Cette double exposition coproduite par le musée du Louvre et la Bibliothèque nationale se visite donc sur deux sites. Elle s’inspire de l’œuvre d’Émile Prisse d'Avennes (1807-1879) un descendant d’une famille anglaise émigrée en
Flandres dont le buste est exposé au
Louvre. Ingénieur de formation, égyptologue, archéologue, ethnologue, il s’intéressa autant aux vestiges de l’Égypte antique qu’aux monuments islamiques. Durant les deux séjours qu’il fit
en Égypte, de 1827 à 1844, puis de 1858 à 1860, il ramena une abondante documentation : des calques, des aquarelles, des estampages et des photographies en vue d’un ouvrage qui fera date
« Histoire de l’art Egyptien d’après les monuments, depuis les temps reculés jusqu’à la domination romaine ». Dans son livre « L’Egypte une passion
française » Robert Solé raconte qu’il était connu pour son mauvais caractère et s’était installé dans une belle demeure à Louxor après s’être brouillé avec la moitié du Caire. Il accusa
notamment l’égyptologue Auguste Mariette d’être un charlatan et un escroc mais ayant été trop médisant sur trop de monde il ne fut pas pris au sérieux.
Au musée du Louvre l’exposition « Egypte de pierre de Prisse d'Avennes » est consacrée à la « Chambre des Ancêtres », ou Chambre des rois, seul « objet » ramené par Prisse d'Avennes qui l’aurait démontée pour qu’elle ne tombe pas aux mains des allemands. Ce monument fut érigé par le pharaon Thoutmosis III (1479 – 1425 avt JC) au retour d’une de ses campagnes militaires. Le roi y rend hommage à soixante et un de ses ancêtres devant une table d’offrandes chargée de victuailles.
Célèbre au XIXe siècle en raison de son caractère historique, c’est une des cinq grandes listes chronologiques de noms royaux allant de l’ancien empire à la deuxième période intermédiaire, c'est-à-dire entre 2.700 et 1.550 avant notre ère. En fait l’ordre n’est pas respecté et peu de pharaons célèbres sont cités. La plupart des visages ont été martelés et la chapelle était déjà en ruines quand Prisse la démonta en 1843.
L’exposition dure jusqu’au 2 juin 2011 au rez-de-chaussée de l’aile Sully, salle 12. J’ai regretté qu’elle soit mal signalée et peu mise en valeur par le musée.
Autre
ambiance à la Bibliothèque nationale où l’exposition s’intitule
« Visions d'Égypte. Émile Prisse d'Avennes (1807-1879) ». Là de grandes bannières sont déployées pour la signaler. ll est vrai que le fond disponible est beaucoup riche. Le début est
constitué d’un échantillon des 300 mètres de calques rapportés par Prisse d'Avennes. On peut voir sur les murs des
reproductions grandeur nature et en couleur des parois de la tombe de Rekhimre qui fut vizir, c'est-à-dire premier ministre, des pharaons Thoutmosis III et Amenhotep II. Des espaces sont aménagés
de stations « audio-tactiles » intégrées à la scénographie où sont diffusés les textes hiéroglyphiques de cette tombe (traduits je vous rassure).
Prisse se passionnait aussi pour l’Égypte de son temps, vêtu à l’orientale, parlant l’arabe il décrivit le pays par ses dessins, ses aquarelles ou des photographies. On peut voir de nombreuses scènes de la vie quotidienne de l’Egypte du XIXe : intérieurs de mosquées, bazar du Caire, scènes de rues. Il nous livre aussi des vues des sites dans leur état du XIXe siècle, ensablés, sans remontage et sans touristes. Une salle est consacrée à un rouleau de papyrus de plus de sept mètres de long datant d’environ 1800 avant J.-C. C’est l’un des plus anciens manuscrits littéraires complets de l’Égypte ancienne connu sous le nom « d’enseignement de Ptahhotep ». Destiné aux futurs dignitaires, le livre traite de façon plus générale de la société humaine en prodiguant des conseils de bon sens. Il y est question de l’humilité, de l’avidité, de l’éloquence ou du désir. J’ai terminé ma visite par une lettre du ministre des travaux publics, ministre de l’instruction publique du 31 décembre 1844 au directeur de la bibliothèque royale qui annonce l’arrivée de ce fameux « papyrus hiératique ».
L’exposition se déroule jusqu’au 5 juin 2011 à la Bibliothèque nationale 5, rue Vivienne 75002 Paris.
Je me suis donc approché de ce panneau gris pour contempler le tableau derrière sa vitre de protection en me disant que s’il était là c’était en partie grâce à moi
(excusez ce petit moment de vanité….).
Cette présentation exceptionnelle dure jusqu’au 30 mai 2011, en juin les « Trois Grâces » rejoindront les sept autres tableaux de Cranach que possède déjà le
Louvre dans ses collections permanentes
Les premières fouilles du site sont dues à Paul-Emile Botta « consul archéologue » à Mossoul dont les découvertes permirent au roi Louis-Philippe d’inaugurer en 1847 le premier
musée Assyrien du monde dans les salles du Louvre. Depuis
Mon premier réflexe m’aurait plutôt conduit à « zapper » cette exposition (les robes ce n’est pas forcément ma passion !). J’y ai conduit ma moitié intéressée
par le sujet et, finalement, j’en reviens charmé par la profusion des couleurs et la scénographie imaginée par Christian Lacroix.
Manteau robe et voile de femmes Syrienne des années
Robe, manteau et parure de femme Jordanienne des années
Robe de fête Palestinienne
Une coiffe de la
péninsule du Sinaï du début du XXe siècle.
Les instruments de musique militaire (timbales, basson, trompette) sont accompagnés de l’étendard bleu et rouge aux armes des rois de France et de Navarre ainsi que de la
croix du Saint-Esprit.
Dans l’aile
Richelieu, cinq sculptures de formes et de natures variées, reflétant la diversité de sa pratique de sculpteur sont installées dans les cours Marly et Puget. Dans cette sélection photographique
j’ai bien aimé « Elbow », ce bois donc la couleur s’accorde bien avec l’ensemble de la cour Marly. La pièce semble taillée par les vents et l’érosion.
Plus loin « Red
figures » est une forme similaire de couleur rouge, le cartel signale « courtesy de l’artiste » c'est-à-dire avec son autorisation (s’il expose on suppose les pièces sont là avec
son accord ?).
« Manipulations » m’a laissé perplexe, de loin on dirait une grosse araignée roulée en boule.
Enfin,
dans la cour Puget la couleur de « Ferryman » s’accorde bien avec le groupe des captifs.
Toutes ces
pièces sont visibles jusqu’au mois d’octobre 2011.
Sur le thème des
revenants, cette exposition-dossier réunit des dessins, des albums de théâtre, des photographies et des plaques de fantasmagorie inédites datant du Moyen-âge jusqu’au début du XXe siècle. Et,
puisque à l’occasion de mon précédent article,
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