Antiquités

Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 00:05

La salle dite des « sept cheminées » accueille une présentation provisoire des œuvres de la Grèce préclassique chassées de leur lieu habituel d’exposition par les travaux de l’aile Denon.

 

Par Grèce préclassique on entend tout ce qui est antérieur à la période qui commence vers 450 avant notre ère. On retrouve ainsi les idoles cycladiques étonnement lisses et modernes bien que datées de 2700-2300 av J.-C. Un peu plus près de nous dans le temps ces idoles-cloches  datée de 700 avt JC, puis toute la sculpture dite « archaïque » qui débute au Xe siècle avant notre ère caractérisée par ces « kouros » et « koré » statue d’hommes et de femmes encore figés.

 

La salle des sept cheminées se trouve dans l’ancien pavillon du roi, elle correspond à un ensemble de plusieurs pièces qui occupaient trois étages, le roi y disposait notamment de sa chambre à coucher. Le nom de la salle vient des conduits des cheminées qui servaient autrefois à chauffer ces lieux. C’est en juin 1851 que Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la seconde république inaugurait dans ce lieu une salle consacrée à la peinture française pour le musée du Louvre.

 

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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 00:05

Une exposition-dossier est présentée au département des antiquités grecques, étrusques et romaines à l’occasion de la sortie d’un ouvrage consacré à l’achat par Napoléon Ier en 1807 de la collection Borghèse  et de la mise en ligne sur le site du Louvre de la reconstitution numérique de la villa du même nom.

Les Borghèses sont une célèbre famille romaine dont plusieurs membres furent cardinaux et l’un d’eux fut même pape. Collectionneurs d’œuvres d’art, ils firent construire, entre 1613 et 1615, la villa Borghèse à Rome pour abriter leurs collections.

 

Au début du XIXe siècle, Camille Borghèse (1775 – 1832) épousa Pauline Bonaparte, sœur de l’empereur, et fut nommé en 1808 gouverneur du Piémont. L’empereur Napoléon qui voulait faire du Louvre le grand musée européen acheta en 1807 la collection de son beau-frère Camille Borghèse composée de 695 pièces. Comme les travaux du Louvre progressaient lentement seules quelques pièces furent exposées. Ce n’est qu’après la chute de l’empire que les caisses furent ouvertes et les pièces réparties dans le musée.

L’exposition-dossier nous invite à une promenade à travers les salles grecques, étrusques et romaines pour retrouver cette fameuse collection. Il y a notamment cette statue de vieillard en marbre noir dite « Sénèque mourant » (le philosophe stoïcien Sénèque ayant été le précepteur de Néron déplut à l’empereur qui lui ordonna de s’ouvrir les veines).


Un peu plus loin une « femme en prière entre deux colonnes ioniques » en porphyre rouge, cette statue plusieurs fois restaurée était placée entre deux colonnes ioniques dans la salle égyptienne de la villa.

L’une des pièces maîtresse de la collection est le fameux « Gladiateur Borghèse » sculpté à Ephèse, en Grèce, au 1er siècle avant notre ère, ce nu masculin est célèbre par le dynamisme de son attitude, que fait il ? Lance t’il quelque chose ou est il en train de se battre ? J’ai lu que le transport de cette statue jusqu’à Paris a été un véritable chantier. On lui construisit un char spécial, testé avec un chargement de boulets de canons pour vérifier sa solidité, dans sa caisse il était protégé par de la sciure de bois sèche. C’est en 1811 que les visiteurs du Louvre le découvrirent pour la première fois.

 

Je finis avec « l’hermaphrodite endormi » à qui j’avais consacré un article, un « être bisexué, doté d'un sexe d'homme et des formes voluptueuses d'une femme » selon la notice du Louvre. Cette copie Romaine d'un original Grec du IIe siècle avant notre ère fut découverte à Rome en 1608 et acquise par le Cardinal Borghèse.

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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 00:05

Le musée du Louvre a conclu un partenariat avec le musée national de Sanaa au Yemen qui permet au musée Yéménite de bénéficier de compétences en matière de restauration d’œuvres d’art. En contrepartie les œuvres une fois restaurées sont exposées pour quelques mois au Louvre.

 

Il y a deux ans (comme le temps passe) je vous parlais de « l’homme de bronze » exposé après restauration au Département des antiquités orientales. Cette fois il s’agit de deux statues de lions en bronze acquises par le musée de Sanaa auprès d’un collectionneur. Les pièces très abîmées ont bénéficié de la compétence des équipes du Louvre, à cette occasion deux stagiaires yéménites ont suivi une formation de restaurateurs.

 

La première pièce était une offrande faite par une femme à une divinité locale au Ier siècle avant notre ère, la seconde a été découverte en 1996 par des archéologues dans un sanctuaire fortifié probablement détruit par un incendie au IIIe siècle après JC.

 

 

Les photos que j’ai prises vous montrent ces deux pièces désormais en bon état, la documentation qui les accompagne précise que celle de la seconde photo était corrodée et même en « petits morceaux ». On peut donc admirer le tour de force des restaurateurs qui offrent une nouvelle vie à ces pièces.

 

Un texte figure sous le lion qui était une offrande, le cartel du musée nous montre l’inscription rédigée dans l’écriture pratiquée à cette époque dans le sud de la péninsule arabique.


Selon la traduction nous apprenons notamment que « Sab’ fille de Sakir’ (…) a offert à dât-Sanat les prémices de son pâturage et elle a confié à dât-Sanat sa personne, ses facultés et ses enfants (…) et tous leurs enfants, leurs possessions ». Cette offrande faite à la divinité était un moyen d’attirer la protection de celle-ci sur sa famille et ses biens.

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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 00:05

En me promenant dans la galerie Campana j’ai trouvé cette amphore datée de 560 - 550 avant J.-C représentant la légende de Thésée et du Minotaure.


Minos devint roi de Crète grâce à l'intervention du dieu Poséidon, mais ingrat ou distrait, il oublia de sacrifier le taureau qu'il avait promis au dieu. Pour se venger celui-ci inspira à la reine une passion monstrueuse pour un taureau si bien qu'il naquit au roi un fils dont le corps était celui d'un homme mais la tête celle d'un taureau. Pour cacher sa honte Minos fit appel à Dédale, un génial architecte, qui conçut un palais aux détours tortueux où Minos enferma ce fils indésirable nommé le Minotaure. Pour le nourrir il fallait de la chair humaine et Minos imposait aux peuples qu'il avait vaincu un tribut de victimes. Les Athéniens étaient ainsi contraints de fournir tous les neuf ans sept jeunes gens et sept jeunes filles.



Un jour Thésée, le fils du roi d'Athènes Egée, résolut de mettre fin à cette servitude. Il embarqua parmi les victimes avec l'intention de tuer le monstre, mais avant de partir le vieux roi sachant qu’il guetterait le retour de son fils demanda que le bateau mette des voiles blanches si Thésée remportait la victoire et des voiles noires s’il était tué.


Arrivé en Crète Thésée réussit à séduire Ariane, la fille de Minos, elle lui révéla les dangers du labyrinthe et lui donna une pelote de fil pour marquer son chemin. Thésée se fit enfermer avec ses compagnons et réussit à tuer le monstre. Grâce à la pelote de fil les Athéniens ressortirent sans encombre et Thésée, fidèle à sa promesse, prit Ariane avec lui. Un soir ils firent escale dans l'île de Naxos et campèrent sur le rivage, mais Ariane s'éveilla seule le lendemain matin. Thésée l'avait abandonnée malgré lui car le dieu Dionysos lui était apparu en songe pour lui ordonner de reprendre la mer sans Ariane. Ce que ne savait pas Thésée c’est que le dieu convoitait Ariane, il lui apparut dans toute sa gloire et emmena sa future épousée, consolée d’être choisie par un dieu, dans les hauteurs de l’Olympe.

Pendant ce temps Thésée voguait vers Athènes, rongé par le chagrin il oublia de changer les voiles du bateau. Son père aux aguets crût qu’il avait péri en Crète et, de désespoir, se jeta dans la mer qui depuis porte le nom de mer Egée.

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Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 00:05

L'autre jour nous avons évoqué avec Grillon "l'hermaphrodite endormi" du musée du Louvre, oeuvre qui illustre la couverture du "Guide érotique du Louvre et du musée d'Orsay" de Jean-Manuel Traimond, vous allez d'ailleurs pouvoir en juger.

Quand on se promène parmi les antiquités Grecques et Romaines au rez de chaussée de l'aille Sully, dans la salle des Caryatides on voit au fond cette statue qui semble reposer sur un matelas moelleux. En s'approchant on découvre un jeune fille nue, allongée sur le ventre, qui nous offre "la plus jolie paire de fesses du musée" l'expression n'est pas de moi, mais j'avoue quelles sont en effet bien jolies.

En s'approchant et en tournant, une surprise nous guette. Notre "jeune fille" possède un sexe masculin bien évident d'autant plus qu'il est en érection.

Cet "hermaphrodite endormi" est une des attractions du musée, l'oeuvre a même été entourée d'une barrière pour la protéger des nombreuses mains baladeuses qui se laissaient tenter. Je pense d'ailleurs que sa reproduction aurait un certain succès dans la "galerie tactile".

La légende nous raconte que le dieu Hermès et la déesse Aphrodite eurent une liaison et donnèrent naissance à un fils, Hermaphrodite, dont le nom combinait celui de ces parents divins. Fils de la déesse de l'amour il était très beau. Tellement beau qu'il dédaignait toutes les femmes, nymphes ou déesses qui voulaient le séduire. Un jour Hermaphrodite arriva près du lac de la nymphe Salmacis dont il repoussa les avances, mais ce jour là il faisait très chaud et le jeune homme plongea dans le lac pour se rafraîchir, c'est alors que Salmacis usa de ses pouvoirs pour arriver à ses fins, elle paralysa les quatre membres d' Hermaphrodite et "fit ce qu'elle voulu du membre qui restait" (je ne vous fait pas de dessin). L'expérience plut tellement à la nymphe qu'elle demanda aux dieux que leurs deux corps soient unis pour toujours.

Selon la notice du Louvre le résultat de l'expérience fut "un être bisexué, doté d'un sexe d'homme et des formes voluptueuses d'une femme".

L'oeuvre est une copie Romaine d'un original Grec du IIe siècle avant notre ère, période marquée par le goût pour les nudités alanguies et l'effet de surprise. Mise à jour à Rome en 1608 la statue fut acquise par le Cardinal Borghèse qui demanda à un grand sculpteur de l'époque, Le Bernin, de réaliser le matelas de marbre sur laquelle elle repose désormais. Elle est entrée au Louvre après son achat par Napoléon 1er en 1807. Pour finir je vous signale que "Lunettes rouges" avait édité un audioguide sur l'Hermaphrodite que vous pouvez retrouver sur le lien, il nous rappelle aussi que Théophile Gautier ne fut pas seulement un romancier classique il nous a laissé quelques oeuvres érotiques et, inspiré par la statue, a écrit ce poème dont je vous livre les premières strophes :


Théophile Gautier — Émaux et Camées
Contralto

On voit dans le musée antique,
Sur un lit de marbre sculpté,
Une statue énigmatique
D’une inquiétante beauté.

Est-ce un jeune homme ? est-ce une femme,
Une déesse, ou bien un dieu ?
L’amour, ayant peur d’être infâme,
Hésite et suspend son aveu.

Dans sa pose malicieuse,
Elle s’étend, le dos tourné
Devant la foule curieuse,
Sur son coussin capitonné.

Pour faire sa beauté maudite,
Chaque sexe apporta son don.
Tout homme dit : « C’est Aphrodite ! »
Toute femme : « C’est Cupidon ! »

Sexe douteux, grâce certaine,
On dirait ce corps indécis
Fondu, dans l’eau de la fontaine,
Sous les baisers de Salmacis.


 
                                                   La nymphe Salmacis



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