La liberté guidant le peuple

Publié le 22 Janvier 2016

Ce tableau, l'un des chef-d’œuvre du Louvre, a été peint par Eugène Delacroix en 1831 pour commémorer les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 appelées les « trois glorieuses ». Au cours de ces journées le peuple de Paris se souleva pour défendre les libertés et les acquis de la Révolution que le roi Charles X et le prince de Polignac, chef du gouvernement, voulaient remettre en cause. Le régime fut renversé et Charles X contraint de s’exiler en Angleterre pendant que Louis Philippe d’Orléans prenait le pouvoir.

La liberté guidant le peuple

Si Eugène Delacroix n'a pas pris part à l'événement, il y puisa son inspiration « J'ai entrepris un sujet moderne, une barricade et si je n'ai pas vaincu pour la patrie au moins peindrais-je pour elle » écrit-il à son frère.

Le tableau est une « composition pyramidale » selon l'expression des historiens de l'art. A la base deux cadavres figurent les victimes de cette révolution, un soldat et homme à moitié nu. Ils sont au pied d'une barricade que les émeutiers franchissent pour l'assaut final. A droite un gamin de Paris brandit deux pistolets, il nous fait penser au Gavroche des « Misérables » de Victor Hugo. A gauche deux combattants symbolisent l'union des classes sociales, un ouvrier coiffé d'un béret et armé d'un sabre et un bourgeois en habit et chapeau avec son fusil de chasse. A leurs pieds un autre gamin rampe armé d'une épée, au fond la foule des émeutiers et à droite on distingue les tours de Notre-Dame qui situent l'action à Paris et font de ce tableau un manifeste romantique.

Au sommet de la composition une jeune fille coiffée d'un bonnet phrygien, symbole des révolutionnaires, brandit un drapeau tricolore et un fusil. Delacroix la représente comme une allégorie de la liberté qui conduit le peuple à la victoire, elle a le visage tourné vers la gauche, son profil ainsi que le drapé de son vêtement s'inspirent des statues de victoires.

La liberté guidant le peuple

Pour marquer l'actualité de son tableau Delacroix la représente armée d'un fusil à baïonnette d'infanterie modèle 1816. Lorsque le tableau fut exposé en 1831 il choqua une partie du public, non pas à cause des seins nus de la jeune fille mais parce qu'elle avait des poils sous les bras !

Pour les critiques de l'époque une allégorie devait être peinte comme une déesse antique, lisse et sans défaut. Bien que le tableau ait été acheté par le gouvernement de Louis-Philippe il fut caché dans les réserves car jugé trop révolutionnaire. Ce n'est qu'à partir de 1874 qu'il entra définitivement au musée du Louvre.

Rédigé par Louvre-passion

Publié dans #Peinture et sculpture

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FAN 23/01/2016 18:05

Contente de retrouver une autre configuration!! Merci pour l'explication et en plus, je n'avais jamais remarqué les poils sous les bras!! Bisous Fan

Louvre-passion 24/01/2016 10:48

Bonjour,
Oui je pars sur une nouvelle version. Quand au scandale du tableau de Delacroix, je l'ai appris au cours de ma formation en histoire de l'art.