Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 00:05

Voilà, c’est fini, j’arrête Louvre-passion !

Depuis quelques temps le plaisir de « bloguer » avait laissé la place à une sorte de routine. Or, quand la monotonie s’installe et que s’estompe le plaisir il est temps de tirer sa révérence.

Mais pourquoi écrire un article d’adieux me direz vous ? C’est qu'après avoir constaté que beaucoup de blogs sont abandonnés, comme ça, tout d’un coup, sur les bords des routes du web sans qu’on sache pourquoi, je me suis fait la réflexion qu’il était plus poli de vous prévenir et faire mes adieux dans les formes.

La première chose que je veux exprimer ce sont mes remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont bien voulu me lire, tout particulièrement aux « fidèles » : Je pense aux bloqueuses et blogueurs ami(e)s qui commentent régulièrement mes articles, mais aussi aux lectrices et lecteurs que je côtoie dans la vie réelle.

Louvre-passion aura vécu six ans et demi, ce qui n’est pas si mal dans cet univers virtuel et éphémère. Quand je l’ai ouvert en juin 2005 c’était plutôt par curiosité technique, pour voir comment fonctionnait une plateforme de blogs. Comme je ne suis pas du genre à me raconter j’ai pris le musée du Louvre comme thème. Au bout de trois mois j’ai été surpris du nombre de visites et de commentaires reçus ce qui m’a encouragé à continuer.

Au départ je ne pensais pas qu’il y aurait matière à écrire régulièrement sur le musée du Louvre. Au final, entre les expositions, les évènements, la richesse des collections j’aurais presque pu écrire tous les jours, mais ayant aussi une vie professionnelle et familiale je me suis limité à une publication hebdomadaire.

Sans vouloir vous assommer avec une rétrospective, je me bornerai à évoquer quelques souvenirs.

Mes deux lieux préférés au musée sont le « couloir des poules » et la salle où est reconstitué le monastère copte de Baouit. J’aime le premier pour son nom qui m’a beaucoup amusé et intrigué, le second pour sa tranquillité. Dommage que le « couloir des poules » soit périodiquement inaccessible en raison d’infiltrations et le monastère de Baouit fermé dans le cadre des travaux de réaménagement de l’aile Denon. Pour l’anecdote un pied de tomate qui avait poussé dans la Cour Carrée (il a malheureusement disparu depuis). J’ai eu droit à quelques couvertures médiatiques, notamment celle d’une télévision Coréenne. Parfois je vous ai emmené bien loin du Louvre, que ce soit à Venise, San Francisco ou à travers la porte des étoiles (un record !). Il y eu aussi ces visites mémorables au Louvre avec les « drôles de dames » ou avec les blogueurs artistiques. Le commentaire le plus fou me demandait en substance si il était vrai que « La momie de Cléopâtre aurait été perdue accidentellement, car des employés du Louvre l'auraient jetée dans les égouts !!! ». Enfin cette visite privée, réservée aux blogueurs, de l’exposition « Van Dyck » au musée Jacquemart-André (ah le plaisir d’avoir un musée presque pour soi).

Sacre NapoléonJ’ai cherché un long moment afin de trouver une illustration pour cet article. Finalement j’ai choisi « Le couronnement dit aussi Le sacre » de David. Non que je veuille me comparer à ce grand peintre et encore moins à l’empereur mais parce que ce tableau illustre un évènement qui s’est déroulé un 2 décembre, plus précisément le 2 décembre 1804, il y a donc exactement 207 ans le jour où est publié cet article. Sur le tableau l’empereur déjà couronné, couronne Joséphine. Pourquoi avoir représenté cet instant ? Selon Napoléon ce serait le fruit d’une intrigue de Joséphine auprès de David. Pour l’artiste il s’agissait de représenter Napoléon en « maître et souverain ». Ce tableau, qui est d’abord une œuvre de propagande, fut tout de suite populaire et l’est resté depuis, il suffit de voir la foule qui l’entoure sans discontinuer au premier étage de l’aile Denon.

Et maintenant le rideau se ferme, je salue le public et quitte la scène sur la pointe des pieds.

  FIN …. (DU BLOG)

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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 00:05

Affiche macédoine Dans l’histoire de l’antiquité on retient que la Macédoine est le pays natal d’Alexandre le Grand et c’est à peu près tout. L’exposition qui se déroule actuellement au Louvre nous démontre que ce pays joua un rôle de tout premier plan et que sa richesse artistique n’a rien à envier à celle de la Grèce. Avec près de cinq cents objets, pour la plupart jamais présentés en France, nous revivons l’histoire de la Macédoine antique depuis le XVe siècle avant notre ère jusqu’à l'époque romaine impériale. Il a fallu attendre 1977 et la mise au jour à Vergina de plusieurs sépultures royales, parmi lesquelles celle, intacte, de Philippe II, père d’Alexandre le Grand, pour l’on prenne conscience du potentiel archéologique exceptionnel de la Macédoine. Ces fouilles ont révélé le faste d’une classe de notables et d’une élite proche des rois, ainsi que l’élaboration d’un art de cour particulièrement raffiné. Elles ont confirmé l’intensité des échanges commerciaux entre la Macédoine et les autres régions du monde grec.

Dès le début de l’exposition nous sommes accueillis par une pièce exceptionnelle, une couronne de feuilles et de glands en or qui provient de la tombe d’Herakmes fils d’Alexandre, assassiné par le roi de Macédoine, Cassandre. Un peu plus loin c’est le rôle du service archéologique de l’armée d’Orient qui est mis en valeur. En effet, lors de la première guerre mondiale, les Français et les Anglais décidèrent d’attaquer l’empire Turc qui était allié à l’Allemagne, un corps expéditionnaire fut donc envoyé en Macédoine. Le général Français Maurice Sarrail, découvrant les richesses archéologiques du pays, prit l’initiative de créer le service archéologique de l’armée d’Orient avec des archéologues et des membres de l’école française d’Athènes qui faisaient partie de l’armée. Une grande vitrine expose les découvertes de ce service.

Le roi Philippe II (382-336 av. J.-C) hérite d’un royaume fragilisé, en peu de temps il sécurise les frontières, restaure l’armée et crée la phalange une unité de combat qui lui assure la suprématie sur ses voisins. Après plusieurs victoires toute la Grèce, sauf Sparte, reconnaît sa suprématie. L’une des salles est une reconstitution en trompe l’œil du palais d’Aigai, considéré comme le palais de Philippe II, il disposait d’une cour où 3.500 personnes pouvaient tenir assises, c’était le lieu où le roi rencontrait son peuple.

C’est bien sûr son fils Alexandre Grand (356-323 av. J.-C.) qui entre dans l’histoire. A la tête de la solide armée crée par son père il se lance dans la conquête de l’immense empire Perse tout entier. Après un périple de 25.000 kilomètres il atteint même le nord de l’Inde mais doit rebrousser chemin devant la lassitude des soldats. L’exposition nous apprend qu’il s’était entouré de savants chargés de consigner les coutumes des peuples, la faune et la flore des pays traversés. Des arpenteurs, chargés de mesurer la distance parcourue, faisaient aussi partie de l’expédition. En lisant cela je me dis que Bonaparte n’a rien inventé lors de l’expédition d’Egypte. Alexandre meurt en 323 av. J.-C. sans désigner clairement son successeur. Le vide créé par sa mort conduit à la désagrégation de son empire. Dès son vivant, Alexandre devient une sorte de personnage légendaire, ce qui s’explique par son charisme. Un culte lui est rendu en Thessalonique à l’époque romaine. Les conquêtes d’Alexandre et les richesses qui en résultent transforment la société macédonienne. Les femmes ne sont plus cloîtrées au gynécée et peuvent paraître en public. Mais elles gardent un rôle domestique notamment l’éducation des enfants, les garçons jusqu’à 7 ans ce qui est illustré par une vitrine avec des objets domestiques : bassins, patères, louches, coupes… Un peu plus loin on découvre « L’incantada » ou les enchantées, une colonnade antique décorée de piliers sculptés dont une partie subsistait dans le quartier juif de Thessalonique. Une légende raconte qu’il s’agit du roi de Thessalonique, son épouse et ses suivantes, pétrifiées par un sortilège.

La Macédoine est ensuite conquise par les Romains et devient une province romaine, dont la capitale est Thessalonique. Dans la salle de la statuaire de l’époque romaine on remarque une statue du dieu Harpocrate, translitération de l’égyptien HOR PA KHERED = « Horus enfant ». Le dieu porte le doigt à la bouche pour imposer le silence pendant les cultes.

Au royaume d'Alexandre le Grand - Macédoine antique jusqu’au 16 janvier 2012 - Hall Napoléon

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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 00:05

Cette vitrine du Département des antiquités grecques, étrusques et romaines expose des pièces d’armures trouvées dans une caserne de gladiateurs à Pompéi.

vitrine gladiateurs

En les regardant des images de bandes dessinées, de films ou encore cette récente affiche de l’exposition consacrée à Jean Léon Gérôme nous viennent à l’esprit.

affiche gérôme Mais quelle était la vie de ces combattants de l’arène ?

Les premiers combats de gladiateurs trouvent leur origine dans l’Italie du sud au IVe siècle avant notre ère. Il s’agissait de duels organisés à l’occasion des funérailles de puissants personnages, le sang versé au cours du combat étant censé apaiser l’âme du défunt. Cette coutume fut adoptée par les Romains et officialisée par le Sénat en 105 avant notre ère. Très vite les combats perdirent leur caractère sacré pour devenir de vrais spectacles. Des édifices en forme d’amphithéâtre furent spécialement conçus pour les jeux du cirque avec notamment un « velum » qui est une toile tendue pour protéger les spectateurs du soleil ou des intempéries. A partir du règne de l’empereur Auguste les jeux sont codifiés, le matin est occupé par des chasses aux animaux sauvages, le midi ce sont les exécutions de condamnés et l’après midi est consacrée aux combats de gladiateurs. Ceux-ci rentraient dans l’arène en tenue de parade par la « porta triumphalis » puis commençaient des exercices d’échauffement. Ensuite venaient les duels sous la surveillance d’arbitres chargés de faire respecter les règles, le tout accompagné par un orchestre de cors et d’orgues. Le gladiateur vaincu jetait son bouclier et levait la main pour demander grâce, après avoir consulté le public l’organisateur décidait ou non de lui laisser la vie sauve. En cas de sentence de mort c’est le vainqueur qui devait égorger son adversaire.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les combats ne se terminaient pas systématiquement par la mort du vaincu puisqu’on a évalué qu’un gladiateur risquait une fois sur dix de perdre sa vie dans l’arène. En effet les gladiateurs coûtaient cher car il fallait les entraîner au combat, les « lanistes » qui les louaient aux organisateurs de jeux avaient donc tout intérêt à limiter les pertes.

De même les troupes de gladiateurs n’étaient pas composées uniquement d’esclaves ou de prisonniers de guerre. C’était, en majorité, des hommes libres attirés par les promesses de gloire et de richesse. Après un certain nombre de victoires ces professionnels pouvaient se retirer et devenir entraineurs.

Dans les casernes de gladiateurs les conditions de vie étaient très dures ce qui occasionna des révoltes, la plus célèbre étant celle menée par le Thrace Spartacus en 73 avant notre ère. Ayant rallié plusieurs dizaines de milliers d’esclaves révoltés il mit en échec les troupes stationnée en Italie. Pour le vaincre le sénat dut faire appel aux légions de Crassus et faire revenir d’Espagne celles de Pompée.

La généralisation de ces jeux sanglants dans l’empire avait un but politique, occuper l’attention du peuple et consolider la popularité et la puissance des empereurs. Condamnés par les chrétiens, les jeux du cirque furent abolis en 404 après JC par l’empereur Honorius.

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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 00:05

Au mois de mars je vous parlais du tableau de Félix Thomas « Les Fouilles de Khorsabad » qui devait être présenté dans le cadre de « l’œuvre en scène » à l’auditorium du Louvre.

Pour faire suite à cette manifestation une petite exposition est organisée dans la salle d’actualité du département des antiquités orientales autour de cette œuvre et son auteur.

Le nom complet du tableau est « La Visite du pacha de Mossoul aux fouilles de Khorsabad ». En haut, sur un fond de ciel bleu se détachent le pacha et son escorte de cavaliers. Plus bas une vaste tranchée met à jour la porte de l’antique Khorsabad, la partie supérieure des taureaux androcéphales (ayant une tête humaine) émerge, comme ce sont des génies ils portent une tiare et une barbe.

khorsabad Felixweb A propos de l’artiste on apprend que Félix Thomas est né à Nantes dans une famille aisée. Il réussit en 1834 le concours d’entrée à l’école polytechnique mais change totalement d’orientation puisque quatre ans plus tard il est admis à l’école de beaux-arts. En 1845 il remporte le grand prix de Rome d’architecture avec un « projet d’une église cathédrale pour une ville capitale », puis il voyage en Italie, en Grèce et dans l’empire Turc. Ses propositions de restauration de monuments antiques sont appréciées par le directeur de l’école de beaux-arts. Sur sa recommandation Thomas est recruté en 1851 comme architecte et dessinateur d’une mission archéologique en Mésopotamie (qui correspond à l’Irak actuel). Après plusieurs mois d’attente causés par une insurrection locale, l’équipe arrive sur le site de Babylone et commence des relevés. C’est là que survient un drame. Atteint par la chaleur et le paludisme, Félix Thomas est victime d’un coup de folie et tire sur le cheik du village qui était pourtant son ami. Le directeur de la mission se sépare de lui. Sur le chemin du retour Thomas visite le chantier des fouilles de Khorsabad et les fouilleurs lui proposent de rester pour établir des relevés des monuments, ce qu’il accepte avec enthousiasme. C’est cette campagne de fouilles qui permet de retrouver l’une des portes de Khorsabad gardée par deux taureaux androcéphales ailés que l’on peut aujourd’hui admirer au rez-de-chaussée de l’aile Richelieu.

khorsabad1.jpg En 1853 Félix Thomas quitte l’orient pour toujours et regagne sa Bretagne natale où il vit retiré. Au salon de 1863 il présente « La Visite du pacha de Mossoul aux fouilles de Khorsabad » et en 1867 un « Essai de restauration des ruines découvertes par M. Place à Khorsabad ancienne Ninive » ce qui lui vaut d’être fait chevalier de la Légion d’honneur.

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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 00:05

Toujours à San Francisco, Louvre-passion vous propose de découvrir aujourd'hui le "De Young museum". Fondé en 1895, ce musée fut détruit par un tremblement de terre en 1989, il fut alors décidé de le reconstruire entièrement. C'est désormais une structure futuriste conçue par architectes suisses, on y accède depuis le Golden Gate Park où l'on voit se dresser ce bâtiment couleur rouille.

De Young museum

A l'entrée de vastes espaces accueillent les visiteurs, on est loin de l'impression de foule que l'on ressent au Louvre.

De Young museum hall

Les collections se répartissent entre les "arts premiers" d'Afrique, d'Océanie et d'Amérique, des collections d'art américain du XVIIIe au XXe siècle et des textiles. Ce qui déroute un peu c'est que les oeuvres sont classées par donateurs. Au final l'endroit me fait un peu penser au musée du Quai Branly : un bâtiment contemporain, situé dans un jardin et des collections d'art premier.
Au cours de ma visite j'ai remarqué ces quelques pièces.
"Bear in shamanic transformation" par David Ruben Piqtoukun. Cette sculpture réalisée en 1991 par cet artiste Inuit contemporain explore le thème du shamanisme associé au monde des animaux.

Bear shamanic"Superman" de Mel Ramos (1962) où le super héros est revisité par un tenant du "pop art".

SupermanCette figure féminine Chupicuaro datée de 300 avt JC, qui rappelle un peu celle du musée du Quai Branly.

Chupicuaro"Style life with grape juice and sandwiches" (1994) de David Ligare. L'artiste fait référence aux "homeless" (c'est à dire les SDF) à qui il servait des boissons et des sandwiches quand il travaillait dans une association d'aide aux sans abris.

Still life"Afternoon in the Cluny garden, Paris" (1889) de Charles Courtney Curran un petit clin d'oeil parisien. On constate d'ailleurs qu'à San Francisco la "French touch" est très appréciée dans la gastronomie et les arts décoratifs.

ClunyUn colt modèle "Dragoon 1844", souvenir de l'époque violente de la conquête de l'Ouest et la ruée vers l'or.

ColtPour finir sur une note plus poétique "Spring" (1928) de Selden Connor Gile un paysage avec une touche impressionniste.

SpringHélas la visite se termine car il faut rentrer à Paris.
                                                                 "Good bye San Francisco".

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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 00:05

Pas d'article sur le Louvre aujourd'hui mais un aperçu de San Francisco où nous rendons visite à notre fille expatriée.

Quelques mots sur l'histoire de la ville. Ce sont les Espagnols qui au XVIIIe siècle fondent une mission dédiée à Saint François d'Assise d'où le nom de San Francisco. Au milieu du XIXe siècle, c'est la "ruée vers l'or", attirée par le métal précieux une foule d'aventuriers s'installe dans la région. C'est à la même époque que Lévi Strauss arrive avec un lot de bâches bleues invendables dans lesquelles il taille les fameux pantalons en "jean", nom qui vient du port italien de Gênes d'où provenaient les tissus. En 1906 la ville est presque entièrement détruite par un tremblement de terre et les incendies qui s'ensuivirent. Dans les années 1960, San Francisco devient la Mecque de la contre culture et des hippies qui s'installent dans le quartier de Haight-Ashbury. Quelques années plus tard la ville élit son premier conseiller municipal ouvertement homosexuel, Harvey Milk qui périra assassiné. San Francisco c'est le contraire des villes américaines classiques, peu de "grattes ciels" à cause des normes antisismiques contraignantes, une ville où il fait bon de se promener à pied et un réseau de transport en commun très développé. San Francisco s'étend sur 43 collines et compte 800.000 habitants, son climat est toujours tempéré grâce à l'influence maritime de la baie.
Mais, assez parlé, place aux images en commençant par cette vue générale prise des "Twin Peaks" ces collines jumelles qui surplombent la ville.

Twin PeaksUne vue d'une rue caractéristique dans le quartier de Noe Valley avec au fond la "Sutro Tower" une tour antenne construite en 1971.

Sutro Une rue pentue à l'image de celles qui ont inspiré le cinéma.

Pacific Heights Le Golden Gate Bridge, ce pont suspendu, inauguré en 1937 long de 2.789 mètres relie San Francisco au nord de la baie. C'est sans doute un des sites dont l'image est la plus diffusée dans le monde.

Golden Gate

Autre incontournable de la ville, les fameux cable car, ce système de transport inventé en 1873 tracte les wagons avec câble d'acier situé au sol. A noter que ce transport en commun est classé monument historique.

cable car

Chinatown Gate, l'entrée du quartier chinois, qui est après celui de New York la plus grande ville chinoise hors d'Asie.

Chinatown

Là nous ne sommes pas au Japon mais au Japanese Tea garden situé à l'intérieur du Golden gate park.

Japanese garden

Les fresques murales du quartier hispanique de Mission.

fresques

Et, pour finir ce petit tour, les branchements électriques de la ville qui feraient s'évanouir nos techniciens EDF (mais bon, ça marche...).

electricité

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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 00:05

affiche rmn Au début du XXe siècle une famille américaine arrive à Paris. Michael Stein, l’aîné, s’installe avec son épouse Sarah, rue Madame, son frère Léo et sa sœur Gertrude rue de Fleurus. Tous se passionnent pour l’art et la littérature, ils accueillent chez eux toute l’avant-garde artistique et constituent une importante collection d’art moderne qui sera ensuite dispersée. L’exposition organisée par la Rmn-Grand Palais, le Museum of Modern Art de San Francisco et le Metropolitan Museum of Art de New York retrace leur histoire et celle de leur collection.

Arrêtons-nous un instant sur le personnage de Gertrude Stein (1874-1946). Après des études de biologie et de psychologie elle s’installe à Paris en 1903 avec son frère Léo. En 1907 elle rencontre Alice Babette Toklas, une femme de lettres américaine qui deviendra la compagne de toute sa vie. Les ouvrages de Gertrude Stein sont caractérisés par une construction de type cinématographique, faite d’une succession de séquences. Elle accueille à Paris les plus grands noms de l’avant-garde littéraire et artistique tels qu’Ernest Hemingway. Avec son frère elle collectionne très tôt les œuvres de jeunes artistes novateurs, tels Picasso, Matisse et Braque. Elle est l’un des premiers mécènes de la peinture du XXe siècle, notamment du mouvement cubiste naissant.

Une image qui m’a frappé dans cette exposition, c’est cette photo en noir et blanc de l’appartement des Stein, rue de Fleurus, dont les murs sont couverts de toiles de Picasso, Matisse ou Cézanne, certaines toiles à proximité du tuyau d’un poêle à charbon ce qui ferait sans doute s’évanouir tout conservateur qui se respecte.

Dans la fratrie chacun se lie plus étroitement avec un artiste. Sarah et Michael Stein sont proches de Matisse et réunissent une importante collection de ses toiles. Sarah l’encourage à ouvrir une académie pour expliquer son art et fait partie de ses élèves. En 1928 ils s’installent dans une villa qu’ils font construire par Le Corbusier, à Garches, on peut d’ailleurs voir dans un film une tranche de leur vie dans cette architecture moderne. En 1935 Sarah et Michael décident de rejoindre les Etats-Unis face à la montée des périls fascistes. Pour sa part Gertrude Stein noue une véritable amitié avec Picasso qui réalise d’ailleurs son portrait en 1906. Gertrude et son frère accompagnent Picasso pendant l’aventure de la genèse des Demoiselles d’Avignon, ils acquièrent un carnet d’études exceptionnel et le grand tableau «  Nu à la serviette » (1907), plus tard ils ne pourront plus acheter les toiles de Picasso devenues trop chères.

Une section est consacrée au « Samedis des Stein ». Les deux appartements parisiens de la famille deviennent des salons où se côtoient des intellectuels et des artistes français et étrangers qui viennent admirer la collection et se confronter.

Parmi les œuvres exposées, « La Femme au chapeau » de Matisse qui fait scandale au Salon d’Automne de 1905. Léo achète cette toile qui figure en bonne place dans sa collection avant-gardiste. C’est d’ailleurs cette année que naît le mouvement « fauve », nom qui provient d’un commentaire méprisant des critiques d’art comparant la salle où étaient exposées les œuvres à une « cage aux fauves ». Autre toile emblématique de Matisse « le Nu bleu » de 1907.

Au final je suis sorti un peu étourdi par cette floraison d’œuvres. Comme d’habitude je constate que les organisateurs de ces expositions n’ont toujours pas compris qu’il y a des foules de visiteurs et ne font pas grand-chose pour faciliter les flux. Les cartels sont placés au sol, très pratique pour la lecture, et effet bouchon garanti. Quand penseront ils à placer les œuvres un peu plus haut avec des cartels plus visibles pour éviter que les visiteurs soit obligés de s’agglutiner devant les tableaux ?

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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 00:05

Cette exposition est organisée conjointement par le Victoria and Albert Museum de Londres, le Musée d’Orsay et le « Legion of honor » de San Francisco ce qui m’a permis de constater que chacun avait sa façon de présenter les choses. Pour le Victoria and Albert Museum où elle s’est déroulée du 2 avril au 17 juillet, le titre est « The Cult of Beauty: The Aesthetic Movement 1860–1900 », pour le musée d’Orsay : « Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde » enfin pour le musée de San Francisco où elle se déroulera du 18 février au 17 juin 2012 ce sera « The Cult of Beauty: The Victorian Avant-Garde, 1860–1900 ».

affiche beauté morale Le musée d’Orsay a donc choisi Oscar Wilde comme fil conducteur alors qu’il n’est sans doute pas la figure de proue de « l’Aesthetic Movement ». Au fil de l’exposition des aphorismes de Wilde parsèment les salles comme celui-ci que l’on peut lire à l’entrée « L’art est notre fougueuse protestation, notre courageuse tentative de remettre la nature à sa place. ». Oscar Wilde (1854-1900) est un écrivain d’origine irlandaise qui personnalise le dandy cynique et élégant. Ses premiers poèmes publiés en 1881 reçoivent un accueil enthousiaste, il devient le favori de la haute société londonienne. En 1884 il épouse une jeune Irlandaise fortunée dont il a deux fils mais son orientation homosexuelle l’éloigne de ce mariage de convenance. Son unique roman est « le Portrait de Dorian Gray » (1891), où il développe les thèmes du dédoublement et du masque qui lui sont chers. Au cours d’un séjour à Paris la même année, il fait la connaissance de Mallarmé, de Gide et de Pierre Louÿs. Il écrit des comédies qui dépeignent les travers de l’aristocratie britannique. Ces pièces cyniques et drôles avec leurs mots d’esprit foisonnants sont plébiscitées par le public. En 1892 il se lie avec Alfred Douglas, qui devient son amant. Alors qu’il est en pleine gloire la dénonciation publique de son homosexualité par le père d’Alfred Douglas lui vaut un procès retentissant, il est condamné à deux ans de bagne et dénigré dans l’opinion publique. Exilé à Paris après avoir purgé sa peine il meurt dans la misère.

Pour en revenir à l’exposition le milieu du XIXe est au Royaume-Uni l’époque de l’industrialisation et celle du puritanisme. En réaction, les artistes de l'Aesthetic Movement veulent d'échapper à la laideur et au matérialisme de l'époque, par une idéalisation de l'art et de la beauté. Ils sont en quête d’une forme d'art libérée des préceptes académiques et affranchie des conventions sociales. Dans les premières salles la tapisserie intitulée « l’Adoration des mages » de Burne-Jones donne aux personnages des traits androgynes et quasiment féminins. Plus loin le tableau qui a servi de support à l’affiche de l’exposition est la « Sainte Cécile » de John William Waterhouse, la représentation de la sainte bercée par la musique d’anges enamourés symbolise le lien entre la musique et l’amour physique. A partir des années 1870 les tenants de l'Aesthetic Movement adoptent la théorie l'art pour l'art. Selon cette doctrine, l'art doit se libérer de toute préoccupation d'ordre moral, utilitaire ou religieux, et ne doit avoir d'autre fin que lui-même. Ils puisent leur inspiration dans les pays lointains tels que le Japon à l’image du tableau de James Tissot « Jeunes femmes regardant des objets Japonais ». Le passé avec les frises du Parthénon où les peintures d’Herculanum sont aussi une source d’inspiration, j’ai ainsi remarqué un collier dit d'Hélène de Troie qui est en fait inspiré d'un collier traditionnel Japonais. En 1877 un riche mécène aménage la « Grosvenor Gallery » pour y exposer le travail de ses amis artistes dans un environnement grandiose et favorable, les salles richement ornées deviennent l'endroit le plus en vue pour exposer.

Peu à peu les idées du mouvement se généralisent, son influence se fait sentir dans les arts décoratifs, les femmes de la haute société s’en inspirent dans la décoration intérieure. Dans cette section ne manquez pas la « Théière diamant » de Christophe Dressler qui, bien que crée en 1879, a un design d'avant-garde. A la fin du XIXe siècle le style d’Oscar Wilde, dont quelques photos en posture d’esthète alangui parsèment l’exposition, est étroitement associé au mouvement, son procès et sa chute discréditent l'Aesthetic Movement pour toute une génération. C’est la statue ornant le sommet de la fontaine de Piccadily Circus à Londres qui nous indique le chemin de la sortie. Il s’agit de l'Ange de la charité chrétienne. Représenté sous forme d’un nu il a été associé à Eros le dieu de l’amour ce qui est bien loin de sa symbolique première. De son arc il nous désigne la « Psyché » de Frédéric Leighton, symbole de la beauté trop parfaite absorbée par son image.
Peut être tout un symbole !

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