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Vendredi 20 novembre 2009

La saison de la Turquie en France a commencé depuis le mois de juillet, vous ne le savez sans doute pas mais 400 événements sont prévus jusqu’en 2010 notamment l’exposition phare « De Byzance à Istanbul » au Grand Palais. L’occasion de découvrir une culture encore bien méconnue et, au passage, la modernité bien réelle de la Turquie d’aujourd’hui.

Au Louvre se déroulent trois expositions jusqu’au 18 janvier 2010 :

- Tombes princières d'Anatolie, dans la salle d'actualité des Antiquités orientales.

- D'Izmir à Smyrne, découverte d'une cité antique, dans l’aile Sully.

- A la cour du Grand Turc, caftans du palais de Topkapi, dans les salles d'exposition Richelieu.

 

Je n’ai pas eu le temps d’aller voir les « Tombes princières d'Anatolie » dont je vous parlerais donc ultérieurement.

Sous l’actuelle ville d’Izmir située à l’ouest de la Turquie, sur la mer Égée, les archéologues ont mis à jour les vestiges de Smyrne, une cité de la Grèce antique fondée au IXe siècle avant notre ère. Elle fut fortifiée par Lysimaque, général d’Alexandre le Grand, puis connut la prospérité sous l’Empire romain. En l’an 53 de notre ère, l’apôtre Paul de passage à Ephèse fonda les sept premières églises d’Asie dont Smyrne. L’exposition organisée par le Louvre nous permet de découvrir des éléments de sculpture exposés dans l’allée qui longe le Louvre médiéval où vous pouvez admirer un Apollon en marbre du Pentélique (dans la région d’Athènes). Dans la salle de la maquette sont exposées de nombreuses terres cuites des stèles funéraires et des portraits sculptés de Smyrniotes.

Autre temps et autre lieu, les « Caftans du palais de Topkapi » est une exposition consacrée aux vêtements d’apparat portés par les sultans ottomans et leur entourage. La tradition de la cour d’Istanbul voulait qu’à la mort du souverain ils soient enveloppés dans des housses en tissu, étiquetés au nom du sultan qui les avait portés et entreposés dans l’ancien Trésor privé du Palais ce qui explique leur parfait état de conservation. Ces habits de cérémonie étaient fabriqués dans des ateliers rattachés au Palais d’Istanbul avec de la soie voire des fils d’or et d’argent le tissage étant alors appelé « seraser ». Une section est consacrée aux « vêtements talismaniques » ornés de formules religieuses calligraphiées à l’encre et destinées à protéger la personne du sultan de la maladie ou lors des campagnes militaires. Plus loin on découvre que les caftans étaient ornés de motifs floraux (œillets, tulipes, etc.) de tigrures de grands félins, symboles de force ou de motifs abstraits.

 

- D'Izmir à Smyrne – Aile Sully salle de la maquette jusqu’au 18 janvier 2010

- A la cour du Grand Turc, caftans du palais de Topkapi Aile Richelieu - salles d'exposition jusqu’au 18 janvier 2010.

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Vendredi 13 novembre 2009

Rassurez vous aucun incendie n’a ravagé le Louvre. J’écris cet article à la demande de « Justarrived » qui voulait des informations sur la plaque commémorative concernant un héros ayant sauvé le Louvre des flammes pendant la Commune. Comme elle m’a dit que «ça serait absolument génial d'avoir un article dessus!!! »,  je me suis donc rendu sur place muni de mon outil de travail de blogueur, autrement dit un appareil numérique, pour aller photographier la plaque en question.

 


Comme vous le voyez il y a en fait deux plaques. Elles sont situées au rez-de-chaussée de I'aile Denon près de galerie Daru qui mène à la victoire de Samothrace. Il est écrit sur la première : « En mai 1871 Henri Barbet de Jouy, conservateur du musée du Louvre, Antoine Héron de Villefosse attaché au département des antiques, Léon Morand chef du bureau administratif des musées, par leur courage et leur décision ont assuré la défense intérieure du Louvre et conservé à la France ses collections nationales. ». Sur la seconde on lit : «Le 24 mai 1871, Martian de Bernardy de Sigoyer, commandant le 26e bataillon de chasseurs à pied, par son initiative énergique, a préservé de I'incendie le palais et les collections nationales du Louvre. » C’est donc Bernardy de Sigoyer le héros qui a sauvé le Louvre des flammes lors de la « semaine sanglante » il y a 138 ans.

Mais avant de vous raconter le sauvetage du Louvre, je pense qu’un rappel historique sur la Commune ne sera pas inutile !

 

En 1870 une guerre éclate entre la France de Napoléon III et l’empire Allemand dirigé par la Prusse du chancelier Bismarck. Très vite le conflit tourne au désavantage de la France dont l’armée est mal préparée et surtout technologiquement en retard par rapport aux Allemands qui utilisent notamment des canons à tir rapide. La capture de Napoléon III après la défaite de Sedan en septembre 1870 provoque la chute du régime impérial, la république est proclamée, un gouvernement de défense nationale sous l’impulsion de Gambetta lève 600.000 hommes pour arrêter l’ennemi. Mais ces armées improvisées ne peuvent venir à bout de la machine de guerre Prussienne bien équipée et bien entraînée.

Très vite un antagonisme surgit entre la nouvelle assemblée dirigée par Thiers et la population parisienne. L’assemblée est composée de notables de provinces qui veulent la paix même au prix de concessions territoriales. La population parisienne, qui à subit le siège des Prussiens, s’estime trahie par la volonté de paix de l’assemblée. L’assemblée, qui se méfie de Paris, multiplie les mesures vexatoires : transfert de l’assemblée à Versailles, suspension du moratoire sur les loyers et tentative d’enlèvement des canons de Paris. En mars 1871 le peuple de Paris se révolte, des mouvements révolutionnaires prennent le pouvoir et créent la « Commune », en référence à 1793. Pour les vaincre Thiers évacue la ville et laisse le champ libre aux insurgés pour mieux les écraser. Il obtient de Bismarck le rapatriement des prisonniers et dispose rapidement d’une forte armée face aux communards incapables de créer un commandement unifié. Les Versaillais entrent dans Paris et au cours de la « semaine sanglante » repoussent peu à peu leurs adversaires vers l’est de la ville, le 28 mai 1871 les derniers Communards sont fusillés au cimetière du Père-Lachaise. A la répression des Versaillais répondent les exécutions sommaires de prisonniers par les insurgés et les incendies qu’ils allument un peu partout pour couvrir leur retraite.


C’est ainsi que le 23 mai 1871 les Communard mettent le feu au palais des Tuileries à la fois parce qu’il symbolise l’empire mais aussi pour couvrir leur retraite. Le conservateur du musée du Louvre, Henri Barbet de Jouy, aidé par le personnel du musée combat l’incendie mais celui-ci gagne du terrain. Il réussit à convaincre une compagnie de soldats Versaillais et leur commandant, Martian de Bernardy de Sigoyer de les aider. Dans la nuit du 23 au 24 mai les soldats tranchent la toiture de la Grande Galerie et stoppent l’incendie. Le palais des Tuileries est entièrement consumé mais le Louvre et ses collections sont sauvées. Le malheureux commandant, capturé la nuit suivante par les Fédérés, est retrouvé carbonisé le lendemain matin, quand à Barbet de Jouy il devient directeur des musées de France en 1879.

 

Il est donc juste que ces personnages aient leur plaque au musée. J’ajoute que je tiens mes informations du « Dictionnaire amoureux du Louvre » écrit par Pierre Rosenberg – ancien Président-Directeur du musée – publié chez Plon en 2007.

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Vendredi 6 novembre 2009

Un peu avant le début du XXe siècle la carrière du peintre Pierre Auguste Renoir (1841 – 1919) connaît un tournant. Il s’éloigne du mouvement impressionniste et veux faire « la peinture de son temps » en conciliant l’apport de l’impressionnisme avec l’amour de la tradition il se consacre ainsi aux portraits, aux nus à la peinture décorative et à la sculpture. Il connaît alors le succès puis l’aisance financière, en 1892 l’Etat lui achète « les jeunes filles au piano », à partir de 1905 le prix de ses œuvres grimpe et en 1913 Guillaume Apollinaire le salue comme « le plus grand peintre vivant ». L’exposition du Grand Palais rassemble une centaine d’œuvres de cette période et met en perspective leur influence sur Picasso, Bonnard ou Matisse.

On découvre tout d’abord les modèles que Renoir choisit de préférence dans son entourage proche, ses enfants dont le cinéaste Jean Renoir (1894 – 1979), les domestiques au service de la famille et en particulier Gabrielle Renard, nourrice de Jean, qui pose pour deux cents tableaux. Les modèles servent pour des scènes intimes et familiales, des jeunes filles au piano ou cousant, Gabrielle jouant avec le petit Jean.

 

« Le nu me paraît être la forme indispensable de l’art » disait Renoir et une grande partie de l’exposition décline ce thème. Ce sont souvent des nus peints en atelier mais représentés dans des décors de plein air comme  cette baigneuse aux cheveux longs qui sort de l’eau pour venir s’essuyer près d’un rocher. A la fin de sa vie ils s’élargissent jusqu’à occuper la toile entière comme ces baigneuses du musée d’Orsay. Petite anecdote, en regardant le tableau j’entendais les commentaires ironiques de nos contemporains sur leurs formes plantureuses (les « gras double » disait on, eh oui les canons de la beauté ont bien changé !).

En 1908 Renoir s’installe à Cagnes sur mer, près de Nice, pour y soigner ses crises de polyarthrite. Séduit par le paysage il peint des paysages méditerranéens et crée une sorte de terre antique idéalisée où il représente des scènes mythologiques telles que le jugement de Pâris.

 

Autre facette méconnue de l’artiste, ses talents de peintre décoratif. De riches particuliers lui confient la décoration de murs où achètent des panneaux comme ces danseuses de style espagnol. Plus étonnante est la section consacrée à Renoir sculpteur. Il visitait souvent les salles « des antiques » du Louvre comme on le disait à l’époque et était en relation avec les grands artistes de son époque tels que Maillol ou Rodin. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il se lance dans cet art, handicapé par sa polyarthrite il est assisté par le sculpteur catalan Richard Guino. Là encore ce sont les thèmes mythologiques qui prédominent, des Vénus ou le jugement de Pâris.

 

Une fois n’est pas coutume je termine par un « coup de gueule ».

Quand donc les concepteurs tiendront-ils compte de la foule qui vient aux expositions ? Exemple de défaut flagrant, le grand texte explicatif placé juste à l’entrée qui crée un effet « bouchon » garanti. Autre défaut récurrent les cartels microscopiques placés sous les tableaux, pour lire une explication il faut se plier en deux à cinq centimètres du tableau, ont-ils pensé que vingt personnes veulent lire la même chose ? Pourquoi ne pas faire comme au centre Pompidou où, pour l’exposition Kandinsky, un scénographe intelligent avait pensé à de grands textes au dessus des tableaux. Pour finir la salle où sont exposées les photos prises chez Renoir au format original de quelques centimètres carrés : très pratique quand plusieurs centaines de personnes se bousculent pour essayer de voir ces épreuves microscopiques.

 

« Renoir au XXe siècle » au Grand Palais jusqu’au 4 janvier 2010.

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Vendredi 30 octobre 2009

En marge de l’exposition « Titien, Tintoret, Véronèse … Rivalités à Venise » le Louvre propose une expérience multimédia autour de « La Vierge au lapin » de Titien au 2e étage de l’aile Richelieu.

 

La Vierge au lapin est un tableau de Titien retrouvé en 1665 dans les collections de Richelieu, puis cédé à Louis XIV. Entré dans les collections royales il a été intégré aux collections du Louvre après la Révolution.

On voit la Vierge, assise dans un pré pour y manger des fruits, elle montre un lapin à l'enfant que tient sainte Catherine, agenouillée sur l'instrument de son martyre, la roue à crocs. Le paysage est surmonté d'un ciel crépusculaire strié de bandes orange et azurées, représentation d'une nature accueillante propre à Titien.

 

Une première installation permet de « marcher dans le tableau », en l’occurrence il s’agit d’une sorte de cabine avec un écran interactif qui projette des éléments du tableau pour donner une impression de 3D.

Pour tout dire, je n’ai pas trouvé l’expérience très convaincante. Plus intéressants sont les écrans tactiles qui permettent d’observer des parties du tableau à la loupe en fonction de l’endroit que l’on touche avec le doigt. Enfin une projection sous forme d’animation multimédia permet d’observer le tableau avec les commentaires d’un conservateur (en Français, Anglais ou Japonais).

 



Ce commentaire nous apprend bien des choses sur la symbolique présente dans le tableau. Ainsi, au pied de la Vierge se trouve un panier entrouvert contenant une pomme et une grappe de raisin (pour les voir il faut bien s’approcher). Ces fruits symbolisent le péché originel racheté par le sacrifice du Christ. Eve a tenté Adam avec le fruit défendu (la pomme), et le raisin renvoie au vin qui symbolise le dernier repas du Christ avec ses apôtres avant son sacrifice et le sang qu’il a versé. Enfin le lapin, dans l’imaginaire de la Renaissance, était le symbole de la conception de Jésus par Marie sans le péché de chair.

 

Cette expérimentation est le fruit d’un partenariat entre la société Japonaise Dai Nippon Printing et le musée du Louvre. La société apporte ses compétences en technologies de l'information et de l'image le musée, pour sa part, les œuvres qui servent de support.
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Vendredi 23 octobre 2009

La semaine dernière je vous laissais en proie à un suspense insoutenable. Si vous avez survécu à cette attente je vous propose de découvrir la deuxième et dernière partie (on s’arrête là, rassurez vous) du « Louvre insolite ».

 

Je vous rappelle que pour profiter de la vidéo en haute définition il faut d’abord cliquer dans le menu du lecteur, puis cocher « qualité haute ».

 

 

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Vendredi 16 octobre 2009

Il y a quelque temps j’avais été contacté par une journaliste qui, ayant découvert ce blog, voulait que je lui fasse découvrir les aspects insolites du musée du Louvre pour un article qu’elle avait en préparation. Rendez-vous pris je lui fis donc visiter quelques coins du musée et autres œuvres hors du commun, cela dit l’article en question n’a jamais été publié…… dommage.

 

Ayant gardé mes notes écrites pour la circonstance, je me suis dit que finalement je pourrais en faire quelque chose et, plutôt qu’un article traditionnel, j’ai eu l’idée de cette vidéo.

Je vous laisse donc visualiser mais, avant tout, je tiens à remercier Catherine L. et Michel M. qui ont prêté leurs voix pour les commentaires.

Pour profiter de la vidéo en haute définition cliquez d’abord dans le menu du lecteur, puis cochez « qualité haute ».


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Vendredi 9 octobre 2009

Lundi j’ai été invité au « vernissage presse » de l’exposition « Teotihuacan Cité des dieux » au musée du quai Branly par l’entremise du site Orsérie. Comme généralement je visite les expositions comme un « vouzémoi » de base, j’ai profité de cette occasion un peu exceptionnelle. Arrivé à l’accueil où, en échange de mon invitation j’ai reçu un dossier de presse, j’ai ainsi eu le loisir de visiter l’exposition sans être bousculé par la foule qui vous marche sur les pieds. Il y avait tout de même des chaînes de télévision qui filmaient un peu partout.




Comme je suppose que Teotihuacan ne vous parle pas beaucoup (« Téoti… quoi ?» m’on dit plusieurs collègues !) je commence par un rappel historique.

Il s’agit d’une cité fondée au premier siècle avant notre ère et abandonnée vers 650 après JC. Située au nord de l’actuelle Mexico, à 2.300 mètres d’altitude et sur 810 hectares de superficie elle est dominée par les pyramides tronquées dédiées au soleil et à la lune et traversée par une avenue principale de deux kilomètres de long.

Historiquement c’est la première ville du continent américain. Elle était la capitale d’un empire reposant sur la guerre, la religion et les sacrifices humains. Les masques funéraires et les fresques révèlent que son univers religieux tourné vers l’obtention de la pluie.

 

Teotihuacan comptait près de 100.000 habitants à son apogée dont un tiers étaient des artisans, des prêtres des dirigeant et des guerriers. C’était déjà une métropole cosmopolite puisque des artisans étrangers s’y étaient installés. Les fouilles ont révélé un urbanisme avancé, les maisons étaient centrées autour d’un patio qui distribuait l’air et la lumière, l’eau de pluie était récupérée et il existait un réseau d’évacuation des eaux usées.

On ignore ce qui a causé la chute de la ville. Les traces d’un grand incendie et de vandalisme ont été retrouvées, à partir de là plusieurs hypothèse sont possibles : invasion, révolte, pénurie de ressources…

Lorsque, plusieurs siècles après, les Aztèques l’on découverte ils furent tellement impressionnés par sa splendeur qu’ils la surnommèrent « le lieu où naissent les dieux ». Encore de nos jours plusieurs centaines de milliers de personnes se réunissent chaque année à Teotihuacan pour fêter l’équinoxe de printemps.

 

Le musée du quai Branly présente cette mystérieuse civilisation avec une exposition de près de 450 pièces dont certaines n’ont même jamais été vues au Mexique.



Elle s’ouvre sur une sculpture architecturale de plus de deux mètres en forme de jaguar sacré, le fameux jaguar de Xalla qui semble sortir d’une muraille car il est composé de blocs. Une vidéo-projection et une maquette de 10 X 5 mètres nous donnent une représentation du site dans son ensemble.

J’ai appris que les sculptures représentaient des personnages idéalisés et stylisés dont le tronc et les extrémités étaient allongées et la tête plus grande par rapport au corps. Les femmes étaient représentées vêtues et les hommes nus, j’ai ainsi admiré cette « sculpture anthropomorphe mutilée » en jadéite. Autre objet remarquable cette « poule folle » en céramique incrustée de pigments et de pierre verte dont les yeux semble refléter quelque folie. Dans la section consacrée aux dieux aux rituels et traditions funéraires on côtoie les divinités telles Tlaloc le dieu de l’eau et de l’orage, Quetzalcóatl le « serpent à plumes » qui symbolise le ciel et la terre. J’ai remarqué Xipe-Tótec un dieu qui serait associé à la guerre et à l’orfèvrerie, la statue le représente tenant un vase et un bouclier.

 


 la sculpture anthropomorphe mutilée            la « poule folle »               le dieu Xipe-Tótec

 

L’exposition se termine par le rayonnement exercé par Teotihuacan dans le temps et l’espace on apprend ainsi que, plusieurs siècles après sa chute, les Aztèques venaient « fouiller » la ville pour extraire des objets. Un peu comme les collectionneurs européens qui, au XVIIIe siècle, recherchaient à Pompéi des vases ou des bijoux.

Pour conclure je donnerais deux bons points à cette exposition :

Le fait qu’elle soit installée dans un vaste espace qui permettra au public de ne pas être trop entassé.

Les animations multimédia et les cartels pour les enfants.

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Vendredi 2 octobre 2009


- Si vous étiez sur le pont, vous avez dû voir le musée de Peggy ?

- Peggy ?

- Peggy Guggenheim. C’était une amie de mon père, une grande collectionneuse. Je l’ai bien connue vous savez. Son palais, le palazzo Venier dei Leoni, c’est comme ça qu’il s’appelle, à cause des lions, il paraît qu’il y en avait autrefois dans le jardin. Il faudra entrer et le visiter. Il faudra aussi prendre des photos du jardin, et puis la photo de la tombe de Peggy, elle est enterrée là bas avec tous ses chiens.


Claudie Gallay

Seule Venise

 

Comme le dit le personnage de ce roman, nous sommes entrés et nous avons visité la collection Peggy Guggenheim à Venise, ville où je viens de faire un séjour avec ma moitié.

Pour ceux qui me diront : « Pourquoi parler d’une collection d’art moderne à Venise alors qu’il y a tant d’autres choses à voir ? ». Je dirais que je n’avais pas envie d’écrire sur les circuits ultra connus tels que la place Saint Marc, le Palais des Doges ou le musée Correr. Non, je voulais vous faire partager la découverte d’un lieu original, et puis cette fondation est nichée dans un palais et un jardin qui nous ont charmés. Mais rassurez vous nous avons aussi pris le temps de visiter les « incontournables » de cette ville magique.

 

La collection Peggy Guggenheim est située au bord du Grand Canal dans le palazzo Venier (accessible par la ligne de vaporetto n° 1 – arrêt « Accademia », comme ça vous savez tout !). C’est une curieuse construction sur un seul niveau qui semble inachevée. J’ai lu dans les guides que la famille Venier qui fit construire ce palais au XVIIIe siècle se trouva en butte à un manque d’argent et à la rivalité de la puissante famille Corner qui ne voulait pas d’un vis-à-vis plus élevé que son palais situé sur l’autre rive du canal.


 

On accède à la fondation par une de ces petites rues dont Venise à le secret, l’entrée est discrète presque cachée. Avant la visite on peut se promener dans le jardin qui accueille des expositions de sculptures.

Peggy Guggenheim (1898 – 1979), fille de riches entrepreneurs et amateurs d’art américains ouvre sa première galerie à Londres en 1938. Conseillée par Samuel Beckett elle se consacre à l’art contemporain et achète « un tableau par jour » jusqu’à son retour à New York au début de la guerre. En 1949 elle s’installe au palazzo Venier à Venise avec sa collection qu’elle lègue en 1969 à la fondation de son oncle. Une plaque indique sa sépulture où elle repose à côté de ses 14 chiens !

 

A l’intérieur on reste confondu non par la quantité des œuvres mais par leur qualité, tous les grands noms de l’art moderne s’y côtoient. Je pourrais vous faire un catalogue et citer les Picasso, Mondrian, Chagall, Braque, Pollock, Brancusi et autres qui s’y trouvent.

Pour ma part j’ai « craqué » sur « L’empire des lumières » de René Magritte. Le tableau juxtapose deux contraires, en haut un ciel bleu et lumineux, en bas une maison au milieu d’arbres sombres. Elle est comme plongée dans une nuit qui est trouée par deux fenêtres allumées et un petit lampadaire qui éclaire deux volets. Autres coups de cœur, « La pluie » de Marc Chagall peint en 1911 après son arrivée à Paris et « Maistra » de Constantin Brancusi où les surfaces de bronze poli contrastent avec le socle en pierre brute.

Faute de vous rendre sur place vous pouvez surfer sur le site de la fondation où toutes les œuvres sont répertoriées par artiste.

 

Après la visite je vous recommande la cour qui donne sur le Grand Canal. On y admire le paysage. Il ne faut pas manquer l’attraction, le bronze de Marino Marini intitulé « l’Ange de la ville » qui représente un cavalier au pénis dressé. Selon la petite histoire, cette partie de la statue était démontée lorsque des ecclésiastiques venaient visiter la Fondation !


Et pour finir, un petit diaporama d’ambiance sur Venise et les extérieurs de la collection Peggy Guggenheim.

Avant de lancer la vidéo, cliquez dans menu puis cochez "qualité haute".


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