Hors du Louvre

Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /Mai /2009 00:05

Après Corot à Reims je continue mes escapades hors du Louvre et vous propose d’aller admirer « les primitifs Italiens » au musée Jacquemart-André.

Cette exposition présente la collection de chefs-d’œuvre des primitifs Italiens du musée d’Altenbourg en Allemagne. Elle fut constituée au début du XIXe siècle par le baron Bernard von Lindenau (1779-1854) homme politique et amateur d’art. En avance sur son temps il eut l’idée de mettre à la disposition de ses concitoyens sa collection d’œuvres d’art « pour l’éducation de la jeunesse et le plaisir des anciens ». Avec la réunification allemande et la fin du régime communiste, cette collection a été redécouverte et désormais accessible au public international.

 

La plupart des œuvres exposées sont des « tempera », terme que je ne connaissais pas. De retour chez moi je me suis documenté pour apprendre qu’il s’agit d’une technique de peinture utilisant le jaune d’œuf pour lier les pigments de peinture. C’est à la fin de moyen-âge que la peinture à l’huile commence peu à peu a remplacer la « tempera ».

 

Tout d’abord l’expression « primitifs italiens » comme celle de « primitifs flamands » désigne les artistes de la période qui précède la Renaissance. Au fil de la visite nous découvrons la succession des grands courants esthétiques qui ont transformé l’art italien entre la seconde moitié du XIIIe siècle et la fin du XVe siècle.

Au milieu du XIIIe siècle en Italie l’essor de nouveaux ordres religieux favorise la construction de couvents et d’églises, les plus grands peintres de l’époque sont sollicités pour la décoration de ces édifices. Peu à peu les artistes vont se détacher de la tradition et du modèle Byzantin pour aller vers de nouvelles formes de représentation. Au fil de l’exposition on passe ainsi de modèles figés sur un fond doré à des scènes beaucoup plus vivantes qui intègrent des paysages.

 

Pour vous donner une idée cette évolution voici trois œuvres de l’exposition que j’ai pu télécharger légalement en tant que « blogueur artistique ». Tout d’abord « l’adoration des mages » de Guido da Siena daté de 1270 environ qui est encore de style byzantin traditionnel avec des personnages figés et un fond sans réelle perspective.


Vient ensuite « la cène » d’Agnolo Gaddi (1395) dans laquelle se dessine une évolution vers le style gothique, la construction est plus élaborée avec les mets sur la table et tous les apôtres tournés vers le Christ.


Je termine avec « la Vierge à l’enfant » de Liberale da Verone (vers 1470). Loin d’une représentation conventionnelle, l’artiste a représenté ici l’amour d’une mère pour son fils, remarquez aussi Jésus qui met les bras autour du cou de Marie comme tous les enfants.

Les Primitifs Italiens, la collection d'Altenbourg au musée Jacquemart-André jusqu’au 21 juin 2009 – site de l’exposition.

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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 00:05

J’ai profité d’une escapade à Reims pour visiter l’exposition « De Corot à l’art moderne » au musée des beaux-arts de la ville et si je vous en parle sur ce blog, c’est qu’elle est organisée en partenariat avec le musée du Louvre. Le fond Corot du musée de Reims est le deuxième au plan international après celui du Louvre, il a été constitué dès la fin du XIXe siècle par un groupe de donateurs et la dernière acquisition date de 1995.

Jean-Baptiste Camille Corot (1796 – 1875) est un peintre de paysages et de figures, au fil de sa carrière il s’oriente de plus en plus vers une peinture laissant une large part à son imagination. Il commençait des paysages qu’il retravaillait ensuite dans son atelier en fonction de ses souvenirs ce qu’il exprimait ainsi : « J’interprète avec mon cœur autant qu’avec mon œil ».

 

Comme l’indique son titre l’exposition nous montre l’influence de Corot sur des peintres tels que Cézanne, Renoir, Matisse, Braque ou Kandinsky. Au fur et à mesure de la visite on évolue au gré de sept thématiques où les œuvres du maître côtoient celles de ses successeurs. Le premier thème s’intitule « Dans le sillage de Corot » on retrouve, par exemple, deux tableaux ayant servi pour l’affiche de l’exposition, en haut le « jeune Italien assis » dont l’attitude décontractée a inspiré le « garçon étendu dans l’herbe » de Cézanne.

Autre thème : « Campagnes de France et atelier » illustre cette technique de reprise des paysages en atelier. Comme ses contemporains, Corot peignait dans la forêt de Fontainebleau qui offre une grande variété d’arbres mêlés aux fameux rochers. Un autre site évoqué est celui des étangs de Ville-d’Avray situé à proximité de sa maison de famille, par la suite c’est Renoir qui s’inspirera de ce lieu. Plus loin dans «Muses, nymphes et musique», l’Algérienne couchée sur le gazon, de Corot, renvoie à l'Odalisque à la culotte rouge peinte par Matisse en 1922. On y apprend qu’une exposition des œuvres de Corot en 1909, soit plus de 30 ans après sa mort, sera une source d’inspiration pour Braque et les cubistes.

 

Le parcours se termine par « Corot à l’origine de l’abstraction », dans une pièce jaune ses dessins côtoient ceux de Vassili Kandinsky. Personnellement j’ai regretté que Kandinsky ne soit représenté que par des dessins assez ternes, très loin du style très coloré de ses peintures …. mais on ne peut pas tout avoir.

Si vous avez l’occasion de passer à Reims, qui est une bien belle ville, je vous recommande donc cette exposition qui présente un atout que ma moitié m’a fait remarquer avec justesse, on y est pas bousculé comme dans les musées parisiens.

 

De Corot à l’art moderne au musée des Beaux-arts de Reims jusqu’au 24 mai 2009.

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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 00:05

De retour à Paris après un périple Californien je suis allé visiter l’exposition « Delacroix et la photographie » avant de retourner au Louvre.


Le peintre Eugène Delacroix (1798-1863) a connu les débuts de la photographie initiée par Nicéphore Niépce en 1827 et perfectionnée par Daguerre, l’inventeur des « daguérrotypes » ancêtres des photographies argentiques. En ce milieu du XIXe siècle la technique est encore assez primitive, le procédé repose sur la sensibilité aux radiations lumineuses d’une plaque de verre recouverte d'une légère couche d'albumine (blanc d'œuf), à laquelle est incorporé de l'iodure de potassium. Les photographes de l’époque travaillent avec des appareils encombrants qui nécessitent un temps de pose important, les clichés sont nets mais pas encore en couleur.

En tant qu’artiste Delacroix s’intéresse à cette nouvelle technique pour laquelle il n’a pas la méfiance de beaucoup de gens de son époque. Dès 1842 il participe à des séances de daguérrotypes et en 1851 il est un des fondateurs de la « Société héliographique ».


L’essentiel de l’exposition est composé de nus masculins et féminins qui ont été photographiés par Eugène Durieu en 1854 pour servir à des études et des exercices de dessin de Delacroix, il y a aussi une série de portraits photographiques de celui-ci bien qu’il ait été généralement assez réticent à se « faire tirer le portrait ». C’est par son journal, qui est d’ailleurs un témoignage sur la vie sociale et artistique de son temps, que Delacroix nous livre ses réflexions sur la photographie qu’il juge d’ailleurs « trop précise » pour un artiste.



Ayant été autorisé à faire quelques photos (sans flash) je vous livre deux de ces portraits. Pour la petite histoire le modèle féminin pris de face a été identifié par une historienne comme étant mademoiselle Hamély, une actrice du théâtre de la porte Saint Martin qui posait déjà professionnellement pour des photographes.



L’exposition « Delacroix et la photographie » se déroule jusqu’au 2 mars 2009 au Musée national Eugène Delacroix - 6, rue de Furstenberg - 75006 Paris.

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Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /Jan /2009 00:05


J’écris cet article “en direct” de San Francisco où nous sommes venus rendre visite à notre fille installée dans cette belle ville. Pour ce premier article de l'année 2009 je vous emmène - bien loin du Louvre – visiter un musée San Franciscain, le « California Palace of the Legion of Honor ». 

Ce musée fut construit dans les années 1920 par la très riche Alma de Bretteville Spreckels, il s'inspire du palais de la Légion d'honneur de Paris situé face au musée d'Orsay. L'inauguration eut lieu le 11 novembre 1925, jour anniversaire de l'armistice de 1918, en présence des maréchaux français Foch et Joffre. Le musée fut dédié aux milliers de soldats Californiens tués en France lors de la première guerre mondiale d’où son nom de « Legion of Honor ». Le gouvernement français offrit au musée des tapisseries des Gobelins et des porcelaines de Sèvres. Toute sa vie Alma de Bretteville Spreckels contribua à l'enrichissement du musée et à sa mort des milliers de Californiens se recueillirent devant celle qui avait « offert l'Europe aux habitants de San Francisco ».

Pour accéder au musée on traverse le Lincoln Park et ses golfeurs pour arriver devant l'entrée où nous attendent une reproduction du « Penseur » de Rodin et un pyramidion comme au Louvre. Une fois le billet acheté (10 $ si vous voulez tout savoir) on accède aux salles qui s'étendent sur deux niveaux. Je ne vais pas vous décrire les collections par le menu d'autant que ma visite fut relativement brève, je me suis limité aux salles des peintures et sculptures et, plutôt qu'un long discours, voici quelques illustration de cette visite.

L'entrée du musée avec la reproduction du « Penseur » de Rodin

 

Le Pyramidion

 

Les trois ombres de Rodin

 

Hyacinthe Gabrielle Roland par Elisabeth Louise Vigée Lebrun

 

Dorothy Spreckels Munn, fille de  Alma de Bretteville Spreckels,
peinte en 1942 par Salvador Dali
 

Et pour finir deux « incontournables de San Francisco »,
le Golden Gate Bridge et un « Cable Car »



 

See you later !


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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 00:05

Jeudi dernier j’ai été invité à une « visite privée réservée aux blogueurs » (eh oui !) de l'exposition « Van Dyck »au musée Jacquemart-André. C’était un moment un peu magique, imaginez après une journée de travail, en cette soirée d’octobre froide et pluvieuse de pouvoir bénéficier d’une visite conférence en petit comité. Ah le plaisir d’avoir un musée presque pour soi pendant une heure !

Autre intérêt de cette visite j'ai pu rencontrer des blogueurs que je connaissais de nom comme «Buzzeum» ou «espace holbein».

Comme l’invitation était pour deux j’ai proposé à ma moitié de m’accompagner. A la fin de la visite un gardien nous dit « Profitez en en pour passer dans le musée», nous avons donc eu un aperçu de ce bel hôtel particulier, on a même failli rater la sortie.


A l’origine de ce musée il y a un couple passionné par l’art : Nélie Jacquemart et Edouard André qui réunissent, à la fin du XIXe siècle, près de 5.000 œuvres d’art dans leur hôtel particulier situé près des Champs Elysées. Sans héritiers ils lèguent leur demeure et leur collection à l’Institut de France, actuel propriétaire du musée.


Mais revenons à Van Dyck (1599 - 1641) dont je vous avais déjà parlé à propos du portrait de Charles Ier, roi d'Angleterre et de l’exposition « Van Dyck graveur, l'art du portrait ». Avant toute chose j’ai appris de notre conférencière que son nom se prononçait « Vandecke » en raison de ses origines Flamandes. Enfant prodige de la peinture, il réalise ses premiers portraits à 10 ans puis devient l’assistant de Rubens. Après un séjour en Italie il est appelé à la cour de Charles Ier. Anobli par le roi sous le nom anglicisé de Sir Anthony Vandyke il fait le portrait d'une bonne partie de la noblesse (près de 400 tableaux réalisés par son atelier en une dizaine d’année). En 1641 il se rend en France où Louis XIII a le projet de lui confier la décoration de la Grande Galerie du Louvre, malade il rentre précipitamment en Angleterre et meurt en décembre de la même année. Son influence a été considérable, j'ai lu qu'il avait notamment inspiré Josuah Reynold et Thomas Gainsborough.


L'exposition est une rétrospective chronologique de la vie de Van Dyck. Parmi toutes les œuvres exposées j’ai retrouvé un tableau du Louvre, le « Double portrait de Charles Louis, Électeur palatin, et du Prince Rupert » (qui a été échangé contre le prêt de plusieurs tableaux pour l’exposition «Mantegna». Pour ma part le tableau que je préfère est le «portrait de Maria de Tassis» qui sert d'ailleurs de «visuel» pour l'affiche de l'exposition. Pour ce portrait de femme de la haute société des Pays-Bas Espagnols c'est son charme qui est mis en avant. Elle est vêtue d'une robe «à la Française», parée de ses bijoux et une petite mèche se détache de la coiffure à côté de l'oeil droit, petite touche de fantaisie qui la rend plus vivante.


L'exposition se déroule jusqu'au 25 janvier 2009 au musée Jacquemart-André (158, boulevard Haussmann 75008 PARIS), vous pouvez également visualiser le minisite de l'exposition.


Double portrait de Charles Louis, Électeur palatin, et du Prince Rupert (Photo fournie par le Musée Jacquemart André)




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