiniennesRobe de fête Palestinienne

Parure robe Bédouine

Parures, coiffes et robes de mariage de Bédouines de la péninsule du Sinaï vers 1935

Coiffe SinaïUne coiffe de la péninsule du Sinaï du début du XXe siècle.


Dans une petite pièce est affiché « Prière de toucher » on y trouve une série de petites robes brodées, réalisées spécialement pour l’exposition et destinées aux personnes aveugles mais tout le monde en profite. Sur des banquettes, également conçues par Christian Lacroix, les visiteurs peuvent consulter des fiches relatant l’histoire de la soie au Proche-Orient ou encore la saga de l’indigo.

D’ailleurs à propos de visiteurs j’ai plutôt remarqué une large majorité de visiteuses, étonnant non ? 

Le mérite de cette exposition est aussi de tordre le cou à une idée reçue selon laquelle le vêtement féminin traditionnel de ces régions était uniformément triste et noir. C’est en fait depuis une quarantaine d’années que l’image et la physionomie de la femme du Proche-Orient a changé. De nos jours, ce que l’on nomme « la tenue islamique » s’est ’imposée. De couleur sombre, elle recouvre le corps des femmes sans en rien laisser paraître et conduit à l’abandon progressif des costumes traditionnels orientaux très colorés. Mais au final on apprend qu’en Palestine des femmes remettent à l’honneur cet art traditionnel pour des raisons culturelles mais aussi économiques puisqu’il s’agit de pièces destinées à la vente.

L’exposition est à voir au musée du Quai Branly jusqu’au 15 mai 2011.

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Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 00:05

Deux œuvres de Chardin intitulés respectivement « Les instruments de la musique civile » et « Les instruments de la musique militaire » sont récemment entrés dans les collections du  Louvre. En 1766 ces tableaux sont commandés pour la décoration du château de Bellevue (près de Meudon dans les Hauts-de-Seine) qui devait servir de résidence à la famille proche du roi Louis XV. Les tableaux deviennent ensuite bien nationaux durant la Révolution et sont vendus aux enchères en 1795. Revendus en 1853 ils restent ensuite dans la même famille pour finalement rejoindre les collections du Louvre.

C’est le marquis de Marigny, frère cadet de madame de Pompadour, et directeur de l’administration des arts (ce qui équivaut à notre ministre de la culture) qui reçoit la tâche de réaménager le château de Bellevue. Il fait appel à Jean-Siméon Chardin (1699 – 1779) alors âgé de 67 ans qui excellait dans les natures mortes. Son art était loué par toute la critique et sa renommée internationale. Pour le salon de musique Chardin réalise ces deux compositions. Pour la musique civile il représente un tambourin de Provence, une flûte traversière, une viole, une clarinette et un cor, ces deux derniers instruments étant utilisés depuis 1762 dans les orchestres parisiens.

Chardin musique civile Les instruments de musique militaire (timbales, basson, trompette) sont accompagnés de l’étendard bleu et rouge aux armes des rois de France et de Navarre ainsi que de la croix du Saint-Esprit.

Chardin musique militaire

Exposés au salon de 1767 les tableaux suscitent l’admiration de Diderot « C’est une vigueur de couleur incroyable, une harmonie générale, un effet piquant et vrai, de belles masses, une magie à faire désespérer, un ragoût dans l’assortiment et l’ordonnance. Eloignez-vous, approchez-vous, même illusion, point de confusion, point de symétrie non plus, point de papillotage; l’œil est toujours recrée parce qu’il y a calme et repos ».

Après un tel commentaire j’ai bien conscience que mes petites photos numériques peinent à rendre l’éclat de ces tableaux mais si vous le pouvez aller les admirer au 2e étage de l’aile Sully.

 

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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 00:05

C’est un artiste anglais contemporain qui, cette fois, se confronte avec les œuvres du musée du Louvre. Tony Craag d’abord chimiste dans un laboratoire de recherche sur le caoutchouc  décide de s'adonner à la recherche en tant qu'artiste. Dans les années 80 il participe au mouvement de la "nouvelle sculpture anglaise" qui travaille notamment à partir de formes minimalistes et élémentaires. Ces artistes utilisent également des matériaux de récupération pour porter un regard critique sur la société industrielle.

Très en pointe techniquement il utilise la recherche pour donner à ses matériaux des aspects surprenants, le plâtre peut devenir une éponge, le carbone de la peau de lézard et le bronze un pâte souple. Pour Tony Cragg "fabriquer des sculptures est un moyen d'interroger l'existence".

Tout commence dès l’entrée de la pyramide avec cette énorme sculpture en bois rouge réalisée spécialement pour cette exposition et placée sur le belvédère. Dans son « Dictionnaire amoureux du Louvre » Pierre Rosenberg nous raconte que, lors de la construction de la pyramide, Peï souhaitait qu’y soit installé la Victoire de Samothrace, idée qui ne fut pas retenue. Aucune autre proposition ne fut convaincante et Pierre Rosenberg de suggérer – lors de la parution du livre en 2007 - « une commande à un artiste contemporain ». Ce qui après quatre années s’est réalisé.

  TCraag versusDans l’aile Richelieu, cinq sculptures de formes et de natures variées, reflétant la diversité de sa pratique de sculpteur sont installées dans les cours Marly et Puget. Dans cette sélection photographique j’ai bien aimé « Elbow », ce bois donc la couleur s’accorde bien avec l’ensemble de la cour Marly. La pièce semble taillée par les vents et l’érosion.

TCraag elbowPlus loin « Red figures » est une forme similaire de couleur rouge, le cartel signale « courtesy de l’artiste » c'est-à-dire avec son autorisation (s’il expose on suppose les pièces sont là avec son accord ?).

TCraag red figure« Manipulations » m’a laissé perplexe, de loin on dirait une grosse araignée roulée en boule.

TCraag manipulationEnfin, dans la cour Puget la couleur de « Ferryman » s’accorde bien avec le groupe des captifs.

TCraag ferrymanToutes ces pièces sont visibles jusqu’au mois d’octobre 2011.

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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 00:05

Affiche revenants Sur le thème des revenants, cette exposition-dossier réunit des dessins, des albums de théâtre, des photographies et des plaques de fantasmagorie inédites datant du Moyen-âge jusqu’au début du XXe siècle. Et, puisque à l’occasion de mon précédent article, Egyptomusée m’a demandé ce qu’était une exposition dossier, je vous en donne la définition : « Chaque département se propose de partager avec le public du musée une nouvelle approche scientifique de certaines œuvres à la suite d'études, de restaurations, de nouvelles acquisitions ».

Au Moyen-âge, à la fin du XIIIe siècle dans le « Dit des trois morts et des trois vifs », les revenants sont figurés sous forme de squelettes pour symboliser la vanité du monde. Au XIVe siècle dans la « danse macabre » 24 vivants de toutes les classes sociales, après une vaine argumentation avec la mort, sont emportés par des squelettes. Un peu plus loin, le tableau de Hans Baldung « le chevalier, la jeune fille et la mort » nous montre que le chevalier qui ne peut empêcher la jeune fille de se faire happer par la mort.

Au XVIIe siècle le théâtre baroque fait honneur aux créatures de la nuit et multiplie les effets spectaculaires d’apparitions surnaturelles. Un volume exposé contient la description des costumes pour le « Ballet du chasteau de Bicêtre » dansé en 1632 au Louvre, à l’Arsenal et à l’Hôtel de Ville. Ce ballet, dont le texte est de Corneille, s’inspire d’une croyance populaire selon laquelle des revenants auraient été vus dans les ruines du château. L’affiche de l’exposition est d’ailleurs tirée d’une illustration de cet ouvrage.

Le thème des revenants est une source d’inspiration pour les peintres romantiques qui mettent en scène des récits et des légendes. Girodet peint l’ombre d’Hector apparaissant à Enée, Delacroix s’inspire de William Shakespeare et du spectre du roi Hamlet apparaissant à son fils pour lui demander de venger son empoisonnement.

A la fin du XIXe siècle la photographie est utilisée par des médiums comme l’américaine Agnès Healy qui, à l’aide de tirage truqués, « révélait » des ectoplasmes.

Au final, par rapport à un thème alléchant on reste un peu sur sa faim car l’exposition est assez succincte. De plus elle est située dans la salle d’actualité du département des arts graphiques située tout au bout de la Grande Galerie.

A voir jusqu’au 28 mars 2011

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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 00:05

Cette exposition-dossier est consacrée à Paestum, l’antique Poséidonia, fondée par des colons grecs vers 650 avant JC en Campanie aux alentours de Naples. A la fin du Ve siècle elle fut conquise par les Lucaniens, un peuple italien, avant de devenir au IIIe siècle une possession romaine. L’intérêt archélologique de ce site réside dans les vestiges de trois grands temples de style dorique : le temple de Poséidon, dieu grec de la mer, qui est l'un des temples grecs antiques les mieux conservés, la basilique et le temple de Cérès, la déesse romaine de l'agriculture. De plus la cité fut durant le IVe siècle l’un des principaux centres de production de vases à figures rouges en Italie méridionale. L’exposition est située au 1er étage de l’aile Sully en salle 44 du département des antiquités grecques, étrusques et romaines.

Petite parenthèse, cette salle fait partie de la galerie Campana. Si vous voulez échapper à la foule du Grand Louvre et vous retrouver, l'espace d'un instant, dans un tranquille musée de province allez dans cette galerie d'étude consacrée aux céramiques grecques dont le parquet sent bon l'encaustique.

Dans ces neuf salles aux plafonds allégoriques se trouve une riche collection de céramiques grecques. Celle-ci fut constituée au XIXe siècle par le marquis Giampetro Campana qui fouilla la nécropole étrusque de Cervéteri. A la suite de manoeuvres financières frauduleuses, ce dernier fut contraint de vendre sa collection à Napoléon III en 1862.

Les 3.500 vases grecs furent installés dans des vitrines en bois de chêne spécialement conçues pour recevoir ces pièces. A cette galerie, inaugurée en août 1863, fut donné le nom du marquis Campana.

Et puis, pendant qu’on y est, permettez moi une petite anecdote personnelle. Quand j’étais étudiant (il y a longtemps, au siècle dernier...) j’ai suivi des cours d’archéologie Grecque. Je me souviens d’un cours consacré à Paestum et le professeur nous disant : “Allez à Paestum, il y a les temples ... et la plage !”. Je n’ai pas suivi ce conseil mais je retrouve, bien des années plus tard, Paestum au musée du Louvre.

Il faut attendre le milieu du XVIIIe siècle pour que Poséidonia-Paestum sorte de l’oubli, des voyageurs Français font les premiers relevés du site. La diffusion de ces documents place alors le site comme une étape obligée pour les voyageurs cultivés en Italie, en témoignent ces relevés de l’architecte Henri Labrouste.

dessins paestum

Les premières fouilles de 1805 mettent à jour les fameux vases à figures rouges, mais jusqu’à la fin du XIXe siècle les fouilles sont plus des chasses au trésor que des travaux scientifiques. En gros on creuse des trous un peu n’importe où dans l’espoir de déterrer un beau vase où des bijoux.

A partir du XXe siècle débute la véritable recherche scientifique avec la fouille de la ville, des nécropoles et la découverte d’un sanctuaire consacré à Héra. Paestum ayant été un important centre de production des vases à figures rouges, les archéologues ont découverts plusieurs vases signés (à la manière des peintres athéniens) par deux artisans, Astéas et Python. Autour de ces deux artistes, il a été possiblede situer d’autres peintres et de retracer l’histoire complexe de la céramique de la cité.

Cette exposition est visible jusqu’au 30 mai 2011.

vase paestum1 vase paestum2


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